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Michael reçoit un jour un mail contenant une vidéo lui montrant son meilleur ami Chris en plein délire, celui-ci prend en effet quotidiennement de la méthadone. Il décide alors de l’aider à se désintoxiquer et le rejoint dans son squat en pleine forêt afin de le convaincre d’aller plus tard en cure. Dans un premier temps, il va réussir à le sevrer en le menottant à un tuyau de radiateur tout en éloignant les dealers potentiels. Mais c’est à ce moment-là que d’étranges événements ont lieu, notamment la découverte de bobines et diapositives anciennes semblant raconter un passé sordide, mais aussi un possible futur…



Pour leur premier coup d’essai, les réalisateurs Justin Benson et Aaron Moorhead choisissent le parti pris de la caméra à l’épaule et malgré quelques clichés éculés (des images et films mystérieux style found footage trouvés inopinément, une cabane version "Evil dead" sise dans les bois et obligatoirement installée dans une réserve indienne avec tout ce que ça sous-entend côté malédiction, etc.), ils nous apportent tout de même une bouffée d'air frais. Le film est certes techniquement victime de son petit budget mais il présente un vrai scénario de genre. Resolution se construit lentement comme un thriller, puis devient un drame psychologique et se transforme en un casse-tête truffé de paradoxes et de protagonistes atypiques.

Ainsi, outre Michael venu aider son ami toxicomane Chris à s’en sortir, viennent également poindre leur nez dans la cabane éloignée : des dealers venus réclamer leur dû, un propriétaire foncier amérindien et son gang menaçant se présentant pour expulser les occupants, un promoteur immobilier intrigant mais confondant Michael et Chris avec les détenteurs de l'acte de propriété, ainsi qu’une secte religieuse apocalyptique se livrant à des actes étranges. Michael s'efforcera de garder le contrôle de la situation afin de gagner assez de temps pour remettre Chris en forme pour qu'il retourne à la civilisation. Malgré la menace représentée par les intrus bizarres, la vraie tension reste à venir. En effet, quelqu'un...ou quelque chose regarde et enregistre tout ce que Michael et Chris font. Mais comment est-ce possible ? Une présence semble se rapprocher de plus en plus et pourtant, Michael ne peut détecter l'observateur ! A la recherche d'indices, il découvrira d'étranges images filmées par une équipe d'anthropologie disparue, puis repèrera Byron, un curieux voisin vivant dans une caravane et doté d'une philosophie peu orthodoxe. De là, l'histoire plongera dans des paradoxes troublants. Les copains drogués de Chris et le propriétaire foncier convergeront vers une confrontation finale inéluctable. Des événements époustouflants éloignent Mike et Chris de la réalité objective et de tout sentiment de contrôle sur leur destin…



Un des intérêts principaux du long-métrage réside dans le climat et l’ambiance des lieux, le côté mystique de la forêt et des grottes troglodytiques environnantes rappelant un peu l’univers de "Twin Peaks" avec cette menace invisible qui rôde, la délimitation entre la tangibilité et le pur cauchemar étant extrêmement ténue. Le point d’orgue survient lors de cette séquence extrêmement singulière de la rencontre avec le chercheur français susmentionné et vivant dans sa roulotte. Il tendra un miroir vers Michael pour accoucher d’un plan qui condense l’idée même du film : la mise en abyme des personnages finalement prisonniers de leur condition, tout en se questionnant sur la conclusion de cette histoire. Le long-métrage se termine au fil des éléments matériels retrouvés, Michael et Chris en sont dépendants (voire accros, un peu comme des drogués finalement !) pour se guider et y trouver leur destinée, le fameux dénouement arrive et laisse littéralement sur son séant. Sans trop en dévoiler, on peut y voir : soit l’apparition d'une entité venue réclamer son dû, soit une allégorie de nous, spectateurs, ironisant sur notre propre désir d’avoir enfin une conclusion ou nous, en tant que joueurs d’un jeu vidéo d’un genre nouveau arrivés à son terme ou bien tout simplement l’auteur/scénariste venu en hors champ rappeler ses personnages à l'ordre quant à la conclusion de ce film, tout est alors permis !



Un film dans un film donc, venu briser la logique habituelle des films dits « de genre » et nous plongeant à corps perdu dans le paranormal. Les dialogues dénotent une certaine simplicité mais toutefois à peine on met les pieds dans cette cabane que l’on est directement conquis par les discussions entre les deux potes dont l’amitié s’est malheureusement fragilisée au fil des années et surtout on est scotché par la performance étonnante de Vinny Curran, criant de vérité en junkie. Bref, des acteurs peu connus mais parfaits pour une plus grande empathie les rendant tout à fait attachants malgré leurs caractères dûment établis et pouvant paraître communs (le modèle de réussite américain classique face à l'autodestructeur). Filmé dans un pavillon à moitié achevé en construction, éclairé par des lampes à crochets et sans musique de fond, le travail intime avec une caméra accroît le réalisme, un peu comme si on voyait un documentaire. La technique est efficace parce que la résolution se résume à la déconstruction progressive de la réalité. Au moment où nous nous en sommes rendus compte, nous avons accepté la réalité de ce qui s’est passé, mais le filet de protection a été retiré sous nos pieds !

Pendant tout le film on est assez bien tenu en haleine, malgré quelques baisses de rythme dommageables à cause de dialogues creux sans réel intérêt dans la trame scénaristique, ainsi que de certaines micro scénettes un poil répétitives. Resolution est donc très intéressant, mais narrativement, il contient de gros coups de mou et quelques maladresses ce qui nous convainc définitivement qu’avec un meilleur budget le film aurait pu être carrément mieux développé et beaucoup plus abouti !



Ainsi, à l’instar de "Spring" ou encore de "The endless" réalisés par le même duo américain (qu’on aperçoit d’ailleurs dans ce métrage), Resolution est un poil trop long et aurait gagné en rythme à se voir retirer une bonne dizaine de minutes car certaines scènes sont dispensables. On prend toutefois du plaisir à visionner cette incursion dans le fantastique par des biais autres que ceux auxquels on est habitué. C’est intrigant, pas mal joué et la fin sujette à de multiples interprétations, est vraiment super bien vue car très originale. Mais ce qu’il y a de plus intéressant encore c’est que ce long-métrage donne certaines clés pour la résolution du mystère du dernier film de Benson et Moorhead, la boucle semble donc être bouclée…









Du même réalisateur :

SPRING
ENDLESS - THE