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Réalisation
Ashim Ahluwalia, Can Evrenol, Severin Fiala, Veronika Franz, Katrin Gebbe, Calvin Reeder, Agnieszka Smoczynska, Peter Strickland, Yannis Veslemes

Scénariste
Robert Bolesto, Elif Domanic, Can Evrenol, Severin Fiala, Veronika Franz, Katrin Gebbe, Calvin Reeder, Peter Strickland, Yannis Veslemes, Silvia Wolkan

Date de sortie
2018

Genre
Sketches horrifiques

Tagline


Cast
Birgit Minichmayr
Jilon VanOver
Sarah Navratil
Fatma Mohamed
Claude Duhamel
Vangelis Mourikis
Niharika Singh
Thomas Schubert
Kannon Hicks
Jesse James Baldwin
Lili Epply
Marlene Hauser
Noah Dobson
Paul Ford
Luzia Oppermann
Andrzej Konopka
Karoly Hajduk
Laszlo Konter
Naz Sayiner
Antonis Tsiotsiopoulos
Quentin Biebel Peter Jankovics
Ben Garon
Karin Pauer
Sureyya Kucuk
Kordian Kadziela
Panagiotis Papadopoulos
Nikos Dallas
Luca Flaim
Vasilis Kamitsis
etc.


Pays
Nouvelle-Zélande

Production


Musique
Jeremy Barnes, Nicholas Brawley, Karl Steven, Yannis Veslemes, Stefan Will

Effets spéciaux



Cliquez pour noter..
The field guide to Evil (qu’on pourrait traduire par « Le guide pratique du Mal ») est une anthologie de courts-métrages ayant tous pour sujet le Mal vu par différents pays et cultures, à des époques distinctes. On suivra donc à chaque fois un personnage ou un groupe de personnes, directement confronté à une entité démoniaque et ce, sous n’importe quelle forme. Celle-ci pourra donc être issue d’une religion, d’un folklore, d’un mythe ou de l’imagination plus ou moins foisonnante des scénaristes. Le métrage, de nationalité néo-zélandaise (!), se découpera ainsi en huit parties, chacune mise en images par un réalisateur différent en provenance d’Autriche, de Turquie, de Pologne, des États-Unis, de Grèce, d’Inde, d’Allemagne et d’Angleterre (pour le segment représentant une légende Hongroise !).



L'AVIS :

Ce film omnibus s’ouvre alors sur un générique angoissant en noir et blanc avec des superpositions d’images découpées avec des démons, des légendes et autres contes (comme celui du Petit Chaperon Rouge), des buchers, des sacrifices, des sorcières, des procès, plongeant directement mais esthétiquement le spectateur dans une atmosphère malsaine parfaitement calibrée pour ce que l’on s’apprête à visionner. Chaque sketch sera ensuite illustré par quelques feuilles tournées sur un vieux grimoire nous introduisant chaque mythe abordé.

Et l’on commencera donc par un court issu du folklore autrichien « La pécheresse de l’Höllfall » dans lequel Kathi, une jeune fille, se voit peu à peu tourmentée par un démon (appelé ici le « Trud ») au fur et à mesure qu’elle découvre les plaisirs charnels avec une autre demoiselle peu farouche. Est-elle véritablement victime du Diable punissant les pécheurs pendant leur sommeil ou bien somatise-t-elle lors de ses nuits parce qu’elle culpabilise ? On ne le saura jamais vraiment dans cette œuvre lorgnant pas mal du côté de "The witch" et réalisée par un duo mixte à l’image léchée sublimant la campagne autrichienne verdoyante qui tient bien la corde malgré un final assez énigmatique et deux, trois jump scares dont on pouvait se passer.

On continue avec le deuxième segment « Hantée par Al Karisi, le Djinn de l’enfantement », réalisé par le turc Can Evrenol, narrant l’histoire d’une jeune femme enceinte qui, après avoir volé une broche à une vieille dame malade dont elle s’occupe, sera hantée par un démon venu la mettre à l’épreuve. Rappelant le troisième segment de "Les trois visages de la peur" du maître du giallo Mario Bava, ce court relatif à la légende des Djinns - créatures habitant la Terre et qui vivent dans des endroits déserts tout en se manifestant auprès des hommes sous les traits d’humains ou d’animaux - instaure une bonne tension et ce, malgré un final plus que prévisible.



Poursuivons notre périple international avec la Pologne et « L’attisé et la pucelle », racontant le récit d’un croque-mort visité par une sorte de sorcière blanche à l’apparence de femme qui lui conseille de manger trois cœurs d’humains fraîchement décédés s’il veut devenir le plus puissant et sage des hommes. Voilà un sketch magnifique esthétiquement parlant car rappelant le cinéma austère de l’Europe centrale mais au scénario confus et finalement insignifiant tant sa fin semble bâclée. Mais comme c’est assez rapide, on passera à la suite sans demander son reste !

Quand on apprend que la suite est réalisée par l’américain Calvin Reeder, coupable en 2011 d’un pitoyable "The Oregonian" chroniqué à contrecœur par votre dévoué, on a toutes les raisons d’avoir peur ! D’autant que le titre, « Prenez garde aux têtes de melon », n’augure rien de bon ! Pourtant, ce sera à notre sens, l’un des meilleurs segments de The field guide to Evil ! Mélangeant "La colline a des yeux" avec "L’île du Dr. Moreau", ce sketch horrifique est pourtant mal interprété (même si dans son casting, on a « la star » du film qui a joué dans quelques épisodes de la série « Better call Saul », attention !), mal scénarisé, mal éclairé, mal monté, mal dirigé, mais il fonctionne quand même car c’est fun avant tout, si bien que l’on se demande si tout n’est pas fait exprès finalement ! Ici, un couple et leur fils unique partent en séjour dans un bungalow en pleine forêt, mais ils vont rencontrer des enfants à têtes de melon ! Sont-ils bien intentionnés, sont-ils cannibales ? On le saura à la fin, qui est grandiose…

La suite c’est « Qu’est-il advenu de Panagas le païen ? » du grec Yannis Veslemes et qui est tout bonnement le pire court du film et de loin ! Ici, une sorte de secte d’hédonistes dirigée par une espèce de Bacchus du pauvre s’en prend à un homme-tronc venu espionner leurs bacchanales. C’est non seulement sans intérêt mais surtout cela semble avoir été écrit avec une paresse extrême car cela ne rime strictement à rien. Vite, la suite !

La palme du meilleur arrive ensuite avec le segment indien « Le palais des horreurs », tourné en noir et blanc, véritable plongée dans l’enfer Bengali par un acolyte de Barnum dans les années vingt qui fera tout pour percer le secret d’un temple hindou, dont une pièce énigmatique qui ne peut être vue par quiconque sans en subir quelques conséquences malheureuses...

Impossible de ne pas penser à "Freaks - La monstrueuse parade" de Tod Browning avec ses curiosités humaines et surtout le sort réservé aux plus curieux, mais cela diffère quant à la morale du court et la façon de filmer les corps, tout comme la trame qui consiste en une enquête vers l’inconnu. Un court captivant par l’ambiance qu’il dégage en plongeant ses spectateurs dans une torpeur dont il est difficile de s’extirper, c’est quasi hypnotique !



« Un soupir nocturne » en provenance d’Allemagne prend le relais juste après et narre l’histoire d’un berger et de sa sœur dans les alpes bavaroises du dix-huitième siècle. Chaque soir, la jeune femme est vraisemblablement tuée par une sorte d’esprit malveillant (le « Drude ») ressemblant à un minuscule rongeur desséché qui la ressuscite toujours le lendemain matin alors que le troupeau familial de bovins fond à vue d’œil à cause de maladies provoquées par le parasite. Prévisible (on sait dès le début que pour tuer le Drude, il faut que son hôte le soit aussi…) et ennuyeux car il se passe un peu toujours la même chose, ce court n’est pas une réussite, d’autant que les effets spéciaux concernant la créature sont du plus mauvais effet. A oublier d’urgence !

L’anthologie se conclura par une légende hongroise (« Le destin du cordonnier ») mise en scène par l’anglais Peter Strickland, réalisateur en 2012 de "Berberian Sound Studio", un film mou du genou inexplicablement porté aux nues ! Ici pareil, ce n’est pas transcendant car il ne s’agit ni plus ni moins que d’une fable semblant déjà vue et entendue moult fois mettant aux prises deux frères cordonniers qui se disputent les faveurs de la même femme, la princesse de leur royaume, situé dans les Carpates à une époque indéterminée mais certainement antédiluvienne vu le look des protagonistes ! Mensonge, trahison mais apparition fantomatique empruntant fortement au mythe de la dame blanche et à celui de la dame du lac, ainsi qu’acteurs aux coupes de cheveux horripilantes auront tôt fait de saborder une entreprise assez mal partie rien qu’à l’évocation du nom de son réalisateur, il faut le dire. Dispensable !



Probablement influencé par le chef-d’œuvre "Haxan, la sorcellerie à travers les âges" de 1922, les réalisateurs et scénaristes de The field guide to Evil ont essayé de sortir à leur tour un montage de croyances plus ou moins exhaustif. Seulement voilà, malgré un sujet a priori fécond car semblant intarissable, les créateurs de ce projet se sont toutefois pris les pieds dans le tapis malgré une réalisation assez chouette visuellement parlant. La faute en revient principalement à des twists pas toujours à la hauteur et des scripts vraisemblablement écrits avec les pieds car certains courts n’ont pas grand-chose à raconter ou bien ils le font très mal ! Ainsi, seuls deux segments seront à sauver de ce marasme, mais cela sera une bien maigre consolation devant l’indigence de tout le reste !









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