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Réalisation
Richard Taylor

Scénariste
Richard Taylor, Zack Biens

Date de sortie
2007

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Janine Laurent
Paul Lucero
Lloyd Kaufman


Pays
USA

Production


Musique
Tim Johnson

Effets spéciaux



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Moyenne: 6
(1 vote)
Si la seule lecture du titre ne vous a pas donné une subite, mais néanmoins furieuse envie de regarder ce court métrage alors attendez de savoir ce qu'il propose. Sous-titré "L'histoire d'amour la plus belle gore jamais comptée, à propos d'une cannibale et d'un enfant incestueux", The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy fait parti de ces métrages qu'il est difficile de décrire. Tout d'abord parce que le titre révèle déjà toute l'histoire, mais aussi parce que le résultat est profondément expérimental. Voici donc l'histoire d'une jeune femme au look gothique, dont le passe temps favori est de massacrer des gens afin d'en manger le contenu. Un beau jour, alors qu'elle se faisait un goûter d'un groupe de manifestants anti-avortement, elle découvre devant la clinique un étrange jeune homme. Il est attaché par une laisse à un poteau, a une longue queue et se comporte comme un chien. Serait-ce le début d'une histoire d'amour ? (Indice : la réponse à la question se trouve dans le titre).



C'est donc avec ce scénario simpliste, mais complètement déjanté que Richard Taylor se lance dans la réalisation de The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy, un court-métrage de 13 minutes. Dès les premières images, le cinéaste révèle ses inspirations puisque la première séquence met en scène Lloyd Kaufman. Le cofondateur de Troma Inc. se retrouve donc à gambader dans la rue quand soudain, Cannibal Girl l'attaque. Elle lui fait littéralement exploser le crâne à coup de pompe. En moins d'une minute la philosophie de The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy apparaît au spectateur : le spectacle va être joyeusement décalé et parfaitement gratuit.
Que demander de plus d'un court-métrage filmé sur le mode indépendant, et puisant dans les ressources tromatiques pour attirer le chaland.



Déjanté The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy l'est plus que de raison, sur le fond, comme sur la forme. L'esthétique du film renvoie au 8 mm, tant l'image est granuleuse à l'extrême, sale et irrégulière. Cela donne un aspect malsain – proche d'une psychose artistique – que relaient les acteurs par un cabotinage continu. Ils grimacent, sautillent et n'agissent absolument pas naturellement. Le résultat pourrait tout aussi bien s'intituler "Film de vacances et premier amour chez les jeunes personnes atteintes de dangereux troubles mentaux".

Pour ajouter à cet aspect éminemment psychédélique, le métrage est muet. La bande son est composée d'une musique électronique qui rythmera l'image de la première à la dernière seconde. Ainsi, le montage est en parfaite cohésion avec la bande originale. Pour autant l'impression de regarder un clip génération MTV ne se fait pas ressentir. Quelques scènes sont rapides, montées avec nervosité, mais l'ensemble du court ne cède pas à un découpage épileptique.



Ici le mauvais goût fait loi. Comment pouvait-il en être autrement d'un court-métrage ouvertement inspiré par la firme du Toxic Avenger ? Il est vrai que la parodie d'histoire d'amour – ou histoire d'amour improbable selon les conceptions – rappelle volontiers la romance qui unit Toxie et sa moitié aveugle Sara(h) (qui n'en est pas pour autant borgne mais bien totalement non voyante). Richard Taylor force les traits de ses protagonistes, puisque les deux amoureux sont tout aussi barrés l'un que l'autre. Lui à une case en moins, et un physique repoussant, alors qu'elle s'épanouie pleinement dans l'anthropophagie.
Cannibal girl sera d'ailleurs à l'origine de quelques scènes plutôt salissantes, dont une superbe fellation avec les dents. Le sang gicle donc joyeusement alors que les victimes hurlent en silence. The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy n'hésite pas à verser avec bonne humeur dans le gore. Si les scènes qui tâchent ne sont pas d'une originalité à toute épreuve, elles sont néanmoins énergiques, et ne se répètent pas – sur 13 minutes, ç'eu été dommage !



The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy est donc un court-métrage résolument entraînant. Pendant ces 13 minutes, toute l'attention du spectateur est monopolisée par l'action qui se déroule à l'écran. Nul besoin de dire que le scénario n'est pas le pilier du métrage. De fait, ce n'est pas à la vision de The Misled Romance of Cannibal Girl & Incest Boy que quiconque mourra d'une surchauffe de matière grise. Au contraire, il serait plutôt recommandé à des fins de relaxation.
Voilà donc un court-métrage expérimental, en ce sens qu'il fait appel à plusieurs sens, mais sûrement pas à la capacité de déduction du spectateur. Alors, "asseyez-vous, détendez-vous, et profitez du spectacle."








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