Une romancière à succès souffrant d'agoraphobie (la peur de la foule, des endroits ouverts, des lieux publics)loue une vieille demeure à la campagne afin de se soigner. Une maison qui ressemble étrangement à celle qu’elle décrit dans son dernier roman intitulé «The nesting»
Victime d'hallucinations, la jeune femme apprend que l'endroit fut lors de la Deuxième Guerre mondiale un lieu de prostitution où s’est déroulé un massacre. L’endroit semble depuis être hanté par les victimes de ce carnage. Il semble bien qu’il y ait un lien entre l’écrivaine et la vieille demeure, mais lequel ?
The nesting (l’imbrication en français) n’est ni le meilleur, ni le pire (loin s’en faut) film tournant autour du thème de la maison hantée. Largement orienté fantastique onirique plus qu’horrifique, il fait partie de la flopée d’œuvres tombées dans l’oubli et qui pourtant recèle suffisamment de qualités pour que l’on s’y attarde.
Malgré une affiche trompeuse qui fait penser au spectateur qu’il aura affaire à un slasher (le succès de Vendredi 13 en 1980 n’y est certainement pas pour rien ), on a droit ici, par essence même, a une histoire de maison hantée.
Si celle-ci n’offre pas de grandes surprises et les clichés semblent s’enchaîner les uns aux autres ; c’est la manière de mettre en forme et en scène cette intrigue qui en fait une œuvre dans laquelle, pour peu que l’on fasse l’effort de se laisser porter par l’ambiance, on adhère et on accroche.

On ne pourra, en effet, pas reprocher grand-chose au metteur en scène dans sa gestion des séquences censées provoquer la peur ou l’effroi, il en maîtrise les fondements et touche souvent juste. C’est d’autant plus étonnant (quoique) si l’on connaît un tant soit peu la carrière d’Armand Weston, pas franchement orienté vers le film fantastique ou même le film «traditionnel ». Connu pour ses réalisations érotiques hardcore (pour ne pas dire pornographiques) et notamment le subversif, implacable, glauque autant que culte «The defiance of good» (avis à ceux qui ne l’ont pas vu…c’est mal, très mal !), Weston prouve qu’il est capable d’œuvrer dans un genre différent et ainsi se hisser au-delà du réalisateur underground qui lui collait à la peau. Il n’en aura pas franchement le temps, puisqu’il mourra en 1988 des suites d’une longue maladie comme l’on dit.

Bien loin des critères horrifiques à succès de l’époque, à base de tueur masqué, d’adolescents massacrés et de gore de bon aloi, The nesting privilégie l’ambiance, les décors, la mise en place des personnages et du lieu hanté.
Cette volonté du réalisateur entraîne une certaine lenteur dans l’action, mais une lenteur qui ne sera pas synonyme d’ennui et qui permettra d’admirer une belle photographie notamment à l’intérieur de la demeure.
Les acteurs, quand à eux, se révèlent convaincants, malgré le fait qu’ils soient peu connus (ou peut-être à cause ?) ) à l’exception du stakhanoviste John Carradine (le père de l’autre, l’amateur de cordage) qui a bien dû passer la moitié de sa vie sur un plateau.
On notera tout de même la belle interprétation de Robin Groves que l’on a pu voir dans la fort moyenne adaptation d’une nouvelle de Stephen King : «Peur Bleue»

Il conviendra toutefois d’ajouter, pour l’honnêteté du propos, que la première heure est sensiblement supérieure à la dernière demi-heure. De la difficulté d’achever un film par défaut d’originalité en quelque sorte.
Mal distribué, peu en phase avec l’époque de sa sortie, «The nesting» sombra vite dans les affres de l’amnésie dans lequel s’enfoncent trop d’oeuvres cinématographiques d’un niveau correct. Sans être une merveille (ne point déconner, il faudra), il se laissera voir par les plus curieux et qui sait par les autres.
A quand une édition DVD en zone 2 ?
PS : le film est sorti en BR all zone chez Blue Underground avec STF
il y a 2 jours 9 heures
il y a 5 jours 35 min
il y a 5 jours 15 heures
il y a 1 semaine 2 jours
il y a 1 semaine 6 jours
il y a 2 semaines 1 jour
il y a 2 semaines 4 jours
il y a 3 semaines 6 jours
il y a 5 semaines 5 jours
il y a 7 semaines 2 jours