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Réalisation
Shinji Aramaki

Scénariste
Harutoshi Fukui & Kiyoto Takeuchi d'après l'œuvre de Leiji Matsumoto

Date de sortie
2013

Genre
Animation

Tagline


Cast



Pays
Japon

Production


Musique
Tetsuya Takahashi

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(8 votes)
2977, des milliards d'êtres humains exilés de la planète bleue ayant épuisé toutes les ressources du cosmos, ont la ferme intention de revenir un jour « à la maison », la Terre, devenue la ressource la plus précieuse de l’univers. Une gigantesque bataille (la « guerre du retour ») fait alors rage à travers l’univers si bien que la Terre (Gaia) est proclamée « sanctuaire éternel » inviolable par la Coalition Gaia ayant gagné ce conflit universel. Après avoir été condamné à mort au cours de cette fameuse bataille du « Homecoming », Albator, corsaire de l’espace, représente, avec son équipage du vaisseau Arcadia, le seul espoir de l'humanité de découvrir les secrets de Gaia et d’y retourner. C’est pourquoi la Coalition a demandé sa mort. Ainsi, Ezra, le nouveau chef de la flotte de Gaia, demande à son jeune frère Yama, d’infiltrer l'Arcadia puis d’assassiner Albator alors que ce dernier décide d’entrer en guerre contre la Coalition pour défendre sa planète d’origine. Le jeune Yama, éradiquerait donc à jamais le seul homme debout entre cette ligue autoritaire et leur contrôle complet de l'univers. Une fois à bord, mènera-t-il sa mission jusqu’au bout ?



Quoi de mieux pour déclencher la liesse de toute une génération de spectateurs que de sortir au cinéma le reboot d’une série qui a tellement marqué leur jeunesse dans les années 80 ? Ainsi donc tous les trentenaires et quadragénaires de la fameuse « génération Albator » ne pouvaient que se ruer pour voir à quoi ressemblait cette version numérique des aventures de leur pirate de l’espace préféré. Aussi, mis à part cet esprit mercantile répréhensible devenu une véritable mode, qu’en est-il vraiment de cette adaptation cinématographique d’Halbrock, euh pardon Albator, corsaire intersidéral balafré avec un bandeau sur l’œil droit ?

Notons en avant-propos que le long-métrage d’animation n'a que très peu de rapport avec le dessin animé originel : l'ambiance mélancolique à souhait, les personnages et leur background, l'approche des différents récits qui s’entrecroisent, beaucoup de choses ont disparu ou ont été grandement modifiées. Ce qui pourra être positif (pour les plus jeunes) ou négatif (pour les plus âgés), selon les goûts, les attentes et les âges de tous les publics concernés. La première des choses qui frappe cependant et ça, peu importe l’âge finalement, c’est la beauté des images. Elles sont proprement à couper le souffle, tout du moins en ce qui concerne les batailles dans l’espace, magnifiques aussi bien au niveau du graphisme que des mouvements, mais aussi du point de vue de certains combats en corps à corps lors des abordages entre vaisseaux ennemis. On sent bien que le réalisateur a voulu jouer là la carte du réalisme à fond, contrairement à certaines productions nippones récentes. Le design de l'Arcadia n’est pas non plus en reste. Ce splendide vaisseau noir quasi invulnérable apparaît en espèce de version mi-mécanique mi-être vivant muni d’une colonne vertébrale, et Albator a trop la classe entre ses poses de bad boy et sa cape qui s’envole au moindre quart de tour sur lui-même. De plus, certains effets spéciaux sont novateurs (comme la télétransportation des vaisseaux qui disparaissent en laissant derrière eux une espèce de traînée de flammes pour réapparaître beaucoup plus loin en un clin d’œil et l’Arcadia qui émet de la fumée noire en permanence). Toutefois, deux aspects sont dérangeants : les soldats en uniforme blanc de la Coalition Gaia font tout de suite penser aux Stormtroopers de "Star Wars", et surtout, dès que l’image se rapproche trop près de la figure de certains des protagonistes, les graphismes perdent toute leur beauté pour nous faire découvrir des personnages aux visages aussi inexpressifs que ceux de mannequins. C’est bien simple, quand les personnages parlent, les mouvements de la bouche semblent tellement artificiels qu’on a l’impression de voir des robots articulés. Résultat, j'ai eu le sentiment de voir un copier/coller de « Final Fantasy » en moins bien car ça commence à dater ! Ainsi, sur certains aspects, les derniers Pixar et Disney peuvent s’enorgueillir d’offrir des personnages de synthèse bien plus attirants et beaucoup plus expressifs, même quand il s'agit d'animaux !



De fait, peu d’empathie se dégage de ce casting aussi bien chez les persos principaux que chez les secondaires avec en vrac : le jeune Yama ersatz d’Albator hyper indécis qui change 15 fois d’avis avant de se décider, Ezra, le méchant au charisme d’huître (mais est-il vraiment méchant, suspense !?), Yattaran le bigleux de service complètement modifié par rapport à l’original mais irritant au possible. Seules les femmes (Mimay/Mime et Kei/Nausicaä) semblent sortir leur épingle du jeu niveau casting, exception faite de Nami, la belle-sœur de Yama et épouse d’Ezra, complètement transparente. Mais bon on nous les montre avec des formes affriolantes dont on aurait peut-être pu se passer car certaines scènes cassent le rythme du film et nuisent à sa cohérence, déjà que... Que vient faire en effet la scène de la douche ? Celle-ci semble complètement inutile, elle permet sans doute de montrer une femme nue certes, mais sans poil ni téton…

Et Albator dans tout ça ? ! Son personnage est malheureusement une évocation bien terne de celui que nous connaissons, nous les vieux. A part deux trois actions rondement menées et quelques assertions philosophiques de circonstance, il n’apparaît que très peu et surtout semble en arrière-plan alors que c’est censé quand même être le personnage principal, non !? Ainsi, Albator n'est absolument pas central dans ce film, et rien que ça, c'est surprenant. Le métrage ne se concentre pas sur notre corsaire préféré mais plutôt sur le personnage de Yama ainsi que sur le vaisseau, on saura pourquoi par la suite… D’ailleurs, ils auraient peut-être dû appeler le film « Yama » et ne pas toucher à l’icône de notre enfance !



Et puis c’est quoi ce scénario enfin !? Même si le sort de Yama est prévisible dès le début, tout cela est long à venir et l’on s’ennuie quand même pas mal tout au long du film, heureusement qu’il y a certains combats spatiaux colossaux ! Du coup, le visuel sauve l'histoire, car celle-ci est alambiquée au possible sur fond de morale pseudo-écolo trop présente à mon sens à l’écran, elle se perd dans sa volonté de cumuler d'incroyables rebondissements avec des dialogues insipides ou peu crédibles. Et subséquemment, c'est une catastrophe : les réactions des personnages sont ridicules voire incohérentes. Certains jouent un double jeu, d’autres veulent faire une chose, puis changent d’avis et finalement reviennent sur leur décision initiale. Mais ce n’est pas tout puisque ceux qu’on croyait gentils deviennent méchants...mais sont en fait gentils...à moins que...bref, on n’y comprend plus grand-chose à force de tant d’atermoiements ! Sans compter qu’il y a trop de sentimentalisme sur fond de mélo entre les personnages. Je ne m'attendais vraiment pas à ça en allant au cinéma voir le plus grand corsaire de l'espace qui, au final, reste au second plan à observer ce qui se passe au lieu d’agir véritablement. Quel gâchis !



Pour résumer : ce reboot est un gros ratage qui se veut mature avec son message écolo qui ressemble en fait à de la propagande pour la protection de l'environnement tout en étant destiné à un public jeune, amateur de jeux vidéo. On peut être plus que surpris que Leiji Matsumoto ait cautionné ce film, à mille lieues de son travail séminal. Il s’agit ni plus ni moins que d’un moyen de drainer l’argent des 30/40 ans dont le pouvoir d’achat est très important en titillant leur fibre nostalgique, ce qui est navrant avouons-le. Visuellement pourtant, il y a très peu de choses à redire (sauf peut être pour les personnages dans les plans rapprochés). Mais on aurait pu faire tellement mieux d'un point de vue scénaristique en creusant davantage le profil des personnages afin d'en faire un spectacle digne du dessin animé d'origine ! Bref, une déception. Je me suis fait avoir et j'ai bien évidemment été déçu. Bien fait pour moi. Mais bon sang, ils n’ont même pas mis le générique culte !









Du même réalisateur :

ALBATOR, CORSAIRE DE L'ESPACE