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UNIVERSAL STORY - PARTIE 2 , un dossier de Stéphane ERBISTI

 

Après avoir quitté "Le spectre de Frankenstein", nous retrouvons notre momie préférée dans "la tombe de la momie" où un grand prêtre égyptien va vouloir se venger de l'archéologue Foran qui a profané la tombe de Kharis. Il va donc réveiller la momie et l'amener en Amérique afin qu'elle tue Foran. Encore une suite très classique qui n'apporte rien de nouveau au mythe de la momie.

 

Un autre film d'épouvante sort en salle en 1942, il s'agit de "The Night Monster" de Ford Beebe qui raconte l'histoire d'un homme amputé des deux jambes qui se met à vouloir assassiner les docteurs responsables de cette tragédie en les invitant dans son sinistre manoir…
1943. Une année faste en films d'épouvante pour la célèbre firme. Frankenstein et le loup-garou ont l'honneur de jouer ensemble dans "Frankenstein rencontre le loup-garou". Bela Lugosi, qui avait toujours refusé de jouer la créature, accepte cette fois d'endosser le maquillage du monstre, le rôle du loup-garou étant joué par Lon Chaney Jr. Le pauvre Larry Talbot veut se défaire de sa lycanthropie. Il part à la recherche d'une bohémienne qui lui fait rencontrer le docteur Frankenstein. Celui-ci accepte d'essayer de l'aider mais la transformation aura finalement lieu et ce, en présence du monstre de Frankenstein… Deux monstres pour le prix d'un, une bonne affaire pour la Universal, même si le film n'est pas formidable.
Dans "The Mad Ghoul", un vampire découvre un gaz très toxique qui était utilisé en Egypte et dont les effets ne peuvent être combattus que par un liquide extirpé du cœur d'une personne morte récemment. Il va tenter de drôles d’expériences sur un jeune étudiant en médecine… Bizarre et plutôt mauvais.

 

Lon Chaney Jr. ajoute un monstre à ses compositions en jouant un vampire dans "le fils de dracula". La jeune Catherine Caldwell épouse le Comte Alucard, sans savoir que celui-ci est un vampire. L'ex-fiancé de Catherine découvrira l'horrible vérité… Robert Siodmak a réalisé un très honnête film d'épouvante, qui mérite d'être vu. Lon Chaney s’en sort plutôt bien dans le rôle du fils du roi des vampires.
La Universal produira également cette année là une œuvre on ne peut plus farfelue avec "Captive Wild Woman" dans laquelle un savant fou, interprété par John Carradine, injecte du sang humain à son singe Cheela. Le sang provenant d’une femme, Cheela se métamorphose en une ravissante créature. Mais ses instincts d’animal ne vont pas tarder à reprendre le dessus…

 

C'est également en 1943 que la Universal réalise le remake d'un de ses grands classiques du muet, en Technicolor cette fois. Cette nouvelle version de "le fantome de l'opera", malgré un budget impressionnant pour l'époque, ne peut prétendre rivaliser avec celle de 1925. D'ailleurs, le film est plus un film musical qu'un vrai film d'épouvante. Succédant à Lon Chaney, c'est Claude Rains qui joue le rôle du fantôme, voulant cette fois se venger d'un éditeur qui lui a volé sa musique. Une déception que ce film, peut-être la moins bonne des nombreuses adaptations du roman de Gaston Leroux, avec celle de Dario Argento. Certes, les décors, les costumes et l’utilisation du Technicolor en font un film flamboyant mais on s’ennuie quand même pas mal pendant la vision du film, et il manque l’ambiance gothique et macabre que l’on peut trouver généralement dans les films d’épouvante.
1944 voit à nouveau Boris Karloff jouer le rôle d'un dangereux individu qui réside dans un théâtre européen. Ayant commis il y a des années un meurtre sur une jeune soprano qui refusait son amour, Karloff, découvrant qu'une femme a décidé de rejouer l'opéra qui avait rendu célèbre sa soprano, décide de revenir au meurtre… Comme on le voit à la lecture du scénario, "The Climax" est une sorte de relecture de "The Phantom of the Opera", preuve que les scénaristes de la Universal commençaient à être sérieusement à court d'idées neuves.
L'homme qu'on voit rarement sur l'écran sera encore de retour dans "The Invisible Man's Revenge" où cette fois-ci, un déséquilibré demande à un professeur de le rendre invisible afin de persécuter un couple de la bourgeoisie anglaise… Avec toujours les effets spéciaux de John P. Fulton et John Carradine dans le rôle du professeur.

 

N'oublions pas la momie qui réapparaîtra également dans "le fantome de la momie". La princesse Ananka s'échappe de son tombeau et la momie est chargée de la retrouver. Toujours Lon Chaney Jr. sous les bandelettes…

IV/ PERTE DE VITESSE ET DE QUALITE

Lon Chaney Jr., encore lui, sera la vedette en 1945 de "The Frozen Ghost" où il interprète le rôle d'un hypnotiseur qui entraîne la mort d'un de ses patients au cours d'une séance… Seul le décor d’un musée de cire apporte un peu d’originalité au film.

 

N'ayant toujours pas retrouvé l'inspiration, les scénaristes vont alors avoir l'idée de faire jouer tous les monstres ensemble. Cela donnera "la maison de frankenstein" où l'on retrouve un docteur fou (Karloff), un bossu, Dracula (John Carradine), le monstre de Frankenstein (Glenn Strange) et le loup-garou (Lon Chaney Jr.). Ce qui donnera au final un film sympathique mais bancal, très loin des grands classiques des années 30. Le scénario nous narre donc les exploits du docteur Niemann qui s’échappe avec son assistant bossu de l’asile dans lequel il se trouvait depuis quinze ans. Il parvient à ressusciter le Comte Dracula, retrouve la créature de Frankenstein et fait connaissance avec le loup-garou… Un melting-pot de monstres qui se retrouveront à nouveau ensemble dans une future production de la Universal.

 

Ne faisant pas partie du casting du film ci-dessus, notre momie fera un come-back dans "la malediction de la momie" où l'on retrouve encore et toujours Kharis et la princesse Ananka qui sèment la terreur parmi les villageois… Vous avez dit déjà vu ?

 

Comme on ne change pas une idée qui marche, les grands monstres changent de maison et se retrouvent dans "la maison de dracula" cette fois. Le scénario loufoque nous raconte l'histoire d'un médecin qui veut soigner le loup-garou de sa lycanthropie mais également Dracula de ses instincts vampiriques ! Le docteur deviendra fou et ressuscitera le monstre de Frankenstein qu'il vient de retrouver dans une grotte à l'aide de son assistante bossue… James Whale ne doit pas en revenir…
En 1946, c’est un chat doué de pouvoirs étranges qui parvient à résoudre l’énigme d’un suicide s’étant déroulé 15 ans auparavant et qui a donné lieu à trois autres meurtres perpétrés dans un lugubre manoir. "The Cat Creeps" n’est pas le remake du film des années 30. Et ce n’est pas un très bon film non plus.

Le personnage du loup-garou se décline au féminin avec "She-Wolf of London", réalisé par Jean Yarbrough, dans lequel une jeune femme se croit responsable de plusieurs crimes commis à Londres, persuadée qu’il y avait un loup-garou dans l’arbre généalogique de sa famille…

 

Pour continuer à utiliser ses grands monstres classiques, Universal les fait rencontrer le célèbre duo comique, Abbott et Costello. C’est donc en 1948 que ces deux nigauds rencontrent Dracula, le loup-garou et la créature de Frankenstein dans "les deux nigauds contre frankenstein". De cette première collaboration résulte un film très amusant, très enjoué, très divertissant, ne proposant aucune scène d’épouvante mais de nombreuses situations cocasses. Le pauvre Costello devient la proie de Dracula qui veut transplanter son cerveau dans celui de la créature de Frankenstein ! Une idée bien saugrenue mais prétexte à une succession de gags toujours très drôles. Certes, il est regrettable que les figures emblématiques de l’épouvante passent à la sauce comique mais allier horreur et comédie allait devenir une idée en vogue, encore de nos jours…
Fort du succès de leur première rencontre, la Universal décide de continuer à associer Abbott et Costello avec des monstres ou des tueurs et de mélanger les genres. En 1949, nos deux nigauds ont pour adversaire Boris Karloff dans "Abbott and Costello meet the Killer, Boris Karloff", titre un peu long et dont bien souvent le nom de Karloff disparaissait des affiches… Celui-ci joue le rôle d’un pseudo gourou qui veut hypnotiser Costello (décidément) afin qu’il se suicide, l’action se déroulant dans un hôtel où Abbott et Costello sont employés…
Aucune autre production fantastique ou d’épouvante ne voit le jour ces années là à part les aventures de Abbott et Costello. On les retrouve donc en 1950 avec cette fois comme partenaire l’homme Invisible dans "Abbott and Costello meet the Invisible Man", film certes amusant mais très en deçà des possibilités du duo d’acteurs.
Abbott et Costello interprètent des détectives privés chargés de blanchir d’un meurtre leur client Arthur Franz. Pour les aider, celui-ci s’injecte un sérum le rendant invisible…
Retour de la touche gothique avec deux productions de 1951 et 1952. "The Strange Door" et "The Black Castle" renouent avec les éléments traditionnels du film d’épouvante, à savoir château lugubre, chambres de tortures, passages secrets, comte cruel et ambiance sombre. On retrouve Charles Laughton et Karloff dans le premier film et à nouveau Karloff et Lon Chaney Jr dans le second. Point de monstres dans ces deux oeuvres mais le plaisir de retrouver une ambiance sérieuse et un climat macabre, éléments absents des productions précédentes.

 

Ce retour sera de courte durée puisqu’on retrouve en 1953 notre célèbre duo comique aux prises cette fois avec le Docteur Jekyll dans "les deux nigauds contre dr jekyll et mister hyde". Karloff joue le rôle du savant à la double personnalité, pourchassé par Abbott et Costello bien décidés à trouver le coupable sévissant dans Hyde Park…

Mais 1953 c’est aussi l’année où un très bon film de science-fiction voit le jour. "It Came from Outer Space", baptisé chez nous "Le Météore de la Nuit", qui est une excellente surprise. Le film raconte les mésaventures d’un savant et de sa fiancée qui tentent coûte que coûte de convaincre la population qu’ils ont bien vu un objet non identifié s’écraser dans le désert de l’Arizona. Vaisseau spatial, extraterrestre au look étrange, bonne ambiance et réalisation soignée font de ce film un classique de la SF. De plus, il est réalisé en relief, ce qui lui confère une originalité supplémentaire qui faisait bien défaut aux dernières productions de la firme.
Passons rapidement sur la nouvelle aventure de Abbott et Costello dans "Abbott et Costello go to Mars" pour nous intéresser à un nouveau fleuron de la firme Universal, réalisé en 1954 et nous présentant une nouvelle créature au look exceptionnel, sûrement l’une des plus belles jamais réalisée.

 

"l'etrange creature du lac noir", sans se hisser au niveau des productions des années 30, est un film formidable et spectaculaire, nous racontant les aventures de scientifiques naviguant sur les eaux du Lac Noir et découvrant une créature mi-homme, mi-poisson, véritable chaînon manquant entre ces deux espèces. De magnifiques séquences nous sont proposées, comme cette sorte de danse sous-marine où la créature nage sous la charmante Julie Adams. Les apparitions de la créature sont d’une efficacité redoutable et laissent le spectateur béat d’admiration. Il faut féliciter le travail de Bud Westmore et Jack Kevan, responsables de son look. Certes, le scénario est plutôt basique et classique mais l’ambiance qui se dégage du film nous fait rapidement oublier ce détail. Film d’aventure, film fantastique mais également film d’amour, "La Créature du Lac Noir" est tout cela ! Car, comme le Roi Kong en 1933, la Créature garde en elle des sentiments humains et va tomber sous le charme de la belle Julie. Amour impossible qui se terminera tragiquement. Le film a été réalisé en 3 Dimensions par le talentueux Jack Arnold, déjà auteur de "It Came from Outer Space" et futur réalisateur de très bons films comme nous le verrons par la suite…

1955. Après quinze ans de bons et loyaux services, les comiques Abbott et Costello font leurs adieux à la Universal dans "Abbott et Costello meet the Mummy", qui se révèle l’un de leurs meilleurs films.

 

Notre belle Créature du Lac Noir, fort de son succès l’année précédente, revient sous les feux des projecteurs dans "la revanche de la creature", toujours en relief et toujours réalisé par Jack Arnold. Moins bon que le précédent film, l’effet de surprise ne jouant plus, on retrouve donc notre créature se faisant capturer et emmener en Floride pour le compte d’un parc d’attraction. Mise dans un aquarium pour amuser les foules, la créature ne va pas apprécier cette captivité et va s’enfuir en provoquant la panique dans la ville. Tiens, le scénario me rappelle l’histoire d’un grand singe qui aurait subi le même sort… bizarre…

 

Jack Arnold réalisera cette même année un autre film, fort sympathique, "Tarantula". Les films de monstres géants étant à l’honneur dans les années 50. Arnold choisit donc une araignée qui va grandir démesurément sous les effets d’un sérum destiné à augmenter la taille des légumes et fruits afin de nourrir la population. Quelle idée aussi de tester ce sérum sur une araignée !! La bestiole va donc semer la panique dans la ville et il faudra bien des ressources pour en venir à bout. Le savant créateur du sérum devant quant à lui lutter contre une grave maladie, l’acromégalie. "Tarantula" est un fort honnête divertissement et il se revoit toujours avec autant de plaisir. Un autre classique de la SF est produit en 1955. Narrant les aventures spatiales d’extraterrestres à l’apparence humaine venus de la planète Métaluna afin de trouver sur Terre une nouvelle source d’énergie atomique destinée à lutter contre les Zahgon qui ravagent leur planète, "This Island Earth" bénéficie de somptueux décors futuristes, d’une très bonne interprétation, et d’une créature mi-homme, mi-insecte fort impressionnante, même si on ne la voit que trop peu. Dotée d’un cerveau apparent proéminent, on peut rapprocher son look des créatures issues du "Mars Attacks" de Burton. Titré "Les Survivants de l’Infini" en France, on peut dire que ce film est le premier vrai "space opera" en couleurs du cinéma. Bien avant "Star Wars", on peut y voir un vaisseau spatial se diriger vers la caméra et passer au dessus de l’écran… La dernière demi-heure du film est un véritable festival d’effets spéciaux, dont le rendu est encore augmenté par l’utilisation du Technicolor.

 

En 1956, notre belle créature amphibie fait une troisième et dernière apparition dans "la creature est parmi nous", où cette fois, la créature est ramenée sur terre, les savants ayant découvert que sa structure pulmonaire pouvait lui permettre de respirer hors de l’eau, à condition de lui faire subir une trachéotomie. La créature ayant également été brûlée pendant sa capture, ses écailles ont disparu et une seconde peau apparaît sur son corps, beaucoup plus proche de la notre. Humanisée, elle subira néanmoins les méchancetés de l’homme, toujours enclin à vouloir montrer sa supériorité sur les autres espèces. Tout comme le monstre de Frankenstein, le spectateur prend pitié de la créature, être différent qui veut juste qu’on la laisse tranquille. La scène où elle regarde l’océan en sachant qu’elle ne pourra plus y retourner suite à l’opération qu’elle a subie nous montre bien sa détresse. Bref, un beau film qui clôt une trilogie de très bonne facture et qui nous a donné un monstre de toute beauté.

1956 voit aussi apparaître d’autres créatures bizarroïdes, les hommes taupes du film "The Mole People". Tombé dans un gouffre au sommet d’une montagne d’Asie, un explorateur découvre une ancienne cité peuplée de gens devenus albinos à force de vivre dans une quasi obscurité. Ce peuple perdu est aidé par des esclaves, les mystérieux hommes taupes. Le film souffre d’un rythme trop lent et d’une profusion de dialogues qui ralentissent l’action. Mais il possède néanmoins un certain charme et la fascination qu’exercent les hommes taupes en font un agréable divertissement.

 

En 1957, Nathan Juran lâche sur les écrans un nouveau monstre de taille gigantesque, ancêtre de notre petite mante religieuse, libéré de son hibernation suite à un tremblement de terre. "The Deadly Mantis" surfe sur le succès de "Tarantula" et sème à son tour la terreur dans New York. Le monstre est plutôt bien réalisé pour l’époque et les amateurs trouvent leur bonheur, retrouvant tous les éléments faisant le succès de ce style de film… Un petit film de SF a aussi les honneurs de l’écran cette année là. Tourné avec un très faible budget, "The Monolith Monsters" est un agréable spectacle à l’arrivée, avec un scénario intéressant, racontant les mésaventures des habitants d’une petite ville de Californie, victimes des effets d’une météorite qui prend des dimensions gigantesques au contact de l’eau et qui a le pouvoir de pétrifier les humains. La panique est à son comble quand le ciel rempli de nuages noirs menace de déverser des litres d’eau…

Mais cette année 57 restera surtout dans les annales pour une production fantastique, qui demeure encore aujourd’hui un classique intemporel. A nouveau réalisé par Jack Arnold, "l'homme qui retrecit" motiva le département des effets spéciaux qui dut travailler dur pour réussir l’exploit d’immortaliser à l’écran le scénario de Richard Matheson, racontant les aventures de ce savant, contaminé par un nuage radioactif, et qui voit sa taille réduire de jours en jours. Chaque séquence est un morceau d’anthologie, dont les deux plus connus sont le combat contre l’araignée et la poursuite avec le chat. 14 décors de grandeurs différentes ont été construis pour donner cette illusion du rétrécissement du héros. Ce film est un véritable enchantement de tous les instants et chaque vision procure un immense plaisir. Preuve de la qualité de l’œuvre. Pour le héros du film, se mouvoir dans son environnement quotidien devient une épreuve cauchemardesque au fur et à mesure qu’il rétrécit. Comme quoi, même un lieu que l’on connaît parfaitement peut se révéler dangereux lorsqu’on l’aborde d’une manière différente.

 

Des monstres de tailles gigantesques, il en sera encore question dans "The Land Unknown" de Virgil Vogel. Une expédition scientifique, partie explorer une région mystérieuse de l’Antarctique en hélicoptère, a une sacrée surprise lorsqu’elle percute en vol un ptérodactyle ! Forcée d’atterrir sur "L’oasis des Tempêtes", l’équipe va alors découvrir que le monde de la préhistoire n’est pas mort mais bel et bien vivant, transformant un banal film d’aventure en une bonne histoire à rebondissements et aux effets spéciaux soignés. Ptérodactyle, Tyrannosaure, Elasmosaure, nos savants vont aller de surprise en surprise au cours de leur périple inattendu…
En 1958, un homme décapité refuse de mourir dans "The Thing that Couldn’t Die", mêlant décors de l’Ouest et épouvante.

 

Jack Arnold replonge dans la science-fiction avec son drôle de film "Monster on the Campus" dans lequel la découverte d’un poisson préhistorique va chambouler l’existence des habitants. Au contact du poisson, les chiens se transforment en loups et les hommes régressent au niveau de l’homme de Neanderthal… C’est plus drôle que terrifiant…

Retour au film de vampire en 1959 pour le studio avec "Curse of the Undead" dont l’originalité est de mêler western et épouvante. En effet, le vampire est un tueur de l’Ouest qui commettra plusieurs crimes dans la région avant d’être pris en chasse par un autre pistolero qui aura pris soin de mettre une croix en bois dans une de ses balles…
Une tentative de mélange de genre qui aura du succès et qui sera reprise par d’autres studios dans les années 60 avec des films comme "Jesse James contre frankenstein" ou "Billy the Kid versus Dracula"…

V/ NOUVEAUX HORIZONS ET DECLIN DE LA PRODUCTION FANTASTIQUE…
Comme on a pu le constater, les films fantastiques ou d’épouvante sont de moins en moins nombreux parmi les productions du studio. Une nouvelle orientation voit le jour à la Universal, rachetée en 1962 par MCA. Nouveau logo, nouvelle motivation. Peu de films sont produits chaque année mais la qualité est par contre de nouveau au rendez–vous avec des films comme "Spartacus", "Les Oiseaux", "Seuls sont les Indomptés", "Charade", "Airport"… Des films à plus grand budget, lorgnant plus vers le thriller ou le grand spectacle.
Les années 60 endeuillent malheureusement notre genre de prédilection avec la disparition du maquilleur Ted Pierce, mais également celle de l’immense Boris Karloff. Basil Rathbone meurt lui aussi pendant cette décennie d’une crise cardiaque. En 1973, c’est Lon Chaney Jr. qui les rejoint.

Les monstres préhistoriques sont à nouveau à l’honneur en 1960 avec une petite production à faible budget, "Dinosaurus", réalisée par Irwin Yeaworth. Les effets spéciaux sont plutôt ridicules et le film ne laisse pas de souvenir impérissable, sauf celui d’avoir bien rigolé !
Bien plus intéressant est "The Leech Woman" réalisé la même année. Un savant fou emmène sa femme alcoolique en Afrique, afin de mener à bien ses expériences sur la jeunesse éternelle. Mais celle-ci n’est pas d’accord et l’assassine avant de découvrir par un rite africain que le secret de cette jeunesse éternelle vient des glandes pinéales de l’homme. Sa soif de jeunesse va la conduire à assassiner encore et encore afin d’obtenir des quantités suffisantes de cette glande masculine…
Mélangeant aventure et épouvante, "The Leech Woman" bénéficie également des bons effets spéciaux de Bud Westmore.

 

Il faudra ensuite attendre 1965 pour revoir de l’épouvante dans une production Universal. Ce sera chose faite avec le film de William Castle baptisé "The Night Walker", basé sur un scénario de Robert Bloch, auteur du fameux Psychose. Dans le film de Castle, qui est un peu confus, on suit l’histoire d’une femme, accusée d’adultère et dont le mari est assassiné. Par la suite, elle se met à faire de nombreux rêves et commence à ne plus distinguer le monde réel du monde des rêves….
En 1966, c’est une série télé à succès qui devient un long métrage : "Munsters Go Home", basé sur la série "The Munsters". C’est une comédie amusante où l’on retrouve tous les personnages qui ont fait le succès de la série.
Retour à la SF en 1972 avec "Silent Running" et au film d’horreur en 1973 avec "The Boy who Cried Werewolf". Mais on retiendra plus particulièrement cette année là une petite production où un savant fou s’amuse à transformer les gens en serpents ("SSSNAKE") ! Ces deux films sont souvent présentés en double programme. Le premier est plutôt moyen, le jeu des acteurs n’étant pas vraiment convaincant. "SSSNAKE" bénéficie quant à lui d’un ton parodique assez prononcé, ce qui en fait un divertissement de qualité, dont la scène clé reste la transformation d’un homme en cobra…

 

1975. Date clé pour le studio. Une production de 12 000 000 $ en rapporte 133 000 000 !!! Réalisé par un petit jeunot du nom de Spielberg, "Les Dents de la Mer" renoue avec le film de terreur et les monstres aux dimensions décuplées.
Cette fois, c’est un requin de taille impressionnante qui fait frémir les acteurs du film mais également les spectateurs du monde entier qui prennent conscience du danger qu’il peut y avoir à aller se baigner en mer. Qui ose dire qu’il n’a jamais pensé au film de Spielberg lorsqu’il va faire trempette pendant les vacances ? Après une terrifiante attaque du squale (LA plus terrifiante jamais réalisée !) lors de la scène d’ouverture, le tout en caméra subjective, le film nous présente la vie de la station balnéaire d’Amity, et en particulier de son chef de police Martin Brody, qui va vite se rendre à l’évidence de la présence du prédateur dans les eaux de la station. Ce qui tombe plutôt mal puisque l’ouverture la station est imminente ! Aidé par un océanographe, puis par un pécheur de requin, nos trois hommes vont partir en pleine mer affronter cette terrible menace. L’habileté de Spielberg est de ne montrer le squale que vers le milieu du film. Toute la première partie est en caméra subjective, dont le mouvement d’avancée représentant la progression du requin, qui est soutenue par la puissante partition musicale de John Williams, qui fait naître une tension chez le spectateur dès qu’il l’entend ! Un film de terreur toujours aussi efficace de nos jours et une pièce maîtresse dans le cinéma tout court ! Chapeau monsieur Spielberg !
En 1977, le requin se transforme en véhicule diabolique dans "L’Enfer Mécanique" où une voiture toute noire et sans chauffeur circule sur les routes de l’Utah et terrorise les habitants d’une petite ville… Agréable et divertissant…

Cette même année, le diable est décidément de la partie avec "La Sentinelle des Maudits" où un mannequin féminin décide de s’installer dans un immeuble qui se révélera être l’antichambre de l’Enfer. Le film était destiné à suivre le succès d’un film de la Warner Bros sortit en 1973, "l’Exorciste". Mais il n’eut pas vraiment le succès escompté…
Suite au succès du premier film, il était inévitable que "Jaws" ait une suite. Celle-ci est réalisée en 1978 et baptisée tout simplement "Jaws 2" et chez nous "les dents de la mer, 2ème partie" et non pas "Les Dents de la Mer 2" afin d’éviter un mauvais jeu de mot… Par la suite, la Universal produira quelques autres films d’horreur ou fantastiques comme "Dracula 1979", "Massacres dans le train fantôme", "Ghost Story ", "The Incredible Shrinking Woman", l’excellent "The Thing" de John Carpenter en 82. Elle connaît un énorme succès avec "E.T." de Steven Spielberg, produit le remake de "La Féline" avec le "Cat People" de Paul Schrader la même année, donne libre cours au talent de Jim Henson dans le merveilleux "The Dark Crystal"… Même moins présents, l’horreur et le fantastique ne seront jamais absents de ses productions dans les décennies futures...
Le style Universal est loin d’avoir dit son dernier mot. Il suffit de voir le succès récent de films comme "La Momie" ou "Le retour de la Momie", versions modernes de l’ancien monstre des années 30 pour s’en apercevoir. Et la sortie de "Van Helsing", avec la réunion de trois grands monstres classiques, laisse augurer un avenir plus que prometteur pour les figures emblématiques du répertoire de l’horreur !

FIN