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Le professeur Beckmeyer exerce l’anthropologie à Sydney. Son grand-père lui a laissé en héritage un vieux document filmé, dans lequel des indigènes s’acharnent sur une drôle de créature qui semble être… un loup-garou ! Fasciné par cette théorie, Beckmeyer apprend qu’une communauté de loups-garous vit bien en Australie. Cette espèce est très particulière : il s’agit de loups-garous marsupiaux ! Mais, alors que lui décide de les protéger et de les étudier, les autorités ne sont pas de cet avis, préférant éliminer toute la tribu avant qu’elle ne contamine le monde. La situation devient encore plus délicate lorsque Donny, assistant-réalisateur de films d’horreur, tombe amoureux d’une jolie jeune femme lycanthrope, Jerboa, laquelle vient de s’échapper de son clan...



L'AVIS :

Après un premier volet formidable réalisé par Joe Dante en 1980, "Hurlements" se voit affublé d’une suite en 1985, "Hurlements 2" tel que baptisé chez nous, réalisé par un metteur en scène d’origine française, Philippe Mora. Considéré à juste titre comme un incroyable nanar, malgré la présence du grand Christopher Lee, cette ( fausse ) séquelle du chef-d’œuvre de Joe Dante restera dans les annales pour ses nombreuses séquences improbables et délirantes. Cette réputation peu glorieuse ne va pas aider les épisodes qui vont suivre, la saga des "Hurlements" restant connue pour ses piètres qualités. Et pourtant… Si l’on y regarde de plus près, les épisodes qui succèdent à ce piteux second chapitre sont bien loin d’être les navets sur lesquels bien trop de monde s’acharne. Il serait temps de réhabiliter ces suites, qui, sans demeurer des chefs-d’œuvre absolus, restent des petites productions très sympathiques, ne prétendant jamais égaler le métrage original.

Philippe Mora, après l’échec cuisant du second opus, réitère mais ne tombe pas dans le piège précédent. Autant "Hurlements 2" reste un produit techniquement bâclé, mal joué, ennuyeux, vulgaire et peu drôle, autant cette nouvelle mouture va se révéler plus intelligente et attachante qu’il n’y parait. Exit l’humour vulgos, si Philippe Mora continue de faire dans l’humour, ce sera plus sur le ton de la parodie, avec la description d’un univers bien bigarré. Toujours basé sur l’œuvre de Gary Brandner, bien que le film diffère totalement du troisième ( et dernier ) roman de la série, ce "Hurlements 3" rehausse sans mal le niveau pitoyable de son prédécesseur. Mora s’y montre plus amusant, plus créatif, plus distrayant et même plus talentueux. Tout d’abord, ses comédiens parviennent plus à retenir l’attention. Barry Otto ( que l’on reverra dans le "Punisher" avec Dolph Lundgren ) est un acteur confirmé, même si peu connu par chez nous. On retrouve aussi Max Fairchild, que l’on avait pu voir successivement dans les deux premiers "Mad Max". Sans oublier la touche féminine assez inoubliable, la splendide Imogen Annesley, dont, je l’avoue, être tombé raide dingue amoureux lorsque j’ai découvert cette oeuvrette.



"Hurlements 3" se distingue par son ton décalé, très drôle, jamais vulgaire, toujours cocasse, et ses allers-retours entre divers styles. On débute donc avec un film d’horreur qui semble sérieux, puis ça vire très vite au comique et à la parodie teintée de clins d’œil au cinéma d’épouvante. On continue avec une fable écologique, une histoire d’amour aussi romantique que touchante et niaise, mais c’est assumé et même voulu. Ce n’est pas fini : la dernière partie nous propose un style proche des feuilletons amoureux au ton mélancolique. Puis ça revient vers le comique total, histoire de bien nous montrer que tout ceci, c’est pour rire !!

Aussi risible qu’attachant, "Hurlements 3" s’élève largement au-dessus du précédent volet. D’ailleurs, les effets spéciaux, dûs au créatif Bob McCarron ( futur auteur des excès gores de "Braindead"‘ et de "Body trash" ), sans être exceptionnels, sont néanmoins assez impressionnants. On retient notamment quelques jolies transformations, ainsi qu’un bébé lycanthrope top mimi.

De nombreuses scènes parviennent à faire rire sans problème : le réalisateur de films d’horreur, qui tourne avec une équipe de sympathiques ringards, ressemble à Alfred Hitchcock, faisant en permanence des références à "Psychose" et à Andy Warhol, alors qu’il tourne un nanar de première classe. Le personnage de Donny aperçoit la belle Jerboa, assise sur un banc dans un parc de Sydney, puis se met à courir après sur fond d’une chanson pop top fun. Impayable !

Mais surtout, le concept du loup-garou marsupial reste un cas d’école, en soi assez délirant pour qu’on s’en souvienne !



Si ce troisième chapitre peut parfois laisser pointer quelques longueurs, il emporte néanmoins l’adhésion grâce à son atmosphère débile assez unique, ses personnages aussi crétins qu’attachants, ses rebondissements aussi improbables qu’imaginatifs ( vous en connaissez beaucoup, vous, des ballerines lycanthropes qui se métamorphosent en pleine danse ? ), son côté très typé eighties ( aahh, ces entraînantes chansons pop made in Australia ), sa double histoire d’amour ( ben oui, le professeur Beckmeyer est assez malin pour en pincer pour une autre lycanthrope ), ses superbes décors naturels du bush australien et ses nombreux élans parodiques. En plus, c’est bien filmé et assez rythmé dans l’ensemble.

Toujours inédit sur support numérique dans notre pays, ‘Hurlements 3’ est sorti en deux éditions VHS, chez CBS-Fox vidéo ( location, boîtier et jaquette en grand format ) puis chez Fox-vidéo tout court ( vente, collection ‘Les plus grands frissons’, boîtier et jaquette petit format ). Ces cassettes sont encore assez trouvables. A noter que la superbe affiche ( celle du quatrième épisode lui ressemble beaucoup ), les slogans et résumés semblent faire croire au spectateur qu’il s’agit d’un film d’horreur purement sérieux. D’où le choc important lors de la première découverte !



Pour le DVD, il existe quelques éditions aux USA et en Allemagne notamment. Le disque allemand, au format 16/9, est proposé en coffret avec les épisodes 4, 6 et 7, avec la version anglaise d’origine. Il ressort avec les mêmes épisodes un peu plus tard, mais sur deux disques au lieu de quatre, donc exit la version originale. Attention au fameux Blu-ray américain, présentant le film avec les épisodes 5 et 6 sur un même disque : format 4/3, mais surtout, aucune trace de haute définition, excepté le menu fixe du disque !! Les trois films sont justes proposés en définition standard sur une galette Blu-ray… L’arnaque totale, même si le prix est peu élevé. Pour dire, la VHS Fox propose une image plus précise et lumineuse !

Pour info, le film a été restauré il y a quelques années pour être projeté dans les salles de cinéma de Sydney. Une réhabilitation dans son pays d’origine qui serait la bienvenue par chez nous, tant ce sympathique petit métrage mérite une redécouverte et, surtout, une meilleure réputation. S’il le faut, j’irai manifester dans la rue avec une banderole pour la réhabilitation du film. Même si je suis seul, jmenfous !!!









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