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INTERVIEW LOIC BUGNON

 

Créateur et programmateur du Bloody Week-End, Loïc Bugnon est avant tout un grand passionné de cinéma fantastique. Alors que la manifestation qu’il a créée il y a huit ans déjà bat son plein et rassemble toujours plus de fans d’année en année, c’est entre deux préparatifs pour l’édition 2017 du Bloody Week-End que l’infatigable franc-comtois nous accorde quelques dizaines de minutes pour une interview !

 

PARLONS UN PEU DE TOI !

 

David MAURICE : Salut Loïc ! On se connait bien tous les deux (on papotte souvent sur le Net, on s’est déjà rencontré à plusieurs reprises sur Gérardmer lors du festival...) mais pourrais-tu tout d’abord te présenter auprès de nos lecteurs ?

Loïc BUGNON : Je m’appelle Loïc Bugnon, j’ai 44 ans et je suis le fils de Peter Pan !

Un enfant qui ne grandit pas et qui ne veut pas grandir car c’est un piège !

 

LE BLOODY WEEK-END : C’EST QUOI ?

DM : Et tu as bien raison !

« Bloody Week-End » : un nom qui en dit beaucoup mais toi comment décrirais-tu cette manifestation ? Est-ce un festival, un grand salon ou encore une convention pour les fans de cinéma fantastique ? Ou peut-être tout à la fois ?

LB : C’est un grand pop-up, un festival qui s’adresse à tous les publics.

Un livre ouvert sur nos rêves les plus fous, et qui provoque frissons en tout genre, et ce avec  le sourire et dans la joie ! Un lieu de découverte et de magie.

DM : Le pays des merveilles en quelque sorte !

Alors concrètement qu’y fait-on au Bloody Week-End ? Quelles sont les principales activités qui s’offrent aux visiteurs ? Et d’ailleurs qui peut venir au Bloody Week-End ?

LB : C’est une manifestation populaire ou on peut venir en famille, entre amis…

Chaque année nous mettons en place beaucoup d’activités ludiques pour les petits comme des ateliers manuels, des concours de dessins, des ateliers de littérature. Afin d’attirer les familles, nous accueillons des novices mais également des passionnés de tout âge.

Tous les Arts sont représentés sur les 3 jours sous différentes formes. Une partie artistique avec les créateurs, sculpteurs, peintres, auteurs, maquilleurs… 115 exposants présents, sans oublier des conférences, la compétition internationale de courts-métrages, les concerts du samedi soir, ou encore le labyrinthe zombie pour se faire peur ainsi que de multiples activités pour le grand bonheur des petits et grands.

Le bloody week-end est un festival pour tous ! Le plus grand des petits festivals.

 

TOUTE UNE ORGANISATION !!!

DM : Que de choses à faire ! Un sacré évènement que tu nous concoctes là chaque année !

Mais à la base, dans quelle branche travailles-tu ? Faisais-tu déjà de l’évènementiel avant de te lancer dans l’aventure « Bloody Week-End » ?

LB : Je suis un peu autodidacte, pour l’instant. J’ai une activité à temps partiel, et le reste du temps je le consacre à la préparation du festival.

DM : On imagine que ce genre d’évènement n’est pas une mince affaire et que l’organisation de chaque édition doit comporter son petit lot d’ennuis, de tracas, bref de problématiques... Peux-tu nous faire part des principaux obstacles que tu as dû surmonter pour donner naissance à cette manifestation ?

LB : Chaque festival se prépare sur un an, ou plutôt onze mois, on essaie toutefois de s’accorder un mois de vacances, sans trop penser à la prochaine édition… Il faut être passionné avant tout ! C’est une histoire de cœur. Le seul obstacle que l’on ait touche la question financière. Les réelles subventions se font rares et forcement l’argent est nécessaire pour proposer un programme et des animations de qualité… Ce qui est bien dommage pour un festival qui se développe chaque année avec de plus en plus de visiteurs. C’est un frein pour nous, pourtant tous les voyants sont au vert.

La culture est importante pour notre pays et pour la génération future. Nous devons transmettre et surtout partager notre passion. C’est mon leitmotiv.

DM : Et pourtant, malgré ces freins financier, le Bloody Week-End en est finalement déjà à sa huitième édition cette année (celui-ci se déroulera rappelons-le les 26, 27 et 28 Mai 2017) : une belle réussite ! Mais à quoi dois-tu ce succès et ainsi la reconduction de cet évènement chaque année depuis huit ans ?

LB : A deux notions qui pour moi sont essentielles : la passion et le partage, ils sont la clef de la réussite.

Se renouveler chaque année en respectant son public.

Accueillir nos festivaliers en leur procurant du bonheur, du rire et aussi des frayeurs !

Le bloody week-end, c’est une histoire sans fin d’un livre animé que l’on ne voudrait jamais refermer… C’est un peu le woodstock du cinéma de genre, le festival se veut fédérateur ! Nous sommes ici pour s’amuser, faire des rencontres et échanger sur notre passion dans une ambiance fantastique, nous ne sommes surtout pas là pour faire mieux que les autres…

DM : Le Bloody Week-End, c’est entre autres une compétition de courts-métrages. Mais comment sélectionnes-tu ces derniers ? Quels sont tes critères de sélection ? Es-tu le seul décideur ?

LB : Oui effectivement + 500 courts-métrages reçus, le travail est intense mais très intéressant qualitativement. C’est un réel plaisir d’en faire la sélection. Le but de cette compétition est de faire connaître ces jeunes réalisateurs qui viennent de différents pays.

Le côté international de la compétition se retrouve dans la sélection mais aussi par les membres du jury, qui viennent de l’international.

Pour les courts primés, l’impact est fort : c’est une formidable reconnaissance de notre jury de professionnels et du public. Cela permet un bon point de départ pour présenter leurs courts dans d’autres festivals, comme une sorte de tremplin.

Concernant la sélection des courts-métrages, je ne suis pas le seul décideur : je tranche plutôt en cas de litige ! Pour les critères, ce sont l’originalité, la mise en scène et le fait de pouvoir suggérer la peur sans trop en faire ! « Il n'y a pas de terreur dans un coup de fusil, seulement dans son anticipation » Alfred Hitchcock

DM : Ce qui marque énormément les esprits est chaque année la présence, au sein du jury de la compétition des courts-métrages, de personnalités ayant oeuvré (et oeuvrant parfois toujours) dans l’univers fantastique. Nous pouvons citer entre autres Ruggero Deodato, Brian Yuzna, Jean-Pierre Dionnet, Mick Garris, Luigi Cozzi et bien d’autres... Mais comment fais-tu donc pour amener tout ce beau monde à... Audincourt, petite ville d’environ 15000 habitants dans le Doubs ???

LB : Tout simplement par transmission de passion… Je rigole même si ce n’est pas totalement faux !

C’est surtout un réseau d’amis que j’ai constitué depuis un certain temps et qui me font l’honneur d’accepter mon invitation, ce qui me remplit de joie chaque année. En effet, faire venir des personnes qui nous ont fait rêver, adolescents, par leurs films et leurs carrières, est tout bonnement plus que gratifiant. J’en suis plus que fier et de surcroit dans une ville comme Audincourt qui n’est pas Paris.

DM : Alors moi, Mr le Transmetteur de passions (rires), une autre chose m’interpelle aussi dans le Bloody Week-End et principalement dans la promotion de celui-ci : les affiches. Très jolies, colorées et faisant de sympathiques clins d’oeil à de nombreux films fantastiques, ces dernières sont toujours détaillées et fort aguicheuses (d’ailleurs, celle de l’édition 2017 est magnifique !). Qui donc confectionne ces affiches ?

LB : Ce sont des illustrateurs que je choisis par coup de cœur, nous avons tellement d’artistes en France avec tant de talent que le choix est très vaste.

Pour cette année, nous avons travaillé en commun sur une thématique autour de l’univers « freak show », avec l’illustrateur Melvin Zed.

C’est très intéressant de définir une thématique pour chaque année et de collaborer avec un artiste différent, ça laisse le choix et le champ ouvert pour chacun d’entre eux.

Le public découvre aussi l’artiste, l’affiche est la vitrine du festival. Nous nous devons de la réaliser avec soin et avec rigueur, c’est un peu notre porte-drapeau.

 

UNE PASSION DEVORANTE

 

DM : Au travers du Bloody Week-End, nous constatons sans peine que tu es un féru de cinéma fantastique, une passion dévorante qui nous pousse forcément à te poser une question que beaucoup ont déjà dû te poser : quels sont (à part « Alien le huitième passager » ! rires) tes films fantastiques préférés ?

LB : Je vais en citer 5 commeles 5 doigts de la main !

5 films qui me sont porteurs :

 

1.      « Les yeux sans visage » de Georges Franju, un grand classique du cinéma français

2.      « Phantom of the paradise » de Brain de palma

3.      « Les frissons de l’angoisse » de Dario Argento

4.      « Zombie » de George Romero

5.      « Halloween » de John Carpenter

6.      « L’étrange créature du lac noir » de Jack Arnold

 

DM : Ca fait 6 ça ! Tricheur ! rires !

Toi qui comme nous préfère le cinéma fantastique des années 70-80, que penses-tu du cinéma fantastique actuel ? As-tu eu de gros coups de coeur ces dernières années ?

LB : Aujourd'hui encore le « fantastique » au sens large est sans doute le plus populaire parmi les genres cinématographiques. La littérature est toujours aussi abondante en récit ; je me représente le fantastique comme une énorme porte ouverte à tous nos rêves et nos cauchemars. Un univers qui touche nos peurs les plus profondes.

Le cinéma actuel n’est pas vraiment différent de celui  que l’on découvrait étant adolescent ; en terme de qualité peut-être moins innovant, moins percutant.. Les thèmes sont plus récurents, moins originaux : nous baignons plus souvent dans les remakes, préquelles, séquelles etc etc... C’est aussi une vitrine de notre société qui recycle à tout va, nous surfons sur le consommable à grand renfort de billets verts. Même si de temps en temps apparaissent des petites pépites cinématographiques, qui restent bien trop rares à mon goût. ET je me replonge bien volontiers dans le cinéma 80’s, grâce notamment à des maisons d’édition qui nous font la joie de ressortir des films qui jusqu’alors n’étaient disponibles qu’en VHS !

Mes coups de cœur de ces dernières années : « split » de M.Night Shyamalan, « dernier train pour Busan » de Sang-Ho Yeon, « cloverfield lane » de Dan Trachtenberg, « bone tomahawk » de S.Craig Zahler, « it Follows » de David Robert Mitchell, « mama » de Andrés Muschietti, « the voices » de Marjane Satrapi… J’en oublie certainement mais ceux-ci me restent encore en mémoire 

 

ET DANS L’AVENIR ???

 

DM : Beaucoup de films passés sur Gérardmer hein !

Une passion débordante qui s’est traduite comme nous l’avons dit par le Bloody Week-End, un beau sucès depuis huit ans déjà, et bientôt une boutique ! Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

LB : Oui effectivement j’ai en projet d’ouvrir un magasin spécialisé dédié à l’univers fantastique, science-fiction, horreur… Où l’on pourrait trouver toutes sortes de choses, une caverne fantastique remplie de dvds, figurines, goodies en tous genres, littérature, comics, lieux de dédicaces et d’expo... Un mini bloody week-end mais ouvert toute l’année.

Avec comme guide touristique : Loïc Bugnon !

DM : Nous viendrons te rendre une petite visite sois-en certain ! Et as-tu des projets futurs autres que cette boutique spécialisée ? Quels sont tes rêves les plus fous ?

LB : Oui j’ai d’autres projets mais qui restent secrets, il faut savoir garder un certain mystère !

Mon rêve le plus fou serait de vivre de ma passion et de pouvoir la partager encore plus auprès du Grand Public.

DM : Merci de nous avoir consacré un peu de temps pour cette petite interview Loïc ! Nous savons que tu es actuellement dans les derniers préparatifs de ta manifestation annuelle et nous en profitons pour te souhaiter plein de réussite dans cette huitième édition du Bloody Week-End mais également dans tes autres projets à venir !

LB : Merci à toi David. Je finirai par une citation que je porte en moi depuis gamin :

« Fais de ta vie un rêve et de tes rêves une réalité » (Antoine de Saint Exupéry)

 

David MAURICE

 

Interview réalisée le 30/04/2017



Stéphane Erbisti