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Réalisation
Joseph Sargent

Scénariste
Michael De Guzman

Date de sortie
1987

Genre
animaux dangereux

Tagline


Cast
Lorraine Gary
Lance Guest
Mario Van Peebles
Karen Young
Michael Caine


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Michael Small

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 1.9
(31 votes)
Ellen, la femme du chef Brody, décide de suivre son fils aux caraïbes, un spécialiste de la faune sous-marine. Malheureusement, un grand requin blanc va encore semer la terreur. Cette fois, Ellen va surmonter ses peurs, et montrer au monstre de quel bois elle se chauffe...



Des années après l'attaque du Grand Blanc, Ellen, désormais veuve du chef Brody, réside toujours à Amity avec son fils Sean qui a repris le commandement de la brigade. Mais Sean est bientôt déchiqueté sur son bateau par un énorme requin. Horrifiée et désemparée, Ellen fuit Amity pour rejoindre son second fils Mike, devenu marié, père d'une petite fille, et préparant un doctorat ès sciences aux Bahamas avec son ami Jake.

Sur place, elle fait la connaissance d'Hoagie, baroudeur et pilote d'avion blasé, avec lequel elle se lie d'amitié. Mais le requin "suit" Ellen à travers le globe et se retrouve à rôder dans les eaux des Bermudes, s'en prenant au bateau de Mike et manquant de peu de le tuer. Ellen, connectée au prédateur par une relation "psychique", sent alors que ce dernier cherche à prendre sa revanche sur les Brody et qu'il ne s'en ira que lorsque les derniers représentants de la famille seront morts...



Imaginez un peu : comment réagiriez-vous si une famille s’amusait à massacrer vos congénères au moindre petit différend ? Que diriez-vous si d’horribles individus faisaient exploser ou életrocutaient vos amis, allant même jusqu’à tuer un jeune innocent ? Si la saga suivait jusque là la famille Brody, ce quatrième volet va s’attarder sur le requin, ses sentiments, sa souffrance, et sa volonté de se venger des personnes qui ont violemment assassiné ses pairs tout en le faisant passer pour un monstre. Cette fois, c’est personnel !

Et comme en plus notre grand requin est un animal engagé, il va être sur tous les fronts et déroger exceptionnellement à son régime végétarien (on le voit manger une banane dans le film, après tout, et Lorraine Gary n’est pas très loin du légume). Aussi se présente-t-il d’abord comme le gardien des valeurs passées, au premier plan desquelles la famille traditionnelle américaine. Grâce à lui, la veuve Brody va retrouver l’amour et reformer le bon vieux cocon familial typique où bobonne n’est pas grand chose sans un homme, un vrai. D’irritante et pleurnicharde sans homme, elle devient juste irritante après s’être envoyée en l’air avec Hoagie (oui, il est pilote d’avion, qu’alliez-vous imaginer ?). Ce respect du passé et des aînés passe par le parallèle avec le passé : Michael et sa fille imitent le comportement du chef Brody avec Sean, et Ellen ne parviendra à tuer le pauvre requin qu’en entrant en résonnance avec l’esprit de son défunt mari. Sean en revanche, oubliant miraculeusement sa phobie de l’eau, tentera de suivre les pas de son père mais, le faisant à contrecoeur, sera puni par le requin.



Ce respect du passé, c’est également la volonté de maintenir la tradition. Le requin détruira ainsi méthodiquement les symboles du progrès que représentent un bateau à moteur, un sous-marin et un avion. Mieux encore, il va dénoncer le tourisme et ses méfaits, n’hésitant pas à punir une vacancière sur une attraction touristique au moment même où la plage est polluée par un symbole en métal. C’est également pour cette raison qu’il épargnera Jake après l’avoir accidentellement mordu. Hélas, cette lutte se retournera contre lui : aux Bahamas, le requin est lui-même considéré comme un étranger, et la punition sera terrible : il sera marqué électroniquement, de sorte que l’on pourra surveiller ses déplacements.

Bref, le grand requin blanc du film est un héros incompris, dont le drame aura été de rencontrer une nouvelle fois une monstrueuse famille de tueurs de requins en série. Sa détresse se retrouve même dans ses hurlements déchirants alors qu’il est torturé par Michael. Joseph Sargent a bien compris que le film de Spielberg avait eu des conséquences catastrophiques pour les requins, et tente donc de démontrer que ces animaux ne sont pas des monstres sanguinaires, mais qu’ils ont des sentiments, un coeur, comme nous ! Hélas, la profondeur de son film et son message seront totalement incompris.



Bon d’accord, redevenons sérieux : Jaws 4 est un monument de connerie, au scénario impossible, aux effets spéciaux grotesques, aux clichés omniprésents et aux idées saugrenues (ce requin vengeur qui hurle et qui explose...). Une incompétence à tous les niveaux qui a déjà été traitée en long, en large et en travers, ce qui explique que j’ai voulu traiter le film de façon un peu différente, d’autant qu’il s’agit pour moi d’un véritable plaisir coupable (j’adore l’attaque de la banane par exemple, et le plan de l’avion descendant sur le bateau au moment de l’attaque du requin) que je peux défendre bec et ongles avec énormément de mauvaise foi !








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