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Le 24 Décembre, 1948 ans après la naissance du plus grand escroc de l’histoire de l’humanité, naquit LA véritable prophète, une certaine Edwige Sfenek.
D’un père maltais et d’une mère sicilienne, elle vit le jour dans la riante bourgade de Bône en Algèrie alors française, d’où sa double nationalité italo-française.
On dit que les rois mages se sont penchés sur son berceau, mais au lieu de lui apporter des conneries du genre encens et myrrhe, ils lui apportèrent la beauté, la grâce et notamment une poitrine arrogante qui telle une boussole indique constamment la direction du Sud.

On sait peu de choses de sa prime enfance et franchement on s’en fiche un peu, au moins autant que d’une bulle papale.
C’est à 16 ans que la belle va provoquer les premiers élans priapiques en devenant "Miss mannequin Côte d’Azur". On dit que la Mer Méditerranée s’ouvrit devant elle, tel Moïse commandant aux éléments.

S’installant à Rome, elle se lance dans le cinéma. Celui-ci ne s’en remettra jamais vraiment.
En 1967, elle joue les utilités pour sa première apparition dans "Toutes folles de lui" au côté de Jean-Pierre Marielle et sur des dialogues de Michel Audiard. Il y a pire comme début.
Dès lors, profitant de la libération des mœurs post 68, elle va consacrer la quasi-intégralité de sa carrière au cinéma bis à caractère souvent érotique.

* DES DEBUTS POLISSONS

La fin des années 60 la verra jouer dans une douzaine de films parmi lesquels "Samoa, fille sauvage", mélange de film d’aventures et de mondo dans lequel Edwige se trimballe en petite tenue avec la particularité de pouvoir couvrir son buste avec un tout petit morceau de tissu. Cela s’appelle la force centripète ou centrifuge selon les régions du monde.
"Top sensation" où elle forme un duo à fracturer les paupières avec la sublime Rosalba Neri et où, dans la grande tradition du bon goût du bis italien, la belle et une chèvre s’amusent à batifoler.
Ou encore "Les petites chattes sont toutes gourmandes", film allemand au titre évocateur s’il en fut.
Et un diptyque "littéraire" avec les adaptations de grands auteurs tels que Maupassant dans "L’ingénue perverse" ou Flaubert avec "Les folles nuits de madame Bovary". On ne sait toujours pas avec certitude si les deux écrivains se sont, oui ou non, retournés dans leurs tombes, mais ça donne forcément envie de relire ces classiques.

* LE TEMPS DU GIALLO

Au début des années 70, le giallo est à la mode et au vu de sa plastique et d’un certain charisme à l’écran, c’est tout naturellement que la Fenech taillera sa route à l’intérieur de ce genre bien particulier où la sensualité côtoie l’érotisme un tantinet pervers.

D’abord sous la houlette, de Mario Bava en 1970 dans "L’île de l’épouvante" où on la voit effectuer une danse ultra-lascive juchée sur une table.
Mais c’est surtout avec Sergio Martino qu’elle atteindra une vraie visibilité et développe un talent d’actrice certain. Le triptyque "giallesque" compte encore aujourd’hui parmi les meilleurs films de son réalisateur et parmi les meilleurs thrillers italiens de cette époque.
"L’étrange vice de Mme Wardh" en 1970, plongée aux confins du SM et nanti d’une scène onirique sous la pluie dans les bras de Ivan Rasimov d’un érotisme torride.
1972 : "Toutes les couleurs du vice", relecture perverse de "Rosemary’s baby" où Edwige Fenech se retrouve aux prises avec une secte satanique et d’un entourage manipulateur.
Enfin, toujours en 1972, "Your Vice Is a Closed Room and Only I Have the Key", relecture du chat noir d’Edgar Allan Poe où l’arrivée de la belle dans une famille va changer bien des choses.
Elle tournera quelques autres gialli, comme "Les rendez-vous de Satan" (curieuse traduction de l’italien : "Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ?"), toujours en 1972 ou en encore "Nue pour l’assassin", en 1975.

* LA SEXY COMEDIE…ET LA FENECH DEVIENT UNE STAR

Edwige Fenech n’arrête plus de tourner. Entre 1970 et 1974, elle joue (souvent en vedette) dans près de 20 films. Ca ne chômait pas à l’époque en Italie !
Outre les gialli cités ci-dessus, peu d’œuvres marqueront le cinéma bis. On notera néanmoins quelques longs-métrages "proto mode sexy-comédie" où l’actrice n’est déjà pas avare de ses charmes tels que "Quando le donne si chiamavano 'Madonne'", "Mademoiselle Cuisses Longues" (de Sergio Martino), ou encore "La Signora gioca bene a scopa?". Seul le dramatique et brutal "Anna, quel particolare piacere" aka "Secrets of a Call Girl"(1974)retiendra l’attention en permettant à l’actrice de jouer un rôle à total contre-emploi.

Vient l’année 1975 et l’immense succès populaire en Italie (et ailleurs) d’un fleuron du cinéma mondial : "La prof donne des leçons particulières", coup d’envoi d’une mode pour la sexy-comédie. Vite tournée, vite rentabilisée, elle se base sur le crétinisme des hommes uniquement concernés par leur entrejambe et de peu farouches naïades déguisées en flics, infirmières, enseignantes ou lycéennes. Souvent navrantes, parfois très navrantes, nanties de gags plus gros que l’arrière-train d’un sumo, lourdes comme une enclume, ces œuvres doivent avant tout leurs succès pour la chair fraîche qu’elles dévoilent dans une Italie encore très puribonde et catholique. La production de sexy comédies s’arrêtera d’ailleurs net dès que le X sera autorisé dans la péninsule.

Aussi curieux que cela puisse paraître dans notre beau pays, Edwige Fenech devient l’actrice française la plus connue en Italie. Sa seule présence remplie les salles, tout en vidant les bourses des spectateurs (en payant leur place, seulement leur place). Elle a le rayonnement que peut avoir un Belmondo ou un De Funès dans la péninsule.
Pendant une grosse poignée d’années, elle va user et abuser de ses charmes devant la caméra. La simple énonciation des titres de ses films donnent une idée de ce que l’on peut voir à l’écran, elle procurera aussi chez ceux qui fréquentèrent les vidéoclubs au début des années 80 et de la VHS toute puissante comme une remontée acnéique et de la nostalgie :

"Le Con et la Flic chez les Poulets" - 1975
"Ma Tante d'Amérique" -1975
"La Toubib du Régiment" - 1976
"Lâche-moi les Jarretelles" - 1977
"La Toubib se recycle"- 1977
"La Toubib aux grandes manœuvres" - 1977
"La toubib prend du Galon" - 1978
"La prof et les cancres" - 1978
"La Flic à la police des mœurs" - 1979
"Les Zizis Baladeurs" - 1980
"Tais-toi quand tu parles!" - 1981 (film français réalisé par l’inénarrable Philippe Clair et avec le non moins inénarrable Aldo Maccione….2 Millions d’entrées en France !)
"Le Con et la Flic arrivent à New York"
Tout un programme donc.

* PRODUCTRICE

Début des années 80, la sexy comédie s’essouffle, La Fenech tente de passer à autre chose et tourne avec quelques grands réalisateurs italiens : Dino Risi, dans une comédie plus fine (ce qui n’est pas bien difficile, il faut dire) et sympathique : "Je suis photogénique" (on confirme, elle l’est !), ou Alberto Sordi dans "Io e Caterina" en 1981.
On notera également le très réussi et drôle "Le Larron" en 1980 où elle est la compagne d’un des hommes qui finira crucifié aux côtés de Jésus sur le Golgotha.
Mais rien n’y fera, le déclin du cinéma bis et populaire italien l’oblige, comme à tant d’autres, à rebattre ses cartes. Sa carrière au cinéma s’arrête pratiquement fin 1982. Deux films seulement avant la fin de la décennie, dont un de Rugero Deodatto "Le tueur de la pleine lune" en 1987, puis plus rien hormis quelques apparitions dans des séries télés diffusées en outre-Alpes et son apparition en guest-star dans "Hostel 2" en 2007.

Sa reconversion, elle l’effectue avec beaucoup de succès dans la production de séries télévisées très populaires, mais aussi en épousant un riche chef d’entreprise (le veinard) et déhanchant son corps dans les soirées Jet-set de la Rome éternelle. On dit que le Colisée ne s’en pas encore remis.

Lionel JACQUET
Octobre 2011



Lionel Colnard