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POST-NUKE MADE IN FRANCE , un dossier de Vincent DUMENIL, menacé par la fin du monde en 2012 dixit Nostradamus et Paco Rabanne…

 

 

 

 

De nombreux cinéastes exaltés par la crise mondiale et l’atmosphère d’angoisse suscitée par l’Apocalypse ou le déluge que l’on nous prédit depuis des lustres - Nostradamus en tête - tentent, depuis un certain temps déjà, d’imaginer ce que sera le monde de demain si celui d’aujourd’hui continue sur sa triste lancée. Ils imaginent et mettent ainsi en images des cataclysmes et la chute du monde, généralement le monde occidental. Les longs-métrages réalisés en ce sens le sont sous des formes plus ou moins différentes mais ils touchent tous de près ou de loin à la Science-fiction: récits catastrophe, films d’anticipation, post-apocalyptiques ou post-nuke (pour "post-nucléaire"), cyberpunks, dystopies (s’opposant à l’utopie et proposant le pire qui soit, comme dans "Brazil"), uchronies (réécritures de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé à l’instar de "Inglourious Basterds", ou bien histoires alternatives où des moyens techniques qui permettent de remonter dans le temps et donc de modifier le passé sont utilisés, comme dans "L’effet papillon"). La plupart également se raccrochent à l’aïeul " 1984" de George Orwell et porté à l’écran par Michael Radford en… 1984. A chaque fois le jeu consiste à imaginer un futur proche ou plutôt légèrement décalé (la majorité des films ne sont d’ailleurs pas datés afin d’entretenir le trouble) et à y grossir les réalités de notre époque (ou de l’époque intéressée voire celle de réalisation du métrage) afin de les porter à leur paroxysme. Ainsi, d’aucuns n’oublient pas de fustiger le capitalisme et de mettre en avant des sociétés hyper militarisées quasi fascistes où les faibles sont exploités dans un enfer économico-social. D’autres ont choisi le parti de montrer la misère et/ou la lutte pour la survie dans des sortes de no man’s land désertiques et fixent le cadre de l’histoire après une catastrophe d’ampleur mondiale, et bien souvent, il s’agit d’un cataclysme atomique. Dans ce cas de figure, les décors se résument généralement à des terrains vagues, des carrières de sable ou bien encore des hangars désaffectés, décorum où les hommes chevauchent tous des motos, se battent encore à l’arme blanche et paraissent avoir perdu tout semblant d’humanité en se comportant quasi comme leurs ancêtres préhistoriques. Guerres, épidémies, obscurantisme et retour à la barbarie sont alors de mise.

C’est particulièrement la sortie de "Mad Max 2 – le défi" en 1981 qui donne au post-nuke ses lettres de noblesse ou tout du moins l’envie de produire en masse des films de ce genre car le filon est pour le moins fructueux. Les plus généreux en leur temps furent les italiens talonnés de près par les philippins, grâce notamment au prolifique Cirio Santiago. Il faut toutefois également compter sur les français qui ne sont pas en reste et n’ont pas attendu "Mad Max" pour réaliser des films d’anticipation post-apocalyptiques. Et c’est justement ça le sujet de ce dossier, les post-nuke movies français, réalisés ou même produits par des gens en provenance de notre cher Hexagone, on n’est pas bégueule à Horreur.com ! Bien évidemment la liste des longs-métrages qui nous intéresse est loin d’être exhaustive mais elle vous donnera un assez bon aperçu de ce type de films en marge de l’industrie cinématographique française désormais genre phare du cinéma dit "bis" voire parfois Z tellement apprécié par certains, alors enjoy !

Avant de vous exposer notre "catalogue" de films français propres au genre post-nuke, il paraît essentiel d’en délimiter davantage les contours en en définissant les codes récurrents et ce, afin que tout lecteur puisse savoir de quoi l’on parle exactement mais aussi dans le but d’être les plus complets possible sur le sujet.

Sous-genre de la Science-fiction qui dépeint la vie après une catastrophe ayant plus ou moins rasé la civilisation, le film post-apocalyptique se distingue des "films catastrophe" mettant en scène le cataclysme lui-même, mais présente des thèmes peu ou prou similaires et une esthétique quasi identique pratiquement à chaque fois, même si le panel des situations envisageables reste très large. A ce titre, dans la multitude d'œuvres post-apocalyptiques, très souvent la société a été détruite et les personnages évoluent dans les vestiges de leur ancienne civilisation. Ainsi, après recensement, les décors les plus représentés pour ce genre de productions sont : le désert et la ville en ruines et/ou abandonnée. Il n’y a pas toutefois que la forme qui soit commune à tous les post-nuke, le fond l’est également. Au-delà du type d’apocalypse envisagé, finalement détail secondaire, il est intéressant de noter qu’il reflète néanmoins les craintes mais aussi les problèmes sociaux, économiques et politiques de la société à l’époque où l’œuvre a été conçue. De la sorte, beaucoup sont des extrapolations de notre monde actuel et l’obsession de la sécurité, les dangers du nucléaire, les catastrophes industrielles, écologiques voire naturelles sont montrées du doigt à mesure que l’Homme dénigre de plus en plus l’écosystème dans lequel il évolue. Autres refrains récurrents dans ce genre de productions : la survie en milieu hostile, que ce soit dans un environnement devenu sauvage et dangereux ou parmi des hommes se comportant violemment pour pouvoir subsister. Pourtant, pléthores des œuvres post-apocalyptiques utilisent ce verbiage à raison : c’est en effet souvent pour amener une réflexion sur la place de l'Homme parmi ses semblables dans la société. Ainsi, sont régulièrement présentés les sous-thèmes suivants : les traditionnalistes, adeptes des vestiges de l’ancienne civilisation s’opposant aux jeunes révisionnistes, mais aussi le solitaire contre le groupe, ainsi que les comportements altruistes, égoïstes et agressifs découlant justement de cette coexistence d’êtres aux motivations différentes. Ah qu’il est beau le genre humain !

La fin du monde a ainsi été imaginée de multiples façons, mais de grands thèmes ou types de désastres reviennent souvent. On rencontre ainsi pêle-mêle parmi les plus "classiques" : l'apocalypse nucléaire (l'humanité s'est autodétruite dans une guerre impliquant des armes de destruction massive), l'apocalypse naturelle (provoquée par des événements naturels comme une météorite venant percuter la Terre, une éruption volcanique, une montée soudaine des eaux, un tsunami géant… mais aussi un épuisement des ressources naturelles ayant entraîné la folie des hommes), l'apocalypse biologique (causée par une pandémie d’ampleur mondiale) et son pendant qui en découle l'apocalypse zombie (un mal parfois inexpliqué se transmet par morsure et se propage rapidement à tous les membres de la population puis du continent, se métamorphosant en zombies assoiffés de sang, alors que la société et l'État ont disparu, leur disparition étant, par définition, requise pour que l’on puisse parler de post-apocalypse; notons que quand il est expliqué, le mal peut être soit provoqué par un virus, soit être le fruit de mutations radioactives), l'apocalypse industrielle causée par l’homme et ses semblables (cela peut être une catastrophe industrielle à la Tchernobyl ou bien encore une pollution de grande envergure) et enfin l’apocalypse militaire (les humains ont finalement déclenché la troisieme guerre mondiale et la fin de l’humanité, ah les salauds !).

Après ce gros travail de débroussaillage, nous allons nous évertuer dès lors à vous présenter les post-nuke français, mais dans un souci d’efficacité optimale et de précision diabolique, nous le ferons de manière chronologique. Eh oui bonnes gens, on est des pros ici, pas des amateurs !

 

Pour commencer, je vais tricher un peu et vous parler d’un film "pré-apocalyptique" autrement dit d’un métrage traitant de ce qui a amené l'Apocalypse ou de l'Apocalypse elle-même (on peut rapprocher ces pellicules des films catastrophe, mais là nous digressons et ce n’est pas bon de digresser sauf en ce qui concerne le mammouth…). Il s’agit ni plus ni moins de l’un des tout premiers films de SF français à savoir : "La fin du monde" réalisé en 1931 par le génie du cinéma muet, Abel Gance très connu pour son illustre "Napoléon". Ce long-métrage produit sur deux ans, ayant coûté la bagatelle de 5 millions de francs à l’époque et novateur car totalement parlant, relate l’histoire d'une comète qui est sur le point de croiser la trajectoire de la Terre et causant subséquemment la fin du monde. Deux frères, l'un religieux, Jean (joué par Abel Gance), l'autre, Martial, un scientifique, décident de sauver la morale de l'humanité dans ses derniers instants. Jean prêche pour un "ordre nouveau", alors que, sentant leur fin poindre, les humains se livrent à d'ultimes orgies. Seront-ils néanmoins épargnés par la fatalité qui les guette ?
Ce long-métrage considéré comme un film à la réputation sulfureuse taxé tantôt d’anarchiste, tantôt de fasciste, a été remonté puis censuré plusieurs fois. Il faut savoir quand même que ce grand mégalomane de Gance, qui a entre-temps été évincé du tournage, y jouait à un moment donné Jésus Christ himself ! A noter que le scénario a été coécrit par Camile Flammarion, grand astronome français et accessoirement frère du fondateur de la célèbre maison d’édition. Ajoutons également que le film a été adapté au théâtre en France et qu’il n’y a pas connu le succès escompté ou encore que Guy Maddin, célèbre cinéaste surréaliste canadien, s’est inspiré de l’œuvre de Gance pour son court-métrage "The heart of the world" en 2000.
Bon, et sinon, ça vaut quoi ? Eh bien déjà on commencera par dire que pour l’un des premiers films parlant, l’interprétation y est théâtrale, voire outrancière si bien que le jeu d’acteur lamentable de certains (Colette Darfeuil et Victor Francen en tête) fait que l’on peine à croire à l’histoire. De plus, - et c’est normal me direz-vous, nous sommes au début des années 30 - les effets spéciaux sont tels que l’on songe tout de suite à Ed Wood et son cultissime "Plan 9 from outer space". L’histoire est décousue, contradictoire par moments et difficile à suivre parfois. Toutefois, comme dans chaque film de Gance, il y a aussi du bon. A ce titre, la première séquence est si époustouflante qu’on se dit de suite qu’il aura du mal à garder le même rythme. Pensez-donc, elle décrit tout bonnement la crucifixion de Jésus de façon vraiment saisissante. Puis, on apprend après coup qu’il s’agissait d’une performance théâtrale ! C’est tellement inattendu que l’on ne peut qu’être admiratif. Par ailleurs, les scènes finales sont relativement impressionnantes puisqu’elles montrent, alors que le désastre est imminent, certains individus trouvant refuge dans la prière alors que d’autres s’adonnent au stupre le plus orgiaque qui soit, ce que ne manque pas de souligner Gance. Ces scènes seront d’ailleurs réutilisées pour son "J’accuse" de 1938, qui partage aussi la même fin que la fin du monde, procédé maintes fois utilisé lors d’une carrière où notre ami Abel manqua souvent de liquidités pour ses audacieux projets.
Malheureusement pour vous, la fin du monde est fort difficile à trouver et à voir dans sa version intégrale. Aucune édition VHS ou DVD n’est à ce jour disponible. Votre serviteur qui a néanmoins vu ce film par ses propres moyens (sic), ignore même s’il a déjà été diffusé sur une des chaînes du câble voire même hertziennes en France. Il semblerait, en revanche, que nos amis transalpins l’aient passé à la télévision dans les années 2000…

 

Trente et un ans après (donc en 1962), Chris marker réalise "La Jetée", court-métrage de 28 minutes composé uniquement d'images fixes qui servira de base à "L'armée des douze singes" de Terry Gilliam, reprenant exactement les mêmes thèmes : la contamination, le voyage dans le temps, l'aéroport, l'histoire d'amour impossible...
L'histoire débute à Paris, après la "Troisième Guerre Mondiale" et la destruction nucléaire de toute la surface de la Terre. Le héros est le cobaye de scientifiques qui cherchent à rétablir un corridor temporel afin de permettre aux hommes du futur de transporter des vivres, des médicaments et des sources d'énergie. Il a été choisi en raison de sa très bonne mémoire visuelle : il garde une image très prégnante d'un événement vécu pendant son enfance, lors d'une promenade avec sa mère sur la jetée de l'aéroport d'Orly…
OVNI cinématographique en son temps s’il en est, ce court-métrage de Chris Marker alias Christian-François Bouche-Villeneuve, a la grande particularité d’être en fait une sorte de roman-photo puisqu’il est un habile montage de photographies en noir et blanc avec un narrateur unique et une bande-son réalisée par Trevor Duncan. Cela donne un récit très singulier au fort contenu poétique et nous rappelle que lorsqu'on regarde un album photo, nos souvenirs viennent dans le désordre avec des sauts dans le temps. Chef-d’œuvre esthétique ayant posé énormément de jalons de la Science-fiction mondiale, ce court parle avant tout d’une histoire d’amour à travers les époques et de la place du souvenir et des images dans notre mémoire. Point fort de la jetee : le seul instant en mouvement du film où le héros vit quelques moments aux côtés de la femme dont le souvenir le hante depuis son enfance. Un pur régal visuel qui confère au métrage, une sorte d’évanescence temporelle qui suspend le temps l’espace d’un moment. Magnifique !
Ce court existe en DVD zone 2, produit par Arte Vidéo vendu en coffret avec "Sans soleil" autre œuvre de Marker. On regrettera toutefois l’absence cruelle de bonus notables.

Cinq ans plus tard, c’est au tour de Charles Bitsch, de sortir "Le dernier homme", ayant la trame suivante : au retour d'une mission, trois spéléologues, Jean-Claude, sa femme Catherine et Eva, se retrouvent être les seules personnes encore vivantes sur Terre. Une guerre chimique a provoqué la mort de la population et des animaux. Le trio s'organise afin de survivre…
Malheureusement, ce long-métrage n’a bénéficié jusqu’alors d’aucune sortie et ce, sur n’importe quel support que ce soit. Malgré toute la bonne volonté qui l’anime, votre rédacteur ne l’a donc pas visionné et il s’en excuse.

 

En 1971, c’est au tour de Michel Polac de nous parler des vicissitudes des vivants relatives à la fin de l’humanité avec son "Demain la fin du monde". En quelques mots, cette œuvre parle de Jean, un père de famille et employé dans une grande firme, qui décide de tout abandonner pour vivre seul, libre et en marge d’une société qu’il n’accepte plus.
Ce qui est malheureux, c’est que même avec ses innombrables connexions de par le monde, votre chroniqueur adoré n’a pu voir ce film de Michel Polac. Il pourra tout juste vous gratifier des mots de ce dernier en guise de consolation : "J’ai fait demain la fin du monde dans des conditions de reportage et en totale liberté et avec l’intention de faire sauter toutes les frontières, toutes les barrières et de tout mélanger dans les genres. Ça a été une expérience amusante et passionnante et qui est restée dans la mémoire de ceux qui ont travaillé avec moi."

 

La même année, Christian de Chalonge nous présente "L’alliance", pellicule révélant les aventures de Jeanne et Hugues qui se sont rencontrés grâce à une agence matrimoniale. Il est vétérinaire, elle, est une riche propriétaire. Après leur mariage chacun entretient le mystère, ils s'épient, se suspectent. Hugues étudie toutes sortes d'animaux et Jeanne fait croire à une double vie. Mais ils apprennent à se connaître et l'amour semble triompher, juste avant l'explosion d'une bombe atomique…
Encore une fois dans l’incapacité d’avoir pu voir ne serait-ce que quelques secondes de ce long-métrage, votre rédacteur se confond en excuses aussi plates que ses pieds.

 

Puis en 1976, sort dans les salles obscures "Demain les mômes" de Jean Pourtalé. On y apprend qu’à la suite d'une catastrophe, l'humanité a presque totalement disparu de la surface de la Terre et que les quelques survivants s'entretuent. Après avoir perdu sa femme, Philippe fait la connaissance d’une bande de gamins, muets en apparence, venant élire domicile en face de chez lui, une ferme isolée du Sud-ouest. Toutefois, des questions commencent à l’assaillir : qui sont vraiment ces enfants ne communiquant pas avec lui et surtout que veulent-ils ? Cette fable d’anticipation pour le moins pessimiste repose sur la place des enfants livrés à eux-mêmes, ces derniers ne descendent effectivement plus de leurs parents, mais constituent leur propre groupe, avec ses propres codes, son organisation et son langage dont l’adulte est exclu car jugé responsable de tous les maux de la Terre. Cette même hostilité des gamins face aux personnes majeures est d’ailleurs également présente dans le film ibérique "Les révoltés de l’an 2000" sorti la même année. On a donc affaire ici à un film sur la perte d’innocence de ces gosses face à un Niels Arestrup symbole du dernier souffle de l’humanité et jouant admirablement bien étant donné qu’il est pratiquement le seul acteur parlant dans le métrage ! On notera également que parmi les enfants, on peut apercevoir Emmanuelle Béart, âgée alors de 13 ans, dans son tout premier rôle. Malgré une certaine reconnaissance d’estime lors de différents festivals, Demain les mômes est aujourd’hui un objet filmique rarissime qui s’aventurait courageusement sur le terrain dangereux des films post-apocalyptiques "made in France". Sachez qu’en son temps, il froissa certains bien-pensants car jugé trop désespéré quant à l’avenir de l’Homme dans un monde apocalyptique où même les enfants ont perdu toute trace d’humanité. Film contestataire en avance sur son temps, le métrage de Jean Pourtalé est un authentique chef-d’œuvre à découvrir ou redécouvrir d’urgence. A ce jour il n’existe pas encore d’édition DVD, mais on sait qu’il a été distribué par Proserpine et Fil à Film en VHS dans les années 80. Alors allez vite sur les sites de vente en ligne ou bien dans le plus proche vide-grenier pour l’acheter, c’est un ordre !

 

Cinq ans plus tard, Christian de Chalonge s’y recolle et sort "Malevil" sur nos écrans. Après une explosion nucléaire, quelques rescapés résidant dans une campagne du Sud de la France, apprennent à s'organiser et à vivre ensemble, mais ils ne sont pas les uniques survivants…
Adaptation du roman éponyme de Robert Merle, malevil se sert de l’apocalypse nucléaire pour observer les réactions de ses protagonistes. Dans la plupart de ce genre de films, l’aspect technique, les évolutions technologiques ne sont bien souvent pas au centre de l'histoire et constituent plutôt un cadre pour l'action, il s’agit donc de ce que l’on appelle la "fiction spéculative", s'intéressant davantage aux thèmes philosophiques, psychologiques, politiques ou sociétaux. Sont explorées ici, les réactions des sociétés et des individus face aux problèmes posés par un phénomène naturel ou induit par l’homme, en l’espèce les conséquences d’une bombe nucléaire. Mais revenons-en au métrage. Ce dernier nous offre un superbe casting : Michel Serrault en maire devenu leader du groupe des pacifiques, Jacques Villeret dans le rôle de l’attardé de service, Jacques Dutronc dans la peau du mec posé et courageux et enfin l’impérial Jean-Louis Trintignant en dictateur fou. Qui dit mieux ? La photographie est également hyper léchée mais la force du film réside dans le fait qu’il ne verse à aucun moment dans un manichéisme par trop réducteur. La campagne devient ici le terreau d’un combat politique où deux forces vives (le socialisme face au fascisme) se disputent le pouvoir. Ce film va donc au-delà des clivages méchants/gentils propres à ce genre de métrages et amène ainsi le spectateur à se poser de vraies questions. Une bien belle curiosité à découvrir en DVD Zone 2, édité par Ostalgica avec le français et l’allemand comme langues d’appoint.

 

En 1981 toujours, Caro et Jeunet nous livre un court-métrage dénommé "Le bunker de la dernière rafale". On peut ainsi y voir des militaires tous quasi chauves (référence à Erich Von Stroheim ?) dont les habits et sigles sur les vestes font penser aux nazis, cloîtrés dans un bunker à une époque indéterminée, vivant dans une ambiance de tension perpétuelle et de démence, aux aguets d'un ennemi supposé mais invisible. Lorsque l'un d'eux découvre inopinément un compteur à rebours qui défile, tous sont affolés. Que se passera-t-il à la fin du décompte ? C'est dans cette ambiance lourde de tension qu'ils sombreront tous peu à peu dans la plus profonde folie…
Ce court se voulant comme une métaphore de la peur inconsidérée qu'a l'homme de l'inconnu, n’a d’intérêt que le nom de ses réalisateurs, également acteurs ici. Trop long, (ce qui pour un court est un quand même un peu fort de café avouons-le !), trop elliptique et énigmatique (pourquoi des corps semblant momifiés sont conservés dans une pièce ? sont-ils cryogénisés ? Où part le panzer de reconnaissance ? Et qui les soldats découvrent-ils vraiment à la suite de leur exploration ? Que fait exactement le général sentant venir sa ou la fin ? Se cryogénise-t-il à son tour ?), ce court-métrage qui a de nos jours très mal vieilli, pourrait, si on extrapole grave, être l’ancêtre de "
Cube" voire de la série "Lost" avec ses soldats enfermés on ne sait où et qui ne savent pas ce qui les attend. Se trouve-t-on au purgatoire ? Dans le château Kafkaïen ? Mystère…
A-t-on droit également à une parabole sur les excès néfastes du nazisme (les costumes siglés façon SS, les expériences sur des humains, la folie des hommes prêts à tout pour obéir à leurs supérieurs…) ou bien j’exagère et en fait il n’y a rien de tout cela ? Mystère bis.
Malgré tous ses défauts, cette première œuvre devait néanmoins poser les bases des deux lascars susmentionnés. Heureusement qu’ils ont bien progressé par la suite…
Si ça vous chante, il est sorti en DVD chez Studio Canal en édition simple ou en coffret de l’œuvre intégrale de Caro et Jeunet, toujours chez Studio Canal.

 

C’est au tour de Luc Besson de s’y mettre en 1983 avec son premier film, "Le dernier combat" qui reprend l’intrigue d’un court-métrage de 1981, "L’avant dernier" de Besson lui-même. On y suit l’organisation de la lutte pour la survie par des groupuscules d’individus, à la suite d'une catastrophe mondiale. Certains prônent la violence, d'autres veulent construire une nouvelle société. Le film se déroule après une apocalypse nucléaire ; les rares survivants sont en majorité des hommes, les femmes ont pratiquement disparu. Ils semblent n'avoir qu'une seule obsession : s'entretuer ou asservir leur prochain.
Pour un coup d'essai c'est un coup de maître. Sans aucun dialogue (d’ailleurs cette particularité n’est jamais expliquée dans le film) et avec un sublime noir et blanc, Besson suit la quête mystérieuse d'un homme dans un monde dévasté, autrement dit un survivant du cataclysme nucléaire qui erre dans un monde en ruines où l'homme redevient quasi-préhistorique (perte de la parole, look de chasseur primitif et peintures rupestres). Modèle du genre, le premier film du jeune Besson prouve d'entrée de jeu son talent inné de conteur par le biais du découpage et du choix de ses cadres. Ici, la faiblesse des moyens (pensez-donc, le budget était inférieur à 100 000€ !) est compensée par une créativité poétique de tous les instants (cf. la scène de la pluie de poissons, des années avant celle de grenouilles dans "Magnolia") et des décors qui tiennent la route et pour le moins crédibles (bâtiments désaffectés et zones désertiques en tête). Le film est construit adroitement en courtes scènes qui alternent vie quotidienne et lutte pour la survie. Seuls bémols (enfin pour moi) : le score d'Eric Serra que je ne supporterai jamais et une certaine facilité scénaristique dès lors qu’on devine que notre survivant deviendra probablement une espèce d'Adam par qui l'humanité va renaître. Malgré cela, Besson devient alors un cinéaste à suivre…
On peut trouver le film en DVD zone 2 tantôt chez Gaumont, tantôt chez Film Office avec un visuel de jaquette à chaque fois différent.

 

La même année, une production franco-italienne pointe également son museau chez nous. Il s’agit de "2019 après la chute de New York" de Sergio Martino. On y apprend que dans un monde dévasté par la guerre atomique, Parsifal, un aventurier, part à la recherche de la seule femme féconde de la Terre. La dame en question se cache à New York, où notre héros est envoyé en compagnie de deux compères.
Ce film est sans doute l'un des plus créatifs du genre. Le scénario est évidemment étriqué, la pellicule a certes un peu vieilli, avec toutes ces maquettes, ces maquillages "punk" très eighties et la bande-son rétro New Wave à fond, mais un certain charme suranné s’en dégage. Il serait ainsi très bête de faire la fine bouche devant ce métrage rythmé et sans prétention aucune. Ce film est aussi riche en rebondissements en tous genres, quasi sans temps morts, et il s'avère très imprévisible malgré l’étroitesse d’un scénario pouvant tenir sur un confetti. On y retrouve également des interprètes que l’on a plaisir à voir ou à revoir, comme George Eastman ("
Horrible" et "Anthropophagous" notamment) qui, grâce à son maquillage, ressemble à un véritable gorille et Michael Sopkiw, acteur de films d'action ayant joué dans pléthores de productions transalpines (de cheval). Mais si, rappelez-vous le célèbre "Apocalypse dans l’océan rouge" enfin ! Bref, rien de transcendant mais un film assez sympa à suivre. Alors procurez-vous la VHS sortie chez UGC Vidéo, Highlight Vidéo et Proserpine via le Net et certains bons sites de ventes en ligne !

 

Décidément l’année 1983 a été prolifique puisqu’un autre film post-apocalyptique français voit le jour. Il s’agit de "Le cimetière des voitures" de Fernando Arrabal, cinéaste et écrivain espagnol exilé chez nous et accessoirement co-fondateur du mouvement "Panique" avec Roland Topor et Alejandro Jodorowsky et pour l’anecdote, Transcendant Satrape du Collège de Pataphysique depuis 1990 !? Bref un fou génial légèrement provocateur sorte de croisement entre Jarry et Kafka. En revanche, son film tient moins du génie. Celui-ci nous parle des rescapés d’une explosion causée par une bombe atomique qui survivent tant bien que mal dans un cimetière de voitures (d’où le titre du film !), hébergés par Milos-Ponce Pilate, un ancien proxénète. Tous (une bande de rockers et de punks) sont recherchés par la police, en particulier Emanou considéré comme un dangereux agitateur qui, à ses heures perdues, guérit les paralytiques, ressuscite les morts, déplace les montagnes et marche sur les eaux. Au cours d'un concert interdit, ce dernier sera trahi par l'un des siens…
Transposition moderne de l’histoire de Jésus Christ version rock’n’roll à la française (sic), le cimetiere des voitures, est avant tout un film pseudo intello très difficile à visionner tant c’est pesant. Il met notamment en vedette Violet Berto, Fanny Bastien et surtout Alain Bashung qui en profite pour pousser maladroitement la chansonnette, le tout dans un délire New Wave et punk du pauvre particulièrement indigent. Mais ce qui saborde encore plus cette entreprise aux pieds d’argile c’est avant tout sa vulgarité facile et l’ennui profond qu’il procure à sa vision. L’auteur de ses lignes lui préfère nettement "J'irai comme un cheval fou" ou bien encore "
Viva la muerte" du même Arrabal et authentiques chefs-d’œuvre.
Pour les masochistes, il faut savoir que ce long-métrage n’est disponible qu’en VHS, édition MPM, alors bon courage !

 

On passe à 1984 (tient, salut Orwell !) et la sortie d’un film d’animation Franco-belge de Picha, à savoir "Le big Bang". Celui-ci se déroule en 1995, année de la troisieme guerre mondiale. Au bout d'un certain temps de conflit, il ne reste que deux continents : l'U.S.S.S.R. et Vaginia, peuple exclusivement féminin. Un jour, le Conseil de l'Univers donne à un certain Fred, un éboueur du ciel, la mission de rétablir la paix sur Terre. Ce qui ne va pas aller sans certains problèmes...
Picha, qui peine ici à retrouver l’humour ravageur de son œuvre culte "Le chaînon manquant", cultive toujours cependant son goût de la provocation et du non-sens. Film sur la guerre et les conflits conjugaux, cette œuvre fut assez mal accueillie par la critique à sa sortie, la faute sans doute à des symboles sexuels trop visibles et grossiers (cf. les vaisseaux en forme de phallus féminin et masculin) et à un scénario un peu trop inégal. Reste une idée bien marrante : une des habitantes de Vaginia dont les seins sont des obus (l’expression vient d’ailleurs peut-être de là ?) et qui sortent de sa poitrine à l’instar des fulguro-poings sortant des bras d’un célèbre Goldorak, c’est maigre, je sais mais efficace, tout du moins en ce qui me concerne...
Vous pourrez, une fois n’est pas coutume, vous procurer la K7 vidéo sortie chez Fox Vidéo dans toute bonne crèmerie qui se respecte, m’enfin si vous voulez hein, surtout ne vous forcez pas !

 

En 1985, un autre film d’animation est réalisé par Jean-François Laguionie : "Gwen, le livre de sable". Il raconte l'histoire (narrée par Michel Robin) de Gwen, une jeune fille de 13 ans, adoptée par une tribu de nomades, dans un monde futuriste non-daté mais assurément post-apocalyptique envahi par le sable. Dans ce désert, où ne subsistent que de rares animaux (dont une autruche, une gerboise et un scorpion), une entité inconnue, le Makou, sorte de dieu invisible, déverse parfois, sans que l’on sache pour quelle raison, des flots d'objets, reproductions gigantesques de produits banals de notre monde (valises, téléphones, horloges...). Quand Nok-Moon, un jeune ado singulier avec lequel Gwen s'est liée d'amitié est enlevé par l'entité, Gwen part avec la vieille Roseline, mère du garçon alors âgée de 173 ans, à sa recherche, ce qui les entraîne dans un voyage vers la Cité des morts…
Film d’animation un peu trop onirique et très lent par moments alors qu’il ne dure qu’une heure, gwen, le livre de sable paraît bien trop irrégulier pour marquer les esprits des cinéphiles de manière permanente. Reste quelques idées poétiques et surréalistes intéressantes : les déplacements des hommes dans le désert à l’aide d’échasses, la nourriture de ces habitants des dunes s’alimentant exclusivement de plumes d’autruche et de quelques gouttes d’eau, l’interaction hommes/objets hétéroclites de notre quotidien et enfin le livre choisi pour Bible par les habitants de la Cité des morts, à savoir un catalogue de manufacture !
Ce film est disponible en DVD zone 2 chez Opening ou bien encore chez Gaumont-Columbia-Tristar, en édition simple ou double, cette dernière comprenant en sus moult courts-métrages de Jean-François Laguionie.

 

La même année, Robert Kramer "commet" l’incommensurable "Diesel", fleuron post-apocalyptique français. Tout ici est à l’avenant : pitch réducteur voire grotesque (dans un monde futuriste une prostituée témoin du meurtre de sa meilleure amie essaie d’échapper aux tueurs lancés à ses trousses. Elle est recueillie par diesel qui, au volant de son camion, la conduit au "Bled"), dialogues indigents (cf. Roland Blanche et ses odeurs corporelles), un décorum ultra-cheap (super l’ambiance punk du pauvre avec tuyaux et écrans d’ordinateur placés çà et là pour faire genre on est dans le futur !) et performances ternes venant de la part d’un casting a priori chevronné (Gérard Klein dans le rôle de diesel, Richard Borhinger en proxénète, Agnès Soral interprétant une fille de joie, Niels Arestrup, Xavier Deluc et Roland Blanche jouant des tueurs (im)pitoyables, Laurent Terzieff en dirigeant, Souad Amidou en manipulatrice et Magali Noël dans le rôle d’une espèce de tenancière de saloon ; bref, que du lourd !). Reste les coiffures de tout le casting : on passe de la brosse au brushing nuque longue en très peu de temps, sans oublier la coupe au bol et la grosse touffe. Mention spéciale toutefois à Gérard "L’instit’" Klein curieux croisement entre MacGyver et Tony Vairelles pour la formidable coupe de cheveux, ou plutôt la nuque longue autrement appelée "coupe mulet", habillé en cuir et en chemises de bûcheron au volant d’un super poids lourd que ne renierait pas mad max. Un pur régal pour tout nanardeur qui se respecte ! Ce joyau du septième art est trouvable en K7 vidéo, édition Proserpine ou Film Office, c’est tout et c’est déjà pas si mal !

 

365 jours plus tard environ, arrive sur nos écrans une autre pépite post-nuke, à savoir "Terminus" avec notre Johnny Hallyday national, rien que ça ! Le coupable de cette atrocité est Pierre William Glenn, plus connu pour sa carrière de chef opérateur. Ici, dans ce film franco-allemand, il est vaguement question d’un jeu futuriste où un camion créé électroniquement doit traverser une série d'épreuves pour arriver au Terminus, jeu auquel doit participer Gus, une belle jeune femme, comme son nom ne l’indique pas forcément, pilote du "Monstre" un énorme poids lourd. Arrêtée par des hommes de main qui la mettent hors-circuit, elle passe le relais au Manchot. Mais tout ceci n’est qu’un leurre, arrangé afin de permettre l'entrée d'un engin collectant du sang humain pour des expériences de clonage menées par les maîtres de Terminus. Heureusement, le Manchot aidé d'une petite fille prénommée Princess, va modifier les données de la course…
Franchement, il ne déchire pas grave ce résumé !? Il n’a pas l’air terrible ce film !? Eh bien désolé de vous décevoir, vous les aficionados de vestes en cuir cloutées et de grosses cylindrées, mais non, c’est même plutôt atroce et ferait passer "
Diesel" pour un bijou stratosphérique, c’est vous dire ! On peut y voir un Johnny plus que peroxydé, ses cheveux étant carrément javellisés ! Mais également un Jurgen Prochnow ("La forteresse noire", "Killing cars", "L’antre de la folie" ou encore "Judge Dredd") qui joue ici trois rôles et arbore des déguisements qui feraient pâlir d’envie tout le casting du cabaret de Michou (ah, la fameuse perruque rouge…) et une Karen Allen ("Les aventuriers de l’arche perdue") venue semble-t-il cachetonner, vu son temps d’apparition à l’écran. C’est mal joué, poseur, les dialogues sont interminables et prétentieux, le pitch est réducteur, grotesque et se perd parfois dans certaines incohérences, et surtout c’est risible mais malheureusement ce n’était pas prévu (cf. l’ordinateur central du monstre : c’est une bouche d’être humain !?). Bref, le navet dans toute sa splendeur.
Il semblerait que ce "chef-d’œuvre" soit sorti chez nos voisins allemands en DVD chez Sunfilm International. En attendant une édition DVD zone 2 digne de ce nom et à la hauteur de notre Johnny (inter)national, il faudra se contenter de deux versions vidéo sorties chez Nelson Entertainment et Warner. Courage les gars !

 

C’est en 1991, que Caro et Jeunet (encore eux) réitèrent dans le genre qui nous intéresse ici en nous sortant l’OVNI "Delicatessen" racontant la vie des habitants d'un immeuble perdu au milieu d'un no man's land (vraisemblablement, suite à une troisieme guerre mondiale), qui survivent grâce au talent de leur boucher-charcutier, propriétaire de l'enseigne "Delicatessen". Mais où va-t-il se fournir pour trouver à chaque fois les meilleures pièces de viande ?
Véritable bijou d’inventivité et d’émotivité, Delicatessen révélait à la face du monde le talent incroyable et l’imagination bouillonnante du tandem Caro et Jeunet. Galerie de personnages loufoques (le couple de bourgeois coincés, le boucher sadique, le mangeur d’escargots élevés en appartement, les frères un peu niais construisant des boîtes à vache, j’en passe et des meilleurs), gags hilarants (notamment la machine qui détecte les conneries et le couteau/boomerang) et moments hyper poétiques (le concert violon/scie musicale et le spectacle de bulles) font de ce film, à la lisière du monde de Lynch et du cartoon, un authentique chef-d’œuvre.
Il existe plusieurs éditions de ce long-métrage, dont un DVD zone 2 produit par Studio Canal en édition simple et un coffret de l’œuvre intégrale de Caro et Jeunet, toujours chez Studio Canal.

 

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Adios ! La fin du monde" de Nicolas Joffrin scénariste et réalisateur, sort dans un relatif anonymat en 1997. N’ayant pu visionner ce film et étant incapable de me le procurer, je vous en livre néanmoins un rapide résumé : deux amis Léo et Alex développent une complicité excentrique, qui les déconnecte petit à petit du système. Le temps s'écoule, et nos deux compères naviguent allègrement dans leur marginalité. Ils rencontrent un beau jour Ed, qui travaille pour EDF. Un matin, alors qu'Ed vient relever les compteurs chez Al, ils lui soufflent la nouvelle : ce soir à 23h58, ce sera la fin du monde. Il faut alors se préparer pour y faire face. Ainsi, chacun se donne une mission à accomplir pour son dernier jour…

 

Un an plus tard, une production franco-taïwanaise de Tsai Ming-Liang voit le jour. Il s’agit de "The hole (ou "Dong" pour nos amis anglo-saxons) mettant en images les faits suivants : une maladie mystérieuse, transformant les gens et leurs attitudes qui deviennent proches de celles des cafards, envahit Taïwan à quelques jours de l'an 2000. Alors que les autorités ordonnent un transfert massif des habitants hors de la zone de quarantaine, certains refusent de partir. C’est le cas de Hsiao-Kang qui se met à surveiller sa voisine, stockant consciencieusement des rouleaux de papier hygiénique, par un trou entre leurs deux appartements provoqué par une inondation. Captivé par elle, il ne cesse de l'observer. Mais un beau jour, la fascinante voisine semble développer d’étranges symptômes…
Tsai Ming Liang, réalisateur taïwanais nous offre ici sa vision de la vie moderne : pessimiste et individualiste. Dans un monde à la lisière de Kafka, on assiste à la rencontre de deux êtres seuls au monde (puisque la quasi totalité des habitants a déserté la région à la suite d’une mystérieuse pandémie conférant aux gens des attitudes proches de celles des cloportes !?) qui vont communiquer et apprendre à s’apprivoiser via un trou béant entre leurs deux logements. Cette œuvre atypique, sombre, catastrophiste au possible puisqu’elle se veut une critique acerbe de la société actuelle par trop égoïste, prend un tout autre virage dès lors que son réalisateur en véritable virtuose jouant avec nos émotions, apporte une note musicale au métrage changeant complètement sa tournure en nous ouvrant l'esprit sur une éventuelle autre voie. Les intermèdes musicaux inopinés demeurent plutôt kitsch mais vont venir casser scrupuleusement la dynamique et le tempo du film pour en faire une œuvre aussi singulière que l’est la contagion s’abattant sur Taïwan.
Une bien belle curiosité à découvrir à l’aide du DVD zone 2 sortie chez MK2 en mandarin sous-titré français s’il vous plait ! Alors cassez votre tirelire cochon à gros coups de marteau !

 

En 1999, c’est au tour de Cédric Klapisch d’aborder de loin le post-apocalyptique avec son "Peut-être. Pourquoi de loin ? Eh bien parce que l’évocation du post-nuke est ici un prétexte pour que Klapisch puisse développer son histoire. Jugez plutôt : le soir du réveillon de l'an 2000, Lucie (l’envoûtante Géraldine Pailhas) demande à Arthur (Romain "la muse de Klapisch" Duris) de lui faire un enfant. Malheureusement, lui ne se sent pas prêt à être père. Au cours de la soirée quand la fête bat son plein, Arthur se retrouve transporté soixante-dix ans plus tard dans un Paris ensablé. Il fait alors la rencontre d'un vieux monsieur chevelu (Jean-Paul Belmondo) qui affirme être son fils. Ce vieillard s'efforce alors de convaincre son géniteur de revenir dans le présent et de faire un enfant à Lucie, afin qu'il ne disparaisse pas…
L’auteur de ces lignes a délibérément choisi de ranger ce film dans la catégorie "post-nuke" pour la raison suivante : parce qu’à la suite d’une ouverture spatio-temporelle fortuite, notre héros va se rendre dans le Paris des années 2070, un Paris complètement enseveli par le sable sans que l’on sache vraiment pourquoi. Ainsi, en plus de cette dernière révélation, deux éléments sont ici réunis pour faire de cette œuvre science-fictionnelle un post-nuke movie : le décor déjà, très proche de ce que l’on a pu voir dans d’autres œuvres de la sorte et surtout les bonds dans le temps propres aux uchronies (proposant des histoires successives où les sauts dans le passé et/ou le futur sont possibles et peuvent ainsi modifier certains événements du présent), sous-genre du film post-apocalyptique. Bon je sais, c’est un peu tiré par les cheveux, mais bon c’est moi qui écris ce dossier, donc je fais ce que je veux, non mais ! Dans ce sympathique film futuriste dénué de toute surenchère, Klapisch nous propose un futur convivial et foutraque et en profite pour interroger la jeunesse sur la nécessité de s'engager. Mais surtout, il utilise des décors sublimes (pensez donc, Paname sous 20 mètres de sable !). Au lieu de construire une histoire tortueuse à souhait, mêlant paradoxe spatio-temporel, et conjectures pseudo scientifiques rébarbatives, Klapisch même s’il n’atteint pas ici le génie de ses premières œuvres ("Le péril jeune" en tête), va confronter les angoisses de notre belle jeunesse au sens des responsabilités qui leur fait si souvent défaut avant la trentaine (maintenant que je suis un vieux c.., je peux me permettre de dire ça ! LOL). Les bémols maintenant : une très faible exploitation du monde futur, excepté pour le décorum, un Belmondo pas très à l’aise en fils de Duris et un film qui traîne en longueur avec un scénario se perdant dans des incohérences maladroites, ce qui, avouons-le, peut lasser les spectateurs les moins aguerris. Bref, une curiosité à voir ne serait-ce que pour le Paris de 2070, mais pas non plus indispensable. Vous pourrez trouver le DVD zone 2 à pas cher chez Warner Home Vidéo.

 

En 2000, c’est au tour d’Alexandre Aja avec "Furia", de se lancer dans le post-nuke. Pour lui, le futur se présente comme cela : à une époque indéterminée, dans une société dévastée par une guerre engagée par un gouvernement totalitaire, Théo, vingt ans, sort tous les soirs clandestinement afin de dessiner sur les murs son idée de la liberté. Un soir, il rencontre Elia, une jeune fille qui dessine elle aussi. A travers leurs œuvres, une étrange histoire d'amour s'instaure…
Combinant romance, anticipation et allégorie politique dans sa première œuvre, Aja, nous a assurément détaillé un monde coloré avec de bien belles images, la plupart tournées au Maroc. Mais l’histoire est quand même assez superficielle car pas très originale ni très élaborée et surtout vue maintes fois auparavant et ce, malgré un assez bon casting (Cotillard, Merhar, Stanczak et Vaneck). Toutefois, ce sont surtout la lenteur du film, le manque de scènes d’action intenses et la part trop belle laissée à la relation amoureuse entre Théo et Elia qui viennent tout gâcher. On aurait également souhaité plus de références quant à la guerre et au gouvernement contre lequel les rebelles luttent (qui est à la tête de l’Etat ? Comment le conflit dont il est fait mention est-il survenu ? Des questions dont les réponses ne viendront malheureusement jamais). furia est donc un film frustrant car il donne l’impression qu’il aurait pu être davantage fouillé. Mais bon, il ne faut pas trop non plus faire la fine bouche : c’était le premier film d’Aja qui malgré des maladresses de débutant, a fait montre, depuis, de tout son potentiel, ce que viendront même confirmer les américains.

 

En 2003, place à "Le temps du loup", une production franco-allemande-autrichienne, réalisée par Michael Haneke, qu’on ne présente plus. On y suit les circonvolutions d’Anne, son mari et leurs deux enfants qui fuient la ville à la suite d'une catastrophe pour rejoindre leur refuge privé à la campagne. Mais ils s'aperçoivent que leur résidence secondaire est occupée par des étrangers. Cette confrontation n'est alors que le début d'un douloureux apprentissage...
Tiré du Codex Regius, un vieux poème allemand, dont un passage, le "Chant de la voyante", décrit le temps qui précède Ragnarok, autrement dit, la fin du monde, le film et donc son titre, font référence à une question vitale : comment réagirait-on individuellement et collectivement face à une menace visant l’humanité ? Ce métrage d’anticipation à l’époque indéfinie tente donc d’analyser les attitudes d’humains confrontés à une situation extrême. Celle-ci provoquant l’expression des instincts les plus primaires, propres aux animaux, et faisant disparaître tous les repères sociaux, on est donc là en pleine fiction speculative. Seulement voilà, Haneke ne fait qu’effleurer le problème et rate complètement son sujet. le temps du loup commence pourtant de façon très prometteuse : l’atmosphère y est sombre, les décors emprunts d’une désolation morne peu rassurante (CF. les bûchers d’humains et d’animaux) et la scène de début dans la maison de campagne est terrible puisque quelqu’un y est abattu froidement et ce, de manière totalement imprévisible, rappelant le Haneke de "Benny’s video" et surtout de "
Funny games". Le casting était lui aussi riche en promesses : Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Patrice Chéreau, Maurice Bénichou, etc. Seulement voilà, on tombe rapidement dans l’ennuyeux, la faute à : un recours à l’ellipse dommageable, un manque d’explication de certains faits faisant cruellement défaut, une interprétation de l’actrice principale (Isabelle Huppert) un peu terne car on la sent peu concernée et surtout des personnages qui se perdent en bavardages inutiles rendant difficilement crédible le fait que l’on se trouve en pleine apocalypse. On devrait sentir là davantage de peine et de violence animant les survivants or ce n’est pas le cas, dommage…
Vous pouvez néanmoins trouver le DVD zone 2 chez France Télévisions Distribution, mais c’est comme vous voulez !

 

Quatre ans plus tard, dans le film de Russell Mulcahy, "Resident Evil : Extinction" (produit par la France, l’Australie, l’Allemagne, le Royaume Uni et les USA, rien que ça !), il est question d’un virus expérimental mis au point par la toute-puissante Umbrella Corporation et qui a détruit l'humanité, transformant la population du monde en zombies avides de chair humaine. Fuyant les villes, quelques survivants ont pris la route dans un convoi armé, espérant retrouver d'autres humains non infectés et gagner l'Alaska, dernier espoir d'une terre préservée. Ils sont accompagnés dans l'ombre par Alice, une jeune femme à l’ADN modifié à la suite de terribles expériences biogéniques lui ayant apporté des capacités surhumaines. Et comme si le combat contre les morts-vivants ne suffisait pas, Alice est également surveillée par Umbrella Corporation, responsable de sa mutation génétique et voyant en elle la seule personne qui rende possible la mise au point d'un remède. Pour tous ces rescapés, le plus dur est malheureusement à venir…
Notons que même s’ils étaient coproduits par la France, nous n’avons délibérément pas considéré que "
Resident Evil" et sa suite "resident evil : Apocalypse" étaient des longs-métrages post-apocalyptiques. Pourquoi donc ? demanderez-vous la bave aux lèvres tel un zombie en manque. Eh bien tout simplement parce que l'infection de morts-vivants ne concerne que la ville et non pas tout un continent voire la planète entière et que le gouvernement, l’armée et la police sont toujours en place (en dehors de la ville). Dans resident evil : extinction au contraire, l'humanité et la société ont intégralement disparu, faisant donc du film un bon petit post-nuke des familles.
Réalisé par un habitué du cinéma fantastique à qui l’on doit notamment "Razorback", "Highlander", "The shadow" ou encore "Resurrection", le troisième opus de la franchise "Resident Evil" est un film démontrant des qualités indéniables en terme de photographie et d’effets spéciaux (notamment les chiens zombies du début ou encore la scène finale mettant en scène un monstre impressionnant) mais comme souvent dans les énièmes épisodes de franchises à succès, il souffre d'un scénario médiocre. Ici, le pitch emprunte trop de références çà et là (merci monsieur Romero) qui lui confèrent un aspect déjà-vu néfaste car en font un film moyen pas novateur pour deux sous. De plus, la boulimie de scènes d'action au détriment des scènes de suspense déséquilibre complètement le métrage qui n’avait pas besoin de ça pour être sabordé. Reste un casting sympa avec l’habituelle Milla Jovovich et Ali Larter que l'on a pu voir également dans la série "Heroes" (la sublime mais ambivalente Niki) mais aussi dans des films de genre (comme "La maison de l'horreur", "Destination finale" ou encore "Destination Finale 2
"). Mais bon ça ne sauve pas tout dans cette pellicule méritant tout juste la moyenne. On peut néanmoins la trouver en DVD zone 2 chez Sony Pictures Home Entertainment et Metropolitan Vidéo, en édition simple ou collector.

 

C’est en 2008, que Michel Houellebecq met en images son roman éponyme "La possibilité d’une île". Le livre comme le film, relate l’histoire de Daniel 25 (vingt-quatrième descendant, par reproduction artificielle, du premier Daniel) vivant sur une Terre désertée avec son chien Fox dans un bunker souterrain préservé de toute contamination. Son temps, Il le consacre, comme ses prédécesseurs, à la rédaction d'un commentaire sur les événements qui ont conduit Daniel 1er du nom à prendre la tête d'une secte qui sera le fondement d'un nouveau culte et dont la promesse faite aux membres est la vie éternelle par le biais de la biologie moderne. Un jour, de mystérieux messages apparaissent sur ses écrans d'ordinateur. Y aurait-il d’autres survivants ?
Avouons-le d’emblée, le film réalisé par l’auteur du roman lui-même, n’aurait certainement pas été produit si Houellebecq n’était pas déjà un "nom" de la littérature française, traduit dans plusieurs langues. Et si vous n’avez pas lu le roman, je n’ose même pas imaginer ce que vous avez dû ressentir devant cet ersatz de film ! En décidant de ce qu’il allait inclure dans son adaptation ciné et de réduire celle-ci à la portion congrue, Houellebecq a choisi de faire un long-métrage sans le noyau dur du roman, à savoir l’histoire du Daniel contemporain, l’original, ses relations avec la secte, les fondements de celle-ci et ses rapports sexuels avec la gente féminine et cette approche là rend l’histoire du "néo-humain" complètement inutile et dénuée de profondeur sans son contrepoint "humain". Au lieu de cela, Houellebecq focalise son attention, et par là même la nôtre, sur l’action se déroulant sur les îles Canaries, à savoir l’histoire du clone de Daniel dans un futur lointain, ce qui est quand même le pan le moins essentiel du livre. Il est vrai qu’avoir recours à des raccourcis pour résumer le roman était obligatoire tant ce dernier est dense. Toutefois, le choix de l’auteur de s’attarder sur les errances du clone futur nous paraît maladroit tant le matériau d’origine était riche et tant ici l’ellipse est de mise et gâche tout, du moins pour les aficionados de l’auteur de "Les particules élémentaires". Certes, les acteurs sont assez bien choisis, mais seulement, si vous connaissez le matériau original, car sinon, ils n’ont pratiquement rien à faire dans le film ! A part quelques paysages impressionnants et soignés, deux/trois dialogues qui fonctionnent, ce métrage est une déception trop longue sur fond de musique classique pas très originale ne méritant pas que l’on s’y attarde. Lisez plutôt le livre, il est tellement mieux, même si ce n’est pas forcément le meilleur de Houellebecq ! Cela étant, on est bien au-dessus de la moyenne des autres films réalisés par des écrivains (BHL et Moix en tête) et en plus côté monde post-apocalyptique, nous sommes servis, mais est-ce suffisant ?
Pour ceux qui aimeraient néanmoins comparer le support papier à celui sur pellicule, le DVD existe chez BAC Vidéo.

 

Ici, je vais encore tricher un petit peu puisque je vais parler d’un film plus "pré-apocalyptique", mais bon, je sais que vous êtes indulgents puisque vous m’avez lu jusqu’ici ! Un an plus tard donc, les frères Larrieu réalisent "Les derniers jours du monde" qui met en scène les aventures de Robinson Laborde, interprété par Mathieu Amalric. Alors que s’annonce la fin du monde (ici un virus mortel) et que les gens s’affairent, celui-ci, qui vient de quitter sa femme Chloé (Karin Viard), part sur les routes de France et d’Espagne, afin d’y retrouver désespérément le fantasme de sa vie, Laëtitia (jouée par l’incroyablement belle Omahyra Mota). Le voici donc lancé dans une véritable odyssée amoureuse alors que le désastre est imminent. Retrouvera-t-il alors l’élue de son cœur ? Voudra-t-elle de lui ? Et surtout, en sortiront-ils indemnes ?
Film très bizarre flirtant avec plusieurs genres, Les derniers jours du monde s’apparente plus à un road-movie : on passe du Biarritz chic au mythique Pampelune avec une escale à Toulouse débordant de réfugiés en faisant même un crochet par un Taipei nocturne. Ne sachant jamais vers quelle direction l’on va et avec qui, ce métrage nous entraine sur les sentiers de l’amoralité et de l’égoïsme provoqués par le chaos de la fin du monde approchant à grands pas. Devant la catastrophe imminente, d’aucuns ont choisi la voie du suicide, d’autres celle du "restons avec nos proches", d’autres encore celle du "profitons de nos derniers instants à fond" et surtout d’un point de vue charnel ! C’est la voie qu’a adoptée Robinson, nageant à contre-courant, à travers un monde en perdition, il se sent tout à coup affranchi des conventions qui l’entourent. Il faut, en effet, les voir nus, Laëtitia et lui, dans un Paris post-apocalyptique et déserté puis tout à coup rempli de voitures et d’individus en mouvement comme si rien n’avait changé. Fruit de leur imagination ramenant les conventions à la surface de leurs consciences ou bien vue de l’esprit du héros à l’approche de la fin ? Mystère…
Ce film répond ainsi à la question : que ferait-on si la fin du monde arrivait incessamment sous peu ? Mais il le fait d’une façon peu conventionnelle, à savoir celle qu’a choisie Robinson, notre héros au prénom prédestiné qui plaque tout pour retrouver l’être aimé (surtout physiquement) et qui ne reste pas justement, avec les gens qu’il aime et qui l’aiment comme beaucoup de gens feraient. Lui a décidé de s’affranchir de tout et de combler ses désirs refoulés et inassouvis. Rarement on aura vu cela dans un cinéma français par trop "auteurisant" et timoré, victime de ses propres contradictions. Ici, on a une vraie étude psychologique des personnages pas poseuse pour deux sous, une véritable histoire d’amour et de grandes performances d’acteurs, Mathieu Amalric, Catherine Frot, Sergi Lopez, Karin Viard en tête. Sans compter la présence du mannequin dominicain, la sublissime Omahyra Mota…
Pour découvrir cette perle, il faudra patienter jusqu’au mois de mai 2010, date à laquelle doit normalement sortir le DVD.

 

Et puis voici notre petit dernier datant de 2009, réalisé par David Morley, j’ai nommé "Mutants" et relatif à une apocalypse zombie puisque l’on y apprend que dans un monde non daté où un terrible virus a contaminé la population, un couple en fuite tente de trouver une zone où se réfugier. Pris au piège par des créatures sanguinaires, Marco et Sonia vont devoir lutter pour leur survie et bivouaquent dans un bâtiment déserté à la lisière d’une forêt...
Cet ultime film de notre dossier devrait réconcilier les plus récalcitrants et hermétiques au genre post-nuke français. L’histoire, certes banale et s’inspirant de certains succès comme "
28 jours plus tard", se laisse suivre sans trop de problème car le jeune cinéaste sait ménager les moments angoissants, les scènes d’action sans que l’on ne s’ennuie une minute. De plus, les acteurs (Francis Renaud et Hélène de Fougerolles en tête) sont impeccables et les scènes de suspense sont flippantes à souhait. Bref, on n'a rien à envier aux américains et autres espagnols en termes de films de zombies, nous aussi on sait en faire des bons, la preuve !
Disponible dans tous vos points de vente habituels en DVD zone 2 édité par TF1 Vidéo.

 

Voilà, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce dossier (à compléter par la suite bien évidemment, en souhaitant que ce sous-genre de la SF ne meure jamais !) et espère que vous en aurez autant à me lire. Je vous engage d’ailleurs à contacter le site si jamais il y a eu un quelconque oubli de ma part que vous jugez indispensable au dossier.

VINCENT DUMENIL