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Du fait que leurs parents ne sont pas venus les chercher pour les vacances d’hiver, Rose et Kat sont contraintes de rester quelques jours de plus dans l’institution pour jeunes filles qu’elles fréquentent. Alors que Kat commence à avoir des visions et devient de plus en plus étrange aux yeux de Rose et des deux membres du personnel de l’établissement restés sur place, la jeune Joan approche à grands pas vers le pensionnat, ignorant ce qu’il est en train de se passer là-bas...



L'AVIS:

"February", cela ne vous dit peut-être rien et cela n’est guère étonnant. En effet, le premier long-métrage d’Osgood Perkins (fils d’un certain Anthony) est presque passé inaperçu en France, même lors de la 23ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer où il fut pourtant projeté en compétition officielle.

Reparti bredouille des Vosges en 2016 (le film n’aura pas trop fait parler de lui dans les files d’attente durant le festival cette année-là), puis tombé dans l’oubli durant plusieurs longs mois, "february" a finalement eu droit à une sortie dvd et blu-ray en France contre toute attente. Sacrée surprise ! A croire que les critiques élogieuses de Variety et Bloody-Disgusting ont visiblement été entendues...



Aussi mystérieux et original que son titre anglophone ("the black coat’s daughter" que nous traduirons par « la fille en manteau noir »), ce premier film d’Osgood Perkins ne fera pas que des heureux il faut bien l’admettre.
La « faute » probablement à un rythme très lent dans la narration qui destabilisera plus d’un spectateur, ou encore le peu de scènes choc présentes dans le film.

Car oui, l’amateur de films d’épouvante où jumpscares et autres scènes sanglantes se succèdent à gogo risque fortement de crier au scandale devant "february". Vendu comme un film de possession (ce qui n’est pas faux en soi), ce dernier a pourtant la bonne idée de ne pas tomber dans le déjà-vu (exit les exorcismes qui traînent en longueur, les hurlements de possédés et les crucifix brandis dans tous les sens sous des phrases latines balancées à tout va) et évite ainsi la facilité déconcertante de tant de scénarios de longs métrages contemporains.

Plus qu’un simple film de possession, je qualifierai plus "february" de thriller paranormal à connotation dramatique. En effet, cette histoire de possession semble naître d’un drame survenu (la mort de ses deux parents pousse une jeune fille à se laisser guider par le Mal, Lui-même volontiers attiré par des personnes plus vulnérables, fragiles et candides) et l’aspect dramatique du récit ne s’arrête d’ailleurs pas là, le spectateur se retrouvant également face à des parents en pèlerinage annuel suite à la mort de leur fille ou encore face à une jeune fille tombée précocement enceinte par exemple...



Mais ce qui fait réellement la force de "february" est sans contexte l’originalité de son montage et l’ambiance générale dans laquelle est plongé notre film.

Le long-métrage d’Osgood Perkins est découpé en trois chapitres (portant chacun le prénom d’un des trois protagonistes féminins principaux), eux-mêmes présentés et assemblés de façon décousue, entre deux périodes temporairement distinctes. Un véritable petit puzzle narratif qui, certes, laisse deviner assez rapidement une grosse partie de l’intrigue (une singularité vite dévoilée si l’on est un minimum attentif aux éléments qui nous entourent) mais s’avère toutefois très plaisant à suivre en raison d’un casting de très bonne facture (peu bavardes, nos trois actrices principales parviennent de par leurs attitudes, comportements et jeux d’actrices tout simplement à nous embarquer dans cette histoire mêlant drame et possession).

L’ambiance, quant à elle, est permise par un cadre se prêtant volontiers à la mise en place d’une atmosphère pesante : un pensionnat perdu dans la nature (une sensation de solitude et d’isolement se fait ressentir), la froideur des paysages hivernaux (ce qui apporte un côté glacial à l’entreprise), un silence intriguant (les dialogues sont peu nombreux), une ambiance sonore réussie...
Une ambiance qui connaîtra des points d’orgue avec notamment quelques scènes choc (tant attendues par certains spectateurs) comme les prosternations d’une silhouette devant une chaudière ou encore l’élasticité soudaine d’un corps sous les draps d’un lit (alors que nous étions en droit de nous demander à ce moment du récit si la jeune Kat était tout simplement folle ou véritablement possédée, nous avons à présent la réponse). Osgood Perkins se permettra même une petit incursion dans le slasher ou le giallo avec des meurtres à l’arme blanche perpétrés de façon radicale, violente à souhait. Entre épouvante, paranormal et slasher/giallo, le récit inventé de toute pièce par notre auteur-réalisateur s’avère bien plus riche que ce qu’il pouvait laisser présager à la simple lecture du résumé.



Sans être révolutionnaire (je n’irais pas crier au chef d’œuvre comme auront pu le faire certains confrères étrangers), "february" s’avère toutefois être une bonne petite surprise. Un film traitant certes d’une thématique déjà vue à maintes reprises mais traitée ici d’une façon originale (un découpage du scénario inventif), tout en faisant la part belle à une ambiance pesante et glaciale.
Un bien sympathique premier essai !


La bande-annonce :










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