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Auteur
Graham Matserton

Editeur
Neo Plus

Date de sortie
1988

Nombre de pages
276

Langue
français

Couleur
Non



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Moyenne: 6
(1 vote)


Lorsqu'on est critique gastronomique et qu'on a fini par se lasser de la cuisine médiocre que proposent les restaurants américains, on se sent plein d'appétit en apprenant l'existence d'un restaurant français très fermé, perdu au fin fond du Comté de Lichfield, dans le Connecticut. Aussi Charlie McLean, qui fait sa tournée en Nouvelle-Angleterre en compagnie de son jeune fils Martin, n'aura-t-il de cesse d'y être admis. Sans succès. En attendant, Charlie s'installe dans une curieuse pension de famille et ne tarde pas à rencontrer sur son chemin la mystérieuse silhouette de ce qui lui paraît être un nain revêtu d'un capuchon blanc à cagoule. Puis il surprend son fils en grande conversation avec cet être inquiétant. Et, peu après, Martin disparaît.

Charlie entame alors une enquête au cours de laquelle il entend de folles rumeurs au sujet du fameux restaurant français qui se nomme Le Reposoir, de son propriétaire, M. Musette, et de l'Église des Célestins dont il est le Guide Suprême et qui recouvre une sinistre secte qui enlève les enfants et les adolescents pour les faire participer à des cérémonies cannibales et d'auto-mutilation. Pourchassé à la fois par la police et par les séides des Célestins, Charlie devra affronter, en compagnie de Robyn, la jeune journaliste qui le suit dans son aventure et dont il s'éprend peu à peu, de terribles épreuves et faire un horrible sacrifice pour empêcher Martin de succomber au Rituel de chair...

L'AVIS :

Surnommé le "Stephen King anglais", l'écrivain Graham Masterton est en effet un auteur très à l'aise dans le domaine du fantastique et de l'épouvante. La majorité de ses ouvrages ont connu un véritable succès littéraire, que ce soit "Le Faiseur d'épouvante", "La maison de chair", "Le Djinn", "Le démon des morts", "Le portrait du Mal' ou bien encore "Le Miroir de Satan".

En 1988 sort "Rituel de Chair", un roman absolument "exquis", comme vous allez le constater.

Si vous avez lu le résumé ci-dessus, vous savez donc à quoi vous attendre. Aux mésaventures de Charlie, un papa critique en gastronomie, qui n'a jamais eu le temps d'être à la maison ou de s'occuper de son fils Martin. Pour tenter de renouer des liens, Charlie emmène Martin faire une tournée gastronomique. La relation père/fils est intéressante dans sa complexité et nombreux sont les nuages noirs qui viennent virevolter au dessus des deux héros de ce livre. Relation tendue, manque de repère et de compréhension, dur pour Charlie de se rapprocher de son fils qu'il connaît à peine. Quant à ce dernier, difficile de considérer un homme qui n'a jamais été là pour lui comme son père.

La fragilité de Martin va être le déclencheur de la sordide histoire que va nous proposer Graham Masterton. Le jeune homme va en effet être pris sous la coupe d'une secte mystique, les Célestins. Ces derniers, sous la responsabilité de monsieur Musette, sont persuadés que Jésus Christ va réapparaître une fois le "rituel de chair" accompli dans son ensemble. Un rituel qui porte bien son nom puisqu'on parle bien de cannibalisme ici ! Martin va totalement adhérer aux principes des Célestins, laissant son père dans un profond désarroi. Ce dernier, conscient de ce qu'il va arriver à son fils (qui devra s'auto-mutiler et manger sa propre chair) va tout faire pour le sortir de l'emprise de monsieur Musette.

La tension et le suspense sont savamment entretenus et les multiples tentatives de Charlie pour extraire son fils de la secte des Célestins vont nous tenir en haleine au fil des pages. Les personnages sont bien décrits, leur psychologie bien développée. Les membres des Célestins mis en lumière au cours du récit font froid dans le dos, de part leur implication totale dans le processus d'auto-ingestion qui ne manquera pas provoquer des haut-le-coeur aux lecteurs non avertis ou sensibles. Certaines descriptions d'auto-dégustation nous emmènent aux limites de la nausée. La séquence dans laquelle Charlie doit se sectionner un doigt pour le faire frire et le déguster m'a fait serrer les dents.

Très agréable à lire au niveau du style, Rituel de Chair se dévore littéralement (normal vu le sujet !) et nous fait franchir les barrières de la folie mystique à travers le thème tabou du cannibalisme. C'est en ce qui me concerne une totale réussite dont j'ai eu du mal à décrocher et laisse des marques dans mon esprit. Je le conseille vivement à tous les fans du genre !

6/6 - Stéphane Erbisti