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COMPTE-RENDU FESTIVAL DE GERARDMER 2016

-par David Maurice-

 

Comme chaque année, je me suis rendu sur Gérardmer pour couvrir le festival international du film fantastique. Après une 22ème édition tout simplement extraordinaire, il semblait difficile d’arriver à la même performance cette année. Et pourtant, même si nous pourrons reprocher l’absence de science-fiction (hormis sur les courts-métrages) cette année-là, il faut bien admettre que cette édition 2016 n’était pas loin d’égaler celle de l’année précédente. Un très bon cru qui nous pousse à croire que le festival de Gérardmer est entré dans une nouvelle ère depuis maintenant deux ans !

 

Concernant le contenu de cette édition 2016, pas de grand changement par rapport à l’année dernière : les animations demeurent en grande partie inchangées (et c’est tant mieux !) avec ses expositions bandes-dessinées, tableaux, affiches et arts plastiques, son espace réservé aux commerçants, écrivains et éditeurs, ou encore ses séances dédicaces, interviews et maquillages. En raison des attentats survenus en janvier et novembre 2015, seule la zombie walk a été annulée cette année.

Enfin, chose importante à signaler tout de même, le système de billetterie en ligne a été conservé, fort de son succès l’année précédente où il avait été mis en place (une très bonne décision car depuis l’instauration de ce système, nos séances sont réservées à l’avance, ce qui évite d’attendre parfois jusqu’à deux heures devant une salle pour espérer rentrer…).

  

 

Cette année était également une bien belle année en ce qui concerne les hommages. Wes Craven, décédé en 2015, a logiquement été mis en avant lors de cette édition et trois de ses films ont alors été projetés le jeudi : « scream », « les griffes de la nuit » et « le sous-sol de la peur ». La grande surprise provient de l’hommage annuel traditionnel du vendredi rendu cette année au chilien Alejandro Jodorowsky (à cette occasion, quatre films majeurs de sa filmographie ont été projetés : « santa sangre », « el topo », « la montagne sacrée » et enfin « la danza de la realidad »).

 

Nous ne pourrons malheureusement peut-être pas exprimer la même joie suite à l’annonce du jury de cette année. Claude Lelouch dans le rôle de président du jury, accompagné entre autres de Mathilde Seignier ou encore Elsa Zylberstein… Difficile à avaler pour beaucoup de festivaliers qui espéraient logiquement un groupe bien plus représentatif du cinéma fantastique qu’ils sont venus soutenir. Par contre, le jury des courts-métrages est quant à lui bien plus sympathique avec notamment Dominique Pinon en président du jury, assisté entre autres par Philippe Nahon le temps d’une petite semaine à la perle des Vosges. Un jury en demi-teinte donc, peut-être l’un des rares points faibles de cette édition 2016.

 

 

 

Passée cette rapide introduction, le moment est venu pour moi de vous faire un petit retour sur chaque journée du festival. Cette année, beaucoup l’auront remarqué, nous avons mis en place un petit live sur notre page Facebook (un système qui sera reconduit l’année suivante) avec en exclusivité des petits avis des films projetés dans le cadre de la compétition. Ces news, intitulés « FESTI’NEWS » pour l’occasion sur Facebook, ont été réintégrées dans le compte-rendu qui suit. Comme d’habitude, chaque avis est précédé du résumé du film concerné proposé sur le site du festival.

Bonne lecture !

 

JOUR 1 – MERCREDI 27 JANVIER 2016

  

 

19h. Voici venue l’heure de la cérémonie d'ouverture avec son lot habituel de discours suivi de près par la présentation du jury et la première projection d'un film en compétition cette année.

 

FRANKENSTEIN (Compétition, film d’ouverture)

 

Le monstre se réveille dans un laboratoire scientifique, il ne sait pas qui il est, ce qu’il est. C’est encore un enfant dans un corps d’adulte. Il est innocent, mais la violence qu’on lui inflige lors de tests médicaux va lui faire découvrir l’existence d’un monde très différent, à la fois sombre et cruel. Blessé et abandonné, il parcourt la ville, suscitant la crainte et l’effroi chez ses habitants…

 

"Frankenstein", le nouveau film de Bernard Rose ("Candyman"), s'est donc dévoilé ce mercredi soir en présence de son réalisateur. Sympathique petite resucée du mythe initié par Mary Shelley, "Frankenstein" s'avère être un bon divertissement sans prise de tête. Certes le film fait énormément dans la facilité scénaristique voire même dans des incohérences parfois déstabilisantes mais ce nouveau monstre vous entraînera dans des excès de violence et des séquences bien sanglantes sans jamais oublier le matériau original! Rajoutons à cela un sympathique clin d'œil à "Candyman" avec cette critique de la société quasi omniprésente dans la seconde moitié du film (marginalisation des gens de couleurs et des sans-abris) et vous obtenez là non pas un chef-d'œuvre certes mais un bon petit moment de cinéma qui nous stimule sans grande peine pour la suite du festival!

 

JOUR 2 – JEUDI 28 JANVIER 2016

 

BONE TOMAHAWK (Compétition)

1850. Dans la paisible ville de Bright Hope, quelque part entre le Texas et le Nouveau-Mexique, une mystérieuse horde d’Indiens en quête de vengeance kidnappent plusieurs personnes. Pour tenter de les sauver, le shérif local, accompagné de quelques hommes, se lance alors à leur poursuite… C’est le début d’un voyage vers l’enfer.

 

Après une bonne nuit sur Gérardmer où je résidais le temps du festival, je continue donc les projections avec un deuxième film en compétition ce matin intitulé "Bone tomahawk". Un western efficace où des cowboys emmenés par un Kurt Russell en pleine forme viennent se confronter à des indiens cannibales. Certains reprocheront au film d'être un peu lent dans sa seconde partie mais les nombreuses touches d'humour, la sauvagerie montrée à l'écran (certains actes barbares sont très violents) et le remarquable jeu des acteurs (une bien sympathique brochette de personnages) viennent largement récompenser ce western rafraîchissant. Un genre trop peu rencontré à Gérardmer qui mérite ici d'être mis en valeur!

 

THE SHAMER (Hors compétition)

 

Au royaume de Dunark, Dina est la descendante d’une longue lignée de Shamers, ces sorciers capables de lire dans les pensées de chacun et d’en révéler les secrets les plus honteux. Lorsque la famille royale est sauvagement assassinée, Dina est appelée à la Cour afin de faire parler le suspect que tout semble accuser. Elle réalise rapidement que, sous ce meurtre, se cache en réalité une machination visant à renverser le trône. Cette découverte la condamne alors à fuir, en ayant à ses trousses tous les soldats et tous les dragons du royaume…

 

Place ensuite à un film hors compétition en provenance directe du Danemark, « the shamer ». Un film tout public qui sent bon l'heroic fantasy avec au programme sorcières, dragons et chevaliers courageux. Une histoire classique certes avec ses histoires de succession de trône et cette lutte perpétuelle entre le bien et le mal mais qui parvient à retenir notre intention de par des effets spéciaux soignés (les dits-dragons sont bien fichus), des décors n'ayant pas trop à rougir des grosses productions (grottes lugubres, les oubliettes de château ou encore cette ville fortifiée très vivante et fourmillant de petits détails) et surtout un rythme régulier qui ne faiblit pas. Un film très axé famille (un peu gniangnian par moments et édulcoré) dont la fin nous laisse présager une probable suite...

 

BURYING THE EX (Hors compétition)

 

Max décide de s’installer avec sa petite amie, Evelyn, même si celle-ci se révèle ultrapossessive et manipulatrice. Il réalise rapidement qu’il doit la quitter, mais a bien trop peur d’elle pour passer à l’acte. Le destin s’en mêle le jour où Evelyn meurt dans un accident peu banal. Quelques mois plus tard, quand Max rencontre Olivia, la fille de ses rêves, il pense avoir droit à un nouveau départ. Malheureusement, tout se complique lorsqu’Evelyn revient d’entre les morts, plus folle de Max que jamais et toujours déterminée à vivre à ses côtés…

 

Nouveau film hors compétition et cette fois-ci le petit dernier de Joe Dante ("gremlins", "piranhas"...) répondant au doux nom de "burying the ex". Déjà disponible en DVD lors de sa parution au festival de Gérardmer, cette petite comédie fantastique traite peut-être un sujet déjà vu au cinéma (retour d'un être cher, dégradation physique d'un zombie en pleine maturation) mais nous procure là un bon petit moment devant cette zombie girl déjantée revenue de l'enfer. Humour omniprésent (les jeux de mots pullulent notamment), ce cocktail sex-gore-trash au rythme effréné ravira les fans du genre à coup sûr!

 

SWEET HOME (Hors compétition)

 

Alicia, une jeune courtière en immobilier, organise un rendez-vous romantique avec son petit ami, Simon, dans un vieil immeuble quasi abandonné. Mais ils ne savent pas que le bailleur de cet immeuble a envoyé un groupe de tueurs afin de se débarrasser de ses derniers locataires. Quand Alicia et Simon les surprennent, les deux amants doivent courir, se cacher et se battre pour réussir à échapper au massacre…

 

Petit survival au résumé vu et revu mais réussissant toujours à attiser notre curiosité, "sweet home" était  présenté en hors compétition cette année. Malgré quelques meurtres assez graphiques (stylo plume enfoncé à plusieurs reprises dans le cou, découpage à la hache sans oublier une utilisation originale de l'azote liquide), une ambiance glauque et des tueurs bien vilains, il faut avouer que ce petit film hispano-polonais manque cruellement d'originalité. Incohérences scénaristiques, clichés du genre, redondance dans son histoire et fin bien trop expéditive, ce "sweet home" pourtant si séduisant sur le papier ne restera pas dans les annales de cette 23ème édition. Loin d'être un navet, ce film hors-compétition souffre cruellement d'une concurrence rude en la matière.

 

THE WITCH (Compétition)

 

1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

 

Troisième film en compétition cette année et dernière projection pour moi aujourd’hui, "the witch" revient sur le thème de la sorcière avec une famille aux prises avec une menace rôdant dans la forêt avoisinante. Véritable plongée dans une famille baignant dans la dévotion et le fanatisme religieux, "the witch" joue la carte du mystérieux et du paranormal au travers d'une histoire certes parfois un peu lente mais ponctuée de passages surprenants mêlant possession et démence pour se terminer sur un final réussi et saisissant. Un casting de très bonne facture pour une réussite dans son domaine!

 

JOUR 3 – VENDREDI 29 JANVIER 2016

 

SILENT NIGHT (Hors compétition)

C’est la veille de Noël à Cryer, une petite ville du Wisconsin. La shérif adjointe Aubrey Bradimore apprend que son collègue a disparu et qu’elle va devoir le remplacer. La ville attend un nombre record de Pères Noël pour son grand défilé de Noël, et le shérif Cooper a besoin d’elle.
Dans une maison non loin de là, un mystérieux Père Noël se lance dans une série de meurtres en s’attaquant aux habitants qu’il juge « mauvais »…

 

Films hors compétition, "silent night" est le remake de "douce nuit sanglante nuit" sorti en 1984.         Slasher très violent teinté d'humour (un Malcolm McDowell hilarant dans son rôle de shérif entêté) et de scènes sanguinolentes en veux-tu en voilà, "silent night" est un remake de bonne facture tantôt fidèle à son ainé, tantôt se permettant quelques petites fantaisies bienvenues. Amateurs de scénarios inventifs, passez votre chemin : ce slasher est avant tout un divertissement sanglant et drôle qui, à la manière d'un "butcher", vous tiendra en haleine du début à la fin!

 

THE DEVIL’S CANDY (Compétition)

 

Un artiste et sa famille s’installent dans la maison de leurs rêves. Des forces démoniaques se mettent peu à peu à envahir les tableaux du peintre et à devenir une menace pour ses proches…

 

Quatrième film en compétition et pas des moindres car il s'agit tout simplement du nouveau film de Sean Byrne à qui l'on devait déjà "the loved ones"ayant reçu le Prix du Jury à Gérardmer quelques années auparavant. Ce nouveau film intitulé "the devil's candy" nous narre l'histoire d'une famille venant habiter l'ancienne maison d'un serial killer et d'où semblent provenir des voix mystérieuses. Humour, diablerie et épouvante au rendez-vous, cette nouvelle pépite de Sean Byrne vous entraînera sans réel temps mort et sous fond de musique métal dans cette histoire aux clins d'œil nombreux et au casting masculin d'exception! Un film à retenir sans hésitation pour la cérémonie de clôture lors de la remise des prix!

 

COOTIES (Hors compétition)

Infectés par un mystérieux virus, des écoliers deviennent des créatures sauvages et meurtrières qui menacent les enseignants…

 

Nous en avons déjà beaucoup entendu parler en cette deuxième moitié de l'année 2015 et le voici qui arrive à Gérardmer pour cette 23ème édition. "Cooties" est une comédie horrifique au rythme endiablé nous plongeant dans une école assiégée par des enfants transformés en bêtes sauvages par un virus. Avec sa galerie de personnages complètement décalés, ce film mettant en scène entre autres Elijah Wood comblera les amateurs de comédies fantastiques sans aucun problème. Si l'humour décalé des "shaun of the dead",  "dog house" et autres "bienvenue à zombieland" vous a plu, alors ce "cooties" saura retenir votre attention! Gros délire ultra jouissif avec tout ce qu'il faut de débordements sanglants, trashs et immoraux (allons exploser le crane de ces gamins à coups d'extincteur!) "cooties" est une excellente surprise.

 

  

 

HOWL (Compétition)

 

Dans un train de banlieue londonienne, à la tombée de la nuit, le voyage se transforme en cauchemar lorsqu’un jeune contrôleur et un groupe de voyageurs se retrouvent à devoir lutter à mort contre une créature maléfique et terrifiante…

 

Après un hommage vibrant et réussi au chilien Alejandro Jodorowsky, il était l'heure de passer au cinquième film en compétition. Film de loup-garou britannique déjà présenté à Strasbourg, "howl" s'avère divertissant mais est loin d'être exempt de défauts. En effet, malgré de bons effets spéciaux, des maquillages réussis et une ambiance pesante, il faut bien avouer que ce dernier présente des longueurs quelques peu gênantes (des personnages un poil bavards dirons-nous) mais également des bizarreries affligeantes dans le scénario qui en déstabiliseront plus d'un (des personnages aux tendances quelque peu suicidaires ou encore des loups-garous qui sortent même le jour et pouvant rester statiques devant leurs proies à attendre le coup de grâce...). On regrettera également de ne pas avoir eu droit à une transformation intégrale comme avaient su déjà le faire quelques piliers du genre... Au final "howl" est un divertissement correct mais qui aurait pu bénéficier d'un scénario plus travaillé.

 

SOUTHBOUND (Compétition)

 

Dans un désert américain, le long d’une route abandonnée, des voyageurs épuisés – deux hommes en fuite de leur passé, un groupe de rock au féminin en route vers son prochain concert, un homme perdu qui souhaite rentrer chez lui, un frère à la recherche d’une sœur depuis longtemps disparue et une famille en vacances – doivent affronter, au cours de cinq histoires cauchemardesques, leurs peurs les plus terribles et leurs plus sombres secrets.

 

Suite de la programmation avec un nouveau film en compétition intitulé "southbound". Film à sketches nous présentant cinq petites histoires plus ou moins liées ensemble, ce dernier vous plongera avec un rythme haletant dans des univers où les genres s'entrecroisent pour le plus grand plaisir des festivaliers. Prenez place dans une course-poursuite en plein désert américain, fréquentez une secte des plus inquiétantes, rajoutez un peu de rape and revenge et de gore, saupoudrez de quelques passages où fantômes, faucheuses et autres bestioles démoniaque voraces viennent se mêler à la fête et vous obtenez "southbound"! Même si on regrettera un segment central de qualité moindre et peut-être un aspect un peu "fouillis" (manque d'éclaircissement à certains moments?), "southbound" reste une œuvre énergique sans prise de tête à savourer le cerveau reposé!

 

JOUR 4 – SAMEDI 30 JANVIER 2016

 

EVOLUTION (Compétition)

 

Nicolas, onze ans, vit avec sa mère dans un village isolé au bord de l’océan, peuplé uniquement de femmes et de garçons de son âge. Dans un hôpital qui surplombe la mer, tous les enfants reçoivent un mystérieux traitement. Nicolas est le seul à se questionner. Il a l’impression que sa mère lui ment et il voudrait savoir ce qu’elle fait la nuit, sur la plage, avec les autres femmes. Au cours des étranges découvertes qu’il fera, Nicolas trouvera une alliée inattendue en la personne d’une jeune infirmière de l’hôpital…

 

On continue notre petit tour des films en compétition cette année pour nous arrêter cette fois-ci sur "évolution". Petite production hispano-franco-belge et probablement le film le plus intrigant sur papier de cette sélection, "évolution" est pourtant une très bonne surprise qui, malgré un rythme lent qui en rebutera plus d'un, nous fait partager un petit voyage (une photographie très soignée) où le fantastique côtoie la génétique avec brio. Difficile pourtant de parler de ce film sans spoiler mais voici bien un film à voir dans ce festival!

 

FEBRUARY (Compétition)

 

Parce qu’étrangement leurs parents ne sont pas venus les chercher pour les vacances d’hiver, Rose et Kat sont retenues dans la prestigieuse institution pour jeunes filles où elles suivent leurs études. Dans un pèlerinage sanglant à travers les paysages gelés, Joan décide de s’y rendre. Au fur et à mesure qu’elle s’en rapproche, Kat est assaillie de visions terrifiantes et Rose voit avec horreur sa camarade devenir possédée par une force invisible et maléfique.

 

Nouveau film en compétition, voici l'heure venue de présenter "february". Réalisation soignée et montage original, cette revisite du film de possession mérite que l'on y prête une certaine attention lors de ce festival. Exit le vu et revu et surtout les longues scènes d'exorcisme (avec le prête et le crucifix omniprésents) auxquelles il est aujourd'hui difficile d'échapper, "february" se dévoile plus comme un thriller paranormal à connotation dramatique avec son intrigue s'éclaircissant au fil du récit et mise en scène par un casting de très bonne facture. Pas révolutionnaire pour autant mais une bonne petite surprise que voilà!

 

LE COMPLEXE DE FRANKENSTEIN (Hors compétition, documentaire)

 

Les créatures fantastiques n’ont jamais été aussi populaires qu’aujourd’hui, comme le prouvent les triomphes d’Avatar, Jurassic World, La Planète des singes ou Star Wars. Depuis les prémices du 7e art jusqu’aux dernières révolutions numériques, ce documentaire explore plus d’un siècle d’expérimentations dans le domaine des effets spéciaux, mettant ainsi en lumière, aux côtés des monstres les plus célèbres, la personnalité de leurs créateurs, véritables héritiers du Docteur Frankenstein. Le film célèbre un art unique, fragilisé par l’envol des nouvelles technologies numériques.

 

Seul documentaire que j’ai retenu cette année dans ma programmation, « le complexe de Frankenstein » méritait amplement le détour. Joe Dante, John Landis, Rick Baker, Guillermo Del Toro, Phil Tippett, Greg Nicotero, Matt Winston (fils de…) et bien d’autres encore reviennent sur un siècle d’effets spéciaux dans le cinéma fantastique. Anecdotes croustillantes, explications diverses et variées sur les différentes techniques pratiquées dans le cinéma (stop motion, animatronique, numérique…), passages cultes de films (« gremlins », « the thing », les aventures de Sinbad…) et retours sur de grands maîtres des effets spéciaux (on pense à Rob Bottin, Dick Smith, Tom Savini et autres Stan Winston…) sont au programme de ce très bon documentaire d’1h45 environ.

 

PAY THE GHOST (Hors compétition)

 

Un an après la disparition de son fils pendant un défilé d’Halloween, Mike reste hanté par des visions effrayantes. Accompagné de son ex-femme, il essaie inlassablement de comprendre ces messages et, ainsi, d’enfin pouvoir retrouver son fils. Ses recherches vont lui révéler un ancien secret qui aurait dû rester caché à jamais…

 

L'heure est venue d'aller voir le nouveau film de Nicolas Cage intitulé "pay the ghost". Présenté en hors compétition, celui-ci s'avère être à la hauteur de ce que l'on en attendait. Plus beaucoup de choses nous étonnent de Monsieur Cage : voici donc un film à la limite du tout public où scénario vu et revu et jumpscares ratés sont de mise. Nous ne pourrons reprocher aux acteurs de ne pas faire le boulot ni à l'équipe du film de ne pas soigner la photographie et les effets spéciaux mais malheureusement ces derniers ne sont pas aidés par ce scénario à la simplicité affligeante. Prévisible, simpliste et parfois même idiot, ce "pay the ghost" est clairement le film le moins intéressant de ce festival...

 

JOUR 5 – DIMANCHE 31 JANVIER 2016

 

  

 

Anciennement appelée la nuit du fantastique, la nuit décalée est l'un des rendez-vous immanquables des festivaliers à Gérardmer. L'occasion de voir trois films d'affilée avec des pauses d'environ 10 minutes de 00h30 à 5h du matin environ. Gore, trash, insolite ou encore grand-guignolesque sont les maitres mots des films présentés lors de cette nuit du samedi au dimanche.

 

FREAKS OF NATURE (Hors compétition)

 

Dans un monde où zombies, vampires et humains cohabitent, la vie d’un lycée est perturbée par l’arrivée des Aliens…

 

Premier film présenté lors de cette nuit décalée, "freaks of nature" nous propose un véritable bordel scénaristique mettant en scène des aliens, des vampires, des zombies et des humains pour un résultat carrément jouissif. Certes, les gags ne font pas toujours mouche et la fin s'avère quelque peu décevante par rapport au reste du métrage mais cet humour distillé tout au long de ce film au rythme plutôt bien soutenu réussit à emporter l'adhésion. Une mise en bouche hautement sympathique pour cette nuit décalée 2016!

 

SHARKNADO 3 (Hors compétition)

 

Fin et April passent leurs vacances d’été en Floride. Pas de chance ! Cet état, habituellement ensoleillé, est détrempé par la pluie. Mais il y a pire : un Sharknado s’annonce… C’est toute la côte Est, d’Orlando à Washington, qui cette fois-ci sert de garde-manger aux requins volants. Fin et April vont devoir, une fois de plus, sortir le grand jeu…

 

Passée une petite pause WC-bière-cigarette, c'est à présent au tour du    troisième volet de la saga "sharknado" de venir chatouiller les rétines des festivaliers encore présents à 2h du matin dans la grande salle de l'Espace Lac. Même si ce troisième volet comporte un maximum de requins pour notre plus grand plaisir, ce ne sont pas les quelques gags réussis parsemés dans le film ainsi que ce final     hilarant (quelle connerie!) qui suffiront à combler les spectateurs. Un scénario sans grand intérêt et des effets spéciaux toujours identiques pour une saga qui devient très très répétitive au fil des volets... on s'ennuie beaucoup durant ce troisième volet et c'est bien dommage!

 

LOVEMILLA (Hors compétition)

 

Aimo et Milla vivent ensemble chez les parents de Milla devenus des alcoolo-zombies, et ils mettent de l’argent de côté afin de louer leur propre appartement. Manquant de confiance en lui, Aimo veut s’offrir des muscles de rêve et dilapide leurs économies. Les séances de bodybuilding n’étant pas suffisamment efficaces, il décide de se transformer en un puissant robot. Ce que Milla n’apprécie guère, et elle décide à son tour de quitter Aimo. Lequel, le cœur brisé, a recours à des mesures extrêmes en échangeant son cœur contre un organe en métal qui l’empêchera ainsi de souffrir. Ce même cœur métallique que Milla décide alors de voler car, après tout, c’est bien un cœur d’homme dont un homme a besoin !

 

Il est à présent un peu plus de 3h30 du matin, l'heure de retrouver le dernier film de cette soirée décalée intitulé "lovemilla". Gros délire grand-guignolesque en provenance directe de Finlande, il est difficile de classer ce dernier au vu de son contenu très riche et surtout complètement barré. Super-héros, monstres, zombies, science-fiction, robotique, drame, gore, trash... Ce gros bordel servi par des acteurs totalement déjantés justifiait bien que l'on résiste à l'appel de Morphée!     

 

JERUZALEM (Compétition)

 

Deux jeunes Américaines partent en vacances d’été à Jérusalem pendant les cérémonies du Yom Kippour. Mais cette escapade se transforme en véritable cauchemar quand semble s’ouvrir l’une des portes de l’Enfer. Et que sonne le jour du Jugement dernier…

 

Après une très courte nuit d’environ deux heures, place au neuvième film en compétition, "Jéruzalem", l'unique film tourné caméra à l'épaule de cette année sur Gérardmer (qui a dit "tant mieux"?). Malgré un cadre dépaysant (la cité de Jéruzalem), une photographie alléchante et une ambiance pesante sur sa seconde partie, c'est malheureusement du vu et revu qui nous attend. Une sorte de found-footage avec son lot de jumpscares prévisibles, son démarrage bien longuet et sa caméra parkinsonienne qui virevolte constamment au point de nous donner la gerbe par moments. On retiendra toutefois cette bonne idée des lunettes connectées qui change de la GoPro ou de la caméra classique (car offrant quelques plus indéniables), mince consolation pour un film qui arrive dix ans trop tard dirons-nous et qui s'avère être pour le moment le moins bon film en compétition.

 

COMPETITION COURTS-METRAGES

 

Cette année encore, cinq courts-métrages nous sont proposés dans le cadre de ce festival. Compétition visiblement placée sous le signe de l’humour cette année (quatre histoires sur cinq s’avèrent amuseront le spectateur, même si la dernière s’avèrera assez trash et malsaine en plus d’être drôle par moment).

Après la présentation de robots familiaux dans le très amusant (et quelque peu sexiste) « Juliet », nous sommes littéralement éclatés de rire devant « l’ours noir » avec ses randonneurs en prise avec un vilain petit ours brun  bien méchant et sadique.

« Quenottes » n’est pas en reste non plus avec cette petite souris espiègle et sacrément futée qui fera tout pour récupérer des dents, quitte à rendre un père de famille complètement dingue!

« Of men and mice » fera quant à lui dans le plus sérieux avec cette histoire d’infection/contamination survenant lors d’un braquage, tandis que l’une des grosses surprises proviendra du long-métrage « un ciel bleu presque parfait », une œuvre dramatique, choc, drôle et trash (rien que ça) qui finit en beauté cette compétition de grande qualité cette année !

 

WHAT WE BECOME (Compétition)

 

La famille Johansson passe un été idyllique jusqu’au jour où une épidémie de grippe virulente sème la mort dans le quartier. Les autorités décident de délimiter un périmètre de sécurité, puis cèdent à la panique en imposant la mise en quarantaine à tous les habitants du voisinage. Isolé du reste du monde, le jeune Gustav se rend vite compte que la situation est devenue incontrôlable. Il parvient à s’échapper, laissant les autres membres de sa famille à la merci d’une foule déchaînée et assoiffée de sang…

 

Dernier film en compétition, "what we become" est un long-métrage de contamination-infection. Même si ce long-métrage s'avère assez sauvage et brise les codes de la morale (fillette et nourrisson y passent, les familles se déchirent à coups de fusil ou couteau...), on regrettera un gros manque d'originalité (ça puise dans "the crazies", "28 jours plus tard"...) et un rythme fort inégal entre les deux moitiés du film (on pourra déplorer une première partie assez lente et monotone). Au final, voici un petit film de contamination à la musique carpenteresque entêtante mais dont paradoxalement l'action (et les contaminés) peine à montrer le bout de son nez.

 

SUMMER CAMP (Hors compétition)

En espérant y vivre de nouvelles expériences, quatre jeunes acceptent de travailler comme moniteurs et monitrices dans un camp d’été. La propagation incontrôlable d’une infection qui rend chacun agressif va entraîner le groupe dans une spirale infernale d’horreur et de folie. Pour pouvoir trouver l’origine de cette infection tout en réussissant à rester en vie, chaque membre du groupe va devoir lutter contre le temps. Et contre eux-mêmes…

 

Petit film présenté en hors compétition mais qui a attiré beaucoup de festivaliers en ce dimanche 31 janvier, "summer camp" est à nouveau un film de contamination, plus proche cette fois-ci d'un "cabin fever" du fait de ses petites touches d'humour et le cadre forestier dans lequel évoluent nos protagonistes. Même si nous pouvons peut-être reprocher ce coté répétitif du scénario et un manque d'originalité dans les différents meurtres qui nous sont montrés, ne boudons surtout pas notre plaisir devant cette réalisation très nerveuse où l'action est presque omniprésente et les jumpscares plutôt réussis dans l'ensemble! Ca mord, ca gicle et ca se déguste sans modération! Un bon petit film que voilà!

 

WE ARE STILL HERE (Hors compétition)

 

Après le décès de leur fils dans un accident de voiture, Paul et Anne décident d’aller vivre à la campagne, dans la paisible Nouvelle-Angleterre, afin de commencer une nouvelle vie. Mais, sans le savoir, le couple en deuil va devenir la proie d’une famille d’esprits vengeurs qui habitent dans leur nouvelle maison. Paul et Anne seront alors amenés à découvrir que le village, si tranquille en apparence, où ils résident désormais, cache en fait un sombre et terrifiant secret…

 

Véritable hommage au cinéma de genre des années 70, « we are still here » présenté ici en hors compétition s’avère être un bon petit divertissement. Et pourtant le film ne lésine pas sur les clichés et nous offre son lot de déjà-vu : une maison hantée, un sous-sol lugubre d’où semblent provenir des êtres démoniaques, des ombres qui prennent un malin plaisir à parcourir la maison, des voisins inquiétants mettant en garde notre couple en deuil, ou encore l’arrivée d’une médium venue comprendre ce qui se passe dans cette maison. Tout y passe donc mais étrangement ce trop-plein de clichés passe bien à l’écran et on ne s’ennuie pas une minute dans ce film parvenant à instaurer une ambiance plutôt réussie et maîtrisée.

La seconde partie du film s’avèrera bien plus remuante avec l’arrivée de nos fantômes. Sacrément vilains, ces derniers n’hésiteront pas à tuer sans hésitation tout ce qui passe à leur portée avec une violence rarement vue dans des films de spectres ! Effets spéciaux sanglants de très bonne facture (il s’agit sans aucun doute d’ « esprits frappeurs » !) et jumpscares parfois réussis seront au rendez-vous de cette seconde partie bien plus rythmée.

 

AMERICAN HERO (Hors compétition, film de clôture)

 

Melvin est un superhéros malgré lui. La quarantaine passée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon, pour lui, de revoir son fils que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin et d’exploiter ses superpouvoirs pour lutter contre le crime. Mais dans un monde où personne ne comprend ni sa situation, ni d’où il tient ses incroyables pouvoirs, ceux-ci pourraient bien causer sa perte…

 

Pour des raisons de confidentialité (une charte a été signée en tout début de festival par les journalistes dont je faisais partie), je ne pourrais vous parler du film de clôture du festival intitulé « american hero » avant le 31 Mars 2016.

 

PALMARES 2016 DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FANTASTIQUE DE GERARDMER :

 

Une bien belle édition cette année-là encore qui se clôture comme le veut la coutume par la traditionnelle cérémonie de clôture :

 

GRAND PRIX : BONE TOMAHAWK (S. Craig Zahler)
PRIX DU JURY : ex-aequo EVOLUTION (Lucile Hadzihalilovic) et JERUZALEM (Doron Paz et Yoav Paz)
PRIX DU PUBLIC : THE DEVIL'S CANDY (Sean Byrne)
PRIX DE LA CRITIQUE : EVOLUTION
PRIX DE LA MUSIQUE ORIGINALE : THE DEVIL'S CANDY
PRIX DU JURY JEUNES : SOUTHBOUND (Radio Silence, Roxanne Benjamin, David Bruckner et Patrick Horvath)
PRIX DU JURY SYFY : THE WITCH (Robert Eggers)
PRIX DU COURT-METRAGE : QUENOTTES (Pascal Thiebaux et Gil Pinheiro)

 

Remerciements tout particuliers à Aïda BELLOULID (LE PUBLIC SYSTEME CINEMA) et à Sophie GAULIER (SG ORGANISATION) pour leur accompagnement, leur écoute et leur sympathie.

 

David MAURICE

Dossier finalisé en page le 02 Février 2016