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Penny, une adolescente mal dans sa peau et Orianna sa psychothérapeute, partent en weekend. Celui-ci doit permettre à Penny d’affronter sa plus grande terreur : l’amaxophobie, autrement dit la peur panique de conduire ou d’être dans un véhicule. La jeune fille est en effet incapable de supporter les voyages en voiture depuis que son père et sa mère sont décédés dans un accident de la route dont elle fut l'unique rescapée. Après avoir pris à contrecœur un autostoppeur qu’elles ont renversé, les deux femmes le déposent en pleine forêt, près d'un camp de vacances semblant fermé. C’est après quelques mètres qu’elles se rendent compte que leur ancien passager a saboté la voiture en crevant un pneu. Elles vont alors devoir continuer à pied, dans le noir et dans le froid, mais Penny n'a rien trouvé de mieux à faire que de se tordre la cheville. Elle reste alors seule dans la voiture toutes portes fermées, au cas où l'autostoppeur malintentionné ne serait pas loin...



Penny Dreadful (à ne pas confondre avec la série éponyme de 2014 et sans lien de parenté aucun avec "The Penny Dreadful picture show" de 2013) est un énième long-métrage faisant partie des « 8 films to die for » et diffusé au « After Dark Horrorfest », en l’occurrence celui de 2006. Mais c’est surtout un long-métrage issu d’une collection de DVD au sein de laquelle on peut retrouver des films à petit budget sympas comme "Borderland" ou "Lake Mungo" mais qui peut aussi présenter des métrages pas terribles comme "Tooth and nail" (déjà avec Rachel Miner) ou encore "Profanations". A quoi allait-on alors avoir le droit ce coup-ci ?

C’est après avoir rencontré le plus très fringant Michael Berryman en pompiste (eh oui, notre célèbre Pluto de "La colline a des yeux" est désormais cantonné aux rôles insipides !), que les deux femmes emprunteront une route qui se transformera en piège mortel. Car au final, l’autostoppeur était (on s’en doutait un peu quand même !) un dangereux psychopathe qui va mettre Penny dans une position peu orthodoxe et angoissante pour elle : la jeune fille se retrouvera enfermée à l'intérieur d’une voiture, les portières bloquées par des arbres et donc dans l’impossibilité d’en sortir !



Vous l’aurez donc compris, Penny Dreadful prend la forme d’un huis clos anxiogène entièrement orienté sur son personnage principal, en l’occurrence la Penny du titre dont la névrose lui vaut d’abhorrer les voitures. Ca tombe bien, le réalisateur, par le biais d’un autostoppeur psychopathe, nous l’enferme pendant une bonne moitié du métrage dans un véhicule en pleine forêt et de nuit s’il vous plaît ! Vous aurez également assimilé que le serial killer sert ici de thérapie à notre héroïne, afin que celle-ci exorcise sa peur des automobiles. Seulement voilà, le traitement et la longue exposition de ce point dans le film se font au détriment de l’histoire elle-même qui tourne un peu en rond, il faut l’avouer, mais surtout au grand dam du développement du background et de la psychologie des personnages secondaires ! Que ce soit la psy de Penny ou les deux, voire trois autochtones travaillant aux abords de la forêt où les deux femmes ont échoué, aucun des protagonistes ne bénéficie d’une présentation digne de ce nom suscitant ne serait-ce qu’une once d’empathie. Mais bon, on se rassurera en se disant qu’ils ne sont finalement que de la chair à canon pour le psychopathe ! Justement, parlons-en de celui-ci ! Il passera les trois-quarts du métrage avec une capuche relevée sur un visage imperceptible sans prononcer aucune parole et tuera avec d’anodins mais efficaces coups de poignards les quelques personnes de passage dans son périmètre et ce, pour on ne sait quelle raison. On a quand même fait mieux comme serial killer pouvant provoquer de l’effroi, non !? Chose surprenante, le psychopathe est interprété par Liz Davies, une femme donc ! Etait-ce voulu par les scénaristes ? Franchement, au vu des ultimes scènes du film, on ne sait pas trop, mais en même temps, est-ce vraiment important ?



Pour ce qui est du casting, Rachel Miner (vue également dans "In their skin" ou la série "Fear itself") fait ce qu’elle peut pour entretenir le suspense et elle ne s’en sort pas trop mal car par moments, on ressent vraiment bien ses angoisses. Elle se retrouve toutefois bien esseulée au sein d’une distribution famélique et pratiquement là pour se faire occire. Que ce soit sa psy incarnée par une Mimi Rogers ("Ginger snaps") à la coiffure toujours impeccable, Mickey Jones ("Blood snow") avec sa tête de routier aviné ou bien Michael Berryman ("Amazonia la jungle blanche", "The devils rejects") venu arrondir les fins de mois difficiles, leur temps de jeu à l’écran est réduit à la portion congrue. Et c’est sans doute là le gros problème du film : avoir voulu focaliser l’essentiel de son action sur son héroïne. Ce qui fait que tout le reste (les sous-intrigues, les meurtres avec effets spéciaux sanguinolents de circonstance, la présentation des protagonistes…) est trop peu développé à l’écran et est donc grandement préjudiciable à la bonne marche du long-métrage de Richard Brandes, dont c’était là la première œuvre d'importance après "La secte des vampires" de sinistre mémoire.



Ainsi, en cloisonnant dans une voiture son héroïne Penny qui se débat pour en sortir pendant une grande partie du métrage, le réalisateur parvient difficilement à entretenir une quelconque tension. Pire, l’intrigue semble tourner en rond. Les tentatives de la jeune femme pour s’extraire du véhicule, les interventions anecdotiques des personnages secondaires et enfin, l’apparition du psychopathe un peu terne auront fini de saborder ce petit slasher au concept de base pourtant original. Au final, au lieu de susciter la claustrophobie, cette voiture coincée entre deux arbres provoque davantage l’ennui. On regrettera alors que le serial killer ne soit pas plus effrayant voire charismatique et que les meurtres ne soient pas plus originaux ou gore afin de faire de Penny Dreadful ne serait-ce qu’une série B de bonne facture.









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