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Ana et Andrés, un jeune couple d’amoureux, décident de partir en ballade pour profiter de leur week-end ensoleillé. Au cours de leur périple ils croisent la route d’un autre couple, Bruno et Berta. Ana et Andrés, séduits par cette rencontre fortuite, acceptent de passer la soirée en leur compagnie mais à peine sont-ils arrivés dans la maison de leurs hôtes qu’un violent orage éclate, les contraignant à y passer la nuit. Enivrés par l’atmosphère étrange qui émane des lieux, les deux couples se lancent dans une séance de spiritisme afin de pimenter la soirée. Une soirée qui va tourner à l’horreur pour les occupants de la maison…



L'AVIS :

Avec la fin de la dictature de Franco, le cinéma fantastique espagnol va pouvoir se libérer des carcans imposés par la censure de l’époque et laisser libre cours à son imagination débridée. Comme la Hammer dans les années 70, les films de genre espagnol vont augmenter le pourcentage d'horreur visuelle et surtout d'érotisme. On pense par exemple à des titres comme "Cannibal Man", "Le sadique à la tronçonneuse", "Slugs", "Le massacre des morts vivants", "La mariée sanglante" ou les films de la saga des templiers morts vivants entre autres. Evidemment, on citera également les films de Jess Franco.



En 1977, Carlos Puerto, aidé par le producteur Juan Piquer Simon, se lance à corps perdu dans ce nouvel espace d’expression artistique avec "Escalofrio", un pur film bis avec pour thématique le satanisme et avec un final lorgnant clairement vers "Rosemary’s Baby". Ce qui frappe avant tout dans "Escalofrio", c’est la part importante de l’érotisme, symbole de cette libération des mœurs et du rejet de la censure. Les deux couples du film n’hésitent pas à se mettre entièrement nus, la caméra ne se privant jamais de filmer les seins, les toisons pubiennes ou le sexe masculin en gros plans. "Escalofrio" ne flirte jamais avec la pornographie mais se lâche totalement lors des scènes d’orgies sexuelles, ce qui ravira les amateurs. L’ambiance est également au rendez-vous, avec un rythme certes lancinant mais qui, avec la très bonne utilisation du décor (cette imposante et lugubre maison perdue au milieu de nulle part et tous les objets liés au satanisme qu’elle contient) parvient à créer une atmosphère angoissante et diabolique.



Séance de ouija, orage qui gronde, tentative de viol, messes noires, poupée inquiétante, tableau du Christ qui s’enflamme et comportement on ne peut plus troublant du couple Bruno et Berta ont attisé mon intérêt et ma curiosité et à ce titre, la première heure du film se révèle plutôt efficace. Dommage que la suite peine à maintenir le niveau, la faute à une histoire qui part un peu dans tous les sens et qui s’enfonce dans les poncifs et les non-sens, à l’image de la scène de la voiture qui ne veut pas démarrer. Certaines situations se révèlent des plus confuses, on n’a pas vraiment d’explications sur la présence de tel ou tel personnage (le vagabond ou le gardien de la maison), la grossesse d’Ana n’est jamais réellement exploitée et j’en passe.



Malgré ces quelques faiblesses, on sent que Carlos Puerto veut livrer une œuvre de qualité, le travail sur la mise en scène ou les éclairages étant là pour le prouver, le film étant assez esthétique et raffiné dans son ensemble. Parfois ambigu, parfois étonnant, parfois hypnotique, parfois hallucinant et parfois raté, Escalofrio est un tout cas un spectacle divertissant et ma foi assez plaisant si on passe outre ses maladresses. Son titre le plus connu à l’exportation reste Satan’s blood.

Disponible en mediabook chez UNCUT MOVIES
Présenté dans un beau médiabook, Escalofrio se voit agrémenté d'un bonus conséquent et passionnant de David Didelot (érotisme et satanisme à Madrid), d'une galerie de photos et d'un court-métrage de Jonathan Faugeras (La maison des ténèbres). Un livret de 32 pages vient compléter cette belle édition.






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