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Alors qu’il est poursuivi dans les rues de Rome par la Police locale, Enzo se jette dans les eaux du Tibre pour leur échapper. Mais ce petit brigand romain ne sait pas que des fûts toxiques contenant des substances radioactives contaminent les eaux dans lesquelles il vient de plonger et de boire la tasse. Le contenu de ces fûts va lui conférer des superpouvoirs qu’Enzo va mettre au service de ses activités criminelles. Mais tout va basculer le jour il va rencontrer Alessia, la fille d’un ami truand. Une jeune femme très fragile qui est persuadée qu’Enzo est l’incarnation de Jeeg Robot, un héros de mangas japonais, venu sur Terre pour sauver le Monde. Habituellement seul dans sa vie, Enzo n’est pas habitué à avoir une jeune femme auprès de lui et va s’amouracher d’Alessia après la mort de son père dans une histoire de trafic. Mais malheureusement, un psychopathe mafieux travaillant pour la Camorra (mafia napolitaine), Fabio dit « Le Gitan », va mettre son grain de sable dans cette jolie petite romance qui nait, ce dernier n’acceptant pas qu’un autre lui vole la vedette dans le milieu du grand banditisme. Dès lors, une guerre entre les deux grands vilains de Rome est déclarée !



Ah l’Italie ! Terre de mes ancêtres certes mais surtout terre d’un cinéma fantastique que nous chérissons pour beaucoup d’entre nous ! Mario et Lamberto Bava, Dario Argento, Lucio Fulci, Umberto Lenzi, Joe d’Amato, Bruno Mattéi, Sergio Martino, Michele Soavi, Antonio Margheriti... Tant de réalisateurs transalpins nous ont fait rêver dans les années 60-70-80-90 principalement, que ce soit par le biais de nanars, de très bons bis ou même de chefs-d’œuvre incontestables, et ce dans des domaines divers et variés comme le western, le polar, la comédie, le giallo, le péplum, le film d’aventure, l’érotisme et le fantastique de manière général ! Aujourd’hui, le pays en forme de botte a cédé sa place de leader européen en termes de cinéma fantastique à l’Espagne et à la Scandinavie, des pays bien plus prolifiques depuis les années 2000 il faut bien le reconnaître.

Mais il arrive que certains films en provenance d’Italie parviennent encore à nous faire palpiter ! Et c’est le cas notamment de "lo chiamavano Jeeg Robot", intitulé chez nous "on l’appelle Jeeg Robot", réalisé par Gabriele Mainetti.

Après avoir réalisé le court-métrage "tiger boy" en 2012 pour lequel il a obtenu une nomination à l’Oscar du Meilleur Court-Métrage de Fiction, Gabriele Mainetti a fondé en 2011 sa propre société de production, Goon Films, avant de se lancer en 2015 dans la production et la réalisation de son premier long-métrage, le fameux "lo chiamavano Jeeg Robot" dont il est question dans cette chronique.

Enorme succès en Italie en 2016 avec plus d’un million d’entrées au cinéma dans le pays, « on l’appelle Jeeg Robot » (nous continuerons cette chronique avec le titre francophone) a surtout été le grand vainqueur des Donatello 2016 (l’équivalent des Césars en Italie) avec 7 David Di Donatello remportés.
Une moisson de récompenses qui ne s’arrêtera pas aux frontières de l’Etat car le film de Gabriele Mainetti ira chercher également le Grand Prix à l’Etrange Festival 2016, le Silver Scream Award au Festival du Film Fantastique d’Amsterdam cette même année ainsi que le Prix du Jury à Gérardmer en 2017.



Un film que j’attendais de pied ferme à la 24ème édition du festival de Gérardmer (le premier à avoir été dévoilé dans la programmation par les organisateurs), toutes ces récompenses reçues en Italie ayant forcément attisé ma curiosité, impatient d’en savoir un plus sur ce long-métrage dont tout le monde parlait de l’autre côté des Alpes.

Film de super-héros mêlant les genres (comédie, fantastique, drame, action sans oublier émotions et scènes sentimentales!) avec beaucoup de réussite et de fluidité, autant l’annoncer d’emblée : ce premier essai du réalisateur italien Gabriele Mainetti est fort concluant. Voilà donc le film que votre rédacteur a préféré dans la riche compétition de cette année 2017 à la Perle Des Vosges, devant le très bon film de science-fiction "realive", l’ultra-primé "grave" et enfin le survolté "the autopsy of jane doe".

A la manière d’un "kick ass" de Matthew Vaughn ou d’un "super" de James Gunn, "on l’appelle Jeeg Robot" se moque éperdument des super-héros de Marvel et DC Comics. Il suffit de voir la galerie de personnages du film de Gabriele Mainetti pour s’en rende rapidement compte.

Tout d’abord, nous avons Enzo, un criminel de bas étage, une petite frappe qui vit de petits larcins et autres trafics de faible envergure dans les quartiers populaires de Rome. Voilà bien un anti-héros comme on les aime : grand amateur de yaourts (à côté de lui, le Léon de Jean Reno et ses briques de lait est un rigolo !) passant ses journées à regarder des vidéos pornos, notre homme vit dans un appartement fort modeste (pour ne pas dire un taudis) dans une banlieue guère accueillante. Très discret, Enzo ne cache pas un certain manque de sociabilité, ce dernier préférant visiblement rester seul dans la vie et surtout ne pas s’occuper des problèmes d’autrui.

Rien ne laissait prédestiner notre homme à devenir un jour LA star des réseaux sociaux et des chaînes de télévisions italiennes ! Et pourtant cette substance radioactive qu’il va absorber dans les eaux du Tibre va lui conférer une force surhumaine... et également lui attirer un sacré paquet d’ennuis ! Lui qui ne désirait que la paix va se foutre dans une merde pas possible : très vite la mafia locale, la police et une jeune idiote collante au possible vont s’intéresser à son cas et lui mener la vie dure !
Un pouvoir qu’il va d’emblée mettre au profit de ses petits larcins (destruction à mains nues d’un distributeur de billets de banque, attaque de fourgon blindé à la sauvage...) mais qui va surtout le mener droit dans la lumière : lui qui préférait rester dans l’ombre, sa force surhumaine ne passe forcément pas inaperçue et alimente désormais les réseaux sociaux et les flashs infos.

Gros souci, cette notoriété soudaine énerve un certain Fabio, dit Le Gitan : un mafieux complètement taré, ultra violent (il fait manger ses ennemis par ses chiens, explose le crâne d’un ancien associé à coups d’Iphone...) et prêt à tout pour être la star des réseaux sociaux qu’il cultive tant. Cet énergumène à mi-chemin entre le Joker (pour ce côté très fou-fou) et Tony Montana (pour le côté mafieux) va entrer dans une jalousie maladive et destructrice à l’égard d’Enzo qui lui vole la vedette. Un personnage haut en couleur qui ne laissera personne indifférent et qui se révèle être le mieux travaillé assurément sur cette production. Inutile de vous dire que ce dernier donnera du fil à retordre à notre anti-héros n’aspirant pourtant qu’à la tranquillité !

Comme si tout ce cirque avec la Police et la Mafia ne suffisait pas, Enzo va en plus être harcelée par une jeune femme ayant quelque peu perdu la tête depuis la mort de sa mère et qui pense qu’Enzo est l’incarnation de Jeeg Robot, le héros d’un manga japonais dont elle raffole (et qui existe réellement : le manga Koketsu Jeeg étant une création de Go Nagai, le père de Goldorak entre autres). Inutile donc de vous dire que cette fille déséquilibrée va vouer un véritable culte à notre pauvre Enzo déjà bien englué dans tous ses problèmes...
Alessia, c’est son nom, est la fille d’un ami défunt à Enzo : autrement dit la jeune femme ne sait pas où aller, ses parents n’étant plus de ce Monde et ses capacités mentales fortement réduites suite à la mort tragique de sa mère l’empêchant de se débrouiller seule... Enzo, après une farouche résistance (rappelons-le, il veut être tranquille !!!), va finalement accepter de prendre à ses côtés cette belle jeune fille et va même s’en amouracher. Celle qui est finalement l’unique personne innocente dans ce film (entendons par-là que, même si son père est un truand, elle n’est en aucun cas une petite vermine comme tous les protagonistes de notre histoire qui se mettent tous sur la gueule pour notre plus grand plaisir !) va rapidement devenir une sorte de muse pour notre anti-héros qui voit en elle l’amour de sa vie et sa raison de se battre contre tous ses ennemis. La touche émotionnelle du film.



Vous l’aurez aisément compris, pas question de s’ennuyer une seule minute devant "on l’appelle Jeeg Robot" (et ce n’est pas ce final bourré de rebondissements qui viendra nous dire le contraire !). Entre les déboires de notre malheureux Enzo, petit voyou devenu super-héros malgré lui, les incursions dans le milieu de la mafia napolitaine et du grand banditisme romain, ou encore les actes de criminalité et les bagarres musclées entre Enzo et la bande à Fabio, les temps morts sont très rares dans le film de Gabriele Mainetti.

L’humour occupe également une place importante dans l’oeuvre qui nous est présentée ici. Notre trio de personnages principaux n’est pas en reste à ce niveau avec notamment un Enzo parfois dépassé par les évènements, maladroit (il arrache un distributeur de billets de banque sans se douter qu’un mécanisme de protection fait en sorte que l’argent va se retrouver aspergé d’encre), un brin original par moments (des butins qui servent à acheter encore plus de yaourts et de dvd pornos) et gentillement antipathique aux premiers abords (un rustre vivant en solitaire avec des habitudes bien à lui, entre ses consommations excessives de yaourts et ses visionnages de films pornographiques). Alessia, qui vit dans un conte de fée et rêve de robe rose et de prince charmant, et Fabio, qui pète des câbles à chaque apparition d’Enzo dans la Presse et sur les réseaux sociaux, complètent ce trio de personnages parfois hilarants et dont les dialogues font souvent mouche et laissent esquisser de grands sourires si ce ne sont pas des bonnes petites poilades.



Au final, voici bien l’un des meilleurs films de super-héros vu depuis le début des années 2000, rien que cela !
Dans "on l’appelle Jeeg Robot", on s'amuse à suivre Enzo, un anti-héros risible (petit voleur se gavant de yaourts et se délectant devant des films pornos à longueur de journée) devenu super-puissant après avoir été en contact avec un fût toxique (qui a parlé du toxic avenger ?), aller de péripéties en péripéties malencontreuses. Alors qu'il met ses pouvoirs surnaturels au service du crime (distributeur de billets explosé, attaque musclée de fourgon blindé...), se mettant alors à dos des gangsters locaux, la mafia napolitaine et la police romaine, Enzo parvient à trouver du réconfort et de la tendresse auprès de la belle mais idiote Alessia qu'il va devoir protéger et secourir de tous ces criminels.
Tout un programme donc pour notre anti-héros à la force herculéenne qui va donc affronter de redoutables ennemis armés et parfois même ayant des pouvoirs identiques (des combats musclés pouvant rappeler des "chronicle" ou "monsterz") dans une histoire au rythme effréné mêlant super-héros et japanimation avec brio! Drôle et bourré d'action : une belle réussite que voilà! Un film à voir et à revoir sans hésitation !








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