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Suite à la disparition de l'un de ses amis en Arctique, le major Ben McBride décide de partir en expédition avec une équipe composée d'un aviateur, d'un scientifique et d'une photographe. Mais une fois sur place, ces derniers se rendent compte qu'ils viennent de pénétrer dans un monde encore inexploré où vivent des dinosaures et autres monstres préhistoriques. Rapidement, nos valeureux aventuriers vont se retrouver nez à nez avec des hommes des cavernes peu amicaux et des guerriers adeptes de sacrifices humains…



"Le continent oublié" (1977) est le troisième épisode d'une quadrilogie réalisée par Kevin Connor dans les années 70 et contenant également "The land that time forgot" ("le sixième continent", 1975), "At the earth's core" ("septième continent", 1976) ainsi que "Warlords of Atlantis" ("les sept cités d'Atlantis", 1978).
Mêlant aventure, action, humour et fantastique, ce troisième segment a certes pris quelques rides au fil des années mais conserve toutefois un certain charme qu'il est bon de mentionner dans cette petit chronique que voici.

Partant d'un scénario dont la trame est des plus simplistes (une expédition est menée pour retrouver un explorateur perdu dans un monde inexploré), "le continent oublié" (dont je préfère le titre anglais plus élaboré "the people that time forgot") a tout de la série B mêlant aventure et fantastique : de l'action à gogo, des personnages stéréotypés comme on les aime, des monstres certes peu réalistes mais suffisamment kitchs pour amuser la galerie etc etc…



Malgré cette approche très manichéenne dans le scénario, on apprécie de voir notre valeureuse équipe de sauveteurs, aidés par une sauvageonne courageuse, affronter les multiples dangers qui s'offrent à eux, à la manière d'un "Barbarians" (sic!) ou plus glorieusement d'un "Conan" (ah!). Dinosaures, monstres caverneux, hommes des cavernes, tribu adepte de sacrifices humains… tout y passe pour nous faire passer un sympathique moment au milieu de toutes ces confrontations et ces folles poursuites durant lesquelles l'ennui ne pointe à aucun moment le bout de son nez et ce pour notre plus grand plaisir.

Car effectivement, il faut bien le reconnaitre, l'une des forces du film de Kevin Connor est d'être suffisamment dynamique pour nous tenir en haleine du début (le film démarre d'ailleurs sur les chapeaux de roue) à la fin : les lenteurs sont très rares et les quelques scènes de dialogues peu intéressants sont rapidement écourtées par une scène d'action.

Là où l'on pourrait cependant reprocher quelque chose à notre film britannique, c'est dans la galerie des personnages principaux. Aucun ne parvient véritablement à être attachant, à avoir ce petit quelque chose qui fait que nous avons envie de le suivre dans son aventure préhistorique pour voir ce qu'il va devenir… Les personnages sont en effet pas assez travaillés et restent bien trop stéréotypés pour que l'on y prête vraiment attention (quoique j'ai bien louché sur le décolleté plongeant de la ravissante Dana Gillespie jouant le rôle de la sauvageonne…). Même notre héros, interprété par Patrick Wayne, semble perdu au beau milieu de notre petite troupe de courageux explorateurs, chose vraiment regrettable à mon sens.

Par contre, on appréciera la petite touche kitch et amusante apportée à certains personnages tels que les gros vilains Nagas (une tribu de samouraïs préhistoriques) ou encore notre scientifique bien enveloppé qui, comme par magie, se transforme en fin mousquetaire (il faut voir notre homme de sciences manier soudainement les armes blanches, comme si cela faisait partie de son quotidien, et mettre la branlée à des guerriers).



Autre élément très kitch : les effets spéciaux. Sur ce point, on ne peut qu'accuser le poids des années (et peut-être aussi une certaine fainéantise de la part de l'équipe du film au vue des sympathiques animatroniques pourtant déjà utilisés en ce temps-là dans le domaine du cinéma) car il est clair que nos vilaines bêbêtes sont ridées par le poids des âges et par le manque de travail apporté sur celles-ci… Mais alors pourtant quelle rigolade devant ce Stégosaure mou du genou au regard débile, ce Ptérodactyle semblant flotter dans l'air plutôt que de voler (les ailes ne bougent jamais!) ou encore ce vilain petit monstre des cavernes tout cartonneux! Et que dire de leurs cris? Poilant, tout simplement!
Hé oui, malgré ce côté très vieillot et peu recherché de nos monstres et dinosaures (comment ça du papier mâché?) en tout genre, ces derniers possèdent pourtant un charme indéniable et nous procurent des moments de rigolade à toute épreuve. Etrangement, on se laisse guider par ces conner… - heu drôleries! - et enivrer par cette aventure bourrée de péripéties…

Les décors s'avèrent quant à eux plutôt bien choisis et reflètent parfaitement le côté aventureux du film avec ses endroits divers et variés apportant à chaque fois des jeux de couleurs différents (le jaune-orangé pour les étendues de sable, le vert pour les oasis et la jungle, le gris pour les cavernes et les grottes, le rouge pour le volcan…). Seul bémol : la fameuse montagne des crânes, le QG des Nagas, représenté sous la forme d'un dessin pathétique, sentant bon le manque de budget (ça pique les yeux)…

Enfin, la musique est également une pièce majeure de ce film. Entraînants et collant parfaitement au cinéma d'aventure, les quelques morceaux disséminés par-ci par-là apportent une touche épique et fantastique non négligeable au long-métrage de Kevin Connor.



Au final, bien que présentant de nombreux défauts aussi bien visuels (des effets très kitchs, même pour l'époque) que scénaristiques (des personnages peu élaborés et peu attachants notamment), "le continent oublié" saura cependant vous faire passer un sympathique moment devant votre téléviseur, le film de Kevin Connor respectant à la lettre le cahier des charges de la bonne petite série B d'aventure et ne présentant aucun véritable temps mort au cours de cette folle aventure préhistorique!








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