RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Le Binh Giang

Scénariste
Le Binh Giang

Date de sortie
2017

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Ta Quang Chien
Tram Pimrose
Hoang Ba Son
Nguyen Tony


Pays
Vietnam

Production


Musique
/

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5
(4 votes)
Un groupe de meurtriers, de nécrophiles et de cannibales agissent autour de la chaîne de restauration rapide Fried Chicken. Cette étrange absurdité lie ces histoires alors que nous suivons les travailleurs de la chaîne de restaurant rapide qui ont été brutalement assassinés...



L'AVIS :

Le Binh Giang est le genre d'étudiant en cinéma à ne pas obtenir de diplôme faute d'avoir écrit un scénario trop violent pour le conseil des examinateurs.
C'est trois ans après, suite à quelques réalisations de court-métrages, que le jeune et talentueux réalisateur vietnamien décide de relancer son projet sous la forme d'un long-métrage (d'une durée courte de 1h08 cependant).

"KFC"... Un titre qui laisserait présager une sorte de film gore satyrique à la "Poultrygeist" principalement centré sur la célèbre chaîne de restauration rapide; mais ce n'est pas le cas. Ici, le restaurant n'est que le point de rencontre des personnages, un simple décors se situant sur les lieux nourris par la violence. Mais on rapprochera évidemment cet élément, pourtant mis à l'écart, d'un sujet important de l'intrigue: le cannibalisme. Mais là encore, cet ingrédient n'est mis en avant qu'à certains moments.
Mais alors de quoi parle ce curieux "KFC" ?



En gros, on se retrouve devant une bande de (très) jeunes malfrats liés par un passé très sombre de leur enfance qui vont plonger dans un cercle de vengeance sans compromis.
Et c'est sur ces liens tissés comme une toile d'araignée et la structure scénaristique que Le Binh Giang va exceller. En effet, l'ensemble du film est déstructuré afin d'enchaîner les événements présents et passés sur la même trame et sans transitions, ni repère.
Avec un peu d'analyse à la porté de tous, la complexité de l'histoire évolue comme une boucle qui se ferme correctement au dernier plan du film. Un écriture minutieuse et précise allant dévoiler quelques petits détails importants sur la profondeur des personnages et leur histoire, juste ce qu'il faut pour recoller les pièces du puzzle sans aucune difficulté, ni plus, ni moins. Un scénario simple décortiqué et modelé à la perfection pour dévoiler les causes des conséquences en toute discrétion.

Mais qu'en est-il de la forme du film et de son contenu ? Quelle est cette "interdiction aux moins de 18 ans" qui apparaît sur le boîtier du DVD ?
Et bien en réalité, outre la maîtrise d'écriture et son aspect de film d'auteur, "KFC" s'avère être un pur film de genre incroyablement malsain et affreusement dérangeant.
Sous ses airs grand-guignolesques probablement inspirés des scènes gore grotesques d'Herschell Gordon Lewis, le film de Le Binh Giang aura de quoi provoquer de profonds malaises du début à la fin (surtout à la fin...).



Portées par une atmosphère continuellement froide, acide et morbide, les séquences d'ultra-violence s'enchaînent avec sécheresse, radicalité et sont dotés d'un réalisme absolument terrifiant proche du documentaire. Un montage brut, des cadrages assez voyeurs, un silence constamment inquiétant, une narration très brève et des enfants s'adonnant à des agissements purement immoraux (nécrophagie, témoins et opérateurs d'atrocités).
Un cercle vicieux où la personnalité dérangée de chaque jeune protagoniste s'étend même jusqu'à la stoïcité face à la mort et à l'extrême violence.
Des jeunes désaxés nés de parents dérangés; mention spéciale pour ce père chirurgien aussi abominable que répugnant. Sa progéniture prenant plaisir à consommer de la chaire humaine et faisant goutter à sa petite camarade des parties intimes masculines avant que cette dernière vomisse de dégoût dans le mélange Pepsi-Coca du garçon...qu'il dégustera naturellement malgré les poils qui s'y trouvent...



Aucun doute, le Vietnam vient de nous livrer un des films asiatiques les plus extrêmes de la décennie avec une déviance et une démence à en faire rougir Takashi Miike.
Comme si Larry Clark et Harmory Korine s'associaient pour rendre hommage aux classiques du cinéma gore.

Un film d'horreur transgressif juvénile qui soulève des tabous à travers une matière sanglante hyper malsaine et une mise en scène épatante.








Du même réalisateur :