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Au moment où un violent ouragan s'abat sur la Floride, Hayley, sans nouvelles de son père, part à sa recherche. Elle le retrouve dans le sous-sol de la maison familiale, grièvement blessé. Menacés par la montés des eaux, ils vont devoir affronter un ennemi encore plus redoutable : l'alligator...



L'AVIS :

Dans le sous-genre des animaux dangereux, le film de crocodiles tient une place à part. Cette catégorie de films ne bénéficie pas de l'aura de "Les Dents de la mer" (chef d’œuvre du 7eme Art ) ni de la multiplicité des adaptations ou variations plus ou moins fun ( "Peur Bleue" ou "Sharknado" par exemple) qu'a connu le Shark movie. Aucun film n'a vraiment su sortir du lot à l'exception de "Solitaire" (aka. «Rogue») de Greg McLean ("Wolf Creek"), film australien de 2007. Car du côté des américains, notre grand lézard n'est pas à la fête, devant se contenter de films légers comme "Lake Placid" et de petits budgets ("Crocodile" de Tobe Hooper, "Black Water", "Primeval"). Les films à base de crocodiles n'ont vraiment connus leur envol qu' aux alentours des années 2000 car étrangement il intéresse moins que les requins. Mais l'apparition d'effets spéciaux numériques favorisent l'éclosion de films d'attaques d'animaux géants en tout genre, et le crocodile en profite pour tenter de percer à son tour.



Amoureux des films de série B, Sam Raimi ("Evil Dead") à la production et Alexandre Aja à la réalisation décident de donner sa chance à l'alligator (puisque nous sommes ici en Amérique et non plus en Australie donc à différencier du crocodile par certains aspects physiques comme un museau plus large). Si en temps normal, on compte peu d'attaques d'êtres humains par cet animal (à l'instar des requins), il va en aller autrement pour les besoins du film.

Le film d'Alexandre Aja ("La colline a des yeux 2006", "Mirrors", "Piranha 3D", "Horns") en toute simplicité, se veux n'être qu'un film de série B sous influences multiples et mixant plusieurs genres. On peut penser au film catastrophe ("Pluie d'enfer"), au survival, au film de terreur aquatique avec de nombreuses scènes d'angoisse plutôt bien dosée (clins d’œil à "Les dents de la mer", "Alien", "Jurassic Park",etc...).



Mais grâce au savoir faire de son réalisateur, le film ne croule jamais sous lesdites références, bénéficiant d'un sacré rythme, ne se contentant pas du huis-clos avec les deux personnages principaux : le père et la fille. D'ailleurs, leur duo fonctionne bien, ce qui accentue la peur de voir l'un d'eux mourir ou de devoir se sacrifier pour l'autre. Dans les deux rôles principaux, on retrouve Barry Pepper ("Il faut sauver le soldat Ryan", "La ligne verte") dans la peau du père qui a poussé sa fille dans ses derniers retranchements sportifs (la natation, ça tombe bien) et Kaya Scodelario ("Le choc des Titans 2010", "Le labyrinthe") qui a des relations distantes au début du film avec son géniteur.



Mais malgré le caractère bien huilé du scénario, ce dernier ne peut s'empêcher une caractérisation très américaine des protagonistes- à savoir des relations familiales compliquées mais qui vont être surmontées grâce aux épreuves- mais heureusement qu'Aja sait contourner ce point obligé de son récit pour se concentrer sur l'essentiel : les essais d'Hayley pour se sauver elle et son père du terrible alligator qui rode.

Bref, Alexandre Aja a parfaitement réussi son pari de redorer le blason du film de terreur à base de crocodiles ou d'alligators et "Crawl" est assurément le haut du panier dans cette catégorie ! Il est peut être comme l'antithèse de son "Piranha 3D", ne sacrifiant pas son film à l'humour jubilatoire, lui préférant cette fois-ci un suspense acéré et une tension de tous les instants !