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Une ancienne étudiante est aujourd’hui scientifique dans une base militaire, l’un des derniers camps de réfugiés existants dans la région depuis que le Monde est envahi de morts-vivants. Alors que chacun tente de survivre à cette épidémie, la jeune femme pense avoir trouvé une piste pour confectionner un vaccin. En effet, elle s’aperçoit que l’un de ses anciens patients aujourd’hui devenu une sorte d’hybride, mi-humain mi-zombie, pourrait être le chaînon manquant dans ses recherches. Un être à moitié zombifié qui va être rapidement capturé pour en découvrir ce qui en fait sa spécificité. Mais attention car ce rat de laboratoire a conservé une part d’intelligence et de réflexion qui pourrait mettre à mal la sécurité des survivants...



L'AVIS:

En 1985 sortait le troisième opus de la saga des zombies de George A. Romero intitulé "le jour des morts-vivants". Souvent considéré comme le film le moins important de la trilogie initiale (ce qui n’est pas faux mais ce qui n’enlève en rien ses nombreuses qualités qui en font un très bon film de zombies, bien loin devant les opus qui viendront plus tard agrémenter la saga romeresque), "day of the dead" se voulait de nouveau une critique, non pas de la société de consommation comme son prédécesseur "zombie" (alias "dawn of the dead" ou "le crépuscule des morts-vivants") que nous ne présentons plus, mais de l’Armée (des soldats pas vraiment mis en valeur) et des Sciences (des tests quelque peu hasardeux fait par un scientifique un peu perché par moments et pouvant par ailleurs mettre en danger les survivants...).

Ce n’est pas la première fois que des cinéastes s’intéressent à la saga des zombies de George A. Romero. "La nuit des morts-vivants 1968" ("night of the living dead") avait en effet connu dans un premier temps en 1990 un remake en couleurs signé Tom Savini de très bonne qualité puis une relecture plus humoristique en 2006, "la nuit des morts vivants 3D", signée Jeff Broadstreet avec en guest-star Sid Haig ("la maison des 1000 morts", "the devil’s rejects"...) et une seconde tentative de notre homme en 2012 intitulée "la nuit des morts-vivants : ré-animation". En ce qui concerne le film culte "zombie", deuxième volet de la saga, nous ne présentons plus le fameux "l’armée des morts" de Zack Snyder en 2004 : un très bon divertissement qui nous offrait cette fois-ci des zombies ayant la faculté de courir dans le centre commercial.



Alors que le 1er opus de la saga de George A. Romero avait connu une version réussie en 1990 et le 2nd opus une bonne resucée en 2004, difficile par contre de compter les bonnes réalisations du côté du 3ème opus qui semble maudit à ce niveau.
En 2005, "le jour des morts-vivants 2 : contagium" d’Ana Clavell et James Glen Dudelson fut en effet une catastrophe et, bien que nettement plus réjouissant, ce n’est pas pour autant la revisite en 2008 "le jour des morts" signée Steve Miner qui allait faire date.

Moins d’un an après le décès de George A. Romero, Netflix nous propose en 2018 une quatrième version intitulée "day of the dead : bloodline". Et là encore, difficile de trouver un quelconque intérêt à cette nouvelle revisite du film phare de 1985...

Même si on appréciera quelques bonnes petites choses par-ci par-là (connaître le passé de ce cher cobaye zombie venu remplacer notre star Bub, une relation tendue entre deux frères soldats...), force est de constater que le bilan des points positifs est bien trop maigre pour emporter l’adhésion des amateurs de films d’horreur et encore moins celle des adorateurs de l’œuvre de George A. Romero dont votre rédacteur fait partie.

Moins oppressant et moins claustrophobique que l’œuvre initiale de 1985, ce "day of the dead : bloodline" se rapprocherait presque plus d’un film d’action de série B que d’un film d’horreur. Alors que nous suffoquions dans les grandes galeries souterraines et dans les couloirs étroits de la base militaire du long-métrage original qui s’apparentait à un grand huis-clos étouffant, force est de constater que face à cet opus d’Hector Hernandez Vicens nous ne ressentons aucune tension palpable.

Doté d’un scénario faisant dans le grand commun et quelque peu usé (difficile d’y trouver une quelconque originalité dans cette histoire de réfugiés tentant de mettre au point un vaccin pour venir à bout de cette épidémie zombiesque, si ce ne sont les idées déjà données par Romero lui-même en 1985 comme l’arrivée du cobaye zombie ayant gardé une part d’humanité), "day of the dead : bloodline" manque cruellement de singularité.
Alors que l’original nous présentait une critique de l’Armée et des Sciences bienvenue, tout semble ici allégé. L’action prend bien trop le pas sur le reste, cela s’en ressent fortement, et l’aspect « science hasardeuse » (les tests qui n’avancent pas et le scientifique un peu douteux et foufou chez Romero) a été remplacé ici par un climat scientifique libérateur, bien moins pessimiste que ce que nous avions dans le film plus sombre et horrifique de 1985.
Un scénario clairement épuré dans lequel tout semble tourner autour du fameux vaccin (exit les tests psychotechniques et autres essais sur le cobaye zombie, ce dernier se limite à être un donneur de sang pour effectuer des tests au microscope vus et revus par le passé...) pour finalement nous amener (je ne spoilerai pas plus) sur une fin soudaine et exécrable à souhait (ce happy end avec notre couple de valeureux héros sous un beau soleil est l’une des pires choses vues ces cinq dernières années dans le paysage fantastique).



Et ce n’est pas la galerie des personnages qui viendra embellir d’une certaine façon cette histoire simpliste au possible. Avec ses airs de téléfilm, le casting est proche de l’amateurisme et les personnages sont peu exploités quand ces derniers ne sont tout simplement pas crétins.
Le summum de la bêtise arrivant quand les soldats décident de faire entrer un par un des zombies dans la cour extérieure de la base pour en prélever du sang : imaginez-les en train de retenir à bout de bras les grosses grilles pliant sous la force qu’exercent les morts-vivants regroupés en masse de l’autre côté ! Forcément les zombies parviennent à s’infiltrer sans grand problème dans la base... A ce niveau-là, Romero avait fait preuve de plus de sérieux et d’intelligence pour mettre en place l’invasion de sa base : ici nous avons tout simplement une grande bande d’imbéciles qui arrivent même à se faire berner par l’homologue de Bub qui semble être bien plus malin que la majeure partie du casting (il faut le voir s’infiltrer dans la base, ramper dans les conduits d’aération... Du grand spectacle assurément !)

Alors que l’œuvre de 1985 nous plongeait dans le quotidien pessimiste de réfugiés isolés du Monde dans leur base (paranoïa, folie, agressivité, tension, désespoir, ennui, défouloir pour se passer le temps... tout était présent pour nous faire ressentir cette vie monotone et sombre de nos protagonistes), cette nouvelle revisite de 2018 n’en tient nullement compte et passe par des raccourcis scénaristiques faciles et n’ayant comme but que de nous rapprocher au plus vite de la confection de ce fameux vaccin... Une originalité à toute épreuve !

Concernant les effets spéciaux, ces derniers demeurent minimalistes et répétitifs pour une grande partie d’entre eux (explosion de chair, sang numérisé qui gicle) même si certains maquillages et quelques prothèses sont de bel effet reconnaissons-le !
Exit par contre la fameuse scène phare d’éventration et d’éviscération horrible de l’opus initial, réduite à quelques plans brouillons d’extirpations d’organes... Hé oui, on ne peut pas tout avoir (ici on a même presque rien d’ailleurs...)



N’allons pas plus loin dans cette chronique déjà suffisamment longue pour vous décrire ce que j’ai ressenti face à cette nouvelle revisite du fameux "day of the dead" de Romero.
Pillant de nombreuses idées au Maître pour finalement les assembler sans âme et en faire un film quelconque sans véritable intérêt si ce n’est de nous montrer le beau fessier de notre héroïne (qui d’ailleurs ne se déshabillera même pas, sacrilège !), Hector Hernandez Vicens nous a livré là une nouvelle version pathétique de ce qui est pourtant un très bon troisième volet de la saga des zombies de notre regretté George A. Romero.








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