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Seth, trentenaire mal dans sa peau et travaillant dans un refuge animalier, est bien trop timide et maladroit pour parvenir à conquérir le coeur de la belle Holly, une jeune femme qui fréquentait le même lycée que lui à l’époque et qu’il a retrouvée lors d’un trajet en bus. Une rencontre qui va chambouler le coeur de notre célibataire, fou amoureux de cette belle blonde qu’il avait perdue de vue. Alors que cette dernière lui résiste et lui fait comprendre de manière fort explicite qu’il ne l’intéresse pas, Seth va alors la kidnapper et la séquestrer dans une cage dans le sous-sol du refuge animalier...



L'AVIS:

Présenté dans divers festivals (nous pensons notamment à Sitges, où il a reçu le prix du meilleur scénario, ou encore à L’étrange festival et au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg), le film hispano-américain "pet" n’a certes pas glané de nombreuses récompenses là où il est passé mais le film de Carles Torrens est tout de même parvenu à faire parler de lui sur le Web (une affiche intrigante, des apparitions dans les compétitions de plusieurs festivals, des avis plutôt positifs en général...).

Porté par un scénario de Jeremy Slater, ayant œuvré entre autres sur "les quatre fantastiques" (version 2015), "Lazarus effect", "death note" (version 2017) et quelques épisodes de la série "l’exorciste", "pet" est un thriller mettant en scène un certain Dominic Monaghan (le fameux Charlie Pace dans la série "lost" ou encore le hobbit Merry dans la trilogie du "seigneur des anneaux" de Peter Jackson, mais vu également dans "the day" et "X-men origins : wolverine") et Ksenia Solo (Veronica dans "black swan") dans un tandem pas comme les autres !



Car, même si le film de Carles Torrens commence de manière on ne peut plus banale (un jeune homme timide et visiblement seul dans la vie fait la rencontre fortuite d’une belle créature à chevelure blonde, fruit de ses fantasmes et patati et patata...), il faut reconnaitre que le scénario imaginé par Jeremy Slater surprend par ses péripéties bienvenues qui vont suivre.

Lent dans sa narration, "pet" n’en demeure pas pour autant un film mollasson et soporifique (comme nous pouvons le lire de temps à autres sur le Web...) et réussit à tirer parti d’un jeu d’acteurs sans véritable fausse note et d’une relation fort intéressante et haletante entre deux personnes que tout semble opposer.

La première partie du film nous plonge dans le quotidien peu trépident de Seth (un boulot-bus-dodo dirons-nous) qui va se retrouver chamboulé par la rencontre avec la belle Holly. Un coup de foudre immédiat qui va pousser le jeune homme à chercher des informations sur elle sur les réseaux sociaux, à la suivre partout où elle va et même à la draguer (très maladroitement) sur son lieu de travail ! Rapidement, on nous dépeint une relation unidirectionnelle (Holly ignore totalement cet individu et n’y porte aucun intérêt comme en témoigne cette première conversation dans le bus entre eux deux qu’elle avait totalement oubliée) qui vire en une véritable obsession pour le jeune homme.

Une situation qui va soudainement dériver quand Seth va récupérer ce qui semble être le journal intime d’Holy. Dès lors, un changement de décor s’opère : exit le jeune homme fragile et maladroit que nous fréquentions depuis déjà une vingtaine de minutes et place à présent à quelqu’un de réfléchi, déterminé et décidé à agir de façon méthodique.
S’ensuit alors un enlèvement brutal de la jeune femme dont s’est épris Seth, ce dernier l’enfermant dans une cage fabriquée par ses soins et entreposée dans le sous-sol du refuge animalier où il travaille.



Mais très vite, ce que nous pensions être tout simplement l’histoire d’un pauvre type qui, sur un coup de tête (une réaction disproportionnée et totalement dingue pourrions-nous même dire !), décidait de séquestrer une jeune femme dont il était fou amoureux dans l’unique but de la garder auprès de lui va finalement s’avérer être bien plus tordue que cela.

Les 45 premières minutes du film (le découpage en deux parties de durées égales est quasi parfait) vont en effet se finir sur ces quelques échanges verbaux entre nos deux protagonistes :
« Je fais ça pour ton bien (...) Je sais que tout ça est dur, c’est dur pour moi aussi... mais il est très important de bien définir notre relation, établir certaines frontières » (Seth)
« Est-ce que t’as l’intention de me tuer ? » (Holly)
« J’espère que non (...) Je n’aurais peut-être pas le choix... Je ne pourrai peut-être pas te sauver (...) Je ne fais pas ça pour moi, je le fais pour toi car t’es spéciale » (Seth)

Des phrases intrigantes, laissant planer des doutes et faisant inévitablement cogiter le spectateur qui tente de comprendre ce que notre nouveau Seth, sûr de lui et déterminé, est en train de dire à la belle jeune femme qu’il vient d’emprisonner dans une cage en acier...

Difficile de chroniquer le film de Carles Torrens sans en dévoiler une partie de son intrigue (chose que je vais éviter) mais cette deuxième moitié de film, riche en rebondissements, vaut réellement le détour. Entre jeux de manipulations et inversion des rapports de force (le chasseur devient la proie et vice-versa), notre malheureux Seth, alors reconverti en pseudo-psy, va devoir en découdre fortement avec Holly qui va tout faire pour se libérer de l’emprise de son ravisseur !
Rapidement ce sera notre jeune femme, persuasive et finalement bien plus maligne que Seth, qui tirera les ficelles et entraînera le jeune homme à commettre l’irréparable, et ce à plusieurs reprises même ! (je n’en dirai pas plus, vous laissant le plaisir de découvrir ce petit jeu délicieux entre les deux protagonistes)

Quelques éclaboussures de sang un peu plus tard, nous regretterons toutefois que "pet", qui ne laissait jusqu’alors que très peu de place à l’humour, se termine sur un final un brin exagéré qui prêtera à sourire mais viendra toutefois conclure sur une bonne note : Seth a finalement réussi à obtenir ce qu’il voulait...



Au final, "pet" est un film bien ficelé et sacrément divertissant. Le genre de film qui joue les fausses pistes pour mieux surprendre le spectateur et l’amener vers des situations vraiment dingues par moments. Un scénario intelligent, blindé de péripéties et diabolique à souhait (récompensé en 2016 au festival de Sitges rappelons-le) qui de plus est campé par un duo d’acteurs séduisant : que demander de plus ? Pas grand chose en fait, c’est propre, simple et bien fichu !

Une note finale qui pourra peut-être en surprendre plus d’un(e) mais dans la section « petit thriller horrifique de série B », le contrat est pour ma part rempli (et ce malgré un final un peu grand-guignolesque, parfait pour des projections en festival ou entre potes, qui pourra peut-être en décevoir certain(e)s d’entre vous...)








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