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Mourante, une vampire de plus de 100 ans, Irina, trouve refuge dans un vieux motel au bord de la plage. Un établissement dans lequel elle cohabite avec le gérant jusqu’au jour où une prostituée se joint à eux...



L'AVIS:

Cinéaste et rédacteur (Fangoria et Rue Morgue) canadien, Chris Alexander a réalisé en 2012 un premier long-métrage intitulé "blood for Irina". Un long-métrage qui, à en croire ce qui est mentionné sur le verso de la jaquette du dvd français, a reçu trois prix du « meilleur film » dans des festivals peu renommés (Pollygrind Underground Film Festival, Philip K.Dick Film Festival et Buffalo Screams).

Facilement trouvable par chez nous pour une somme dérisoire dans des bacs de dvds en promotion ou chez des destockeurs dont nous tairons les noms d’enseignes, "blood for Irina" s’est retrouvé assez logiquement dans les collections dvd/blu-ray de nombreux amateurs de films fantastiques sans jamais pour autant faire trop parler de lui sur les réseaux sociaux ou les forums et espaces dédiés aux commentaires sur les sites Internet spécialisés.

Mais que vaut réellement ce petit film inconnu du Grand Public et probablement d’une grande partie de nos lecteur(trice)s ?



N’allons pas tourner autour du pot, "blood for Irina" n’est pas un bon film.

Avec son vampire passant son temps à sucer du sang pour ensuite le vomir (elle n’est pas très bien la pauvre...), aller dormir dans un coin de sa chambre de motel et repartir déambuler dans les rues de sa ville (ah et elle a des visions aussi, reflets de vieux démons qui ne la lâchent pas...), il ne se passe pas grand chose dans le film de Chris Alexander qui s’apparente bien plus ici à une expérimentation cinématographique qu’à un long-métrage classique (jeux de caméras, réalisation lente et hypnotique...).

Un film qui devient vite répétitif, en plus de manquer de punch (que c’est mou...) et de péripéties pour tenir en haleine un spectateur consterné devant cette intrigue qui tourne en rond inlassablement.
De longs plans fixes et des scènes tournées au ralenti... Voilà ce à quoi nous avons affaire bien trop souvent quand nous visionnons "blood for Irina", sans parler de la photographie granuleuse (pour ne pas dire dégueulasse) de l’ensemble.
Nous décrochons sans grande peine devant le film de Chris Alexander avant même la première demi-heure d’un film qui ne dure pourtant que 1h10. D’ailleurs, je l’ai revu quelques heures après une seconde fois mais en version accélérée cette fois-ci et nous nous rendons compte alors que le format court-métrage aurait été bien plus adapté ici pour narrer cette histoire pourtant originale sur le papier.

Car le scénario, une fois sorti de cette réalisation chaotique, aurait pu donner de bien plus sympathiques séquences et idées à notre cinéaste canadien. Avec son vampire qui ne jouit plus de sa vie de croqueuse d’humains (elle n’arrive plus à digérer le sang de ses victimes, erre dans les rues seule tous les jours sans trouver personne avec qui parler, sans oublier ses tourments avec ses vieux démons...), nous aurions pu avoir droit à un film fantastico-dramatique riche en émotions mais il n’en est rien... Jouir de la vie éternelle peut être finalement assimilé à un calvaire si on est seul et mal en point : voilà qui aurait pu être une sorte de postulat de départ pour "blood for Irina" qui peine malheureusement à nous émouvoir, la faute à une réalisation désastreuse et à un manque d’idées navrant.

De même, le cadre offert ici se prête volontiers à ce genre d’histoire (un vieux motel défraichi, les rues sombres et désertes d’une ville plongée dans la nuit...) et certains plans sanguinolents sont plutôt bien choisis (attention les captures d’écran que j’ai faites pour cette chronique peuvent s’avérer trompeuses car j’ai fait en sorte de choisir des plans clés et ceci est loin d’être représentatif de la totalité du métrage), ce qui nous fait encore plus regretter cette réalisation des plus soporifiques qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à présent.



Car malheureusement le calvaire n’est pas seulement vécu par notre vampire ici, soyez-en certain(e)s...
Comme déjà dit quelques lignes plus haut, ne cherchez pas à ressentir de quelconques émotions, à sursauter ou à frissonner, car hormis quelques décors se prêtant à ce genre d’histoire et un fil conducteur original (qui ne sera pas tiré à profit) il n’y a pas grand chose à sauver ici.

En plus d’être muets, les personnages entourant Irina sont bien creux, sans relief, et semblent n’être là que pour servir de victimes à nos vampires (oui, j’ai bien écrit « vampires » au pluriel mais je n’en dirai pas plus).
Seule une voix off dans un fond noir viendra murmurer à nos oreilles de temps à autres pour nous balancer quelques tirades à 3-4 mots maximum sans grand intérêt.

Par contre, la bande son s’avère plutôt réussie dans son ensemble (malgré quelques ratés de temps à autres dans les raccords) mais ce n’est pas cela qui va nous sauver du naufrage...



Expérimentation cinématographique de son réalisateur en herbe, "blood for Irina" déçoit sur bien des points. Lent, répétitif, creux, le premier film de Chris Alexander partait pourtant d’une idée intéressante sur le papier (un vampire qui se meurt progressivement et dont on vit le calvaire au fil des jours) mais sa réalisation chaotique gâche totalement ce petit film sans grande prétention au point d’attendre impatiemment le générique de fin au bout de 30 minutes à peine de visionnage...

N.B. : Aussi surprenant que cela puisse paraître, le dvd français propose en bonus la bande-annonce du film gore "Adam Chaplin" de la firme Necrostorm déjà chroniqué chez nous (un bon point à soulever, aussi mince soit-il).

Teaser :










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