RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Cliquez pour noter..
Après de nombreuses années d’absence, le Prince Ganglim revient au royaume coréen de Joseon suite au décès de son frère. Alors que des complots naissent au sein du royaume pour faire basculer le pouvoir et accélérer la chute du père-roi de Ganglim, une épidémie transforme les humains en bêtes sanguinaires assimilables à des démons.



L'AVIS:

Après avoir réalisé son premier long-métrage "a wonderful moment", un drame musical qui marqua les esprits des coréens, puis "confidential assignment", un polar qui remporta un énorme succès en Asie (plus de 7,8 millions d’entrées rien que dans son pays d’origine), Kim Sung-Hoon se lance dans un film fantastique intitulé "rampant" où des humains transformés en démons envahissent un royaume coréen.

Deuxième film présenté en compétition dans le cadre de la 26ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, "rampant" est une fresque épique asiatique d'un peu plus de deux heures nous narrant les mésaventures d'un prince de retour au pays qui va entrer en conflit avec le régime autoritaire mais également avec des démons ayant peuplé une partie du pays.



Un contrat parfaitement rempli pour Kim Sung-Hoon qui nous offre là un film alternant action, film de sabre, horreur et histoire avec un rythme très soutenu et des interprétations convaincantes.

Entre complots/trahisons (une vraie organisation secrète prête à en découdre avec le Pouvoir), multiples attaques de démons et petites touches d'humour disséminées par-ci par-là dans le scénario (nous retiendrons surtout les interventions et prises de parole amusantes du serviteur et ami du Prince Ganglim), impossible de s'ennuyer devant ce "rampant" qui fit figure de blockbuster dans la Compétition Officielle du festival de Gérardmer en début 2019.

Riche en péripéties et scènes de combats, le film de Kim Sung-Hoon est un très bon divertissement, haletant et dynamique, dont nous oublierions presque les petits défauts au profit de cette aventure épique mêlant contexte politico-social, action et fantastique.

Car des défauts, il y a en assurément bien que la plupart soient comme gommés face à ce spectacle ô combien palpitant. Parmi les principaux, nous pourrions citer notamment ce dernier acte peut-être un peu trop « grand spectacle » qui s’étend en longueur dans sa grande scène de combat final durant laquelle notre gentil héros tout comme notre vilain méchant ont bien du mal à passer l’arme à gauche (un héros qui aurait dû mourir par exemple plusieurs fois sous les attaques multiples de démons qui l’entourent par centaines !)

Notons aussi quelques passages prévisibles ô possible ou encore ces scènes faisant l’objet de points d’orgue dans la narration censés nous faire vivre de grands moments émotionnels avec la mort de deux protagonistes faisant partie du « camp des gentils héros » mais qui finalement prêtent bien plus à sourire face à tout cet artifice utilisé (violons à gogo, plans fixes sur les regards effarés des survivants...).

Enfin, certain(e)s reprocheront au film de Kim Sung-Hoon de ne pas proposer de grandes effusions de sang, "rampant" demeurant très soft à ce niveau malgré des décapitations et des membres sectionnés bien présents lors des scènes de combats (mais sans verser dans l’hémoglobine qui tache). Un côté « grand public » qui se fait ressentir à ce niveau même si l’horreur graphique est bien présente comme nous le verrons ensuite.



Visuellement époustouflant (des paysages et des décors magnifiques dont certains lugubres à souhait comme un village abandonné ou des prisons sinistres, sans oublier ces scènes de combats comptant des dizaines et des dizaines de figurants), "rampant" a également le mérite de vous mettre face à des sortes de morts-vivants (ici vendus tels des démons même si le mode de transmission du virus, par morsure principalement, reste identique) réunis par centaines.

Nous avons en effet rarement vu autant de contaminés sur un écran (pour cet aspect, nous pouvons citer parmi les principaux concurrents à notre film coréen "l’armée des morts" de Zack Snyder, le pseudo-remake de "zombie", ou encore "world war z" de Marc Forster). Ces scènes de concentration de personnes contaminées dans les couloirs de la prison où ces bêtes sanguinaires envahissent soudainement le moindre petit espace libre entre les cellules sont impressionnantes (certains démons sont à moitié écrasés contre les murs ou les barreaux des cellules par leurs semblables tellement les impulsions sont violentes, à l’image d’un terrible raz de marée qui pénétrerait dans des bouches de métro pour inonder les couloirs souterrains).

Notons également que l'esthétisme de chacune de ces créatures est très soigné (des visages décomposés/meurtris, des déambulations désarticulées, des craquement d’os...), un aspect important qu’il fallait souligner dans cette chronique. La moindre scène mettant en avant l’un de ces contaminés est prenante de réalisme, les maquilleurs et SFX makers ayant vraiment le souci du détail pour rendre ces espèces de zombies horribles et menaçants.



Blockbuster coréen mêlant action/aventure et fantastique avec une connotation politico-historienne, "rampant" est une agréable surprise qui, même s’il n’échappe pas à certains défauts (des passages hautement prévisibles ou encore un dernier acte « grand spectacle » qui s’étend en longueur et peine à s’achever), parvient à remplir le contrat fixé qui semblait être de divertir les spectateurs avec une narration riche en péripéties et en scènes d’action en veux-tu en voilà.
Je vous conseille sans hésitation de sortir au prochain arrêt du train de Busan pour vous rendre dans le bateau (et le palais) de "rampant"!








Du même réalisateur :