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Né en avril 1918 en province espagnole (certaines biographies le donnent né en 1925), Amando De Ossorio débute dans le milieu cinématographique en réalisant des courts-métrages et des documentaires.
Après les années 40 il part pour Madrid où il va commencer à écrire des scenarii et devenir assistant-réalisateur sur diverses productions. Il débute d’ailleurs comme assistant sur "le vent du Nord" en 1954 puis réalise son premier film en 1956 "le drapeau noir", un drame, filmé en noir et blanc. Parallèlement, il travaille comme journaliste et produit des dramatiques pour la radio hispanique. Amando s’intéresse également à la peinture et à la photographie, témoin son travail sur les effets visuels de "Persée l’invincible", un héroic-fantasy connu également sous le titre "La méduse contre le fils d’hercule". Ce ne sera pas sa dernière participation aux effets spéciaux puisqu’il y reviendra pour son propre travail dans les années 70.

En 1966 il s’essaie au western avec le tournage de " massacre à Hudson river". L’année 66 lui permet de réaliser sa première comédie, "La nina del patio" ainsi qu’un documentaire de 33’ sur l’architecture (Arquitectura hacia el futuro). Il termine les sixties avec la réalisation de son premier film de genre : "Malenka la vampire", avec la sublime Anita Ekberg dans le rôle titre.
Nous sommes en 1971 et "la nuit des morts-vivants", sorti trois ans plus tôt, fait des émules. A commencer par Amando, qui va s’engouffrer dans le sillon zombiesque. Exit cependant le discours politique et cynique de Romero : Ossorio fait dans le macabre et l’Historique. Il prendra comme idée de base "les templiers" pour faire évoluer ses morts-vivants. La future tétralogie "Blind dead" est en marche.

Le tournage de "la révolte des mort-vivants" peut donc démarrer mais nous sommes sous le régime de Franco, et tout comme son compatriote Jorge Grau ("le massacre des morts-vivants"), Amando va éviter la censure en allant tourner principalement au Portugal.
En plus de la réalisation il intervient également sur les FX de ce premier segment.
Une séquelle intervient deux ans plus tard avec "le retour des mort-vivants 1973" où figurent au générique Lone Fleming (déjà présent dans "la révolte des mort-vivants) ainsi que Tony Kendall ( vu dans "le corps et le fouet" de Mario Bava). Il tourne cette même année "la nuit des sorcières" (la noche de los brujos).
Et les épisodes vont s’enchaîner, témoins les tournages de "le monde des mort-vivants" en 1974 avec Jack Taylor ("la neuvième porte") puis "la chevauchée des mort-vivants" (pour lequel il signe aussi les FX) qui vient clore la tétralogie des morts-vivants aveugles en 1975.

Alors que retenir de cette saga ? Certains y voient une succession de nanars sympathiques, là où d’autres crient au génie visuel. Je me rangerai dans la seconde appréciation, quand bien même il faut reconnaître le manque (voir la médiocrité) de scenarii sur tous les épisodes (qui a dit "c’est un pote à Fulci ?" ?) On lui reproche notamment le manque de gore (qui existe vraiment mais les copies uncut se font rares, du moins en France) qui pourtant est bel et bien présent dans les VO, ainsi que la lenteur dans ses récits.
Mais que dire de la photographie (sublime), la musique (envoûtante), les décors naturels (magnifiques) et surtout du visuel des zombies ? Rarement des morts-vivants ont été aussi "esthétiques" et oppressants à l’écran. Avec cette saga des "Blind dead", Ossorio signe une œuvre à part dans l’univers zombiesque du cinéma.

En 1975 où il signe donc la fin de sa tétralogie, Ossorio réalise "La endemoniada", une histoire de vengeance et de sorcellerie.
Il réalise un film d’aventures, "Las alimanas" en 1976, puis "Passion interdite" en 1980. Son dernier film sera également un film de genre, de monstre marin pour être précis, avec "le serpent de mer" (connu aussi sous le titre "Hydra") en 1984.

Mais Amando de Ossorio restera surtout comme le réalisateur de la saga "Blind dead" : où l’art d’avoir su mêler le fantastique, les morts-vivants, l’Histoire, le gothique, l’érotisme, le morbide et un soupçon de gore. Une vraie toile de maître.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 29 mai 2007



Lionel Colnard