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Réalisation
Coralie Fargeat

Scénariste
Coralie Fargeat

Date de sortie
2017

Genre
Rape and revenge

Tagline


Cast
Matilda Lutz
Kevin Janssens
Vincent Colombe
Guillaume Bouchède...


Pays
France

Production


Musique
ROB

Effets spéciaux



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Moyenne: 4
(1 vote)
Chaque année, un riche chef d’entreprise retrouve deux de ses compères pour une partie de chasse dans une zone désertique. Mais cette année-là, Richard est venue avec la ravissante Jen, sa jeune maîtresse, qui ne laisse pas ses deux amis indifférents. Et pendant que leur acolyte s’absente quelques temps, l’un va violer la jeune femme sous l’approbation de son pote parti faire quelques longueurs dans la piscine de la villa où ils séjournent. Humiliée et apeurée, Jen s’enfuit dans le désert mais se fait rattraper par nos trois hommes. Trop de secrets (la tromperie de Richard, le viol de Stan, la non-assistance d’une personne en danger pour Dimitri) vont pousser ces derniers à tuer Jen. Balancée du haut d’une falaise et empalée sur un vieil arbre, la jeune femme est laissée pour morte. Mais, par le plus grand des miracles, la malheureuse n’a pas succombé à ses blessures ! Bien décidée à se venger, elle entreprend de retrouver ses trois agresseurs !



L'AVIS :

Après avoir débuté comme assistante-réalisatrice sur des film américains tournés sur le territoire français ("le cirque invisible" d’Adam Brooks et "femme fatale" de Brian De Palma), Coralie Fargeat réalise des courts métrages (dont "reality+" primé dans de nombreux festivals) avant de nous proposer son premier long-métrage intitulé "revenge".

A la manière d’un "Sam was here" (alias "nemesis" lors de sa sortie dvd/blu-ray), l’année précédente, "revenge" sera passé dans de nombreux festivals. Après des passages à Sitges (où sa génitrice remportera le prix du meilleur réalisateur), au TIFF (Toronto), à Sundance, au PIFFF (Paris) ou encore au Nocturna MIFFF (Madrid), c’est à Gérardmer que j’ai découvert ce fameux film de Coralie Fargeat, une semaine avant sa sortie officielle dans quelques dizaines de cinémas en France.

Annoncé comme l'une des œuvres phares de cette 25ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer (avec "ghostland" de Pascal Laugier, "cold skin" de Xavier Gens, "downrange" de Ryûhei Kitamura ou encore "les bonnes manières" de Juliana Rojas et Marco Dutra), "revenge" est un « rape and revenge » (entendez par là « viol(ence) et vengeance » pour les moins initié(e)s d’entre vous) en plein désert dans lequel une jeune femme va se venger de ses tortionnaires.

Souvent qualifié de « film de revanche féministe » (hé oui nous avons là une jeune femme guerrière qui va dézinguer du grand méchant mâle, n’hésitant pas à nous décrire les hommes du film comme des personnages machos, abjects, sans scrupule, voire même comme des animaux... ou encore à les mettre à nu pour le plus grand plaisir de la gente féminine...), inutile de dire que ce "revenge" qui ne fait pas dans la dentelle tombe à pic avec ce phénomène de société qui touche principalement le monde du showbiz mais pas que (le fameux #balancetonporc).



Soyons clairs d’emblée : si "revenge" s’avère être un sympathique divertissement (à ce niveau là je n’ai rien à redire, ayant passé un bon moment dans l’une des quatre salles géromoises du festival où il fut projeté) et bénéficie de quelques bonnes trouvailles, il faut toutefois avouer que ce dernier n’apporte pas grand chose de neuf scénaristiquement parlant dans le milieu du « rape and revenge » (bon d’un côté, ce sous-genre a toujours suivi les mêmes grandes lignes et on sort très très peu des sentiers battus, les cinéastes préférant user des codes bien définis qui continuent de fonctionner en raison du nombre finalement encore assez peu nombreux de bons « rape and revenge », à l’inverse d’autres sous-genres rongés jusqu’à la moelle comme les vampires ou les zombies par exemple...) fort apprécié chez de nombreux amateurs ou passionnés de films fantastiques et dont les fers de lance demeurent "I spit on your grave" ("day of the woman") et "la dernière maison sur la gauche"

Mais justement - je parlais dans le paragraphe ci-avant de « bonnes trouvailles » - ce qui marque très rapidement dans "revenge" est ce côté décalé et second degré totalement assumé/volontaire, ce petit brin de folie qui anime sa réalisatrice. Une touche humoristique assez rare, il faut le reconnaître, dans les « rape and revenge » et bienvenue (la métamorphose de notre petite poupée écervelée en véritable Rambo vengeur est surprenante et amusante à la fois).
Dès les premières minutes, aux allures très pop, pulp et colorées (la minette aux grosses lunettes de soleil, toute de rose vêtue et à la sucette en bouche qui descend de l’hélicoptère en mode lolita/poupée), nous comprenons que "revenge" fera dans l’humour et que sa projection se fera en mode « détente », le thème aussi sérieux soit-il étant passé à la dérision à notre grande surprise et pour notre plus grand plaisir.

Des moqueries et un sens de l’ironie que nous apprécierons tout au long du film de Coralie Fargeat. Des personnages ultra-stéréotypés (des mecs bien viriles, limites bestiaux, qui montrent rapidement leurs limites intellectuelles pour deux d’entre eux et commencent à perdre leurs couilles au fur et à mesure que le film avance pour finalement les prêter à cette petite nymphette un peu olé-olé alors transformée en amazone des temps modernes, apportant au film ce côté très « Kill Bill » / « Mad Max ») aux dialogues ne mettant clairement pas en valeur l’intellect de nos « chasseurs de femmes » (pour celles et ceux ayant vu le film, le fameux « mais est-ce qu’on est dans une putain de forêt ?? » restera sans aucun doute dans les annales de cette 25ème édition du festival de Gérardmer) en passant par des scènes parfois hilarantes (une plaie cautérisée avec une canette de bière chauffée au préalable va imprimer sur le ventre de Jen la marque de la boisson / l'extirpation très hasardeuse et sanguinolente d'un morceau de verre enfoncé dans le pied de Stan...), "revenge" saura sans aucun doute vous divertir par son humour.



Moins graphique que chez nombreux de ses aînés, la scène de viol se fait ici en majeure partie hors-champs mais demeure tout autant saisissante et remuante pour le spectateur. Face à ces coups de poings contre la baie vitrée contre laquelle la malheureuse Jen va vivre quelques minutes de souffrance en compagnie de Stan, on ne peut que détester ce gros lâche de Dimitri qui, pour éviter d’entendre les cris de notre pauvre victime, va dans un premier temps augmenter le volume sonore de la télé avant finalement d’aller faire des longueurs dans la piscine !

"Revenge" se veut également beaucoup métaphorique dans son approche du « rape and revenge ». Des rapides vues sur cette pomme qui s’oxyde progressivement nous décrivent l’état de santé décroissant de notre malheureuse Jen aux prises avec Stan, cet empalement brutal de la jeune femme sur un arbre mort reflète bien évidemment la métaphore phallique... De bien sympathiques idées parsemées par-ci par-là qui apportent un petit quelque chose d’original dans le traitement du « rape and revenge » qui nous est narré ici.

Et que serait un « rape and revenge » sans ce sentiment de solitude, d’impuissance et de détresse que dégage habituellement la victime au moment de la partie « rape » ? A ce niveau-là, l’isolement est parfaitement rendu avec cette villa perdue au beau milieu du désert, accessible uniquement par hélicoptère (qui d’ailleurs ne passe pas de manière fréquentielle mais ponctuellement sur appel téléphonique). Aucun doute, Jen peut hurler autant qu’elle veut et courir aussi loin qu’elle le souhaite : ces grandes étendues de sable et de terre qui entourent la villa sur des dizaines et des dizaines de kilomètres l’empêcheront de trouver de l’aide (et au pire la perdront...).

Autre bon point de "revenge", la nervosité et l’intensité de certaines scènes. Caricaturés au possible, Richard et Jen rentrent tous deux dans un état de férocité animale : sous une BO mêlant pop, électro et synthé parfois percutante, les balles fusent, les coups tombent, le sang gicle et tapisse les beaux murs blancs de la villa ! Brutal et jubilatoire dans certaines scènes très saignantes (mention spéciale à l'extirpation du morceau de verre enfoncé dans un pied), le film de Coralie Fargeat ne passe pas par quatre chemins pour rendre justice à cette belle amazone qui, bien qu’elle ait la peau maculée de sang séché, brûlée (par la cautérisation ou tout simplement le feu attisé pour se libérer de l’arbre où elle était empalée) et meurtrie de bleus et autres cicatrices, réussit étonnamment à garder ce côté sexy qui avait fait chavirer ses tortionnaires au départ.

Mais voilà, pour être réceptif à "revenge" (et notamment à cet humour bienvenue dans ce genre de production), il faut faire l’impasse sur certains défauts et notamment les nombreuses incohérences scénaristiques de taille qui ponctuent le film (l’état de santé finalement pas si inquiétant de Jen après une chute dans un ravin suivie d'un empalement sur un arbre / cette façon tirée par les cheveux de se libérer de l’arbre dans lequel elle est empalée / ces litres de sang que l'on peut perdre à deux reprises dans le film sans que personne ne s'évanouisse plus que cela / ces longues chevauchées en moto dans le désert sans jamais tomber en panne de carburant / la marque de la bière imprimée à l’envers sur le ventre de Jen...).
De toute façon, vous y croyez vous au fait de survivre sans grand bobo à cette chute d’une falaise suivie d’en empalement sur un arbre ? Non ? Hé bien dans ce cas, ne vous triturez pas les méninges et profitez de ce qui va suivre en vous disant que nous sommes tout simplement dans un bon gros délire/défouloir parfaitement assumé que vous a concocté là Coralie Fargeat!

De même, nous pouvons reprocher à "revenge" plusieurs lenteurs, le rythme n’étant pas toujours bien maintenu (1h30 aurait été bien suffisant pour ce genre de scénario), notamment lors de la « guérison » de Jen dans la grotte et surtout dans ce final long et très répétitif (un jeu du chat et de la souris qui devient vite lassant... sauf peut-être pour Mesdames qui apprécieront de voir notre beau Richard, alias Kevin Janssens, dans le plus simple appareil !) A cela, oui je réponds qu’il s’agit là effectivement du véritable problème de "revenge" : peut-être aurait-il fallu raccourcir certaines séquences pour ne pas perturber (voire même casser) le rythme ou alors trouver d’autres stratagèmes pour faire « passer le temps » (un quatrième homme à abattre par exemple...).



Au final, ce "revenge" est une bonne petite surprise dans le milieu du « rape and revenge » mais également pour le cinéma fantastique français. Très second degré, complètement décalé et bien nerveux/saignant par moments, le film de Coralie Fargeat se suit sans réel déplaisir !

De nombreuses incohérences ? Oui il y en a et à la pelle dans ce film !
Mais à cela j'ai carrément envie de dire "On s'en fout des incohérences qu'il peut y avoir ! Vous pensez vraiment que la réalisatrice n’a pas vu la plupart des incohérences que vous relèverez ? Prenez donc le film comme un bon petit défouloir parfaitement assumé sans chercher les petites erreurs scénaristiques et amusez-vous!" (comme dans un certain "cub" présenté quelques années auparavant sur Gérardmer : truffé d'incohérences mais tellement jouissif par moments!) A ce moment-là oui "revenge" est un fort sympathique divertissement malgré son rythme en dents de scie !








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