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Director
Tim Fehlbaum

Writer
Tim Fehlbaum

Release Date
2011

Genre


Tagline


Cast
Hannah Herzsprung
Stipe Erceg
Angela Winkler
Lars Eidinger
Lisa Vicari
etc.


Country


Company


Original Music by
Lorenz Dangel

Special Effects by



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Une divine surprise

Gérald.Giacomini's picture

5.04

La mode apocalyptique bat son plein en plein tournant de la prophétie maya du 21 décembre 2012, et le choix pour les spectateurs se fait entre les grosses productions, du style «2012» ou d'autres plus intimistes voire introspectifs (l'exemple le plus parlant étant «La route» avec Viggo Mortensen). Tous ont en point commun l'idée de survie, et ce sont les productions les plus indépendantes qui sont en en domaine les plus proches de ce que pourrait être la réalité décrite dans ces univers post-apocalyptique. Avec Hell, nous sommes bien dans l'enfer promis mais qui pour le coup rime avec Hélios. Là où le dieu soleil est d'habitude recherché pour ses rayons réchauffants, il est ici l'astre de la mort et de la sécheresse. Manquant de tout (eau, essence), le cadre renvoie aux classiques du genre et le style road movie à la «Mad Max».

Produit par Roland Emmerich qui quand il veux bien s'en donner la peine sait faire des films travaillés et même intelligents (le passé inaperçu «Anonymous») et le voilà au commandes de cette coproduction germano/suisse. Le résultat esthétique est vraiment crédible et l'on ressent même physiquement la douleur provoquée par la forte luminosité du soleil. Les habitants d'une voiture sont obligés de mettre des papiers journaux pour filtrer les rayons du soleil. La force des films réussis est de compenser l'absence de moyens en réussissant à s'attacher aux personnages, et c'est le cas notamment des deux sœurs (Marie et Léonie) et les tensions provoqués par ce groupe de fortune ne sont pas cachés, comme si Léonie, la plus jeune des sœurs sentait que la présence masculine n'était pas nécessaire à leur survie. Une certaine vision féministe du combat pour la société qui trouvera un écho lors d'une seconde partie plus classique et où on perd ce danger venu de la nature, mais qui s'est transposé au cœur d'une société humaine.

Car nos quatres jeunes gens vont se retrouver confrontés à un gang pour qui la loi du plus fort est devenu la règle. Entre pratique du cannibalisme (pas assez poussé cependant, car le film hésite à aller loin dans l'horreur, même lors d'une scène d'abattage plus suggéré qu'autre chose, mais ça fonctionne quand même) et soumission de la femme réduite à un simple cheptel la conduisant à devoir s'accoupler pour assurer la survie de l'humanité. Une famille assez spéciale va donner asile à Marie et Léonie, mais comme dans tout film d'horreur (et là le film bascule), cela ne va pas se passer comme prévu. Le repas de famille est un digne héritier de celui de «Massacre à la tronçonneuse» même si les personnes présentes ne sont pas dégénérés. Mais leur pratique l'est par contre. Cette partie est je l'avoue la moins surprenante du long-métrage, les soi disant rebondissements sont visibles de très loin et le fait de perdre cette action au grand jour, atténue le cachet esthétique d'un film où la lumière paraît plus dangereuse que l'obscurité des pièces quel que soit le danger qui s'y cache.

Il suffit d'assister à une course poursuite particulièrement haletante, que n'aurait pas renié Fresnadillo sur son «28 semaines plus tard» pour voir ce que l'humanité a de plus perverses et que les oripeaux de la civilisation sont bien fugaces. A ce moment là, la fuite du bétail concourt à ce sentiment d’oppression qui nous tenaille. Même si le procédé commence à devenir fatiguant à force d'être utilisé pour simuler la peur panique qui s'empare des survivants. Humains versus humains, c'est bien le triste constat et pas besoin de mutations ici pour créer un monde plus vrai que nature ou les réactions les plus basiques de la vie courante comme pouvoir écouter un CD remplit les cœurs de cette joie en souvenir d'un passé révolu.

Nostalgique sur le plan des sentiments grâce à une caractérisation réussie des protagonistes principaux, Hell est une divine surprise dans le monde ultra embouteillé des Post Apo. Et si en plus vous avez aimé l'univers des Fallout c'est encore un plus pour apprécier une des nombreuses options promises à notre société toute puissante. Quand Mère nature règle ses comptes, ça fait mal, très mal...