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En 1945, les Nazis menaient des expériences sur les armes parapsychiques, essayant de transformer en soldats des gens ayant des dons paranormaux innés. Cependant, la guerre terminée, les expériences ont pris fin en même temps que les ambitions de l'Allemagne d'Hitler. Mais une agence gouvernementale nommée "La Division" décida de reprendre les travaux des Nazis après la guerre et se mit à traquer des gens dotés de pouvoirs paranormaux pour s'en servir comme cobayes à des fins militaires : décupler leurs pouvoirs pour en faire de parfaits soldats. Ainsi, "La Division" teste chaque individu capturé et les classe en diverses catégories, selon leurs dons psychiques : on y retrouve les watchers (des visionnaires, pouvant voir uniquement l'avenir et non le passé), les movers (pouvant déplacer des objets par télékinésie), les pushers (ayant la capacité de se glisser dans l'esprit de quiconque et de faire passer n'importe quel mensonge pour la vérité aux yeux de celui qui les regarde), les sniffers (capables de deviner le passé en reniflant ce qui les entoure) et bien d'autres encore… "La Division" a créé de nombreuses molécules pour décupler les pouvoirs de leurs cobayes mais aucun n'a survécu aux expériences jusqu'à présent. Mais un jour, l'un des mutants parvient à s'enfuir, emportant avec lui une seringue contenant des stéroïdes qui cette fois-ci n'ont pas donné la mort du patient mais au contraire auraient peut-être enfin décuplé ses pouvoirs psychiques. L'agence gouvernementale se lance alors à sa poursuite pour récupérer à la fois la précieuse molécule, fruit de nombreux sacrifices qui permettra enfin de créer une armée de soldats puissants, mais également la jeune fugitive, première représentante de cette nouvelle race de mutant, qui s'est cachée en plein Hong Kong. Mais "La Division" n'est pas la seule à rechercher la seringue et la mutante : une bande de mafieux chinois, mutants eux-aussi, sont à sa recherche afin de créer également leur propre armée. Seule une poignée de mutants vivant cachés dans Hong Kong vont essayer de retrouver cette seringue et la mutante afin d'éviter que celles-ci ne tombent entre de mauvaises mains. La course poursuite est lancée et seuls ceux utilisant leurs pouvoirs de la façon la plus efficace l'emporteront!



Vendu comme un film de super-héros (on le rapproche bien souvent de "x-men", allez savoir pourquoi, peut-être en raison des pouvoirs bien distincts de chaque personnage…), "push" n'en est cependant pas un. Réalisé par un certain Paul Mc Guigan (à qui l'on doit entre autres "slevin", un polar mettant en scène Bruce Willis et Josh Hartnett), "push" fait son entrée dans les salles en début 2009, accompagné de nombreuses publicités qui envoutent par leur design très futuriste et ce côté science fiction mis en avant dans chaque affiche dévoilée aux arrêts de bus.
Ce que l'on pourrait assimiler aux premiers abords à un film de super-héros avec sa dose d'effets spéciaux n'est en fait qu'illusion. Nous ne sommes en effet pas en face de super-héros : bien qu'ayant des super pouvoirs, les personnages du film ne viennent en aucun cas en aide à l'humanité mais uniquement à leur propre "race". Pour ce qui est des SFX et autres scènes spectaculaires que nous sommes en droit d'attendre de ce genre de production, Paul Mc Guigan ne s'en cache pas : il voulait limiter l'usage des effets spéciaux numériques et se concentrer plutôt sur les personnages. Ne pas se limiter à enchaîner les unes après les autres les scènes d'action et autres cascades mais au contraire entrer dans la peau des divers mutants. Un choix qui divisera le public dès les premiers jours de parution de "push" dans les salles obscures.

Le gros souci de "push", c'est indéniablement sa réalisation. Alors que le film possède de bonnes idées, Paul Mc Guigan ne réussit pas à entraîner le public dans les périples de ses personnages. La raison? Des lourdeurs et des incompréhensions dans le scénario (à trop emmagasiner de choses, on finit par ne plus suivre le fil de l'histoire), des baisses de rythme trop flagrants (des dialogues creux, sans réelle importance, qui s'étendent), un manque de scènes remuantes (l'action se fait bien rare quand-même et pointe son nez quand le public a le sien qui regarde ses chaussures).



Pourtant, malgré un scénario bien trop complexe pour ce genre de production (qui se veut proche des films contemporains de super-héros), on ne peut pas dire que "push" soit un film bas de gamme, une déception parmi tant d'autres dans un monde cinématographique où la moindre erreur peut être fatale au box-office, pire un film dont l'on ne gardera aucun souvenir. Car, et c'est bien là que le film de Paul Mc Guigan réussit à gagner quelques points dans le cœur de nombreux spectateurs, les personnages parviennent à eux-seuls à nous tenir en haleine.
On ne compte plus le nombre de mutants qui peuplent la galerie de personnages du film, chacun faisant partie d'une catégorie bien spécifique : les movers (qui peuvent déplacer les objets), les watchers (qui prédisent l'avenir), les pushers (qui peuvent se glisser dans votre esprit, vous faire croire n'importe quoi et vous faire faire ce qu'ils désirent), les sniffers (qui retracent les évènement passés et peuvent vous suivre à la trace grâce à leur seul flair), les cacheurs (qui peuvent rendre indétectable quiconque se place dans leur zone), les hurleurs (qui vous crèvent les tympans avec leurs cris), les guérisseurs… Bref, vous l'aurez compris, voilà bien un univers varié!

Le film de Paul Mc Guigan s'inspire d'ailleurs de faits réels (certes exagérés dans "push", d'où le verbe "s'inspire" et non "décrit"), d'authentiques expériences et travaux scientifiques menés par le gouvernement américain sur des médiums dans un but militaire. En effet, les télépathes réussissaient à localiser précisément les lieux de catastrophes, à prédire les dates auxquelles se feraient des attaques ennemies…
Voilà un bon matériau de base pour écrire une histoire spectaculaire dans laquelle des mutants se rebelleraient contre cette unité du gouvernement (ici appelée "La Division") qui les utilisent comme cobayes afin de créer des armées de soldats puissants. Mais, là où il aurait fallu peut-être rester en surface, ne pas trop rentrer dans des détails ayant attrait avec les phénomènes mentaux et les dons psychiques, le scénariste a au contraire jugé bon de jouer sur ces dons de clairvoyance et de possession des esprits. Ainsi, les watchers et les pushers sont les mutants les plus mis en valeurs : détournements de la pensée, confusions mentales, avenir détourné… Tant de complications et de péripéties ayant pour base les phénomènes mentaux qui rendent le film difficile à comprendre par moments, confus et déstabilisant pour un public Bêta (je ne veux pas dire par là qu'il est bête hein!) venu se divertir devant un film qu'il pense être au départ un film de super-héros avec des dons surnaturels (et tout ce que cela suggère : effets spéciaux, actions et surtout ne pas se creuser la tête!!!).



"Push" avait pourtant de quoi faire saliver de part son casting jeune et efficace. On retrouve notamment Chris Evans (repéré dans "sex academy" dans lequel il tient le rôle principal, puis vu dans "sunshine" et "cellular" avant de connaitre la célébrité avec son rôle de "La Torche" dans "les 4 fantastiques") dans le rôle de Nick, un mover courageux et intrépide. A ses côtés, une autre star contemporaine répondant au doux nom de Dakota Fanning (alias "la petite chouchou d'Hollywood", vue dans "Sam je suis Sam", mauvais piège", "trouble jeu", "la guerre des mondes", "man on fire", "twilight chapitre 2"…) dans la peau de Cassie, une watcher de 13 ans qui s'allie à Nick pour retrouver la mutante échappée et la précieuse seringue contenant les stéroïdes pouvant dupliquer les pouvoirs psychiques. La mutante fugitive en question est jouée par la belle Camilla Belle (que vous avez pu voir se faire dévorer dans l'intro de "le monde perdu", la suite de "jurassic park\, mais également dans \10000" et "terreur sur la ligne 2006") : un rôle plutôt bien interprété, l'actrice réussissant à mêler la détresse et la haine dans un personnage loin d'être évident à incarner, tout en conservant une part de féminité, de douceur, principalement dans les scènes avec Chris Evans. Enfin, le quatrième acteur venant compléter le haut du panier du casting est l'incroyable Djimon Hounsou ("Stargate, la porte des étoiles", "amistad", "gladiator", "the island", "constantine", "eragon", "blood diamond"…) jouant le rôle de Carver, l'un des membres les plus importants de "La Division", un être machiavélique profitant de son don de pusher pour éliminer ses ennemis de manière radicale, toujours avec cette attitude zen totalement en contradiction avec la méchanceté qu'il dégage (un peu comme le principal ennemi de Jean Reno dans "Léon").

Un casting qui a la patate, cela ne fait aucun doute (il en va de même pour la bande des hurleurs : des mafieux chinois surexcités et prêts à tout pour s'accaparer la précieuse seringue) mais malheureusement celui-ci se voit confronté à des lacunes du scénario (dur de voir une jeune de 13 ans mener la danse et s'approprier un rôle de leader, dur également de voir encore et encore une histoire d'amour bateau entre deux héros…) qui lui font perdre toute saveur…
Heureusement, afin de rentabiliser au maximum le prix qu'a probablement dû coûter le casting, les personnages sont plutôt bien travaillés, une chose que l'on ne pourra pas reprocher au réalisateur et qui se distingue clairement des autres productions du même genre.



"Bon, et les effets spéciaux?!" me demandez-vous. Hé bien, comme dit plus haut, suite à la volonté de Paul Mc Guigan de limiter l'usage des effets spéciaux numériques ("Je ne voulais pas tourner un film sur fond vert ou bleu, je voulais qu'on tourne un film pour de vrai" dira celui-ci en pleine promo de "push"), il nous reste les effets spéciaux faits à la manière ancestrale (avec les ficelles et tout le kit du parfait faiseur d'SFX pas chers).

Le résultat est cependant acceptable, au seul regret que les effets spéciaux et les scènes d'action sont monnaie rare dans le long-métrage de Paul Mc Guigan qui préfère travailler ses personnages plutôt que de les voir se battre dans des scènes spectaculaires comme nous pouvons le voir chez les concurrents de "push"…

Le gros point faible des SFX : leur répétitivité. Principalement dans le combat final où le manque d'originalité se fait souvent ressentir… Heureusement que deux-trois scènes arrivent à sortir leurs épingles du jeu pour nous offrir une petite compensation. Ainsi, on retiendra plus particulièrement une scène très rythmée où Cassie et Nick sont aux prises avec la bande des hurleurs (les mafieux chinois) : les cris des mutants font exploser un par un les aquariums du marché au poisson, propulsant des dizaines de litres d'eau sur nos deux héros qui tentent en vain de s'échapper en se bouchant les oreilles et en évitant les débris de verre qui volent partout suite aux éclatements des aquariums, des ampoules... Probablement la meilleure scène du film. Nous aurons également droit à une bagarre de movers où la lévitation des objets (pistolets, tables…) parvient à créer la pagaille dans un restaurant pourtant si tranquille d'accoutumée, tout ceci pour finir par la victoire du méchant mover sur Nick qui le traine par simple télékinésie sur le plafond de l'établissement, le faisant valdinguer d'un mur à l'autre comme un vulgaire pantin désarticulé.

L'un des autres bons points du film est son dépaysement : exit New York et autres Los Angeles / Chicago et place à Hong Kong avec ses marchés typiques, ses foules de passants sur les trottoirs… Deux chapitres du film s'ouvrent d'ailleurs sur des vues aériennes de la ville chinoise avec des plans de gratte-ciels filmés de nuit : une très belle photographie.

Enfin, la musique également fait partie, tout comme le casting et les décors, des points forts de "push". En effet, des orchestres symphoniques menés tambours battants par des violons nous entraînent dans l'aventure. Quelques touches de rock et de techno viendront également donner un peu de punch aux rares scènes d'action. L'alchimie musicale fonctionne et se marie parfaitement à l'histoire.

Au final "push" n'est pas le film que l'on pourrait imaginer en lisant le scénario et en voyant l'affiche. Montrant de réelles qualités, telles que le casting, les décors et la musique, le film de Paul Mc Guigan prêche par contre sur sa réalisation peu convaincante. Lent et parfois très confus (surtout au début du film), "push" ne parvient pas à nous divertir comme nous l'aurions souhaité et comme nous le laissait penser le résumé avec tous ces personnages bourrés de dons et de pouvoirs psychiques…
Un film acceptable mais qui laisse tout de même une impression d'inachevé, une petite déception due à ce manque de peps et à ce scénario bien trop touffu et corsé…








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