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Le Creeper vient de s'envoler avec Darry alors que sa sœur Trish attend ses parents au commissariat. La police arrive sur place, encercle le camion du monstre et y trouve de nombreux corps sans vie ainsi que des pièges mortels pour quiconque ose s'en approcher. Le chef de la police décide alors de se lancer à la poursuite de la créature avec une équipe d'hommes qui ont tous des comptes personnels à régler avec elle. Pendant ce temps, Addison qui habite chez sa grand-mère, doit faire face à la folie apparente de cette dernière qui a perdu son fils Kenny, 23 ans plus tôt, disparu sur la route avec sa petite amie, le soir du bal de promo. Kenny apparaît régulièrement à sa mère en visions. C'est ainsi qu’il la prévient que la bête va venir récupérer quelque chose lui appartenant et qui a été enterré près de la maison familiale. Très vite, le monstre se met à nouveau en quête de proies pour terminer son cycle en ayant dévoré suffisamment d’individus avant de se reposer pendant vingt-trois années...



L'AVIS :

Vous l’aurez compris à la lecture de ce résumé, l'histoire de ce dernier opus de la franchise prend place juste après la fin du premier "Jeepers Creepers", vous savez, ce petit chef-d’œuvre horrifique de Victor Salva qui connut alors son heure de gloire après une longue traversée du désert, suite à une peine de prison de 15 mois pour cause d’attouchements sur un adolescent jouant dans son film "Clownhouse" !? Il aura donc fallu attendre un peu plus de 15 ans pour avoir cette séquelle entachée par le passif de Salva (qui a eu du mal au début à réunir les fonds nécessaires et ayant tout de même été obligé de supprimer une scène évoquant l'abus sexuel d’un beau-père sur une jeune fille de 13 ans, sur fond de dialogues ambigus…) et plus que jamais d’actualité avec le climat de ces derniers mois (avec « l’affaire Weinstein »). Alors qu’en est-il de cette nouvelle mouture à la genèse compliquée ?

On l'attendait donc au cinéma depuis des lustres et voilà qu’on le découvre en version télé pour la chaîne SyFy, avec une histoire qui n'a plus rien à voir avec le scénario prévu à la base. En effet, le film s’est longtemps appelé « Jeepers Creepers 3 : Cathedral », mais quid des édifices religieux puisque l’action se situe au milieu des champs et de quelques maisons alentour !? Pourtant, c’est bien la suite directe du premier opus devenu culte car se situant juste après la scène du commissariat et il fait aussi le lien avec le second, car se déroulant peu de temps avant l’épisode savoureux des jeunes dans l'autocar.



On va commencer inhabituellement par le casting car cela aura une importance pour la suite, pécuniairement parlant. Au vu de ce qui se déroule sous nos yeux ébahis, on a l’impression que l’on a beaucoup d'acteurs débutants voire « hors service » ou proches de la retraite dans ce film, car entre le shérif avec ses implants capillaires ultra visibles qui cabotine à mort, les jeunes gens ternes au possible qui se font occire et sont donc interchangeables à l’envi, le revenant Stan Shaw toujours aussi « burné » mais bien vieux désormais, une Meg Foster hyper ridée et assez flippante mais carrément sous-exploitée, on suppose que le budget a dû être infime. Heureusement, on a Gabrielle Haugh, une ravissante jeune femme à qui l’on souhaite une longue carrière…

On se dit alors que l’argent a donc dû être investi dans les effets spéciaux, mais non ! Les scénaristes et producteurs ont même choisi de faire se dérouler les trois quarts de l’intrigue en plein jour ! Cette décision coule donc le métrage car non seulement la photographie fait très amateur, mais en plus, l’incrustation des effets spéciaux numériques pique les yeux tellement elle fait tape-à-l'œil avec de la pyrotechnie à tout-va. Quant au design du Creeper (vêtu d’un pull rouge et qui sifflote désormais !) même s’il est toujours aussi effrayant, il laisse parfois à désirer, ce qui est risqué car on le voit beaucoup plus à l’écran que dans les précédents opus !



Tout cela pourrait passer si les acteurs ne débitaient pas des dialogues d’une platitude exagérée et que la narration ne soit pas si convenue. On se retrouve également avec des passages dignes d'une série B des familles, comme la longue séquence avec la main, ou encore celle avec les adolescents qui trouvent le camion avant de se faire exterminer, qui sont toutes deux sans intérêt autre que celui de gagner du temps et de faire avancer la péloche. On a aussi l’utilisation abusive de visions perçues par des médiums rendant les scènes longues et ennuyeuses, même si elles permettent d'en apprendre un petit peu plus sur le Creeper, dont le réalisateur disait vouloir éclaircir les origines…

Pourtant, tout n’est pas à jeter dans ce métrage car il y a une vedette : c'est la camionnette de la créature ! Son look vintage, son klaxon sinistre, ses multiples pièges et autres subterfuges qui seront fatals à tous ceux qui croiseront sa route, offrent les meilleures séquences du film (notamment celle du début) et grâce à elle, il y a positivement de l'action, malheureusement sabotée par un abus de SFX numériques assez hideux, il faut bien le dire.



Alors que penser de cette suite ? Que de prime abord on est déçu d’avoir attendu aussi longtemps pour un résultat aussi médiocre. On ne peut également qu’être désappointé de voir ce qu'est devenu le Creeper avec son aura malsaine amoindrie. Où est donc allée l'ambigüité glaçante du premier volet avec son sous-texte gay ? Où est passé également le sympathique jeu de massacre du second ? Disparus tous deux. Ici, nous n'avons le droit qu'à une vulgaire caricature télévisuelle, laide en plus d'être hyper creuse voire nébuleuse quant aux réelles intentions du réalisateur/scénariste à tendances pédophiles. Et le pire dans tout ça ? C'est qu'un quatrième volet devrait voir le jour ! On souhaite alors que Victor Salva prenne son temps pour réunir plus d'argent afin de réaliser la fameuse conclusion à laquelle on aurait dû avoir le droit. Sinon ce sera une seconde grosse déception assurée !