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Motivées par le fait de devenir de véritables stars des réseaux sociaux, Sadie et McKayla, deux adolescentes se faisant appeler les « Tragedy Girls » auprès de leurs followers sur la Toile, décident un jour de kidnapper et de séquestrer un tueur en série afin que ce dernier leur enseigne les rudiments du « métier ». Car en perpétrant des meurtres, nos deux jeunes filles espèrent percer dans le monde du crime et augmenter leur nombre de followers et ainsi faire grimper leur côte de popularité sur le Web. Malheureusement, la Police locale devient de plus en plus méfiante au fil des meurtres qui s’accumulent et s’intéresse de plus en plus aux cas de Sadie et McKayla, étrangement toujours informées des évènements tragiques qui surviennent dans leur ville, toujours là pour donner leurs avis et faire partager leurs opinions. Une situation qui se dégrade progressivement, d’autant plus que la relation entre les deux jeunes filles bat quelque peu de l’aile...



Après un premier film intitulé "patchwork" qui a raflé de nombreux prix à travers le Monde, le réalisateur Tyler MacIntyre récidive dans la comédie horrifique avec un deuxième long-métrage, "tragedy girls".
Après avoir fait la tournée des festivals en 2017 et avoir reçu 2-3 prix, notamment au Canada (meilleure comédie horrifique et meilleure musique à Toronto), "tragedy girls" a été projeté à Gérardmer lors de la 25ème édition du Festival International du Film Fantastique (ce dernier a pour l’occasion était sélectionné dans la compétition officielle).

Comédie horrifique à l’ambiance pop-gore pourrions-nous dire et sous fond de critique des réseaux sociaux, "tragedy girls" plonge le spectateur dans les périples de deux jeunes lycéennes, véritables serial killeuses en herbe, prêtes à tout pour devenir les stars de leur école et plus généralement les stars du monde virtuel que représentent des Facebook, Twitter, WhatsApp et autres Snapchat, Instagram ou Linkedln...
Et même si le message que véhicule le film de Tyler MacIntyre s’avère finalement assez creux, pour ne pas dire trop simpliste (les réseaux sociaux peuvent s’avérer dangereusement addictifs, une addiction qui peut rapidement faire perdre les pédales à certaines personnes plus influençables que d’autres ou tout simplement en mal de reconnaissance...), il faut bien reconnaître que malgré quelques petits défauts (sur lesquels nous reviendrons rapidement en dernière partie de chronique) "tragedy girls" demeure un bon petit divertissement.



Tyler MacIntyre nous livre là un teen movie horrifique faisant la part belle à l’humour et qui pourra rappeler notamment un certain "dance of the dead", sorti quelques années auparavant, pour ses gags gentillets, ses quelques éclaboussures d'hémoglobine bienvenues ou encore son esprit très « school » omniprésent (entre les premiers baisers fougueux et les entraînements de pom-pom girls, on se ballade régulièrement dans les salles de classe ou les couloirs du lycée bordés de vestiaires, sans oublier le sempiternel bal de fin d'année qui tourne forcément au drame...).

Servi par un casting féminin convaincant (les personnages centraux que représentent Sadie et McKayla sont justement interprétés), "tragedy girls" se suit relativement bien : nous prenons en effet pas mal de plaisir à vivre le quotidien peu commun de ces deux jeunes « héroïnes » complices aussi bien dans leurs fanfaronneries sur les réseaux sociaux que dans leurs meurtres mis en scène avec toujours beaucoup d’humour.

Car oui, nos deux serial killeuses sont en plein apprentissage et chaque meurtre possède ainsi son lot d’imprévus et de maladresses qui amusent la galerie et apportent un plus indéniable au film de Tyler MacIntyre. Des tentatives de meurtre plusieurs fois repoussées (la séquence où nos deux jeunes filles tentent de tuer un imposant black habitué des salles de sport est un vraie délice) à l’assassinat d’une camarade de classe qui a failli tourner au vinaigre à plusieurs reprises (elles se font démasquer par leur victime avant de manquer de se faire surprendre in extremis en plein « découpage » du corps) en passant par des pièges machiavéliques perfectibles, on rit devant les péripéties qui s’accumulent dans la première partie du film, au grand désarroi de nos jeunes tueuses bien loin encore d’égaler leurs sanguinaires et malsaines idoles.



Passés les démembrements, découpages à la scie circulaire, plantés de machette et autre ouverture de boîte crânienne dans la joie et la bonne humeur, nous regretterons cependant que "tragedy girls" ne parvienne pas à conserver le rythme effréné de sa première partie (oscillant entre meurtres maladroits et gags bienvenus). En effet, le film de Tyler MacIntyre souffre de plusieurs petits temps morts et d'un côté un peu trop gnian-gnian dans sa seconde moitié (hé oui la jeune meneuse Sadie tombe amoureuse et nous perdons rapidement le côté un peu fou-fou de l'entreprise qui nous plaisait tant au départ).

Une deuxième partie de film en demie-teinte qui perd cette touche d’humour qui faisait souvent mouche ainsi que ses quelques excès sanglants (qu’affectionne tout particulièrement le réalisateur) et qui nous amène vers un final quelque peu décevant, nous qui rêvions d’un ultime massacre tonitruant, déjanté et saignant à l’approche du bal de fin d’année tant attendu.
Des rebondissements moins présents (le film tombe quelque peu dans la monotonie), un côté fleur bleue qui tranche radicalement avec la première partie du film... Quel dommage que cette seconde moitié du film soit si différente de la première !
Et que dire du personnage du serial killer séquestré par nos deux jeunes filles qui s’avère être assez peu exploité au final (Sadie et McKayla voulaient se perfectionner sur les conseils de ce tueur en série qu’elles ont séquestré mais il n’en est finalement rien : les relations maître-élèves sont aux abonnés absents, à notre grand regret) et qui ne viendra mettre son grain de sel que dans quelques passages bien loin de figurer parmi les plus mémorables du film...



Malgré cette seconde partie de film un brin décevante, ne boudons toutefois pas notre plaisir : ce "tragedy girls" faisant dans le « gore-pop-fun » demeure une sympathique comédie horrifique au concept original et aux nombreux clins d’œil aux années 80 comme le soulignait d'ailleurs son réalisateur venu à la rencontre du public avant la première projection du film au festival de Gérardmer.








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