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Le Monde entier est touché par une épidémie engendrée par un parasite ayant la forme d’un ver. Toute personne contaminée crache du sang qui est alors vecteur de cette étrange et redoutable maladie qui décime des populations entières. Une maladie qui transforme les gens en bêtes féroces et sanguinaires. Emma et sa soeur aînée Stacey viennent d’emménager avec leur père dans une petite bourgade américaine qui va rapidement se retrouver en quarantaine suite à la découverte de cas d’infections par ce mystérieux parasite. Retranchées chez elles, les deux soeurs vont devoir lutter contre des personnes contaminées parcourant les rues à la recherche de nouveaux hôtes pour ces vers qui les habitent. Une survie qui devient d’autant plus compliquée quand la malheureuse Stacey devient à son tour parasitée par cette terrible bestiole...



Après avoir réalisé les deuxième et troisième opus de la saga "paranormal activity" respectivement en 2011 et 2012, le duo de réalisateurs Henry Joost et Ariel Schulman reviennent en 2016 avec les films "nerve" et "viral". C’est aujourd’hui sur ce dernier film que nous allons nous poser,celui-ci ayant été projeté en hors-compétition à la 24ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, une manifestation couverte chaque année par Horreur.com.

Le film de contamination/infection est un genre qui peine de nos jours à apporter des touches d'originalité, chacun repassant par des sentiers déjà battus à plusieurs reprises par les prédécesseurs (à l'exception de certains long-métrages ces dernières années comme le surprenant "summer camp" et l'intelligent "the bay", eux aussi passés par Gérardmer).

Nous pouvons toutefois nous réjouir que ce type de production vue et revue parvienne encore aujourd’hui à être toujours un minimum divertissante (comme en témoignent par exemple des films comme "infectés", "phase 7", "isolation", "cabin fever 2" ou encore le remake "the crazies") et que certains long-métrages gagnent même un statut de film culte ("planete terreur (grindhouse)", "28 jours plus tard" ou "cabin fever"), plusieurs années après des classiques comme "la nuit des fous vivants" de George A. Romero, "frissons" et "rage" de David Cronenberg, "les raisins de la mort" de Jean Rollin ou encore "l'avion de l'apocalypse" d’Umberto Lenzi pour ne citer que ceux-là.



"Viral" ne fera pas de grandes étincelles c’est certain mais ne poussera personne à crier au scandale non plus. Entendons par là que, malgré un scénario qui ne casse pas trois pattes à un canard, nous n’avons pas été trompés sur la marchandise. Nous savions d’emblée en effet que nous allions avoir affaire à un film banal de contamination (le résumé et la bande-annonce semblaient nous attirer vers des sentiers battus à multiples reprises) mais encore une fois nous avons également eu un honnête divertissement (à l’image d’un "what we become" dans le registre des films de contamination/infection, sorti l’année précédente).

Nous ne pouvons effectivement pas faire de grandes éloges sur le scénario de "viral", ce dernier étant assez banal (pour ne pas dire vu et revu) et accumulant de nombreux clichés du genre (un Gouvernement qui se veut rassurant et protecteur de la population, un huis-clos dans une maison entourée de personnes infectées, une personne contaminée que l’on décide de protéger et garder près de soi, une énorme fête de djeun’s qui va tourner au drame...).
Le fil conducteur (un virus pousse une bourgade à être mise en quarantaine et les habitants non parasités tentent de survivre...) est très classique et ce n’est pas non plus le final qui viendra tout chambouler, ce dernier étant lui aussi très commun, sans grande originalité.



Et pourtant, malgré cette faiblesse (paresse ?) scénaristique, le film d’Henry Joost et Ariel Schulman se suit plutôt bien. Certes, nous n’avons pas face à nous un futur grand pilier du genre mais nous suivons avec intérêt cette relation entre trois jeunes confrontés à cette épidémie de grande ampleur.

Casting jeune majoritaire oblige, nous aurons droit à tout ce qui tourne autour de cette jeunesse étudiante que nous retrouvons dans les teen movies horrifiques habituels : une petite romance avec son zest d'innocence et de drague quelque peu maladroite, un humour très ado dans sa première partie, une méga teuf dans une maison labyrinthique...
Et pourtant, malgré ses grands airs de déjà vu, nous apprécierons la qualité de ce jeune casting : les jeunes qui nous sont présentés ici dans les rôles principaux sont certes pour une partie d’entre eux très stéréotypés (la belle innocente et timide, le jeune tatoué farceur, fier et intrépide...) mais les jeux d’acteurs sont justes. Voilà bien un bon gros point positif !

Bien que nos fameux parasites ne soient pas toujours mis à l’avant dans notre film (la menace se fait parfois moins ressentir à certains moments, cédant sa place à cette double relation que les réalisateurs souhaitent plus approfondie visiblement entre Emma et son boyfriend Evan et entre Emma et sa soeur Stacey), "viral" conserve toutefois un intérêt certain. N’en déplaisent à plusieurs déçu(e)s de ne pas voir plus de scènes chocs avec nos contaminés et jugeant le rythme trop inégal (entendons par là que les attaques et les assauts des personnes parasitées sont bien timides, le film nous gratifiant d’un nombre d’altercations bien faiblard), il faut bien admettre que "viral" réussit le pari de nous tenir en haleine avec cette histoire simple combinant romance, survie et amour fraternel avec un assez bon équilibre au final. Un rythme donc satisfaisant pour ma part : des attaques parsemées par-ci par-là sans en faire des tonnes pour pouvoir y instaurer ce double lien qui lie Emma à sa soeur contaminée d’un côté et à son boyfriend tout fraîchement arrivé dans sa vie de l’autre.

Quelques idées et scènes originales (une extirpation en gros plan d’un ver parasite, des contaminés qui deviennent aveugles, une idée malheureusement pas assez exploitée de liens/intéractions entre les hôtes permis par les parasites...) viennent également étoffer un scénario trop simple et lui donner un petit coup de punch. Des petites touches d’originalité parsemées par-ci par-là certes pas suffisamment nombreuses pour rester mémorables mais bienvenues ici !



Au final, nous avons là un petit film non transcendant mais suffisamment rythmé pour en sortir un minimum satisfait. Le casting est de fort honnête facture, la menace est bien réelle dans ce film de contamination/infection (bien que peut-être pas assez démonstrative pour certain(e)s, les altercations avec les contaminés étant peu nombreuses) et l’histoire bien que simpliste se suit agréablement avec ce combiné réussi entre romance, amour fraternel et survie.








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