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LES REALISATEURS ITALIENS - PARTIE 2 , un dossier de Stéphane Erbisti

 

 

Merci pour l’accueil que vous avez fait à la première partie de ce dossier consacré aux maestros du cinéma Bis italien. Voici à nouveau une petite présentation de la carrière de quatre autres réalisateurs, en attendant une future troisième partie…

NB : certains titres de film cités dans ce dossier ne renvoient pas à la fiche du film présente sur le site. Un soucis informatique que je ne sais résoudre. C'est le cas pour "l'enfer des zombies", "l'emmurée vivante", "l'au dela" par exemple. Vérifiez donc si le film est présent sur le site pour de plus amples informations dessus.

* BRUNO MATTEI
 

Allez, ne reculons devant rien et ouvrons cette deuxième partie du dossier avec un nom connu de tous, conspué la plupart du temps, subissant les pires critiques, traité de tâcheron ou de plus mauvais réalisateur oeuvrant dans le cinéma, j’ai nommé Bruno Mattéi !

Il faut bien reconnaître que ce monsieur est réellement un cas à part, plus encore que Joe d’Amato. A la vision de ses films, on en arrive à se demander s’il n’aurait pas mieux fait de changer de métier, même si certaines de ses "œuvres filmiques" font l’objet d’un culte tout particulier chez les amateurs ! Le cinéma de Bruno Mattéi est fait de "copié collé" d’autres films, surfant sur tous les succès cinématographiques, qu’il s’agisse des films de zombies, de péplums, de films d’aventure et autres… Bruno Mattéi, inventeur du clonage filmique ?

Né le 30 juillet 1931, à Rome, Bruno Mattéi se lance dans la carrière d’assistant monteur, délaissant ses études en archéologie. Il devient le monteur de Sergio Grieco, un réalisateur de cinéma populaire, oeuvrant dans des genres différents tels le film de cape et d’épée, le film d’espionnage, le film d’aventure. Bruno Mattéi entre donc dès ses premières expériences professionnelles dans le monde du cinéma Bis. Il réalise également le montage de nombreux documentaires, puis se retrouve dans la vague des péplums au début des années soixante. C’est à cette période que Mattéi commence à signer ses montages sous des pseudonymes, tels Jordan B. Matthews ou Jack Matthews.

En 1969, il réalise son premier film, "Armina il dramma di una sposa", un film de guerre, qu’il signe à nouveau de son pseudonyme américain. Puis il lui faudra attendre six longues années avant de pouvoir à nouveau réaliser un film, en fait une co-réalisation avec Joe d’Amato, et il comble ce laps de temps en reprenant son métier de monteur, où il rencontre Jess Franco sur "99 Mujeres" ou "les nuits de Dracula" par exemple.

La carrière de Mattéi prend un nouveau tournant quand il se met à réaliser des WIP (Women in Prison) à base de nazis, comme dans son quatrième film, "hotel de plaisirs pour ss", réalisé en 1976, où il fait preuve d’originalité malgré l’absurdité de certaines situations. Le film sortira en vidéo sous différents titres, comme "ss girls" ou "la maison privée des ss". Il enchaîne la même année avec le culte "kz9", un naziexploitation bien sordide où les expérimentations médicales se révèlent particulièrement sanglantes, heureusement amoindries par des personnages caricaturaux qui font mieux passer la pilule. Machisme, scènes érotiques, asservissement, dialogues infâmes, bref, nous avons là une petite perle façon Mattéi !

 

Il réalise alors quelques documentaires et films érotiques avant de se tenter au film d’horreur surnaturel avec "l’autre enfer" en 1980, film se passant dans un couvent et où les meurtres sont légions. Peut-être l’un des meilleurs films de Mattéi ! Le décor du couvent semble inspirer notre réalisateur puisqu’il tournera également "la vera storia a della monaca di monza", violent réquisitoire contre l’autorité cléricale, un comble pour un Italien !

Très prolifique, 1980 est aussi l’année où Mattéi nous livre son incroyable "virus cannibale", pompant sans aucune honte le "zombie" de George Romero, allant même jusqu’à reprendre les combinaisons bleues que portait la brigade d’intervention dans le film américain. Il se permet même d’avoir recours au groupe "Goblin" qui avait signé la musique du film de Romero ! Le film pompe donc allégrement "zombie", avec assaut d’une brigade d’intervention contre des terroristes, zombies dévorant de la chair humaine, tireur s’amusant à shooter les morts vivants… Mattéi ne va pas jusqu’à envoyer ses personnages dans un supermarché, il choisit plutôt un petit village indigène dont la religion interdit de brûler les morts. Bref, du pur Mattéi, irrespectueux, copiant les idées des autres sans originalité, mais avec de bons débordements gores. C’est également avec ce film que Mattéi va prendre un pseudonyme qu’il gardera longtemps : Vincent Dawn.

  

Retour au péplum érotique en 81 avec "caligula et messaline" et "les aventures sexuelles de néron et poppée", surfant sur le succès du "caligula" de Tinto Brass ou le "caligula la véritable histoire" de Joe d’Amato.

En 82, péplum toujours mais sans érotisme cette fois, avec "les sept gladiateurs" qui bénéficie de la présence de Lou Ferrigno, le fameux Hulk de la série télévisée. Mais le manque de moyens s’en ressent.

Mattéi s’en retourne alors aux WIP et engage Laura Gemser dans "pénitencier de femmes", où la belle reprend son rôle d’Emanuelle, qu’elle retrouvera la même année dans un autre film de Mattéi, "révolte au pénitencier des filles". Pour les amateurs de ce genre de films, ce sont de bonnes réalisations de Mattéi, plutôt à l’aise quand il s’agit de montrer des filles nues se faire humilier ou violenter par des gardiennes de prisons, même si le second se rapporte plus au polar. Mais ce ne sont pas des chefs-d’œuvres, loin de là !

 

Ce ne sera toujours pas un chef-d’œuvre qu’il nous livrera en 83, avec son film culte, le fameux "les rats de manhattan", film post-nuke à faible budget, qui laissera sur leur faim les amateurs de véhicules futuristes, le film se déroulant quasiment dans un même décor, celui d’un saloon infesté par des rats, qui vont causer bien des ennuis aux personnes se trouvant sur les lieux. L’horreur est bien présente avec des attaques de rats bien vomitives, rongeant le corps des humains de l’intérieur, faisant exploser un dos … On atteint le sommet de la ringardise, et avec les dialogues français, le film se hisse au niveau d’une œuvre d’art pour amateur de nanar ! La preuve, demandez à n’importe qui de citer un film de Mattéi, c’est quasiment à 100% celui-là qu’il vous citera !

 

Après deux ans d’inactivité, Mattéi revient sur le devant de la scène avec "scalp" (à ne pas confondre avec le film de Fred Olen Ray), un western horrifique très sympathique, plutôt bien réalisé et interprété, et qui se hisse largement dans le top cinq des meilleurs films de Mattéi. Western encore avec "bianco apache" avant de passer aux purs films d’action sur fond de guerre du Viêt-nam avec "strike commando" et "double target", surfant bien évidemment sur le succès de "rambo 2".

En 1987, Bruno Mattéi est appelé en urgence pour remplacer Lucio Fulci, alors très malade, sur "zombi 3". D’où cette impression de deviner qui a fait quoi sur ce film. Car même si certaines séquences avec des zombies portent la patte de Fulci, la majeure partie des scènes d’action tendrait plutôt à aller du côté de Mattéi. Qui aurait pu d’ailleurs avoir l’idée de faire courir des zombies ??? Au final, on a un film hybride, mais pas si mauvais que ça, même si on est très loin des films cultes du maître du macabre.

 

Mattéi continue sur sa lancée avec des films de guerre avant de nous balancer au visage un autre classique chez les amateurs de nanars, le bien nommé "robowar" ! Ah Robowar ! Une copie conforme de "predator", sans Schwarzenegger, mais avec toutes les scènes cultes du film. Le résultat est assez hallucinant quand même, il ne recule vraiment devant rien le Mattéi. Mais si on n’a pas vu "predator", on peut y prendre du plaisir ! Si, si !

 

Après quelques films érotiques ou policiers, ainsi qu’un film de SF inédit par chez nous au titre exceptionnel de Terminator 2 (!!!), il va nous refaire le coup du pompage d’un grand succès avec "cruel jaws" en 1995, version Mattéiènne du film de Spielberg "les dents de la mer".

Il faudra ensuite patienter jusqu’en 2002 pour revoir Mattéi à la réalisation. Son dernier film se nomme "the tomb" et date de 2004. C’est une histoire de momie vengeresse apparemment.

Bruno Mattei / Ed Wood : même combat ? Il est sûr en tout cas qu’il n’obtiendra jamais l’Oscar du meilleur réalisateur. Et après ? Mattéi a sa horde de fans derrière lui, et c’est bien suffisant. Pour qui voudrait s’initier à ses films, le mieux serait d’être vierge de toute vision cinématographique ou d’avoir des goûts très larges et de ne pas être trop difficile ! Faut-il être totalement fou pour oser insérer un film de Mattéi dans un magnétoscope ou un lecteur de dvd ? A vous de nous le dire !

* LUCIO FULCI
 

Nous allons maintenant nous pencher sur la carrière de Lucio Fulci, l’homme que l’on surnomme "le maître du macabre", celui qui a déclaré que "la violence est un art italien", l’un des réalisateurs préférés du public friand de frissons. Pour beaucoup, la carrière de Fulci ne se résume qu’à quatre films, réalisés au début des années 80, et qui l’ont propulsé au sommet du cinéma d’horreur. Mais Fulci, c’est beaucoup plus que cela ! Poète funèbre, il a su comme personne d’autre mettre en image la mort, la putréfaction, le pourrissement des corps. Avec Fulci, l’horreur n’est pas belle à voir. Ses images le sont !

Comme la plupart de ses compatriotes, Lucio Fulci est né à Rome, le 17 juin 1927. Devenu journaliste, il s’intéresse très tôt au cinéma, participe à des documentaires et réalise des courts métrages dès 1948. Il se retrouve à coordonner des séquences du péplum "les derniers jours de pompéi" cette même année avant de retourner aux documentaires et aux courts métrages. En 1949, il devient l’ami de Stefano Vanzina, un réalisateur très connu en Italie, qui a la charge de faire des films comiques avec l’acteur Toto. C’est donc tout naturellement que Fulci devient assistant réalisateur sur "toto a colori". Il enchaîne d’autres films puis ajoute à son arc le métier de scénariste. En 1954, il rencontre Mario Bava sur le tournage de "casanova", où ce dernier est directeur de la photo. Une nouvelle amitié vient de naître.

En plus des différents emplois qu’il occupe dans le milieu du cinéma, Fulci trouve encore le temps d’être le rédacteur en chef d’une revue cinématographique, et poursuit ses participations sur des films avec Toto. Et puis, ayant beaucoup appris au contact de Mario Bava, il décide de franchir le cap et de réaliser enfin son propre film. Ayant des relations privilégiées avec l’acteur Toto, celui-ci confie à Fulci le soin de réaliser un nouveau film le mettant en vedette. Ce sera donc "I ladri", datant de 1959, première réalisation du maestro Fulci !

 

Il continue sur sa lancée avec des films musicaux, autre genre en vogue en Italie, avec "I ragazzi del juke-box" et "urlatori alla sbarra". Des œuvres mineures mais qui permettent à Fulci de se faire la main et d’être en contact avec de grands chefs opérateurs et directeurs de la photo.

Une période d’inactivité vient interrompre l’engouement de Fulci. Il redevient scénariste le temps qu’on lui propose d’autres films à réaliser. En 1962, sa carrière redémarre et il signe une collaboration avec Franco et Ciccio, deux acteurs comiques (sortes de Laurel et Hardy), pour treize films ! Fulci roi de la comédie, qui l’eut cru ?

Il réalise également quelques film à sketches, pour surfer sur le succès du film de Dino Risi "les monstres".

Mais tous ses films n’apportent pas grand chose à Lucio Fulci qui ne parvient pas à sortir du lot. C’est pourquoi il opère un virage brutal en 1966, en réalisant un western crépusculaire, annonciateur des futurs débordements auxquels il nous a habitué. Ce western, "le temps du massacre", est un film excellent, qui se rapproche beaucoup de "django" au niveau de l’ambiance et du climat, tourné la même année, et mettant en scène la même vedette, le beau et ténébreux Franco Nero. Dans "le temps du massacre", Fulci nous gratifie de scènes hallucinantes de violence, comme celle où Franco Nero se fait fouetter par son ennemi pendant une durée interminable, en guise de punition. Les coups pleuvent sur le corps de Nero, sur son visage également. Le sadisme des westerns spaghettis est bien présent ici et Fulci n’y va pas par quatre chemins. C’est vraiment un coup de maître qu’il vient de signer et son film mérite réellement d’être (re)découvert.

 

En 1967 se termine la collaboration avec le duo Franco et Ciccio. Fulci tourne une comédie policière puis se met au film policier en 1969 avec "perversion story", une production française, italienne et autrichienne. On peut dire que c’est avec ce film que l’imagerie de la mort se met en marche chez Fulci. On retrouve dans "perversion story" des images de corbillards, de morgue, d’autopsie, d’enterrements, images qui deviendront sa marque de fabrique par la suite. Un léger érotisme fait également son apparition puisqu’on y voit des actrices totalement nues.

Et puis, à nouveau, changement radical de style puisque son film suivant est une œuvre historique, que Canal + vient de nous permettre de voir récemment. "Béatrice Cenci", appelé en France "liens d’amour et de sang" est un film original et très personnel dans la carrière de Fulci. Il montre surtout une incroyable maîtrise en ce qui concerne la réalisation, la mise en place des éléments, la direction d’acteurs, tout en n’excluant pas la violence, le film se déroulant pendant la sombre période de l’inquisition, ce qui sera prétexte à des scènes de tortures et d’humiliations. Fulci surprend réellement avec ce film, qui malheureusement, ne sera pas vraiment un gros succès au box-office italien et qui ne sera pratiquement pas distribué dans les pays étrangers.

L’année suivante, il réalise un film policier avec des éléments du giallo, dans "le venin de la peur", qui sortit également sous le titre scabreux de "les salopes vont en enfer" !

Après la réalisation d’une comédie, il nous livre son premier chef-d’œuvre avec le très malsain "la longue nuit de l’exorcisme", film très audacieux puisque traitant du thème de la pédophilie et du meurtre d’enfants. Fulci a vraiment accentué le côté sombre et pessimiste de son film, aucun personnage n’est vraiment "bon", chacun a sa perversité enfouie en lui. Le film marque également un tournant dans sa carrière puisqu’il y rencontre pour la première fois le spécialiste des effets spéciaux Giannetto de Rossi, futur responsable des horreurs gores des films de Fulci. Déjà dans ce film, les talents de ce maître en maquillage sont mis à contribution, avec une séquence de lynchage particulièrement sordide et réaliste, la vision malsaine du corps inanimé d’un petit enfant et la mort du tueur d’enfant tombant d’une falaise et dont on voit le visage se fracasser sur les parois rocheuses. La réalisation est excellente et l’ambiance est vraiment glauque. Bref, à ne pas manquer !

 

En 1973, il adapte le roman de Jack London "croc blanc" dans le film du même titre, film que Fulci n’a jamais trop aimé, puis l’année suivante, il réalise sa suite, "le retour de buck le loup". Ces deux films seront de bons succès pour Fulci.

 

Retour au western en 1975 avec "les quatre de l’apocalypse", encore une oeuvre sombre et crépusculaire, violente, ténébreuse, pour retrouver la comédie avec ses deux films suivants.

 

1977. Fulci retourne au giallo mais de nature fantastique cette fois, avec le très bon "l emmurée vivante". J’ai adoré ce film, fort bien mis en scène, et malgré de petites faiblesses, la tension et le suspense nous prennent à la gorge et on a vraiment envie de savoir, comme l’héroïne victime de macabres visions, le secret enfoui dans cette grande demeure gothique. Mais le film est un échec complet au box-office italien et Fulci est obligé de réaliser des shows comiques pour la télévision.

 

Il signera son dernier western en 78 avec "sella d’argento", inédit chez nous.

Et puis, c’est enfin la consécration ! George Romero vient d’épater le monde entier avec son "zombie". Les Italiens étant connus pour surfer immédiatement sur la vague dès qu’un film a du succès, c’est bien entendu vers les films de morts-vivants qu’ils se tournent. Fulci n’échappe pas à la règle et donne même à son film le titre de "zombi 2", alors qu’il s’agirait plutôt d’une sorte de préquelle. Intitulé en France "l enfer des zombies", ce film permet à Fulci de trouver sa voie et de se lancer corps et âme dans le cinéma d’horreur.
Pour faire encore plus horrible que le film de Romero, il décide de maquiller ses zombies de façon réaliste, c’est à dire en vrai cadavre pourrissant. Il accumule les scènes gores d’un réalisme incroyable, dont la fameuse séquence de l’écharde dans l’œil, véritablement impressionnante. Enorme succès mondial, le film rapporte plus de trente millions de dollars à travers le monde.
http://www.horreur.com/fiche_film.php?idfilm=99

  

On aurait pu croire que suite à ce succès, Fulci allait enchaîner avec un autre film d’horreur mais pas du tout. On le retrouve en effet sur "la guerre des gangs", authentique polar ultra violent, avec nombreuses séquences chocs, dont une scène de torture sur une trafiquante dont on brûle le visage à la flamme ou encore un viol sordide sur la femme du héros.

 

1980 sera une année clé pour Fulci. Après "la guerre des gangs", il s’en retourne à l’horreur avec plusieurs films qui resteront dans les mémoires comme d’authentiques chef-d’œuvres, le hissant au rang des meilleurs réalisateurs de ce genre.

Tout d’abord avec "frayeurs", œuvre macabre par excellence, où l’humour est totalement absent et où Fulci impose une ambiance horrifiante rarement atteinte au cinéma. La peur règne sur le film, les décors, l’atmosphère, les effets de maquillage, les scènes gores (pas si nombreuses que ça en fait mais d’une efficacité totale !), le sujet même du film ainsi que la fabuleuse musique de Fabio Frizzi font de "frayeurs" un monument du film d’horreur.

  

Son nouveau film sera un peu décevant mais ce n’est qu’un simple film de commande pour Fulci qui adapte Edgar Poe dans "le chat noir". Ce film, Fulci l’a fait en hommage à Roger Corman (qui a adapté Poe de nombreuses fois) et a voulu lui donner une couleur anglo-saxonne en donnant le rôle principal à Patrick Magee. On obtient au final un film pas désagréable mais bien inférieur à "frayeurs".

 

Par contre, le film suivant va à nouveau être une pure merveille de l’horreur. Certains le considèrent même comme le meilleur film de Lucio Fulci. Il s’agit bien entendu de "l'au-dela", maelström de séquences toutes plus horribles les unes que les autres, d’inspiration très Lovecraftienne. Fulci va vraiment très loin dans l’horreur visuelle avec ce film, tout en nous donnant des images splendides, d’une poésie rare. D’ailleurs, "l au-dela" peut-être considéré comme un authentique poème sur la mort. Beaucoup lui reprochent son manque de cohérence et sa non linéarité, mais tout cela était voulu par Fulci. Laissons d’ailleurs le principal intéressé expliquer ce choix, dans une interview qu’il a accordée à Robert Schlockoff dans la revue L’écran Fantastique numéro 22 : "Nous avons tenté de faire en Italie des films purement thématiques, sans intrigue et de tous mes films, L’Aldila est celui où l’histoire est la plus inexistante parce que, comme "inferno" [de Dario Argento, Ndr.], c’est un film qui refuse les conventions, les structures traditionnelles du cinéma. […] Les gens qui critiquent ce film pour cette raison n’ont pas compris qu’il n’y a que "l’image" qui prime dans ce film qui se reçoit spontanément. On dit toujours que c’est très difficile d’interpréter un film comme L’Aldila sans ficelles, mais c’est très facile d’en interpréter un avec ficelles, n’importe quel imbécile peut comprendre un film comme ceux, par exemple, de Molinaro. Même "new york 1997", le thriller SF de John Carpenter, est facile à comprendre tandis que L’Aldila – et je reconnais que "inferno" d’Argento en est aussi une tentative – est un film "absolu".
Pour ma part, le seul point négatif que je ferai au film est la séquence ratée des araignées, que Fulci explique par la non-possibilité d’utiliser une tête en plastique pour les gros plans, l’acteur refusant de voir de vraies araignées se promener sur son visage.
Mis à part cela, "l'au-delà" est une perle vénéneuse, une expérience unique, qui vous emmènera à la rencontre de la "Mer des Ténèbres", qui est pour Fulci "notre enfer intérieur, un monde immobile où chacun des horizons est identique, un monde absolu. […] Les protagonistes de L’Aldila deviennent aveugles car leur vue n’a plus raison d’être dans ce monde sans vie."

   

En 1981, il signe une œuvre plus intimiste mais néanmoins particulièrement bien travaillée, "la maison pres du cimetiere", autre film bien macabre et dégageant une ambiance poisseuse et glauque, le summum étant la découverte du repaire du monstre habitant la cave de la maison, la caméra filmant le sol jonché de débris humains. Un monstre au maquillage magnifique d’ailleurs, peut-être l’une des plus belles créations du cinéma d’horreur. A noter également la place prédominante des enfants dans ce film, dont l’influence est à chercher dans le film anglais de Jack Clayton, "les innocents", dixit Fulci lui-même.
Fulci achève avec ce film la quadrilogie de l’horreur la plus vénérée chez les fans de cinéma italien. "l enfer des zombies", "frayeurs", "l au-dela" et "la maison pres du cimetiere
", quatre films que tout amateur se doit d’avoir vu et de posséder dans sa vidéothèque. Leur impact est encore présent de nos jours, voir la fameuse séquence du cercueil dans le "kill bill" de Quentin Tarantino.

 

Retour au giallo pour ce qui est sûrement l’un des plus sanglants jamais filmés, avec "l eventreur de new york" et son meurtrier à la voix de Donald Duck ! Les meurtres sont vraiment très sanglants et l’ambiance est encore une fois réellement malsaine et glauque, pour ce qui est considéré comme le dernier bon film de Lucio Fulci chez ses admirateurs. Il est clair que "la malédiction du pharaon" réalisé en 1982 ne restera pas dans les mémoires.

 

Le film suivant est un film que j’aime beaucoup mais qui est souvent passé à tabac par les critiques. "conquest" est une tentative de Fulci de réaliser un film d’héroïc-fantasy dans la tradition de "conan le barbare" ou autre "la guerre du fer". L’aspect gore n’est pas exclu de l’histoire puisque de nombreuses séquences sanglantes sont présentes, comme cette éventration dans le sens de la longueur, assez vomitive ! "conquest" est en fait un vrai film Bis, sorte de fourre-tout un peu bordélique, où l’on retrouve des créatures étranges, mi-humaines mi-animales, un arc magique, une femme dénudée portant un masque en or, des créatures aquatiques… C’est du sous "conan" mais moi j’aime bien !

Science-fiction ensuite pour Fulci avec "2072 les mercenaires du futur", film qui promet beaucoup mais qui, par manque évident de budget, ne donne pas grand chose.

C’est à cette époque que la santé du réalisateur va commencer à décliner, souffrant d’abord d’un problème au rein suite à une cirrhose hépatique.

Malade, Fulci réalise quand même un film en 1984, le très médiocre "murderock", giallo de pâle figure, ennuyeux au possible, rythmé par des numéros de danse qui feraient passer les chorégraphies de la Star Academy pour des chefs-d’œuvres (même si Kamel Ouali a un vrai talent de chorégraphe, mais là n’est pas le sujet…lol).

 

1985 ne verra aucune réalisation sortir sur les écrans puisque Fulci passe cette année à l’hôpital, où la maladie gagne du terrain. Il est alors très affaibli, a beaucoup maigri et les portes de l’au-delà commencent à s’ouvrir lentement pour lui.

Malgré son état de santé, il réalise un excellent film, dans un genre qu’il n’avait pas encore testé, le film érotique. Avec "le miel du diable", Fulci fait preuve d’originalité dans ce domaine en réalisant une œuvre pessimiste, sadique, violente et érotique.

Retour à l’horreur en 87 avec le moyen "aenigma", banale histoire d’esprit vengeur, piochant des idées chez des classiques comme "carrie au bal du diable" ou "suspiria", contenant quelques scènes bien sympathiques quand même, dont une mort par escargots (!!) mais doté d’une photographie affreuse, sombre, bien différente de ce à quoi il nous avait habitué dans ses films précédents.

 

Le grand retour de Fulci aurait du venir de l’année 88 avec la mise en chantier de "zombi 3" mais la maladie a tout gâché. Commencé aux Philippines, le tournage doit cesser car l’état de santé de Fulci vient encore de s’aggraver, suite aux conditions climatiques du pays. On appelle Bruno Mattéi à la rescousse pour finir le film, se trouvant également aux Philippines.

 

De retour dans son pays et après s’être fait soigner, Fulci revient sur le devant de la scène avec deux films fantastiques, "les fantomes de sodome" et "soupcons de mort". Deux films mineurs dans sa carrière, ma préférence allant plutôt vers le second, alliant gore et humour noir, dont un dépeçage à la tronçonneuse en début de film assez gratiné !

Il réalise ensuite deux téléfilms puis "demonia" et "nightmare concert". Dans ce dernier, Fulci interprète son propre rôle et nous donne des scènes gores qui sont vraiment… gores, même si elles sont extraites souvent d’autres films !

 

Ce sera ensuite "voix profondes" puis "la porte du silence". La maladie est de retour pour Fulci qui n’a plus la force de faire des films. Il écrit des recueils de nouvelles fantastiques comme "le lune nere" ou "il thriller dei sogni".

 

En 95, il a un grand projet, celui de réaliser une nouvelle version du "masque de cire". C’est un projet ambitieux puisqu’on retrouve Fulci à la réalisation ainsi qu’au scénario, Dario Argento en producteur, Sergio Savalti à la photographie et Sergio Stivaletti pour les effets spéciaux. Coproduit avec la France, c’est Robert Hossein qui hérite du rôle principal. Le planning est prêt, le tournage débutera le 25 mars 1996.

13 mars 1996. Suite à une crise cardiaque, due à ses problèmes de diabète, Lucio Fulci s’éteint. Lui qui a si bien su filmer la mort, n’a plus trouvé la force de la rejeter. A l’enterrement, seuls Dario Argento et Umberto Lenzi sont présents, en plus de la famille de Fulci.

Lucio Fulci, le maestro du macabre, l’Edgar Poe du cinéma, le poète de la mort, a définitivement rejoint l’au-delà. Que son âme repose en paix à tout jamais, ses fans se chargeront toujours de faire honorer sa mémoire.

* SERGIO MARTINO
 

N’ayant vu que quelques films de Sergio Martino, je ne m’étendrai pas sur ses œuvres. Pour le peu que j’ai pu en voir, ce sont d’honnêtes spectacles de divertissement, voire même de très bons films quand il s’agit de ses gialli. Comme la plupart des réalisateurs de ciné Bis, Sergio Martino est un bon artisan, qui connaît son boulot et s’arrange pour que ses films plaisent au public.

Sergio Martino est né le 19 juillet 1938, à … ? Rome, bravo pour ceux qui suivent depuis le début ! (rires). Sa famille baigne dans le cinéma, puisque son grand-père était réalisateur dans les années 30 et 40, et que son frère Luciano est producteur et scénariste. C’est donc tout naturellement que Sergio décide de devenir réalisateur. Comme ses confrères, il fera ses armes dans de nombreux genres différents, une constante dans le cinéma Bis italien (l’exception étant Dario Argento pour les réalisateurs de cette génération).

L’un des premiers travaux de Martino dans le milieu sera d’être assistant réalisateur sur "le corps et le fouet" de Mario Bava. On peut trouver plus mauvais comme expérience de départ ! Il cumule aussi le job de scénariste et de directeur de production. On l’a vu également en tant qu’acteur en 1958 dans un film de Sergio Corbucci.

Ses premières réalisations sont en fait des documentaires surfant sur le succès de "mondo cane", film racoleur présentant des images chocs venant du monde entier. Martino réalise donc en 1969 son premier documentaire, "tous les vices du monde", puis ce sera "l’Amérique à nu", qu’il a filmé pendant quatre mois au Viêt-nam.

Passage obligé par le western en 1970 puis par le giallo en 71 avec "l’étrange vice de madame ward". C’est notamment avec ses gialli que Sergio Martino s’est fait connaître aux yeux du public. Celui-ci est un très bon giallo, avec assassin, meurtre à l’arme blanche, suspects potentiels et révélation finale surprenante. On y retrouve en plus Edwige Fenech, ce qui ne gâche rien.

 

La même année, il récidive avec "la queue du scorpion", l’un de ses films les plus connus et probablement l’un des meilleurs en plus ! Martino fait preuve d’une aisance magistrale au niveau de la réalisation et de l’enchaînement des séquences. Les meurtres sont assez violents et tous les codes du giallo sont respectés. Ce film est souvent cité par les amateurs comme faisant partie des meilleurs du genre.

 

Sa spécialisation dans le giallo ne s’arrêtera pas puisqu’il en réalise un autre juste après, "tutti a colori del buio", connu sous différents titres américains comme "day of the maniac" ou "all the colours of the dark". Il retrouve pour l’occasion Edwige Fenech qui interprète une jeune femme doutant de sa santé mentale, et qui ira même jusqu’à rentrer dans une secte satanique pour vaincre ses appréhensions. Ca ne vous rappelle rien ? Le film de Martino flirte en effet sur le succès du "rosemary’s baby" de Roman Polanski. Ce qui ne l’empêche pas d’être un brillant exercice de style, encore une fois souvent sollicité par les amateurs.

 

Edwige Fenech, encore elle, sera également à l’affiche de "gently before she dies", variation de l’histoire d’Edgar Poe, Le Chat Noir.

Martino s’essaie ensuite à la comédie, puis au film policier avec l’excellent "the violent professionnals" avant de revenir au giallo horrifique en 1973 avec "torso", qui mixe intrigue policière et élément de "slasher movie".

 

Jusqu’en 1976, Martino alterne les comédies (avec Edwige Fenech bien sûr !) avec les films policiers, pour ensuite réaliser "mannaja" en 77, l’un des derniers westerns spaghettis italiens.

 

1978 voit Martino engager la belle Ursulla Andress pour la livrer aux cannibales dans le bien nommé "la montagne du dieu cannibale". Film d’aventure avant tout, "la montagne…" ne lésine pas pour autant sur les séquences gores vers la fin, tout en dénudant l’ex James Bond Girl pour notre plus grand plaisir. Bien rythmé, bien réalisé, c’est un film plaisant à voir, dépaysant.

  

Sergio Martino réalise ensuite l’un des segments d’une comédie à sketches avant de revenir au film d’aventure fantastique avec "le continent des hommes poissons", où cette fois, c’est la belle Barbara Bach qui joue l’héroïne. Le film souffre néanmoins d’un manque de rythme, et on s’y ennuie un peu. Les créatures mi-hommes, mi-poissons sont par contre assez réussies. Un Martino pas déplaisant mais qu’on a connu plus inspiré.

 

Le milieu marin semble l’inspirer puisque son film suivant se déroulera encore sur une île, où la menace est cette fois représentée par un alligator. Appelé en France "alligator" ou certaines fois "le dieu alligator", il met encore en scène Barbara Bach, qui attire décidément les prédateurs aquatiques. Même défaut que pour le film précédent, au niveau du rythme principalement. L’alligator n’est pas trop mal mais ça reste toujours en deçà de ses gialli.

 

Martino enchaîne ensuite cinq comédies puis adapte une série télévisée en condensant les épisodes pour en faire un film intitulé "crimes au cimetiere etrusque".

 

Quelques comédies plus tard, c’est un film post-nuke qu’il réalise avec "2019 apres la chute de new york", qui s’avère une très bonne surprise.

 

C’est une constante chez lui, entre deux films de genre, retour à la comédie en 84 pour revenir en 86 avec un "atomic cyborg" qui n’égalera pas le "terminator" de James Cameron. On a droit bien sûr à la réparation du bras comme Schwarzenegger, à une partie de bras de fer (faut être bête pour faire un bras de fer contre un cyborg !), à une héroïne qui s’en fout de se taper un cyborg mais il manque quand même le principal : de l’action, du rythme. Martino en perte de vitesse ?

 

Le reste de sa carrière se passera entre films de cinéma et téléfilms. Il ne reviendra pas au fantastique, ni aux gialli qui ont fait sa renommée.

Parfois, Sergio Martino a utilisé des pseudonymes, en voici quelques-uns : Julian Barry, Martin Dolman, Serge Martin, Christian Plummer, George Raminto.

* MICHELE SOAVI
 

Seulement quatre films à l’actif de Michele Soavi mais parmi eux, un chef d’œuvre définitif, original, poétique, "dellamorte dellamore".

Né le 3 juillet 1957 à Milan, la carrière cinématographique de Soavi débute par le job d’acteur dès 1978. On le voit dans "frayeurs" de Fulci et "le monstre attaque" en 80, dans "caligula la véritable histoire" et "horrible" de d’Amato en 81, mais également dans "l eventreur de new york", "tenebres" ou encore "la maison de la terreur" par exemple. Il sera également assistant réalisateur sur certains films dans lesquels il joue. Dario Argento lui offre de l’assister sur "tenebres". Ce sera une rencontre capitale sur la future carrière de Soavi. En 85, il réalise d’ailleurs un documentaire sur ce maître de l’horreur à l’italienne avec "Dario Argento’s world of horror". Argento lui propose d’être à nouveau son assistant réalisateur sur "phenomena" la même année ainsi que sur "demons", produit par Argento et réalisé par Lamberto Bava.

En 1987, Michele Soavi décide de voler de ses propres ailes. Il imagine une histoire de tueur fou dans une troupe de théâtre. Ce sera le point de départ de "bloody bird", une des meilleures surprises de cette année, de par son esthétisme, le look du tueur (qui porte un énorme masque de hibou), et certains meurtres, dont une femme coupée en deux, du plus bel effet. On reproche à Soavi de n’être qu’un clone d’Argento mais honnêtement, ce premier film est très réussi.

 

Ce ne sera pas vraiment le cas de son film suivant, "sanctuaire", réalisé en 1989 où la mollesse de la réalisation prend le dessus et finit par ennuyer le spectateur. Pourtant, le film est produit par Argento, qui a également co-écrit le scénario. Mais Soavi ne semble pas beaucoup inspiré malgré de belles images, comme l’accouplement avec un démon par exemple. Le film raconte l’histoire d’une cathédrale construite sur un ancien charnier, et qui va se retrouver envahie par les forces du mal après que celles-ci se soient libérées suite au déplacement d’une croix sacrée. Quelques scènes sanglantes, une belle introduction au temps du Moyen Age, et la présence d’Asia Argento, âgée de 14 ans ne suffisent pas à hisser le film à la hauteur du "bon". On en restera au "moyen".
A noter qu’entre ces deux films, Soavi sera second réalisateur sur le film de Terry Gilliam "les aventures du baron de munchausen".

 

Deux ans plus tard, retour de Soavi sur les écrans avec "la secte", qui relève le niveau. Soavi semble mieux maîtriser le sujet, du moins dans la façon de le mettre en image. L’ombre d’Argento est toujours présente (il produit encore le film), avec des éclairages aux teintes bleutées qui rappellent l’ambiance de "inferno", tout comme le lieu de l’action qui recèle de nombreux passages secrets, comme la bâtisse du film précité. La référence reste bien sûr le "rosemary’s baby" de Polanski, puisque le film narre les mésaventures d’une jeune femme en proie à une secte satanique, menée par un gourou dont l’apparence n’est pas sans rappeler le célèbre Charles Manson. Certaines scènes du film possèdent une ambiance à la limite de l’irréel, conférant au film une dimension flirtant avec le fantastique. Bref, "la secte" est un joli exercice de style, comportant son lot de séquences chocs dues à Sergio Stivaletti, et bénéficiant de somptueuses images. Un pas en avant pour Soavi qui allait atteindre le nirvana avec son film suivant.

En effet, on n’en attendait pas tant. On savait que Soavi avait des capacités mais les hisser à ce niveau en une seule fois, moi je dis bravo.

C’est donc en 94 que ce réalisateur, avec seulement trois films à son actif, met une claque à toute la production fantastique et horrifique avec le sublime "dellamorte dellamore". Adaptation du roman de Tiziano Sclavi et de la bande dessinée Dylan Dog, également de Sclavi, le film nous raconte l’histoire de Francesco Dellamorte, gardien de cimetière qui a bien du boulot la nuit venue puisque les morts se mettent à revivre sept jours après leur enterrement et qu’il doit les renvoyer définitivement dans l’au-delà d’une balle dans la tête. L’un des nombreux points forts du film est le formidable casting. Francesco Dellamorte est joué par un Ruppert Everett entièrement investi par son rôle (il faut savoir que Tiziano Sclavi avait conçu le personnage de Dylan Dog en se servant des traits d’Everett, d’où la décision de Soavi que le film ne se ferait pas sans lui) et qui apporte une vraie dimension au film. Il est secondé par François Hadji-Lazaro, le chanteur de Pigalle et des Garçons Bouchers et par la sublime Anna Falchi.
Les autres points forts (il faut dire qu’il n’y a aucun point faible dans ce film) sont le décor du cimetière, traditionnel le jour, et qui devient un endroit gothique la nuit, les effets spéciaux de Stivaletti, le thème de la nécrophilie, traitée de façon poétique, l’amour impossible, la dualité entre le bien et le mal, les images soignées de Soavi et de son chef opérateur, bref, le film tout en entier ! Sûrement le "zombie-movie" le plus original et le plus envoûtant qu’on a vu depuis belle lurette.

  

Il est d’autant plus dommage que ce chef-d’œuvre n’ait pas permis à Soavi de devenir un cinéaste de référence. En effet, plus rien depuis 1994 ! Soavi s’est reconverti dans les téléfilms et même si certaines rumeurs évoquent un possible retour sur grand écran, pour un nouveau film de zombies, cela ne reste que des rumeurs. Soavi, c’est quand tu veux !

A SUIVRE...