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Dans un futur proche, nous sommes en pleine guerre froide entre le Royaume-Uni et la Chine. Dans une base militaire secrète à Londres, le chercheur Vincent McCarthy travaille pour le Gouvernement Britannique sur l’intelligence artificielle afin de donner vie à un robot qui pourra assurer la protection de la population en cas de guerre contre les chinois. Mais notre homme nourrit en réalité d’autres ambitions. En effet, ce dernier veut avant tout soigner le cerveau de sa fille malade et se sert donc de l’argent et des moyens techniques du Gouvernement pour parvenir à la sauver. Malheureusement, le robot humanoïde que Vincent a conçu ne répond pas forcément aux attentes du Gouvernement qui espérait trouver dans les travaux de notre bon scientifique pacifique une redoutable machine à tuer...



Les films traitant d’intelligence artificielle et mettant en scène des robots humanoïdes ne sont pas rares et ce n’est pas le festival de Gérardmer notamment qui nous dira le contraire avec entre autres les projections post-2010 de "Eva", "doomsday book" et "Ex machina". Et c’est justement au festival de Gérardmer que "the machine" de Caradog W. James (à qui l’on doit le film "Little white lies") fut présenté en France (en hors-compétition). Un film de science-fiction qui est passé également par le Toronto After Dark Film Festival et le Fantasia Film Festival.

Notons d’ailleurs que le film a reçu plusieurs récompenses :
-Meilleur Film (pour le producteur John Giwa-Amu), Meilleurs Costumes (pour Chrissie Pegg) et Meilleure Musique de Film (pour Tom Raybould) aux British Academy Film And Television Arts Awards 2013,
-Meilleur Film Britannique (pour le réalisateur Caradog W. James et le producteur John Giwa-Amu) au Raindance Film Festival 2013,
-Meilleure Actrice (pour Caity Lotz) et Meilleur Film de Science-Fiction (pour Caradog W. James et John Giwa-Amu) au Toronto After Dark Film Festival 2013.



Alors qu’avons-nous ici ? Hé bien une petite série B plutôt agréable à regarder, servie par un casting convaincant et des personnages certes pour quelques-uns bien stéréotypés (le méchant chef du Gouvernement, le scientifique incollable dans le milieu de la robotique) mais qui se fondent parfaitement dans ce film de science-fiction passé quasi-inaperçu par chez nous.

Plusieurs thématiques liées aux nouvelles technologies (l’humanisation des robots, le danger que représentent ces trop importantes avancées technologiques, les percées dans la robotique/informatique à but curatif, sans oublier les sempiternelles questions d’éthiques que cela génère) viennent se compléter ici pour donner naissance à une petite histoire certes pas bien originale (il flotte dans l’air une petite odeur de "Eva", "A.I. : Intelligence Artificielle", "Blade runner", "Universal soldier" ou autre "Terminator") mais qui parvient toutefois à nous plonger sans grande réticence ou résistance de notre part dans les quelques péripéties bienvenues de son scénario.

Portée par une Caity Lotz (vue notamment dans les britanniques "the pact" et "the devil’s pact", alias "the pact 2") parfaite dans le rôle d’un robot humanoïde tantôt troublant tantôt émouvant, cette histoire de science-fiction tient bien la route et ne souffre pas de réelles longueurs. En effet, malgré un rythme certes assez lent (jusqu’à un final un peu plus pétaradant), l’intrigue mêlant complots, émotions et relationnel homme-machine ainsi que les quelques incursions dans le milieu de la robotique par le biais de tests de turing et autres expérimentations sur des cobayes (l’introduction est fort réussie et nous plonge dans le bain dès la première minute de film) suffisent amplement à nous faire passer un agréable moment devant notre écran.



L’ambiance, sombre et quelque peu glaciale par moments, colle parfaitement à cette intrigue qui rappelons-le se déroule dans une base secrète du Gouvernement dont l’accès est logiquement très restrictif et contrôlé.

Couloirs neutres, salles informatiques, machineries en pagaille : aucun doute, nous sommes bel et bien enfermés dans une base scientifique, lieu d’expérimentations ultra-secrètes mais également lieu de création d’androïdes dont nous ignorons la potentielle dangerosité vis-à-vis de l’être humain. Une méfiance s’installe donc inévitablement tout au long du film à leur égard : froids et difficiles à cerner (nous ne comprenons pas leurs conversations du fait qu’ils utilisent entre eux un langage différent du nôtre), ces androïdes représentent-ils une possible menace ?

Et le chef de la base, un être violent persuadé que l’utilisation des robots ne se limite qu’à faire la guerre (alors que Vincent cherche à leur apprendre également à faire la paix ou à négocier), n’est-il pas lui non plus une sérieuse menace ? Peut-être bien plus préoccupante que celle que représenteraient potentiellement cette poignée de robots humanisés qui rôdent dans les couloirs d’ailleurs...

Doutes, inquiétudes, mystères et questionnements divers... Tout semble ici réuni pour nous plonger dans un huis-clos souterrain des plus intrigants.



Et pourtant dommage que "the machine" ne parvienne pas à nous apporter suffisamment de nouveautés dans le domaine de l’intelligence artificielle au cinéma (la plupart des sentiers parcourus par Caradog W. James ont déjà été empruntés par d’autres confrères) car il faut bien avouer que cette petite histoire mêlant complots et robotique avait un petit potentiel attractif.

Nous regretterons également que certaines pistes scénaristiques n’aient pas été un peu plus fouillées (notamment cette relation entre le chef des opérations et les androïdes nouvelle génération ou encore cette fameuse zone où sont retenus enfermées les victimes de la guerre en attente d’implants ou de prothèses), ce qui aurait pu à mon sens donner un petit plus à cette série B bien loin d’être vilaine.

"The machine" : une histoire visionnaire dans laquelle les avancées scientifiques dans le domaine de la robotique et les prouesses informatiques interrogent le spectateur sur les percées incroyables de la Science et les conséquences que cela peut avoir sur l’être humain. Une histoire certes pas très originale et manquant d’approfondissement mais qui demeure agréable à suivre grâce notamment à un casting d’honnête facture, une absence de réelles longueurs narratives (malgré un rythme lent), une ambiance mystérieuse bien retranscrite et une musique futuriste collant parfaitement aux thématiques abordées ici.








Du même réalisateur :

BABA YAGA (2016)