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CONNEXION


Genre
survival horror

Systeme
Xbox One

Developpeur
Capcom

Annee
2019

Votre note: -
Moyenne: 5
(1 vote)


Avant le malheureux mois de juillet 1998, Raccoon City n'était encore qu'une simple petite bourgade du nord des États-Unis. La seule chose qui caractérisait cette cité banale était son laboratoire de produits pharmaceutique : Umbrella inc. Mais dans les semaines qui suivirent, d'étranges événements sont survenus aux quatre coins de la ville, notamment dans les environs de la forêt de Raccoon. Certains ont cru voir des créatures mi-homme, mi-bête. Quelques habitants parlent d'une horrible catastrophe qui aurait eu lieu dans les sous-sols de la ville, autrement dit chez Umbrella.


L'AVIS :

C'est l'aboutissement d'une attente de presque vingt ans, d'un espoir né en 2002 à la suite du formidable remake du premier volet : celui de voir Resident Evil 2, mon épisode préféré de la saga, bénéficier d'une relecture aussi profonde que respectueuse du jeu d'origine. Avec un double enjeu : contenter le fan de l'époque, et ses vœux presque contradictoires de fidélité et de surprises, et satisfaire le joueur actuel, pas forcément adepte des mécanismes de jeu du titre.

Resident Evil 2, c'est ainsi le jonglage permanent entre tradition et modernité. L'avancée la plus flagrante est évidemment technique, avec une refonte totale des graphismes, pour un visuel à couper le souffle, même si j'avoue aimer moyennement certains nouveaux visages. Autre évolution qui saute aux yeux : l'abandon des angles de vue précalculés au profit d'une vue à la troisième personne, telle que la saga l'a adoptée depuis Resident Evil 4. On notera également les dégâts ciblés, qui permettront de viser la tête de vos ennemis, ou de les démembrer pour les empêcher de vous attraper, ou encore le système d'armes secondaires, rappellant les armes de défense du remake de Resident Evil. Des nouveautés qui s'inscrivent donc dans la continuité de ce que fait la saga depuis des années, mais qui apportent un vrai vent de fraîcheur sur un épisode qui datait de 1998. Au rayon classique, on conserve la progression faite d'allers et retours, avec des clés spéciales à découvrir, le système de soins par herbes, le principe des coffres communiquant entre eux, l'inventaire à cases avec ses éléments à examiner ou à combiner, et ses puzzles et casses-têtes relativement simples.



Toujours dans cette optique de mêler éléments d'époque et nouveau cadre, les lieux visités oscillent entre ce que l'on connaissait déjà (le commissariat reste en grande partie le même, mais réserve quelques surprises) et passages inédits, dont le plus remarquable sera celui de l'orphelinat, particulièrement anxiogène. En bref, ce remake réussit très bien l'hybridation entre le modèle et une actualisation nécessaire, même s'il manque le coche sur certaines situations : on accède bien trop vite au commissariat au début du jeu, et le laboratoire souterrain est toujours autant sous-exploité.

Cette version 2019 se distingue également de l'original par une difficulté accrue : maintenant, les zombies se relèvent, et il faudra de nombreuses balles pour en venir à bout… même si vous visez la tête. Avec de la chance, vous leur ferez exploser la cervelle avec une seule balle, mais bien vite, on s'aperçoit que la meilleure stratégie est de les priver de leurs membres pour éviter d'être agrippé. Les lickers redeviennent également des menaces très sérieuses, et le fameux Mr X est désormais inarrêtable.



Précurseur du Nemesis de Resident Evil 3 dans le rôle de l'ennemi récurrent et infatigable, le T-103 sera le cauchemar de la première partie de l'aventure, vous poursuivant sans relâche dans le commissariat, s'aventurant même dans les sanctuaires qui étaient autrefois inviolable. Son pas pesant, ses apparitions surprises et son acharnement feront naître un certain sentiment d'urgence pendant la fouille de certaines salles, et s'il ne fait très vite plus peur, provoquant même plutôt l'agacement, il permet de nous maintenir sous pression… et nous force à accélérer dans des salles où la discrétion aurait été préférable. Entre cet ennemi implacable, les lickers qui vous bondissent dessus sans prévenir et les zombies dont les cadavres, qui restent en place jusqu'à la fin du jeu, menacent de se relever à chaque passage, le jeu fait tout pour vous empêcher de respirer.

Pourtant, malgré ces qualités, je ne peux m'empêcher de trouver ce remake un peu moins réussi que celui de Resident Evil, mais surtout un peu moins bon, à tous les niveaux ou presque, que son modèle. Certes archétypal, le scénario de l'original me semblait mieux écrit, notamment dans les révélations et retournements de situation (le rôle d'Ada, par exemple), même si certains personnages bénéficient d'un bien meilleur traitement (Kendo, Marvin…). C'est sans doute une certaine nostalgie qui me manque, mais les angles précalculés me manquent, les musiques me semblent moins mémorables, même les cinématiques, forcément plus belles, me semblent moins percutantes.

Cela ne m'empêchera pas de parcourir le jeu dans tous les sens, de Leon A/Claire B à LeonB/Claire A (même là, les liens entre les deux personnages et leurs scénarios me semblent moins marquants) en passant par Hunk ou les aventures additionnelles. Mais il manque un « je ne sais quoi » pour faire de ce remake une œuvre aussi forte que ses modèles.

5/6 - Steeve Raoult