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Réalisation
James Quinn

Scénariste
Ju, James Quin

Date de sortie
2017

Genre
Insolite

Tagline


Cast
Man without a face
Elektriking
Dead Flesh
Kmsura...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
-

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.5
(2 votes)
Certaines personnes pensent que la Mort se présente comme un passage paisible vers un monde meilleur. Elles pensent que c'est pénétrer dans une douce lumière et laisser sa vie derrière soi dans un bref moment de soulagement. Et si ces gens-là avaient tort ? Et si la mort n'était qu'un voyage éternel dans une agonie implacable, vous confrontant avec tout ce que vous avez détesté et dégoûté durant votre existence terrestre ? Et si la mort n'était qu'un voyage sans fin au cœur de vos phobies les plus primitives parmi la saleté, la souffrance et la peur ? "Flesh of the Void" est là pour représenter visuellement cette réalité cauchemardesque. Maintenant, le néant est votre seul Dieu.



Fondateur de la maison de production indépendante Sodom & Chimera, James Quinn est l'auteur de plusieurs clips musicaux ainsi que de quelques court-métrages tels que "Law of Sodom", "The Temple of Lilith", "Sulphur for Leviathan" et d'autres. Après avoir marqué la communauté du cinéma underground sur le net avec un trailer absolument dérangeant, le réalisateur de films obscurs livre son premier long-métrage très attendu, "Flesh of the Void", ne s'écartant pas de son style habituel.

Tourné sur Super 8 et 16mm avec une image granulée et contrastée, l'expérimentation qu'offre son nouveau cauchemar rappellera aux cinéphiles ce bon vieux "Begotten" compte tenu de ses effets crépitants et de l'étrangeté de son contenu. En plus de son inspiration de "Pi", "Antichrist" et "Pig" (Nico B.), le cinéaste utilise sa touche personnelle toujours liée à l'occultisme, en particulier l'univers propre à la goétie et au satanisme.



Mêlant cette thématique à celle de la mort et de la noirceur de l'inconscient humain, l'univers de ce film dégage une aura infernale liée aux peurs, aux troubles et à la folie humaine. Un voyage à l'intérieur de l'Être au moment où la Mort vient le retirer du monde physique.

Sa schizophrénie en période d'adolescence lui a permis de retranscrire visuellement les tourments sulfureux et effroyables à travers un parcours chtonien élevé à un degré suffisant pour provoquer un sentiment de malaise chez le spectateur.

Proche d'une série de séquences que l'on trouverait dans la scène du Dark ambiant ritual, cet ofni aura de quoi offrir quelques plans sublimement macabres et morbides sur fond d'un son bourdonnant très lourd et assez puissant pour couper l'observateur de sa réalité.

Ici la mort n'a plus rien de poétique, la fascination pour son mystère est annihilée par sa face sombre et cruellement inquiétante. Les silhouettes et visages humains aux regards livides à peine visibles, c'est la parfaite représentation de l'absence de vie après la terrible agonie.

Le caractère ténébreux des images picturales ne sont pas sans rappeler l'incontournable cauchemar filmique de "La femme qui se poudre" de Bokanowski. Mais si l'allure démoniaque et sinistre de "Flesh of the void" est quasi-irréprochable, c'est dans le fond de son contenu qu'il est susceptible de nous laisser dans le doute.

Si les films tels que "Pig" ou "Begotten" laissaient apparaître une étincelle de lisibilité dans le traitement de leurs allégories, celui-ci ne nous donne pas de pistes assez claires pour affirmer si cet exercice de style joue uniquement sur sa forme au risque d'être finalement superficiel, ou s'il tente de dévoiler certaines pièces de puzzle pour percevoir autre chose qu'un condensé de séquences hermétiques.



Mis à part le fait qu'on puisse avoir l'impression de contempler l'apparence des anti-mondes originaires de l'Arbre qliphotique et mises à part les nombreuses scènes blasphématrices pointant du doigt le christianisme (le prêtre qui se masturbe sur la photo d'un enfant est un des exemples de lourdeur présents dans le film, une lourdeur si absurde que les catho riront de ce qui est censé les choquer), on reste au final dans l'impasse sans avoir le moindre indice sur l'utilité ou la symbolique de telle ou telle créature, même si certaines sont plus familières que d'autres. Et c'est là où je pose la cause de mon sentiment d'incomplétude: c'est dans le manque d'outils essentiels au décryptage.

On doit donc se contenter uniquement de vivre et ressentir l'atmosphère poisseux d'un film qui avait un potentiel terriblement colossal.

Certes, le pessimisme lié à l'après-vie, le blasphème, l'illustration des émotions liés au dernier souffle et le ton fantasmagorique des images spectrales ont de quoi faire plonger chaque spectateur dans un rêve noir démoniaque et malsain à souhait, mais rien ne sera révélé avec suffisamment de clarté pour qu'on ait un espoir de le déchiffrer.

Même s'il peut s'avérer être un des films expérimentaux les plus troublants et intéressants de ses dernières années, ça ne fait pas de lui le meilleur dans son domaine et la lassitude risque également de surgir dans le dernier quart-d'heure.



L'environnement sinistre, les créatures déchues, les scènes blasphématrices, les images incantatoires... voici les vrais points forts d'un film obscure qui faisait parler de lui avant que les acheteurs reçoivent leur exemplaires DVD, et qui maintenant risque de tomber légèrement dans l'oubli à cause du très peu de retours d'avis à propos de cette œuvre frustrante pour les initiés, mais probablement suffisamment efficace pour les récepteurs peu exigeants. "Flesh of the void" n'est donc pas la claque dévastatrice tant attendue, ni le gros film instantanément culte qu'on espérait, mais il a le mérite d'offrir quelques saveurs impures grâce à son travail technique remarquable.

Espérons que James Quinn améliorera la lisibilité de ses métaphores dans ses prochains projets obscures. Car l'hermétisme n'est pas forcément quelque chose d'incompréhensible. Illustrer les émotions de l'agonie est une chose, savoir le faire avec un approfondissement c'en est une autre.

Mais tentez l'expérience et vous en retirerez de belles images glauques malgré tout !








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