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Alors qu’ils reviennent d’un petit séjour à Venise, deux amoureux se rendent dans les Alpes. En chemin, ils tombent sur une femme qui les dirige vers un petit village en bordure d’une forêt dans laquelle sévissent des démons et une sorcière malveillante...



L'AVIS:

Dans la fin des années 80, un petit film transalpin distribué par la firme Troma voit le jour et fait un petit tour des festivals en se vantant d’être l’un des films italiens les plus gores jamais réalisés.
Mise en boîte par un illustre inconnu répondant au nom d’Andreas Marfori, ce film intitulé "evil clutch" (que nous pourrions traduire par « griffe maléfique ») est sorti par chez nous grâce à l’un de nos éditeurs préférés, à savoir Uncut Movies.

Mais que vaut réellement ce fameux film gore italien dont il est question aujourd’hui ?
Pour le savoir, lancez-vous dans la lecture de ces quelques paragraphes qui suivent !



Ne tournons pas plus longtemps autour du pot : "evil clutch" n’est clairement pas une réussite. Et pourtant, comme nous le verrons dans la seconde partie de cette chronique, le film d’Andreas Marfori possède quelques atouts indéniables, malheureusement englués dans un scénario, des interprétations et une réalisation ô combien perfectibles (doux euphémisme pour ne pas dire « catastrophiques » par moments).

Car oui, malgré une bande-annonce aguicheuse semblant montrer un bestiaire varié et des scènes gores en veux-tu en voilà, "evil clutch" n’est pas du tout la petite perle de série B que nous étions en droit d’attendre.

La faute en premier lieu à cette narration lente, longue, redondante et franchement guère intéressante (un scénario qui s’étend en longueur pour finalement ne pas montrer grand chose en 1h25 de pellicule).
Passée une première partie d’environ 45 bonnes minutes sans grand intérêt (nous suivons un jeune couple de touristes faisant la connaissance d’une jeune femme intrigante puis d’un vieil illuminé qui vont blablater et blablater et blablater...) durant laquelle nos deux protagonistes principaux vont se balader un peu partout sans réel but sinon celui finalement de trouver un endroit pour dormir, le film commence enfin à montrer une petite poignée de péripéties bienvenues quand nos démons tant attendus et notre vilaine sorcière vont se manifester.

Inutile de dire que l’attente fut longue, très longue même, car « original » et « dynamique » ne sont clairement pas les qualificatifs que nous pourrions utiliser pour décrire le film d’Andreas Marfori. "Evil clutch" se perd en effet dans des scènes de « ballade », de dialogues inutiles et de plans redondants qui n’ont pour unique effet que de faire bailler un spectateur qui commence à s’enfoncer progressivement dans son canapé.

Rajoutez à cela un jeu d’acteurs fort mauvais (notre héroïne notamment en fait des caisses par moments et peine clairement à dégager la moindre émotion dans son interprétation bien médiocre) et des personnages crétins (des réactions illogiques comme celle de retourner bêtement dans la gueule du loup ou encore celle de suivre un illuminé dans les bois sans la moindre hésitation...) qui viennent donner un nouveau coup dur sur ce "evil clutch".



Et pourtant le film d’Andreas Marfori parvient à nous tenir éveillé grâce à deux composantes essentielles : l’ambiance et les effets spéciaux.

Avec son histoire (certes pas bien originale) de sorcellerie et de démons tapis dans l’obscurité de la forêt avoisinante, "evil clutch" parvient à nous plonger dans un univers sombre et glauque pas trop mal retranscrit (des bois menaçants, de vieilles ruines peu accueillantes... le tout assaisonné de petits jeux de lumières sympathiques).
Cette présence démoniaque qui rôdent dans les environs (le métrage présenté ici nous fait indéniablement penser à Sam Raimi et son "evil dead", notamment dans sa façon de filmer en vue subjective notre entité maléfique qui se déplace en flottant au ras du sol dans la forêt ; sans oublier des racines d’arbres qui vont s’en prendre à l’un de nos deux protagonistes...) apportera cette petite touche quelque peu oppressante par moments.

Outre le fait de proposer des maquillages plutôt soignés et rappelant entre autres un certain "Démons" de Lamberto Bava, "evil clutch" bénéficie d’effets spéciaux de bonne facture.
Réalisés à l’ancienne (vive les prothèses caoutchouteuses et le sang non numérisé pour l’époque !), ces derniers s’avèrent bien saignants par moments (décapitation très brutale et graphique, mains écrasées puis arrachées, émasculation féroce, égorgement...) et parviennent parfois à nous faire oublier le temps de quelques secondes (car ces passages sanguinolents ne sont quand-même pas bien nombreux) la pauvreté du scénario ou encore la fort mauvaise prestation des acteurs et actrices du film.
Dommage qu’en fin de métrage un budget probablement dépassé pousse l’équipe du film à rapidement boucler cette histoire, nous empêchant de voir les corps morts se réanimer comme nous étions en droit de nous attendre en les voyant soudainement bouger (nous aurons droits à de gros plans sur les cadavres, quelques tremblements de ces derniers et puis plus rien...). Une petite frustration donc en toute fin du film qui vient finalement nous rappeler que nous sommes ici face à un long-métrage naviguant entre la série B et le Z un brin fauché.



Au final, "evil clutch" n’est certes pas la petite série B saignante, dynamique et divertissante promise par la bande-annonce mais ce dernier parvient tout de même à faire un peu passer la pilule en proposant notamment une histoire à l’ambiance glauque et parfois oppressante servie par de jolis effets de lumière et surtout des effets spéciaux à l’ancienne bienvenus.

Certes cela ne fera pas oublier un scénario bas de gamme, un jeu d’acteurs déprimant, des personnages naïfs (pour ne pas dire crétins) ou encore un rythme non soutenu mais ces rares bons points ont au moins le mérite d’exister pour donner un léger charme à ce film rare déniché par Uncut Movies et proposé à un prix très attractif (moins de 10€).








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