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Réalisation
Norman Jewison

Scénariste
Norman Jewison

Date de sortie
1975

Genre
science-fiction

Tagline


Cast
James Caan
John Houseman
Maud Adams
John Beck
Moses Gunn ...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
André Previn

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.2
(11 votes)
Dans un futur proche, la société est contrôlée par des corporations qui gèrent la vie des citoyens. Les guerres, la pauvreté et la misère ont disparu, tout comme la violence. Cette dernière s'exprime désormais à travers un sport, le Rollerball, dont l'icône se nomme Jonathan E. Ce dernier est convié par l'un des dirigeants influents de la corporation afin de statuer sur sa fin de carrière dans le Rollerball. Une décision que ne comprend pas Jonathan, qui va tout faire pour avoir des explications. Sa rébellion inquiète les dirigeants...



L'AVIS :

Quand les deux premiers "Hunger Games" sont sortis sur les écrans, tout le monde a clamé haut et fort que l'influence majeure était "Battle Royale". Personnellement, si je ne nie pas que le film de Kinji Fukasaku a certes des échos dans le jeu même du Hunger Games, j'ai toujours considéré cette saga comme étant une variation moderne du Rollerball de Norman Jewison. Limiter l'influence à Battle Royale serait faire totalement abstraction du côté politique présent dans les adaptations et les romans de Suzanne Collins. Un aspect politique qu'on retrouve totalement dans Rollerball et dont la saga Hunger Games reprend le concept même : à savoir une société entièrement gérée par le pouvoir en place (les corporations dans Rollerball, Panem dans Hunger Games), privant son peuple de sa liberté tout en lui apportant un certain confort et le contrôlant par un jeu abject et mortel, issu des joutes romaines et des combats de gladiateurs. Dans les deux cas, un simple individu (Jonathan dans Rollerball, Katniss dans Hunger Games) va vouloir reprendre le contrôle de sa vie et va devenir une icône pour la population, créant ainsi la panique au sein du pouvoir qui voit sa suprématie être remise en cause et devant faire face à un début de révolte.



Car le film culte de Norman Jewison, réalisé en 1975, n'est rien d'autre que ça : une parabole futuriste nous mettant en garde contre un pouvoir voulant tout contrôler (la vie des gens, les livres ou les données auxquels ont peut avoir accès...) et qui nous apparaît, en 2018, pas si éloigné que ça de la triste réalité. Prophétiques Norman Jewison et le scénariste William Harrison, auteur de la nouvelle Roller Ball Murders à l'origine du film ? Assurément. On est pas loin du "1984" d'Orwell ou du "THX 1138" de George Lucas. Evidemment, lorsque j'ai vu Rollerball pour la première fois, le 29 mars 1983, lors d'une diffusion à la télévision sur Antenne 2, j'étais un ado de 9 ans qui n'a pas du tout compris cet aspect politique et qui ne voulait voir qu'une chose : des matchs de Rollerball. Je pense même que j'ai du trouver assez chiant tout ce qui se passe entre les trois matchs mettant en vedette James Caan, John Beck et une dizaines de cascadeurs professionnels qui font des merveilles, que ce soit à moto ou en rollers. Ce n'est que bien plus tard que j'ai pris un réel intérêt à m'intéresser aux séquences "hors matchs", qui font de Rollerball ce qu'il est : un chef-d'oeuvre de la dystopie, un film à la modernité incroyable (surtout à l'époque bien sûr mais honnêtement, il n'a quasiment pas pris une ride pour ma part), à la mise en scène inspirée (on pense à Orange Mécanique de Kubrick quand Jonathan se rend dans les immeubles de la corporation, avec un souci de la symétrie équivalent) et aux scènes de violence percutantes.



En 1975, pas d'images de synthèse, il faut mouiller le maillot et ce n'est pas la crème des cascadeurs, engagés par Norman Jewison, qui vont dire le contraire. Après une préparation intensive au côté des acteurs pour apprendre le roller et gérer les motos, c'est le baptême du feu sur cette piste ronde, référence aux arènes romaines et reconstituée dans le stade olympique de Munich. La petite particularité, à laquelle ne s'attendaient pas les cascadeurs, c'est que la piste est inclinée, ce qui augmente la difficulté à se mouvoir dessus. Mais l'implication des cascadeurs est telle que le tournage peut avoir lieu et que le Rollerball peut prendre vie à l'écran. Ce sport inédit, qui puisse ses sources aussi bien dans le roller-derby que dans le hockey sur glace, nous offre un divertissement ultra-violent totalement original, tant est si bien qu'au final, on aurait envie qu'il existe pour de vrai. Boule en acier projetée à toute vitesse, gants cloutés pour frapper les adversaires et surtout une quasi absence de règles font que tous les coups sont permis, comme dans Bloodsport (oui je sais, la référence était facile). Enfin si, il y a des règles au départ, et même des pénalités pour des comportements trop violents ou pas très respectueux. Mais face au refus de Jonathan de se plier aux ordres du pouvoir, les dirigeants des corporations vont faire évoluer les règles à leur façon, histoire que la menace incarnée par Jonathan soit éliminée, si possible, durant un match. L'apogée aura lieu durant l'ultime match des championnats du monde, dans lequel il n'y a plus aucune pénalité et dont la durée est illimitée.



En clair, il ne peut en rester qu'un (comme dans Highlander ou... Battle Royale bien sûr !) et ce match à mort aura de sérieuses conséquences, pour Jonathan comme pour les corporations. Car à défaut d'éradiquer le champion qui a conquit le cœur du public et du monde entier via une retransmission planétaire, cet ultime match sera, on le suppose, le déclencheur de la future révolte qu'on ne verra pas mais qui semble tellement logique. Le Rollerball devait servir l'équipe et priver les joueurs de tout individualisme. Avec Jonathan E., l'effet recherché par le pouvoir a lamentablement échoué. Lors de sa sortie en 1975, Rollerball a choqué le public par sa violence, toujours bien présente même si elle nous apparaîtra amoindrie vis a vis de l'époque actuelle. Le public de l'époque n'a retenu que cet aspect du film alors qu'il n'est que secondaire. Toujours est-il que les coups font mal et que les chutes ne sont en rien simulées. Le fait que la caméra réussisse à s'introduire sur la piste, au plus près de ces gladiateurs modernes, renforcent l'impact des affrontements et nous place au cœur de l'action. La mise en scène virtuose finit de nous emporter avec elle et enterre à mille lieues l'affreux remake de 2002. Définitivement un très grand film que le Rollerball de Norman Jewison ! Pour conclure, un détail que je trouve intrigant : je ne sais pas si Norman Jewison est fan de la série télévisée culte Le Prisonnier ou même s'il a vu cette dernière, qui date de la fin des années 60 mais je ne pense pas que Jonathan porte le N°6 involontairement. Car on ne pouvait pas choisir meilleur numéro comme symbole du refus de la privation de sa liberté...

Disponible en DVD et BR COLLECTOR chez L'ATELIER D'IMAGES

Magnifique transfert HD qui nous permet d'apprécier le film dans des conditions optimales.
L'édition BR est proposée dans un superbe steelbook et nous offre une multitude de bonus, tous plus intéressants les uns que les autres :
- Retour dans l'arène : les coulisses du tournage
- De Rome à Rollerball : la boucle est bouclée
- Bandes-annonces originales
- Commentaire audio du réalisateur Norman Jewison
- Les motards : Craig R. Baxley évoque les cascades à moto dans Rollerball
- La 4ème ville : tourner Rollerball à Munich
- Jeu sanglant avec James Caan
Une édition à posséder impérativement !







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