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John Stocker a acheté un manoir qui s'avère être l'une des plus grandes zones d'activité paranormale des Etats-Unis. Afin de libérer sa demeure des démons et des zombies qui l'habitent, il fait appel à une équipe d'experts en paranormal. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que 100 ans auparavant, un certain Alfred Fisher, passionné par l'occultisme, a libéré trois succubes de l'Enfer. Prenant la forme de ravissantes jeunes femmes, celles-ci dévoraient ceux qui avaient le malheur de pénétrer dans le manoir, à l'époque transformé en bordel par l'ignoble Alfred Fisher, désireux de nourrir ses bêtes assoiffées de sang.



Réalisé en 2003 par un certain Terry West (à qui l'on doit déjà un an auparavant "satan's school for lust"), "flesh for the beast" est un film mêlant le registre des maisons hantées avec celui des diables et démons, tout en explorant rapidement l'univers des zombies et le monde de l'érotisme. Un vaste panel donc pour un film tout juste connu du grand public mais le résultat est-il à la hauteur de ce que nous promet le réalisateur à la lecture du résumé du film?
En tout cas, une chose est sûre, le long-métrage de Terry West fut récompensé de deux awards au festival du film d'horreur de New York : prix des meilleurs effets spéciaux et surtout prix du meilleur film. Bon, entre nous soit dit, j'émets toujours de gros doutes sur ce fameux festival de New York qui décerne bien souvent des prix à des films infâmes et indigestes… Cependant, avec ce genre de prix, je pense que nous pouvons nous attendre toutefois à quelque chose d'enthousiasmant. Voyons donc de suite ce que cette fameuse bête a dans le ventre!

D'un point de vue scénaristique, force est de constater que l'idée de départ était certes du déjà vu (on pense bien évidemment à des œuvres telles que "poltergeist" ou "SOS fantômes" pour l'aspect "chasseurs de spectres" mais également à "amityville", "house" ou encore à "la maison de l'horreur" pour les films de maisons hantées : des filons déjà bien exploités auparavant donc et s'étalant déjà sur plusieurs décennies) mais celle-ci pouvait toutefois encore de nos jours donner naissance à de bien belles choses et surtout aboutir à d'excellentes idées, originales et palpitantes à la fois. Par ailleurs, le fait d'insérer des zombies et des succubes dans le bestiaire des forces démoniaques nous forçait à penser que nous allions en prendre plein les mirettes dans un rythme ultra soutenu.



Hé bien oublions tout de suite ce petit paragraphe ci-dessus et cessons de s'imaginer monts et merveilles à la lecture du synopsis de ce fameux "flesh for the beast". En effet, l'histoire reste banale du début à la fin : nous suivons nos chercheurs qui déambulent dans les couloirs du manoir et visitent les pièces les unes après les autres (un peu à la manière d'un "silent hill" ou d'un "death tunnel" pour citer des films sortis dans la même décennie), tombant de temps à autres sur des démons hantant les lieux. Certes, cela peut paraitre alléchant pour certains aux premiers abords, mais tout est plombé par des scènes prévisibles, des acteurs trop souvent pathétiques et un rythme parfois bien lent.

Malgré une intro assez sympathique (même si les dialogues sont presque inutiles au vu de leur qualité) où nous suivons un homme apeuré courant dans les couloirs du manoir, suivi par quelque chose tapi dans l'ombre, le ton semblait donné pour ce film qui s'inaugurait de lui-même sous les meilleures auspices (sombre, inquiétant, voire même terrifiant). Malheureusement, ces premières minutes d'immersion dans l'univers de "flesh for the beast" seront finalement les meilleures du film (j'adore ce plan fait au niveau du sol, entre les jambes d'un rescapé, où l'on voit notre malheureuse victime se faire tirer vers l'obscurité du fond du couloir, laissant derrière lui une trainée de sang bien rougeâtre).

Les rencontres avec des esprits démoniaques sont certes nombreuses et bien éparpillées tout au long du film mais ne marqueront pas le spectateur, la faute à un manque évident de subtilité dans les effets de surprise. On devine aisément le déroulement de chaque confrontation entre un démon et un chasseur de fantômes après avoir vu la première : notre homme, séduit par le charme (et le beau corps dénudé) du démon femelle, va faire l'amour avec elle avant de voir son véritable visage et se faire ensuite dévorer. La brutalité des scènes est bien perçue, je ne dirai pas le contraire (les scènes sanglantes ne manquent pas, nous en reparlerons brièvement après) mais les scènes d'érotisme précédant les actes de barbarie sont bien souvent trop longues et lassent rapidement le spectateur, malgré les jolies plastiques des trois actrices jouant les succubes (on atteint le summum de la lenteur et de l'ennui lors d'une scène mêlant le cannibalisme et l'érotisme qui s'étend inexorablement). Visiblement, notre réalisateur semble bien plus excité à l'idée de tourner une scène érotique plutôt qu'une scène d'horreur à proprement parlée, le monsieur semblant avoir pris goût à mettre en scène de jolies actrices dans leur plus simple appareil (référence à son "satan's school for lust").

Malgré que le scénario soit prévisible du début à la fin et que nous notions certaines lenteurs indéniables (principalement dans les scènes à caractère érotique), le film réussit toutefois à créer une certaine ambiance malsaine, sombre et inquiétante par moment (je pense plus particulièrement à cette scène où l'un des cameramen n'ose plus sortir de la pièce où, quelques instants auparavant, il était tombé nez à nez avec des zombies : l'une des rares scènes un brin flippantes du film).



Concernant le casting, celui-ci ne réussit malheureusement pas à convaincre, la faute à un trop grand nombre d'acteurs sans grande expérience. Très peu de noms sont en effet connus dans le casting : nous retiendrons plus particulièrement celui de Caroline Munro ("l'abominable docteur Phibes", "le retour de l'abominable docteur Phibes", "Dracula 1973", "capitaine Kronos, tueur de vampires", "starcrash", "maniac", "les prédateurs de la nuit"…) mais c'est sans compter que nous ne la verrons que quelques minutes à l'écran et dans une scène quelconque…

Après une introduction de bonne qualité, le film enchaîne sur une présentation rapide de la galerie des personnages autour d'une table. Une véritable collection de clichés se présente alors à nous : un riche propriétaire intrigant et semblant dès le départ cacher quelque chose, un chef d'équipe rebelle et protecteur, deux fanas des sciences occultes, une jeune femme plutôt réservée et paraissant un brin nunuche, et enfin deux jeunes stagiaires légèrement crétins sur les bords venus tourner un documentaire.
Outre les personnages pas assez travaillés et souvent consternants (le chef rebelle peu crédible dans son rôle de dur, les jeunes cameramen idiots à souhait…), les dialogues aussi sont très primaires, manquent de profondeurs et s'avèrent parfois pathétiques et affligeants (voire même naïfs et puériles : je pense notamment aux tirades ridicules des deux jeunes cameramen venus tourner leur documentaire)

Vous l'aurez compris, ce n'est pas du tout non plus du côté du casting et des dialogues qu'il faudra chercher les qualités de ce film…



Si "flesh for the beast" peut se vanter de quelque chose, c'est bien de ses effets spéciaux et effets gores. Même si ceux-ci ne sont pas tous réussis, ceux-ci ont le mérite d'être faits à la "old school". Au programme : arrachage de pénis, vomissements de tripes et intestins, arrachage de bras, scènes de cannibalisme… Tant de joyeusetés qui font l'unique véritable qualité de ce film (et encore, nous avons vu bien mieux : la scène de vomissement de tripes et boyaux ne tient pas la comparaison avec la scène culte de "frayeurs", la mutilation sur pénis est bien plus prenante dans "cannibal ferox" ou encore dans le deuxième volet de la saga "hostel"…). Ces excès gores sont par ailleurs accentués par une énergie débordante (c'est violent et brusque : nos succubes n'ont aucune pitié pour leurs proies) qui tranche radicalement avec les scènes érotiques momolles qui les précèdent à chaque fois. L'hémoglobine coule à flots dans ces scènes sanglantes mais l'on reprochera cependant que celles-ci sont trop souvent filmées en gros plans saccadées et surtout sous une musique assourdissante…

Pour ce qui est des trois succubes, on déplorera peut-être le fait que l'on nous montre uniquement leur tête de démon et non le restant du corps (faiblesse du budget?) à la manière de l'excellent "une nuit en enfer"… Pour ce qui est des têtes des démons, celles-ci sont ma fois sympathiques et kitchs à la fois (voir la capture d'écran), un peu comme l'étaient celles des nonnes démoniaques de Mike Mendez dans "le couvent", un film que l'on rapproche volontiers de ce "flesh for the beast" tellement les points communs sont flagrants entre ces deux productions.

Enfin, pour ce qui est des zombies, vous ne les verrez que très peu de temps à l'écran, les succubes restant les forces démoniaques privilégiées ici. Cependant, leurs quelques apparitions resteront toutefois sympathiques mais sans plus, ceux-ci souffrant une fois de plus de la comparaison avec le design de certains zombies des années 70-80 ("l'enfer des zombies", "zombie"…).

Enfin, venons-en à la musique qui saura diviser le public. En effet, ces touches de rocks énergiques et de métal assourdissant pendant les scènes gores combleront les fans de films à tendance kitch (comme l'était par exemple le film de Mike Mendez) mais par contre décevront le spectateur attendant, comme moi, un film de tension (les scènes de boucherie font perdre énormément de ce côté paranormal et lugubre que le réalisateur semblait vouloir mettre sur pellicule au début de son film).
Notons que cette bande originale très métal est signée Buckethead : un musicien masqué ayant entre autres fait partie des Guns N' Roses.

Au final, "flesh for the beast" déçoit terriblement. Annoncé comme un film à l'efficacité redoutable, celui-ci s'avère être un véritable pétard mouillé. Seules les scènes gores (et encore…) faites "à l'ancienne" retiendront l'attention du spectateur rôdé depuis belles lurettes aux films paranormaux et plus particulièrement à ceux parlant de maisons hantées par des esprits démoniaques… "Amityville la maison du Diable c'est rien comparé à ce qui se passe ici" disait le propriétaire du manoir au début du film, hé bien voici mon conseil : retournez donc voir le film de Stuart Rosenberg va!