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Devenu colonel, Johnny Rico lutte toujours pour défendre les humains contre les Arachnides hostiles. Responsable d'une base de colons fermiers antimilitaristes assiégée par les monstres griffus sur une la planète Roku San, il reçoit un beau jour la visite d'Omar Anoke, le Sky Marshall, chef de toutes les armées et star interplanétaire grâce à la chanson : It's a good day to die (qu'on traduirait par : "c'est un bon jour pour mourir"). Ce dernier est accompagné du général Dix Hauser et du capitaine Lola Beck, que Rico connaît bien puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'un vieil ami et de son ex-fiancée, désormais ensemble. A la suite d'une rixe dans un bar, notre beau Johnny se retrouve emprisonné pour insubordination par Dix. C'est le moment que choisissent les Arachnides pour envahir la base à la suite d'une mystérieuse panne du champ électrique protecteur. Malgré le chaos et l'anarchie ambiants, quelques survivants trouvent néanmoins le moyen de s'enfuir, mais, décidément pas de chance, leur vaisseau est touché. Le Sky Marshall, Lola et quelques autres membres de l'équipage utilisent alors une capsule de sauvetage et atterrissent sur la planète extraterrestre OM-1, également envahie par les Arachnides. Leurs messages de détresse restant sans réponse, les membres de cet équipage de fortune décident ainsi d'explorer la planète inconnue. Johnny Rico étant condamné à la peine capitale pour haute trahison et OM-1 étant infestée de bébêtes belliqueuses, comment nos amis de la Fédération vont-ils alors s'en sortir ?



Vous trouvez ce résumé un peu long ? Estimez-vous heureux, car j'ai fait au plus court ! Il se passe tellement de choses dans ce troisième opus de la franchise qu'il n'est pas si simple de se montrer synthétique. Ce "Starship Troopers" troisième du nom fourmille d'idées et c'est d'ailleurs son point fort. Scénariste des deux premiers volets, Edward Neumeier passe cette fois-ci derrière la caméra et adopte à nouveau ce ton satirique qui fit de l'œuvre originale un authentique film culte. On retrouve ainsi pêle-mêle tous les ingrédients ayant fait le succès du premier opus de la trilogie, véritable bijou parodique. Exécutions quotidiennes des patriotes favorables à la paix, rôle prépondérant de la religion dans une société entièrement dévouée à la guerre (cf. certains slogans tels que "Dieu est un citoyen" ou "La religion : oui ! La paix : non !"), omnipotence du chef de la Fédération également star interplanétaire de la chanson, j'en passe et des meilleurs. Ajoutons à cela que le tout est diffusé à la télévision et entrecoupé de spots publicitaires de propagande qui avaient fait le succès du long-métrage de Verhoeven et vous aurez compris qu'on est ici, en pleine satire. Pourquoi ? Eh bien parce que c'est traité avec un premier degré tel qu'il est impossible de le prendre au sérieux à moins d'être complètement ahuri et d'avoir le cerveau aussi épais qu'une noix du Brésil ! Bref, vous maintenant vous le savez, cet épisode est mordant et outrancier à mort, pour notre plus grand plaisir !

Excessif, Starship Troopers 3 : Marauder l'est aussi dans la violence et les effets gore (geysers d'hémoglobine, décapitations et sections de membres jalonnent le film) et ose même quelques "fuck" bien sentis ainsi que des scènes de nudité quasi frontale (on voit en effet pas mal de poitrines…). On se demande alors pourquoi le deuxième film n'avait pas su exploiter un sujet aussi prolifique !? Car rappelez-vous, en 2004, après une série d'animation consensuelle, un affligeant "Starship Troopers 2 : Héros de la Fédération" cheap au possible vit le jour en vidéo. En dépit de la présence de Neumeier au scénario, le film est un consternant huis-clos sans relief ni humour ne reprenant aucun des personnages du premier épisode ce qui occultait complètement l'esprit de dérision du bijou SF du papa de "Robocop". Ce n'est d'ailleurs pas innocent si, malgré le fait que le métrage soit titré "Starship troopers 3", il est en fait la suite du premier opus de 1997, sans faire mention du second film, authentique camouflet pour les fans de la première heure !

Mais, car il faut bien un "mais", autrement dit une contrepartie aux louanges déclamées précédemment, le budget alloué au projet est microscopique (un cinquième de celui de l'original !) et il passe en partie dans le cachet de la star du métrage, à savoir Casper Van Dien, acteur bis condamné à être connu pour le seul rôle emblématique de Rico et appelé à la rescousse pour redorer le blason d'une franchise en quasi perdition. Comme vous l'aurez deviné car vous êtes perspicaces, le reste du budget est donc consacré, en grande partie, aux effets spéciaux indispensables et nécessaires afin d'asseoir la renommée de la saga. Hélas et c'est là que le bât blesse, faute d'un pécule suffisant, les armes à feu sont en plastique et semblent peser aussi lourd qu'une boîte de coton-tige, les Arachnides sont soit des images de synthèse pathétiques, soit des bouts de plastiques décorés maladroitement si bien que Neumeier décide pour notre plus grand bien et pour son portefeuille, d'en faire l'économie à l'écran. Pourtant, au titre des nouveautés on a le droit au Scorpion bug et aux Marauders puis l'on note le retour du "Brain bug", capturé lors du premier épisode, mais je vous laisse seuls juges des effets visuels qu'ils suscitent…

Autre épargne notable de la part des producteurs : le reste du casting, sûrement payé au lance-pierres tant il semble au rabais. On retrouve ainsi en vrac Jo¬lene Bla¬lock (vue dans "Star Trek En¬ter¬prise" et dont la carrière, à l'instar de l'ami Casper, ne décollera jamais), interprétant l'ex de Rico, Ste¬phen Hogan dans le rôle du Sky Marshall politicien, chanteur fasciste, illuminé et couard de surcroît, Mar¬nette Pa¬ter¬son en blondasse de service qui trouve la foi et Boris Kodjoe, le pote jaloux de Rico, au jeu d'acteur aussi fabuleux que celui des rappeurs blacks US se lançant dans le cinéma (sic).

Tourné majoritairement en Afrique du Sud, ce Starship Troopers 3 : Marauder tient malgré tout la route et atteint les objectifs qu'il s'est fixés sans léser les spectateurs, à savoir : divertir par un esprit corrosif digne des premières heures de la franchise sans effets spéciaux démesurés. Cette dernière évocation pourra rapprocher ce volet des séries Z de pacotilles et susciter ainsi les lazzis des fans ultimes. Toutefois sans budget conséquent, Neumeier se montre à la hauteur de l'entreprise en minimisant les effets visuels, mais en multipliant les références à l'œuvre de Verhoeven. Ce qui là, satisfera les fans de la première heure prêts à faire des sacrifices. En effet, le spectacle est relativement plaisant à tel point que les groupies que nous sommes, devrions nous sentir, d'une certaine manière, un peu plus respectées que lors du second volet du père Tippet, véritable outrage à la saga.

Rendu bancal par un manque de moyens évident, le film est néanmoins fidèle à l'original par son esprit politiquement incorrect et son sens de la dérision. Ainsi, si l'on considère les dernières minutes plutôt réussies du bébé de Neumeier on est en droit de se demander si un quatrième volet ne serait pas envisageable… pour notre plus grande satisfaction ?








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