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Réalisation
Mel Welles

Scénariste
Edward Di Lorenzo

Date de sortie
1971

Genre
Savants fous

Tagline


Cast
Joseph Cotten
Rosalba Neri
Paul Muller
Mickey Hargitay
Herbert Fux


Pays
Italie

Production


Musique
Alessandro Alessandroni

Effets spéciaux



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(1 vote)
Le Baron Frankenstein, aidé par le docteur Charles Marshall, désire finaliser ses expériences de transplantation en greffant un cerveau frais dans un corps qu'il a lui-même construit. Il tente de dissimuler son projet à Tania, sa fille, qui a terminé ses études de chirurgien et qui vient d'arriver au château. Profitant d'une nuit orageuse, le Baron déclenche l'expérience qui s'avère une réussite. Malheureusement, sa créature se retourne contre lui et le tue avant de s'enfuir. En découvrant son père assassiné, Tania n'a plus qu'une obsession : poursuivre les expériences de ce dernier et créer une nouvelle créature qui aura suffisamment de force pour se battre contre celle qui sème la terreur alentour. Dans le même temps, le capitaine de police Harris mène son enquête sur plusieurs meurtres qui seraient les faits d'un monstre selon la population...



L'AVIS :

Au début des années 70, le cinéma d'épouvante connaît un net déclin de qualité et d'intérêt. La Hammer Films, maître-étalon du genre, poursuit tout de même dans cette voie et va tenter de dynamiser ses productions en leur incluant quelques éléments érotiques et une violence plus accentuée, comme dans "The Vampire Lovers", "Les Horreurs de Frankenstein", "Vampire Circus", "Dr Jekyll and Sister Hyde" ou "La Fille de Jack l'éventreur" par exemple. Mais malgré ces efforts, le cinéma d'épouvante ne résistera pas longtemps face à l'arrivée des films d'horreurs plus réalistes et agressifs qui vont débarquer durant cette décennie 70, à l'image de "La Dernière Maison sur la Gauche", "L'Exorciste" ou "Massacre à la Tronçonneuse" entre autres. Toujours est-il qu'en 1971, Dracula, vampires, fantômes, momies et créatures de Frankenstein ont encore la cote auprès d'une certaine partie du public, adorateur de cette ambiance gothique qui envoûte et fait frissonner. Le cinéma d'épouvante italien n'ayant rien à envier à celui des Anglais, c'est donc en pays transalpin que le réalisateur américain Mel Welles va tourner "Lady Frankenstein", en lui injectant les éléments cités ci-dessus, à savoir de la violence et du sang et un peu d'érotisme. Je précise bien qu'il s'agit d'érotisme léger, et non pas de pornographie, comme a voulu nous le faire croire le distributeur français du film à l'époque, qui l'intitula Lady Frankenstein, cette Obsédée Sexuelle ! Du grand n'importe quoi puisqu'on est avant tout en présence d'un pur film gothique, dans la grande tradition du genre.



Au casting, on trouve la présence, curieuse et surprenante, de Joseph Cotten dans le rôle du Baron Frankenstein. Un acteur qu'on ne présente plus, ayant tourné pour Orson Welles, Alfred Hitchcock, King Vidor ou bien Henry Hathaway et qui, vers la fin de sa carrière (il est décédé en 1994 mais sa dernière apparition date de 1981 dans Le Survivant d'un Monde Parallèle) sera présent dans de petites séries B bien moins glorieuses que ses films phares. Il interprète donc, durant la première demi-heure, notre fameux Baron et sa composition est agréable même si elle n'a rien de mémorable. Fait assez rare, son associé n'est pas un bossu monstrueux mais un vrai gentleman, à savoir le docteur Marshall, interprété par Paul Muller, acteur possédant lui aussi une filmographie pléthorique. Les amateurs de cinéma Bis seront quant à eux heureux de retrouver le visage bien connu de l'acteur autrichien Herbert Fux, célèbre pour avoir été un bourreau sans pitié dans le violent La Marque du Diable en 1970 entre autres. Il interprète ici le chef d'un gang de déterreurs de cadavres, le film faisant de nombreuses allusions aux célèbres Burke et Hare évidemment. On appréciera particulièrement son comportement macho envers Tania Frankenstein quand celle-ci aura besoin de ses services. Tania Frankenstein, parlons-en d'ailleurs, puisqu'elle est l'héroïne du film et qu'elle lui donne son titre. Notre Lady Frankenstein est merveilleusement campée par la belle actrice italienne Rosalba Neri, qui trouve avec le film de Mel Welles l'un de ses meilleurs rôles.



Déterminée, aussi folle que son cher papa, Tania Frankenstein va nous faire aller de surprise en surprise, notamment quand elle énonce au docteur Marshall son plan diabolique pour créer une nouvelle créature. Le docteur étant amoureux d'elle, notre lady va se servir des sentiments de ce dernier pour obtenir son approbation quand au prélèvement de son cerveau pour qu'elle puisse le greffer dans le corps de Thomas, le jeune homme à tout faire du château, au corps parfait mais à l'esprit peu développé. Ne pouvant résister aux charmes de Tania (vu le physique de Rosalba Neri, on le comprend), le docteur va donc aider cette dernière à tuer Thomas pour se servir de son corps comme réceptacle de son propre cerveau. L'amour rend fou paraît-il, on en a encore un parfait exemple ici. La séquence du meurtre de Thomas est excellente et totalement bis : Tania Frankenstein, entièrement nue, fait l'amour à Thomas pendant que le docteur Marshall l'étouffe avec un oreiller. Le dernier souffle de Thomas se confond avec le cri d'extase de Tania, ou quand Eros rencontre Thanatos ! Si Lady Frankenstein affiche un peu de nudité et quelques moments bien dans l'esprit du cinéma Bis, avec notamment le faciès de la première créature, salement amoché comme vous pouvez le voir sur l'affiche du film, il n'en oublie jamais d'être un beau film d'épouvante gothique traditionnel et c'est bien ce mélange des deux univers qui en fait tout son charme et son intérêt. Mel Welles adore le cinéma d'épouvante et il a mis toute sa passion pour ce genre dans Lady Frankenstein. Le tournage a eu lieu dans un vrai château pour les scènes d'intérieur, avec de beaux costumes et un soin particulier apporté au détail et à la décoration. Les scènes extérieurs profitent du cadre champêtre de la région et se révèlent agréable à l'oeil. Un choix payant donc, le château et ses alentours étant très cinégéniques. Toutes les séquences se déroulant dans le laboratoire ont par contre été tournées en studio. Le principe de la création de la créature reste le même que dans le Frankenstein de James Whale, auquel Mel Welles rend hommage à plusieurs reprises, comme dans la scène où la créature jette une jeune femme dans un lac. Ce n'est pas une petite fille et elle est entièrement nue mais impossible de ne pas y voir un gros clin d'oeil à la séquence culte jouée par Boris Karloff et la petite Marilyn Harris dans le film de 1931.



On appréciera également les scènes dans lesquelles les villageois, armés de torche et de fourche, veulent se faire justice eux-mêmes : une figure de style classique dans ce type de film. Très honnêtement, ce Lady Frankenstein a de solides arguments à faire valoir. La mise en scène tient la route, le casting est bon, les éclairages sont soignés tout comme les costumes (Rosalba Neri enchaîne les jolies robes) et ce mélange entre épouvante vintage et cinéma Bis décomplexé fait son petit effet. Bref, que vous soyez fan de la thématique de Frankenstein, du cinéma d'épouvante ou de Rosalba Neri, je vous conseille la vision de Lady Frankenstein, surtout que l'éditeur Nucleus Films vient de le sortir en Blu-Ray dans une copie restaurée et surtout intégrale (99 minutes contre les 85 minutes vues habituellement), avec STA et une foule de bonus (non sous-titrée), faisant de cette édition la plus complète sur ce film à ce jour. A titre comparatif, on peut dire que Lady Frankenstein annonce le Chair pour Frankenstein de Paul Morrissey qui verra le jour deux ans plus tard......

Disponible en BR chez NUCLEUS FILMS






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