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A Cryer, dans le Wisconsin, tout le monde s’apprête à fêter Noël. Dans l’obligation de remplacer un de ses collègues de Police disparu, Audrey Bradimore se retrouve chargée d’assurer la sécurité des civils lors des manifestations de fin d’année de sa petite commune, notamment durant le grand défilé de pères noël. Mais, parmi tous ces barbus à bonnet rouge qui se baladent dans Cryer, un s’avère être un serial killer, prêt à en découdre avec les personnes ne respectant pas l’esprit de Noël. Très vite, Audrey Bradimore et ses collègues vont se lancer à la recherche de cet homme mystérieux massacrant les habitants les uns derrière les autres sans la moindre pitié…



Profitant de la vague de slashers nés dans la fin des années 70 et le début des années 80, un certain Charles E. Sellier JR réalise en 1984 le film "douce nuit sanglante nuit" (alias "silent night deadly night") dans lequel un jeune homme, hanté par le personnage du père-noël dont un tueur avait revêtu le costume avant de massacrer ses parents quand il était petit, va perpétrer des meurtres un soir de Noël.
Frappé par la censure à l’époque, le film devint culte aux yeux de certains et acquiert une petite réputation non négligeable, au point de voir fleurir quatre suites, certes fort dispensables. Une saga qui ne valait en effet le détour que pour son premier opus (le second étant en grande partie qu’un copier-coller honteux des scènes de son aîné…), malheureusement charcuté par la censure de l’époque (d’ailleurs le dvd zone 2 présentant les deux premiers volets de la saga sur la même galette nous offre la version coupée de l’époque) mais dont les effroyables meurtres du jeune Billy ont marqué nombreux esprits.

C’est donc en 2012 qu’un certain Steven C. Miller (à qui l’on doit une poignée de films quelque peu fauchés, dont par exemple "automaton transfusion") décide de dépoussiérer le tout premier opus de cette saga peu glorieuse en nous livrant ce que nous pourrions appeler ici un pseudo-remake.
Car à l’image d’un certain "l’armée des morts", le "bloody christmas" de Steven C. Miller reprend la thématique de son aîné (ici un homme, perturbé par la mort d’un proche, va perpétré des meurtres déguisé en père-noël), pioche de nombreuses séquences à ce dernier (les policiers qui commettent des erreurs , un vieil homme végétatif qui soudain revient à lui et met en garde d’une menace à venir, le cadeau fait par le père-noël tueur à un enfant, une jeune femme accrochée aux bois d’une tête de cerf murale...) mais se permet surtout de nombreuses libertés par rapport au scénario initial.

Un matériau original en partie préservé mais dont l’intrigue, les péripéties et les personnages sont donc changés pour apporter un petit peu de fraîcheur à cette nouvelle version 2012. Mais alors que vaut réellement ce "bloody christmas", présenté notamment sous son titre original "silent night" en hors-compétition de la 23ème édition du festival de Gérardmer ?



Tout d’abord, il semble important de mentionner que nous n’avons plus affaire ici à un film de « tueur fou » (termes que nous aimons utiliser ici pour décrire un film dont l’identité du tueur, souvent un déséquilibré agissant seul ou en groupe, nous est connue) comme c’était le cas en 1984 mais bel et bien à un slasher pur et dur (un homme masqué dont nous ignorons l’identité massacre des victimes à une cadence effrénée). Une différence fort perceptible qui change radicalement la donne :

En 1984, le scénario de "douce nuit sanglante nuit" était très porté sur la psychologie de son personnage central, le jeune Billy. Perturbé après avoir vu ses parents massacrés par un tueur déguisé en père-noël, le garçon avait grandi avec la phobie du barbu au bonnet rouge venant de Laponie. Un mal-être d’autant plus prononcé que le malheureux garçon subissait les punitions (fessées, disputes) de la Soeur Supérieure de l’orphelinat où il avait été envoyé. Des tourments qui déclenchèrent chez le jeune homme quelques années plus tard une véritable folie meurtrière.
En 2012, exit cette intrigue mêlant meurtres sauvages et psychiatrie et place à un slasher plus classique, le spectateur étant alors plongé dans une enquête policière voyant s’accumuler les meurtres perpétrés par un père-noël dont l’identité ne nous sera dévoilée qu’en fin de métrage. Ne jouant pas la carte de la psychologie/psychiatrie (excepté très brièvement sur la fin), le scénariste Jayson Rothwell revoit les motivations de son tueur à la baisse : notre homme tue les gens qui n’ont pas été sages en quelque sorte, point.

Slasher classique oblige, "bloody christmas" ne brille pas pour son casting, ce dernier se composant d’une galerie de personnages auxquels on peine à s’attacher (certains sont même détestables comme ce jeune freluquet dont on espère secrètement une mort bien gore...).
Notre tueur est bien moins charismatique qu’un Billy et fait son boulot de vilain méchant dirons-nous. Silencieux, lent mais parfois réfléchi à l’image d’un Michael Myers, costaud et fort comme un Jason Voorhees, sanguinaire et expéditif tel un Victor Crowley, notre père-noël enchaîne les massacres pour notre plus grand bonheur et c’est tout ce qu’on lui demande ici. Rien d’extraordinaire ici mais efficace : notre tueur remplit sa part du cahier des charges d’un slasher pur et dur !

Restent toutefois deux personnages intéressants et sortant du lot. Tout d’abord un shérif interprété par un Malcolm McDowell (Alex Delarge dans "orange mécanique" ou encore plus récemment Dr Samuel Loomis dans les versions d’"halloween" de Rob Zombie) plutôt bien investi dans son rôle de chef de Police campé sur ses positions, orgueilleux et patriote (d’ailleurs fuyez la version française du film !). Et d’autre part un curé ayant du mal à résister aux jolies femmes qu’il prend en photos soit disant pour la paroisse (mais pourquoi ne voit-on que les poitrines sur les photos ?) ou auxquelles il propose « son aide et son soutien »... Deux personnages qui apportent un petit brin d’humour appréciable au métrage.



Fausses pistes, course-poursuites, interrogatoires... Une enquête des plus communes qui, même si elle utilise parfois des passerelles scénaristiques douteuses et expéditives, est toutefois ponctuée de bien sympathiques séquences d’homicides dont nous parlerons un peu plus en détails d’ici quelques lignes ! Notons enfin que l’espace temps est nettement réduit dans ce pseudo-remake : n’étant pas témoin (malheureusement) de l’évolution psychiatrique de notre tueur (contrairement à l’original qui se déroule lentement de 1971 à 1984 pour montrer la dégradation mentale de notre pauvre Billy), l’action ici se passe en 24h grosso modo ; nous entrons directement dans cette enquête urgente de l’équipe du shérif car notre tueur est une menace imminente qu’il faut identifier et arrêter !

Car en effet, "bloody christmas" démarre au quart de tour. Electrocution d’un membre de la police (l’utilisation peu commune d’une guirlande de Noël) et démembrement d’une seconde victime (hors-champs) sont les premiers méfaits de notre tueur sanguinaire qui va rapidement enchaîner les meurtres dans la petite ville de Cryer, au grand damne d’une police en effectif réduit et quelque peu dépassée par les évènements.

Un rythme fort soutenu dans une première partie où s’accumulent des meurtres bien plus saignants et violents que dans l’original. Electrocution, corps déchiqueté dans un broyeur à végétaux, extirpation d’intestins, tête explosée à coup de hache, membres (doigts, jambe) sectionnés, transpercements (harpon, bois d’une tête de cerf), étranglement...
A la manière du "clown" de Jon Watts (présentant d’ailleurs comme similitude avec "bloody christmas" d’avoir été présenté tardivement sur le territoire français, quelques années après sa réalisation, par le biais du festival de Gérardmer), les enfants ne sont pas épargnés avec notamment une jeune victime prenant un bon coup de taser et ce dès les premières minutes du film !



Malheureusement, ce sympathique carnage où les meurtres s’accumulent sans grand temps mort et cette vision de la police presque impuissante et quelque peu paumée dans son enquête ne dureront qu’un temps.
En effet, la dernière partie de "bloody christmas" manque de peps, perd de son inventivité et nous plonge dans un final un brin longuet dans le commissariat de Cryer où il ne se passe pas grand chose d’exceptionnel soyons francs... Une atmosphère angoissante visiblement souhaitée par le réalisateur mais mal retranscrite à l’écran, une photographie trop sombre et des séquences sans grand intérêt (un manque d’originalité soudain à l’exception de l’utilisation d’un lance-flamme bienvenue !)... Ceci est sans compter un final très expéditif, souffrant à nouveau d’un manque d’originalité dans son dénouement et ses explications (mobiles) relatives à l’identité du tueur (un petit clin d’oeil au film de 1984...)

Au final, ce "bloody christmas" reste une revisite de "douce nuit sanglante nuit" intéressante, le film quittant la sphère « tueur fou / psychiatrie » pour vagabonder vers le milieu du slasher classique mais suffisamment efficace pour nous faire passer un agréable moment devant notre écran.
Certains reprocheront au film de Steven C. Miller un manque d’originalité dans le scénario (ce qui n’est pas faux), une ambiance de Noël vue à la baisse (pas faux non plus...) et une dernière partie bien moins percutante mais, quoique l’on dise, le cahier des charges du slasher est respecté et nous ne sommes à aucun moment trompés par la marchandise du moment que l’on sait qu’il ne s’agit pas là d’un remake pur et dur du film de Charles E. Sellier JR (le réalisateur et le scénariste de "bloody christmas" ayant pris de grandes libertés avec le matériau original).
Un fort honnête slasher contemporain à voir !








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