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Réalisation
Adrian Corona

Scénariste
Adrian Corona

Date de sortie
2017

Genre
Drame

Tagline


Cast
Bill Orbest Jr.
Loria Jo Hendrix
Peter Gonzales Falcon...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
-

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(1 vote)
Un ex-soldat au passé criminel se réfugie dans les bois en quête de solitude. Mais une étrange créature vivant aussi dans les environs cherche à récolter la semence des tueurs et le sang des damnés pour nourrir son jardin de mandragores. Seulement, à vagabonder trop près, notre ex-soldat va connaître une descente infernale et découvrir ce que cette légendaire mandragore recèle de si sombre...



Un film allégorique proposé par l'écrivain-réalisateur Adrian Corona qui ne manquera pas d'intéresser les amateurs du cinéma contemplatif.
Pour votre information, ce film a été projeté lors de la quatrième édition du Sadique Master Festival (édition 2018), festival couvert par votre dévoué Nicolas. Il s'agit là de la première chronique d'un film projeté lors de ce festival faisant la part belle au cinéma extrême-déviant-underground! (d'autres suivront)

La scène d'ouverture nous met directement dans le bain avec une séquestration alimentée par une déviance érotique peu commune. L'orgasme forcé permettra de récupérer une certaines quantité de fluides corporelles pour nourrir la plante mystérieuse de l'opérateur.

Après une scène d'intro aussi séduisante que troublante, nous voilà témoins du parcours d'un inconnu solitaire au lourd passé (interprété par Boll Orbest Jr dont certains se souviendront très bien de son rôle inoubliable dans "Circus of the dead") allant partout et nul part sans développement scénaristique. Aucun enjeu, aucun but, aucun repère; nous nous retrouvons dans la même situation isolée du personnage, visitant les bois et certains bâtiments en ruines avant de rencontrer une figure malfaisante qui bouleversera son quotidien paisible.



Bien que le rythme de son parcours soit des plus posés (il pourra l'être un peu trop pour le public avide d'action) et bien que le cheminement quotidien de notre protagoniste s'avère peu saisissant, on remarquera que techniquement, la réalisation est d'une élégance remarquable. Des cadrages minutieux et recherchés, une montée crescendo d'ambiance lourde qui s'effectue uniquement par les décors, l'absence de vie dans l'environnement de l'ex-soldat, la bande sonore pesante et la présence fantomatique de la créature qui le suit.

Ici l'esthétisme visuel devra combler le vide, de longues minutes perdues dans un cheminement sans objectif apparent. La désorientation du spectateur le poussera à s'interroger en contemplant l'avancement du personnage principal joué par un acteur dont l'expression faciale ne cesse de surprendre par son équilibre entre férocité et vulnérabilité; suite à une intro aussi surprenante, il est évident que Adrian Corona ne cherche pas seulement un film atmosphérique avec les moyens du bord.

Les 15-20 premières minutes sans dialogue réussiront néanmoins à agir sur le spectateur par sa machination visuelle et ambiante originale et pourtant tellement simpliste.



Mais "DIS" plongera ensuite brutalement dans une spirale malsaine aussi étrange qu'éprouvante. Certaines scènes reviennent sur la substance qui a soulevé les sensations des premières minutes en replaçant l'alimentation douteuse de la mandragore et les agissements sexuelles faîtes à notre pauvre homme saisi par la créature démoniaque qui va extraire les fluides de son intimité pour nourrir sa plante vivace.

On croirait voir un simple torture-porn, mais les séquences vont bien au-delà de ça et s'avèrent être une véritable expérience saisissantes et psychologiquement efficace.



La narration simplifiée au maximum ne sera qu'un outil de structuration de l'image pour ce long-métrage qui a une démarche, au final, purement artistique. Oubliez le divertissement une fois devant et soyez rattachés au personnage pour une immersion totale dans l'étrangeté d'un événement atypique.

N'hésitez pas à vous attarder sur ce petit conte d'épouvante viscéral et énigmatique où l'enchantement rencontre la perversion sans subtilité et avec une habilité visuelle qui vaut le coup d'oeil !








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