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Plusieurs couples et leurs progénitures s'apprêtent à passer la fête des enfants par excellence, à savoir Noël, dans une vaste et ravissante maison. La neige est au rendez-vous, les couples font semblant de s'entendre afin de ne pas gâcher le moment. Une adolescente mignonnette est également de la partie (elle et son téléphone portable). La fête bat son plein à grands renforts d'alcool et comme souvent les adultes n'ont qu'une infime idée de ce qui peut bien se passer dans la tête de leurs chérubins. Ils ne s'apercevront que bien tard de la maladie qui semble ravager le cerveau des petits anges et qui a pour conséquence de les transformer en tueurs d'adultes. Bientôt, ces derniers seront confrontés au cruel dilemme suivant : sauver sa peau en tuant les enfants ou les laisser faire, car on ne touche pas à ceux-ci.



Rares sont les films qui osent s'attaquer au problème numéro un de notre société : les enfants.
Ces derniers bénéficiant sous nos latitudes d'une sorte d'aura sacrée qui ne se justifie guère.
En effet, à bien y regarder, qu'est ce qu'un enfant ?

Un être non autonome, parasitaire, vivant au crochet de ses parents. Il rejette sans équivoque les fondements même de nos sociétés. Il n'aime pas le travail, ne respecte pas l'autorité, il est méchant et vindicatif, capricieux, "auto-centré", totalement imbu de lui-même.
Il exécute des dessins d'une rare laideur, parle de manière syntaxiquement désordonnée, a une hygiène plus que douteuse et ne connaît même pas la valeur de l'argent !
Bien sûr, certaines parties du monde trouvent cependant une utilité aux enfants en les faisant travailler très tôt dans les usines et les mines notamment, mais dans notre monde occidental l'enfant ne sert à rien, il est inutile et pire il devient rapidement nuisible !

C'est un fait irréfutable, mais il est toujours bon de le rappeler.



Une fois ceci dit, on ne peut que constater que ce "The children" emprunte de manière extrêmement visible à d'autres oeuvres cinématographiques ayant tenté de déciller les yeux des aveugles que nous sommes (je parle ici des adultes) sur les exactions "crypto-maniaques" des charmantes têtes blondes.
De "De si gentils petits monstres" (dont le titre original est par ailleurs "The children" ) qui nous narre l'histoire de trois enfants victimes de gaz toxiques et qui brûlent les adultes qu'ils touchent, en passant par le matriciel et grandiose "Les révoltés de l'an 2000" (qui concourt pour la traduction française la plus débile de l'histoire) qui déjà en 1976 envoyait un couple de grandes personnes dans les griffes d'une flopée de marmots atteints d'un mal indéfini, sans oublier la référence au "La nuit des morts-vivants" du toujours vert Romero et sa mythique scène de l'attaque de la mère par la petite fille à la truelle (cernes prononcées sous les yeux incluses).
On pourra aussi renvoyer de manière plus marginale au "Demain les mômes", à "Le village des damnés" ou au méconnu film de Joseph Losey "The Damned" réalisé en 1963 pour la Hammer film et ses enfants radioactifs.



Telle la parole de Jésus Christ dans la Bible, quelques rares films nous mettent donc en garde devant le complot multiséculaire de la marmaille pour prendre le pouvoir.
Certes le message c'est bien (me direz vous pour peu que vous soyez complètement crétin, ce qui est impossible pour un lecteur d'Horreur.com), mais qu'en est-il du film en lui-même ?

Eh bien, le film est une brillante réussite qui, s'il n'innove en rien, donne au spectateur ce qu'il est venu chercher, à savoir de l'horreur (et même du gore), de la tension, du drame et une sensation diffuse de malaise.

Un malaise que le réalisateur diffuse savamment et à petites doses pendant la première partie du métrage pour donner l'illusion de flotter entre le normal et l'anormal, avant de lâcher les chevaux et de faire entrer son intrigue dans la terreur et l'épouvante sanguinolente.

On ne dira jamais assez combien la partie initiale est la plus importante pour un film d'horreur, celle où l'on doit éprouver de l'empathie avec les personnages, où l'on doit se sentir proche d'eux, où la personnalité de ceux-ci se doit d'être proche de la nôtre, afin que lorsque l'enfer s'abattra sur eux, on soit déstabilisé. Et cela Tom Shankland le réussit de manière plus que convaincante, donnant humanité aux protagonistes qu'ils soient enfants ou adultes (plus les adultes d'ailleurs, ce qui est logique, le film étant constamment montré et vécu par le biais de ces derniers).
Profitant à merveille des décors enneigés pour faire sourdre une fausse ambiance apaisée, les mouflets devenant de plus en plus inquiétants sans jamais sombrer dans le maléfique facile et binaire façon "La malédiction".
On ne saura d'ailleurs jamais par quoi ou par qui ces derniers deviennent meurtriers, une absence de réponse à la question qui sied au film et le rend vraiment angoissant par moments.



La tension et le suspense vont dès lors exploser dans la seconde partie du long-métrage. Lorsque les adultes vont enfin prendre conscience que leur marmaille leur déclare une guerre sans pitié, ils vont se diviser en deux camps.

"¿Quién puede matar a un niño?" (qui peut tuer un enfant ?) comme le décrétait Narciso Ibáñez Serrador dans son fameux film.
C'est la question centrale que devront (rapidement) se poser les personnages.
Ceux qui n'arriveront jamais à se défendre et donc à tuer un enfant et ceux qui passeront outre leurs sentiments et leur éducation afin de les briser dans une violence souvent folle.

Plongeant parfois dans une horreur graphique mêlant situation traumatique et gore sanguinolent, Shankland ose aller au bout de son concept. Les enfants sont méchants, ils sont aussi intelligents et savent se servir de l'amour que leur vouent leurs parents pour les entraîner dans des pièges savamment étudiés.

Sans jamais tomber dans le second degré, le film nous maintient constamment au seuil du montrable, la tension va croissante, la rage des enfants est terrifiante et l'on passe un moment intense entre divertissement et effroi.

Pas orignal certes, mais diablement réussi. Et quand vous irez embrasser vos enfants, n'oubliez pas : " It's only a movie.... it's only a movie".








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WAZ