RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Cliquez pour noter..
Depuis qu’ils ont appris qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants, plus rien ne va plus entre Karen et John dont la vie de couple ne ressemble plus qu’à une cohabitation de deux étudiants dans un même appartement. Le jour où ils apprennent que le Monde est en proie à une pandémie qui transforme chaque humain en mort-vivant, ils n’ont d’autre choix que de suivre les instructions du Gouvernement et de se cloîtrer chez eux en attendant l’arrivée des secours. Une promiscuité qui va les rapprocher de nouveau alors que la menace dehors, grandissante, va bientôt frapper à leur porte...



L'AVIS:

Décidément la Suède avait le vent en poupe lors de la 26ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer. Alors que le pays scandinave était présent en Compétition Officielle avec les deux longs métrages "aniara" et "the unthinkable" (sans oublier que la réalisatrice Carolina Hellsgard du film allemand "endzeit – Ever after" est suédoise, tout comme Sonny Laguna et Tommy Wiklund, les réalisateurs de "puppet master : the littlest reich" qui fut trois fois récompensé à la Perle Des Vosges), le Hors-Compétition avait également son porte-drapeau suédois avec le film « zoo » dont il est question ici dans ces quelques lignes (le long-métrage est plus précisément d’origine danoise et suédoise).

Avec également le surprenant "Dachra", l’inévitable "freaks" (plusieurs fois primés en festival sur 2018 d’où peut-être sa non-sélection en Compétition Officielle dans les Vosges), le déjanté "girls with balls" (qui aura su faire revivre la Nuit Décalée) et le frenchy réussi "l’heure de la sortie" (avec un Laurent Laffite en grande forme une fois de plus), la catégorie Hors-Compétition avait une fois encore de la gueule dans les Vosges (nous en viendrions presque, comme certaines années, à préférer de manière générale le Hors-Compétition). Et ce n’est pas le film "zoo", déjà présenté à Sitges en 2018, qui viendra nous faire penser le contraire !

Car oubliez son pitch ma fois classique sur bien des aspects : le film d’Antonio Steve Tublén va véritablement vous surprendre ! Un long-métrage qui aura su assurément se faire une petite place dans cette 26ème édition du festival géromois, à en croire les rires dans la salle lors de la projection ou encore les applaudissements une fois le générique de fin apparu sur l’écran..



Difficile de classer ce film même si ce dernier sent bon la comédie sentimentale et le drame. Nous passons en effet par des atmosphères radicalement opposées, des tons différents, et par conséquent des émotions diverses et variées tout au long du film.
Alors que « zoo » commence de façon dramatique (un couple morose, ne se parlant pas, créant un réel malaise et une certaine empathie pour l’homme qui semble souffrir de la situation), l’humour s’installe assez rapidement dans le récit (notre couple retisse des liens et suit des entraînements intensifs un brin exagérés avant de se retrouver face à des voisins quelque peu envahissants qui vont alors donner naissance à des sournoiseries, du cynisme ou encore de l’hypocrisie qui me rappelaient étrangement le cinéma de l’espagnol Alex de la Iglesia) pour finalement céder la place à la terreur (l’arrivée de pilleurs et de violeurs dans l’appartement) avant de terminer sur la touche dramatique du début mais avec ce petit côté larmoyant, beau et cruel à la fois en plus (je n’en dirai pas plus pour éviter tout spoiler dommageable).

Tout un programme donc qui ne faiblit à aucun moment dans sa narration (le rythme est suffisamment maintenu, entre humour et péripéties bienvenus) même si nous n’oublions pas le fil conducteur du récit : le couple formé par Karen et John et plus précisément les relations qu’entretiennent nos deux protagonistes principaux.

A l'instar du film de Dominique Rocher "La nuit a dévoré le monde" (présenté justement à Gérardmer l’année précédente), le zombie est ici un prétexte pour permettre l'isolement d'un couple instable et la détresse de ces derniers (qui ne sont déjà pas en grande forme...), sentant leurs dernières heures comptées. Nous le savons, la survie passe bien souvent par l’entraide et le huis-clos qui s’est alors instauré par nécessité va rapidement permettre une certaine promiscuité et donc un rapprochement inévitable entre nos deux tourtereaux qui ne communiquaient plus vraiment dans leur quotidien.

Comprenez par là que vous ne verrez pas beaucoup de morts-vivants dans "Zoo", la menace venant bien de l'extérieur mais plutôt d'humains non contaminés (des voisins envahissants et des pilleurs) qui viendront perturber l'équilibre déjà instable de notre couple ne s'adressant presque plus la parole. Deux home-invasions coup sur coup surprenants et radicalement opposés (le premier nous gratifiera de bons moments de fou-rires tandis que le second, plus brutal, changera radicalement la donne pour basculer dans la violence et l’horreur) mais qui s'avèreront être tous deux de véritables épreuves pour la reconstruction de ce couple.



"Zoo" a le mérite d’être porté par des acteurs et actrices de très bonne facture interprétant des personnages hauts en couleur.
Ici les femmes sont fortes, bien plus que les hommes qui sont plus effacés derrière leurs compagnes et finissent systématiquement par acquiescer face aux décisions prises par ces dernières.

Ainsi Karen, notre héroïne plus que charmante, s’avère être une vraie pile sur pattes. Autoritaire, farfelue (notre chipie pique dans les pièces à convictions à son travail des drogues, stupéfiants et stimulants qu’elle va s’administrer tout en initiant un John prêt à tout pour prouver à sa femme qu’il sait lui aussi s’amuser et passer pour l’amant parfait) mais surtout machiavélique (il faut se débarrasser de ces voisins squattant chez eux) et spontanée (le genre à foncer et réfléchir après, comme en témoignent ses nombreux vols de tout et n’importe quoi dans les appartements voisins vidés de leurs occupants au lieu de ramener un maximum de nourriture). Karen est un personnage qui reste assurément en mémoire de par sa singularité et son côté imprévisible : il s’agit indéniablement du protagoniste central du film d’Antonio Steve Tublén, celui par qui tout arrive (aussi bien les fou-rires que les drames).

Face à notre couple, nous avons ces « personnages électrons », entendons par là ces personnages qui gravitent autour de Karen et John et qui représentent des menaces certaines. Des voisins envahissants, véritable danger pour les rationnements alimentaires (un homme quelque peu naïf et se laissant dicter toutes les tâches de la maison – comme trier les chaussettes de Karen et John - sans rechigner avec à ses côtés sa femme bien moins docile souhaitant prendre l’ascendant sur ses hôtes ! De bons moments en perspective !) puis des brutes violentes profitant de la pandémie pour piller les appartements (et pourquoi pas abuser sexuellement des malheureuses qui croiseraient leur chemin) : le danger est bien là mais ce dernier n’est finalement pas celui que l’on croit (le zombie, ndlr). « Tant mieux ! » pourrions-nous dire une fois le film terminé car en plus de sortir des sentiers battus à de maintes reprises (les films de morts-vivants sont devenus légions...), ces interactions entre humains non écervelés s’avèrent bien plus croustillantes, drôles et poignantes que si nous avions eu affaire à de simples zombies.



Même si le film d’Antonio Steve Tublén baisse quelque peu en rythme dans sa dernière partie un poil émouvante (entendons par là quelques lenteurs peu gênantes), n’allons surtout pas bouder ce que nous venons de voir. "Zoo" est en effet un très bon petit film mêlant comédie, tragédie et fantastique qui se hissait selon moi à la première marche de la catégorie Hors-Compétition du festival de Gérardmer cette année-là !








Du même réalisateur :