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Mary Adams est une romancière spécialisée dans le fantastique. Suite à des visions d’horreur incessantes, la jeune femme tombe en dépression. Son médecin la pense surmenée, alors Mary décide de prendre du recul, quitte Los Angeles et part en compagnie de son mari Richard à la campagne. Ils y louent une charmante petite maison perdue au fond des bois, située non loin d’un village où le temps semble s’être arrêté, Drago. Mais, chaque nuit, Mary entend d’étranges hurlements. Ses visions, plutôt que de s’atténuer, empirent. Son mari, sceptique, ne croit pas à la présence d’un animal sauvage dans la forêt. Alors qu’il s’absente une journée pour un rendez-vous en ville, Mary fait la rencontre d’une ancienne nonne. Celle-ci lui raconte que par le passé, le village de Drago était maudit, et aurait abrité une communauté de loups-garous. Mary comprend alors la raison de ses visions de cauchemar. Mais n’est-il pas déjà trop tard pour fuir ?



L'AVIS :

Après un troisième opus réalisé en 1987, la saga hétéroclite des ‘Hurlements’ se poursuit l’année suivante avec ‘Hurlements 4’ ( c’est bien de savoir compter ). Cette fois, exit Philippe Mora, exit l’humour parodique, la production souhaite revenir au concept initial, qui a fait le succès du premier chapitre. Place donc à cette nouvelle mouture nommée ‘The original nightmare’, histoire de bien montrer que l’entreprise est sérieuse. Pour enfoncer le clou, on embauche un réalisateur habile et qui a déjà fait ses preuves : John Hough. On se rappelle de lui pour quelques excellents films, en particulier le road movie blindé de poursuites en bagnoles ‘Larry le dingue, Mary la garce’ avec Peter Fonda et Susan George, ainsi que les très bons métrages d’épouvante ‘La maison de damnés’ avec Roddy McDowall et ‘Incubus’ avec John Cassavetes. L’homme travaille même pour la Hammer en mettant en boîte ‘Les sévices de Dracula’. Avec un tel CV, ce quatrième épisode s’annonce plutôt bien. Hélas, la production va se révéler très délicate. Afin d’économiser sur le budget, le tournage est délocalisé en Afrique du Sud. On remarque d’ailleurs au générique la présence du producteur Avi Lerner, futur boss de la boîte Nu image, qui tournera essentiellement ses films à petit budget en Afrique du Sud. Autour de lui, d’autres investisseurs, dont le controversé Harry Alan Towers. Sur les lieux, l’équipe attend l’arrivée imminente d’une bonne partie du budget. Cette attente sera vaine, puisque la somme n’arrivera jamais ! L’équipe doit donc se contenter de ce qu’elle a, c’est-à-dire des moyens extrêmement limités. Cette coupe imprévue dans le budget va donc réduire considérablement les ambitions du film. Le tournage, selon les sources, se révèle chaotique. John Hough, pourtant metteur en scène confirmé, semble être mal à l’aise avec les effets spéciaux et les maquillages de Steve Johnson, se révélant peu habile pour les éclairer et les filmer convenablement. Du coup, l’atout de valeur du métrage, la présence de ce génie des effets spéciaux, très reconnu déjà à l’époque, est terriblement émoussé. Le résultat final va décevoir tout le monde.

Prétendant se hisser au niveau du premier film de la série, ce quatrième chapitre échoue hélas dans sa mission pourtant encourageante. Au final, le film, s’inspirant des trois romans de Gary Brandner, reprend vaguement la structure et le type de personnages du premier opus. La romancière Mary Adams, dépressive, est une nouvelle version de Karen White, la présentatrice TV qui, elle aussi troublée mentalement, part se ressourcer en pleine nature, pour y découvrir une communauté de lycanthropes. Le mari, dans les deux films, va être séduit par une belle jeune femme qui va le contaminer. Le final se déroule dans un bâtiment qui va brûler ( une grange dans l’original, une église ici ). Si, sur le papier, ce concept, partagé entre le remake, la nouvelle adaptation d’un roman et l’hommage au film culte de Joe Dante, éveille l’attention, il échoue à convaincre dans la réalité. La faute à un montage plutôt mou, qui ne parvient pas à accélérer un rythme bien trop lent, ni à cacher les lacunes d’un budget rachitique. Si la photographie et l’atmosphère générale parviennent à maintenir l’attention, se révélant très réussies, c’est ce rythme anémique qui gâche le spectacle. Le métrage s’enlise dans de très longues séquences de dialogues qui n’en finissent plus. Et blablabla que j’ai des visions qui me font trop peur, et blablabla mais Mary ce sont des démons qui sont la cause de tout ça, et blablabli ce sont des loups-garous, et blablablo mais arrête de dire des conneries, les loups-garous ça n’existe pas, mais blablabla blabliblo mais si ça existe, patati patata mais non ce sont des renards qui hurlent dans la forêt, patata patati je vais t’en mettre moi des renards, tu vois bien qu’il n’y a rien du tout !!!



Les personnages de Mary Adams et de sa nouvelle copine Janice, l’ancienne nonne, passent leur temps à blablater sur les origines des monstres, du village, enquêtent mollement en interrogeant tout le monde, se promènent à droite et à gauche… Bref, vous avez le temps d’aller vaquer à quelques occupations sans rien perdre du déroulement du film. Les scènes présentant un peu d’action, dans les trois premiers quarts du film, sont hélas très peu nombreuses : un couple de touristes qui se perd va être dévoré ( hors champ ) par les lycanthropes, Mary va retrouver la tête de son caniche dans les bois, Richard sera mordu par sa séductrice… et c’est à peu près tout. N’espérez donc pas voir des créatures velues un peu partout. On retient par contre une bonne idée, lorsque Mary aperçoit une trace de griffes sur la porte d’entrée de la maison. Mais rien d’autre à signaler en particulier. Le dernier quart d’heure va enfin se révéler rythmé, mais hélas c’est un peu tard et le film va passer au générique de fin avant même que nous ayons réellement eu le temps de nous amuser un peu. Cette dernière bobine enchaîne les effets spéciaux spectaculaires : Richard fond comme une crème glacée au soleil avant de se reconstituer en créature poilue, des lycanthropes aux faciès grimaçants essaient d’attraper Mary, des loups aux yeux rouges courent dans le village et pénètrent dans l’église où l’écrivaine et son amie les attirent dans un piège. Le ‘boss’ final est un énorme loup-garou particulièrement impressionnant, bien filmé, dans des plans certes trop courts mais pour le coup terriblement efficaces. Le talent de Steve Johnson n’est déjà plus à prouver.

Au bout du compte, c’est une curieuse impression qui nous reste : le film, qui se traîne à une allure mollassonne, accélère subitement la cadence lors de ce trop court final. Cela fait quelque peu hybride, on a la sensation d’avoir loupé une bobine, ça fait inachevé, et les problèmes de production se ressentent rien qu’au déroulement bancal de ce ‘Original nightmare’. L’œuvre est néanmoins sauvée par une interprétation assez solide, une photographie réussie, un soin particulier étant apporté aux atmosphères oniriques ( les rêves où l’héroïne court dans de beaux ralentis en plein coeur des bois, au milieu d’une forêt brumeuse, sont superbes ), plus bien entendu ses effets spéciaux redoutablement efficaces, même encore aujourd’hui. Rien ne vaut les effets de plateau et les maquillages authentiques !



Au casting, les cinéphiles auront bien sûr vite reconnu Michael T. Weiss ( T pour Terry ), qui n’était pas encore connu pour sa célèbre série télévisée ‘Le caméléon’. Autour de lui, quelques figures peu connues mais qui font bien leur job. Romy Walthall s’en sort pas mal, elle a un joli minois, bref elle est plutôt agréable. Pareil pour sa partenaire Susanne Severeid, ainsi que pour la mystérieuse et troublante artiste, incarnée par Lamya Derval , qui va se révéler être une louve particulièrement vicieuse. On pense beaucoup à Elisabeth Brooks qui séduit Christopher Stone dans le premier chapitre, notamment via une superbe séquence érotique, encore plus poussée ici. Antony Hamilton, hélas un peu relégué au second plan pendant une grosse partie du film, prête son charisme indéniable à un personnage pourtant classique ( un collègue et ami de l’héroïne qui rend son mari jaloux ). Comédien ayant notamment participé à la série ‘Mission impossible, 20 ans après’, Hamilton décède dans la fleur de l’âge en 1995, à seulement 42 ans, des suites d’une pneumonie déclenchée par le VIH. On repère enfin Clive Turner, ici scénariste, qui campe un bref rôle de dépanneur loup-garou. Turner sera scénariste, producteur et acteur sur les films suivants de la série.

‘Hurlements 4’ échoue dans les grandes lignes à convaincre, cependant, il contient quelques beaux restes. On retient en particulier des décors naturels très bien filmés et porteurs d’une ambiance inquiétante, des effets spéciaux convaincants, quelques comédiens intéressants, malgré un rythme terriblement mou du genou qui plombe l’ensemble. A noter, la superbe chanson du générique, interprétée par Justin Hayward, le leader des Moody blues.



Pour la vidéo ( le film est d’ailleurs inédit en salles ), deux cassettes VHS françaises existent, tout d’abord une locative éditée par le label Unicorn studios ( boîtier et jaquette grand format ), puis une à la vente chez Fox-vidéo qui sort dans sa belle collection ‘Les plus grands frissons’ ( boîtier et jaquette petit format ), collection qui fera les belles heures des nombreux bacs de supermarchés. En effet, Fox prenait pour habitude de sortir une douzaine de titres par vagues successives vers le mois de février dans les années 93/94, avec des prix très concurrentiels ( 79 ou 89 francs ). Des cassettes dupliquées avec soin, ce qui causera la perte de certains éditeurs bon marché moins axés sur la qualité. Mais ceci est une autre histoire… Pour le DVD, inutile de le chercher en France, car, comme pour les épisodes 2 et 3, il reste inédit chez nous ( tous les autres sont par contre disponibles ). Il faut donc se tourner pour voir le film en VO vers les USA et l’Allemagne notamment. A noter ce coffret allemand qui regroupe les épisodes 3, 4, 6 et 7, présentant la version anglaise d’origine sur la première version du coffret, mais seulement un doublage allemand sur la seconde version. Pas de haute définition à l’horizon pour le moment, hélas.