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Le monde est devenu fou et anéanti car il a été envahi par d’imposants monstres ayant détruit des villes entières. Au milieu de cette véritable apocalypse, un survivant solitaire muni d’une batte de baseball rentre dans une salle de cinéma pour s’y réfugier. L'intérieur ressemble beaucoup au monde extérieur : il est déchiré en lambeaux, des morts et des membres variés jonchent le sol et diverses créatures se déplacent. L’homme n’est pas découragé et, au lieu de se battre contre les bêtes conquérantes ayant entraîné l’enfer sur Terre, il attrape du pop-corn, s'installe sur un siège et se prépare à regarder des courts métrages d’horreur. Et nous aussi !



L'AVIS :

Il existe deux types de films omnibus horrifiques : ceux qui contiennent plusieurs épisodes différents, tous réunis comme des éléments cohérents (à l’instar des pierres angulaires "Creepshow" et "Darkside les contes de la nuit noire") et ceux où plusieurs courts-métrages, précédemment sortis ou vus séparément sur le circuit de différents festivals, sont regroupés dans un conglomérat de mini-films afin d’en faire un long-métrage (comme "All Hallows Eve 2" ou encore "Galaxy of horrors"). Monsterland est un exemple typique de cette dernière variété et se présente comme une collection de segments rassemblés par « Dread Central » (site Web américain fondé en 2006 consacré aux nouvelles d'horreur, aux interviews et aux critiques de films d'horreur, de bandes dessinées, de romans et de jouets !) et présentés en quelque sorte comme une anthologie.

Comme le film d’horreur à sketchs est un peu mon péché mignon, je vais, comme à mon habitude, résumer chaque histoire sans trop en dévoiler et donner un bref avis plus ou moins éclairé. Pour l’anecdote, notons la présence au casting de Mike Mendez ("Serial killers", "Le couvent", "Profanations" ou encore un segment pour "Tales of Halloween"). C'est parti mon kiki !

« Don’t go into the water » (« Ne pas aller dans l’eau ») est le court-métrage idéal pour lancer une anthologie comme celle-ci. L’histoire est courte, mais elle ne perd pas de temps à donner aux fans d’horreur ce qu’ils veulent : de la peur, du gore et des seins ! On y voit un groupe d’amis d’âge universitaire décidant d’aller faire une baignade nocturne dans un lac. Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est qu’il y a quelque chose dans l’eau. Et forcément, ils vont tous y passer, à moins que…
Ici, malgré une réalisation assez chouette avec des éclaboussures d’hémoglobine très amusantes et des performances aussi ringardes que prévu, on n’a pas grand-chose de novateur à se mettre sous les mirettes, mais c’est assez amusant et pas trop désagréable. Alors on reste en attendant de voir la suite.

Dans « The grey matter » (« La matière grise »), Simon, un employé de bureau ennuyé et ennuyeux se réveille dans une allée couvert de sang avec un trou énorme à l’arrière du crâne. Mais cela ne l’empêche pas de se rendre le lendemain à son travail. Il ne tarde pas à découvrir cependant qu’un parasite a migré dans son cerveau et que ce dernier veut bien lui prodiguer des conseils s’il consent toutefois à dévorer quelques cervelles en échange ! Ce segment peut être vu comme une métaphore sur la vie dans les bureaux avec ses personnages caricaturaux allant de la bombasse qui ne se rappelle jamais de votre prénom au collègue sympa mais un peu lourd ! C’est agréable, assez drôle, les effets spéciaux sont cheaps mais semblent être voulus et la fin est bien trouvée. En définitive, ça aurait pu être mon court-métrage préféré si le film "Elmer le remue méninges" de Frank Hennenlotter n’avait pas été réalisé…en 1987 !



Suit « Curiosity kills » (« La curiosité tue ») avec le papa d’un petit garçon qui travaille probablement dans une centrale nucléaire et rapporte un jour certains de ses composants chimiques chez lui. Forcément, le gosse qui a défense d’y toucher nourrit carrément son rat avec certains produits prohibés du paternel et le rongeur devient assoiffé de sang alors que ses yeux commencent à briller d’un vert fluorescent peu naturel ! Ce segment quasiment sans dialogue est un délire visuel absolu rempli de geysers de sang, d'angles de caméra fantaisistes (y compris beaucoup de « rat-cam » !) et de situations absurdes. Toutefois, son côté kitsch et comique à la Tom & Jerry ne correspond pas à l’ambiance générale de Monsterland et on aura tôt fait de le zapper ou de faire avance rapide. A juste titre !

On continue notre périple avec « Hag » (« Vieille sorcière »), un des meilleurs segments de Monsterland. Avec les apparitions d’Eileen Dietz (le visage du démon de "L’exorciste ») et de John Franklin vu dans "Les enfants du maïs", ce court-métrage est centré sur une femme somnambule et son mari hanté par des rêves qui l’empêchent de bien dormir les conduisant tous deux à consulter un thérapeute. De superbes effets de maquillage dans une atmosphère plutôt anxiogène, ce segment offre clairement les moments les plus effrayants, notamment la visiteuse qui passe près du lit du mari toutes les nuits, jusqu’à ce qu’elle s’en rapproche davantage…

Nous est proposé ensuite « Monster man » (« L’homme monstre » ou « L’homme aux monstres »), petit film animé nous présentant deux personnages à la recherche d'un monstre géant. C’est parfois drôle, court et surtout gore à souhait même si apparaît comme un peu maladroit par moments, ce qui ajoute un certain charme excentrique à l’ensemble.



C’est alors au tour de « House call » (« Consultation à domicile ») de pointer son museau ou plutôt ici ses dents et l’on y accompagne le Dr Richter, un dentiste pris en otage chez lui la nuit sous la menace de Keller, un individu désespéré se prenant pour un vampire et désirant qu’on lui enlève ses canines qu’il estime saillantes. Le seul intérêt de ce mini « home invasion movie » à la fin hautement prévisible, c’est l’arrachage de crocs auquel on assiste. Tout phobique du dentiste voudra l’éviter à tout prix !

On poursuit avec « Happy memories » (« Souvenirs heureux ») un des courts-métrages que le spectateur de l’histoire du début de Monsterland visionne sur grand écran après avoir ingéré une sorte de substance visqueuse verte pseudo extraterrestre, donc il hallucine clairement et nous avec ! Et une fois que vous aurez terminé ce segment, vous vous demanderez si vous aussi, n’avez pas absorbé quelque chose d’hallucinogène ! Dans ce segment, on observe une marionnette à la recherche d'un petit gâteau dans un univers psychédélique où d’autres marionnettes coexistent, ainsi qu’un humain bizarroïde. A vous de tirer vos propres conclusions, de remplir vos propres blancs et d’en faire ce que vous voudrez. Hypnotique et étrange, totalement.

« Stay at home Dad » (« Reste à la maison papa ») fait alors son entrée et narre l’histoire de Steven, un père au foyer qui décide de se soumettre à une procédure expérimentale qui lui permettra de développer des mamelles, lui donnant ainsi la possibilité de produire du lait maternel et de nourrir son bébé. Il s’occupera donc de sa petite fille pendant que la mère partira au travail. C’est hystérique et absurde alors que Steven devient émotif et se fait héler par des hommes dans la rue, son épouse est de plus en plus excitée par la poitrine de son mari ! Sorte de "Junior" en court mais sans Arnold Schwarzenegger, ce segment a de très bons effets spéciaux (notamment lors de la séquence de rêves hallucinatoires), de bonnes performances d’acteurs et une belle fin. Très bizarre, mais amusant.

On conclut avec « Hellyfish » (« Méduse infernale ») dans lequel l'enfer se déchaîne lorsqu'un banc de méduses mutantes, dont certaines sont gigantesques, attaque une plage. Les effets spéciaux sont très amusants, la cohue paniquée des amateurs de plage (tout droit sortie de "Les dents de la mer") est une huée nostalgique et le générique de fin façon bande dessinée est proprement génial. Ridicule, amusant, avec des effets de monstres ringards et tellement appropriés, ce court-métrage est ce qui s’est fait de mieux dans Monsterland, idéal donc pour parachever l’anthologie.



Pour conclure, Monsterland est une anthologie d’horreur d’assez bonne facture. Il y a des moments forts et l’histoire qui relie tous les courts est relativement originale, même si sa fin est assez mal trouvée. Certains courts-métrages vont certainement impressionner, d’autres vont décevoir, mais dans l’ensemble, c’est divertissant.









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