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Réalisation
FALARDEAU Eric

Scénariste
FALARDEAU Eric

Date de sortie
02.10.2012

Genre
Trash

Tagline


Cast
Kayden Rose
Émile Beaudry
Eryka Cantieri
Roch-Denis Gagnon


Pays
Canada

Production


Musique
?

Effets spéciaux
David Scherer


Votre note: -
Moyenne: 5.2
(7 votes)
Laura, une jeune artiste qui vit à Montréal, découvre un matin plusieurs bleus et marques sur son corps. Mais au lieu de cicatriser, ses blessures commencent à pourrir, inexorablement



Thanatomorphose : Terme médical désignant les étapes successives de l'évolution morphologique d'une personne décédée. Les principaux aspects de la thanatomorphose sont le refroidissement du corps, la rigidité cadavérique, la déshydratation et la lividité. Cette thanatomorphose devient perceptible lorsque les bactéries dont nos organes sont peuplés deviennent saprophytiques : elles se développent alors de manière anarchique.

Connaissez-vous «La Métamorphose » de Franz Kafka ?
Il s’agit de l’histoire d’un homme qui se réveille, un beau matin, transformé en insecte suite (notamment) à des désordres psychologiques personnels et à un sentiment d’incommunicabilité avec le monde extérieur.
Le film d’Eric Falardeau entretient, en effet, une sorte de filiation avec la nouvelle de l’écrivain tchèque. L’histoire de cette jeune femme qui semble tenter désespérément de donner un sens à sa vie, de plaire et de s’insérer dans une société, en apparence, indifférente aux individus (et singulièrement, dans ce long-métrage aux femmes) et qui, métaphoriquement parlant, en arrive à littéralement « pourrir sur pied » nous ramène farouchement à la nouvelle susmentionnée.



Pour tout dire, il est bien difficile de se risquer à faire partager les émotions que le film pourra procurer aux spectateurs qui « se risqueront » à l’affronter. Pour, néanmoins, tenter d’en donner une idée, on pourrait dire que c’est comme si Kafka avait croisé l’univers de David Cronenberg (première époque) et celui, plus barré, de Jörg Buttgereit («Nekromantik», «Schramm» et autres joyeusetés) ou de Karim Hussain («Subconscious cruelty»). Décomposition organique, fragilité du corps, questionnement sur l’intégrité physique au sein d’une société qui n’aime rien que tant que le corps parfait et en particulier celui de la femme.

Découpé, par des intertitres, en segments narratifs, Thanatomorphose peut se résumer en deux grandes phases. Celle où la jeune femme est encore maître de son corps et celle où elle tente de retarder, sans aucune chance, la nécrose irréversible de ce dernier.

Si la première partie pourra sembler être très languissante, faisant même redouter un film purement «auteurisant», elle n’est que la condition sine qua non à la mise en place d’une atmosphère glauque et oppressante avant que l’horreur de la pleine décomposition du corps commence vraiment et que « l’héroïne » tente de l’enrayer.



Et, ici, Eric Falardeau se refuse peu de choses, c’est le moins que l’on puisse dire. Ongles et doigts qui tombent, rigidités des membres, peau qui pourrit à l’extrême, fluides corporels qui dégoulinent de tous les orifices, on en passe et des meilleurs. Le tout étant extrêmement détaillé et rien n’échappant à notre regard de spectateur à la fois horrifié et fasciné.

Cette longue descente aux enfers de cette jeune femme n’aurait sans doute pas eu l’impact qu’elle a, sans la qualité remarquable des maquillages que l’on doit à un certain David Scherer qui depuis quelques années se taille une place de choix dans des productions horrifiques originales («8th wonderland», «Blackaria», «Mirages», «The theatre bizarre»).

Et puis comment omettre de tirer un grand de chapeau à l’actrice Kayden Rose qui réussit à rendre crédible son personnage malgré un tournage qui, pour elle, n’a pas dû être une sinécure. Nue la plupart du temps et on l’imagine soumise à des heures de maquillages avant de jouer les scènes, elle nous offre une composition sensationnelle.



Alors, bien sûr, par son parti pris totalement radical, Thanatomorphose horrifiera les amateurs de cinéma mainstream et risque de décontenancer les fans de pellicules horrifiques classiques. Néanmoins, on espère que cet implacable long-métrage trouvera un public suffisamment large pour qu’Eric Falardeau puisse continuer à nous offrir des œuvres de ce calibre.
Que les amoureux d’un cinéma différent, à des années-lumière des films standardisés où les émotions sont passées à la moulinette de producteurs frileux, lui fassent le meilleur des accueils, c’est tout ce que l’on souhaite. Rare étant les œuvres capables de rester ancrés dans les esprits plusieurs jours après sa vision.


Le DVD existe déjà en Zone 1 et devrait sortir fin 2014 en France chez Uncut Movies.






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