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En l'an 517 après J.C. le roi Arthur et Merlin parviennent à mettre hors d'état de nuire la puissante sorcière Nimue grâce à l'épée Excalibur. Les diverses parties du corps de Nimue sont cachées à travers la planète. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nazis font surgir un bébé démon qui devait leur permettre de gagner la guerre. Ce dernier n'est pas éliminé et il est élevé par le professeur Broom, expert en paranormal et directeur du Bureau Paranormal Recherche et Défense. Au fil des ans, celui qu'on surnomme Hellboy est devenu l'un des meilleurs protecteurs de la Terre, éliminant les démons et autres monstres menaçant l'existence des humains. Un nouveau défi l'attend et il est de taille : il semblerait qu'un monstre soit en train de récupérer les parties du corps de Nimue afin de la faire revenir à la vie, ce qui ne manquerait pas de déclencher une terrible apocalypse. Il va être secondé dans sa tâche par le soldat Ben Daimio et par la médium Alice Monaghan...



L'AVIS :

Le personnage culte de la bande-dessinée créée par Mike Mignola en 1994 a déjà été le héros de deux adaptations cinématographiques, dues à Guillermo del Toro : "Hellboy" en 2004 et "Hellboy 2 - les Légions d'Or Maudites" en 2008, toutes deux avec Ron Perlman dans le rôle de Hellboy. Deux films de grande qualité mais qui s'éloignaient tout de même de l'esprit des comics de Mike Mignola, ce dernier avait même été assez désappointé par le second film. Les fans attendent un hypothétique troisième volet réalisé par Guillermo del Toro depuis 2008, et en sont d'ailleurs toujours à l'attendre à l'heure ou je vous parle, soit en 2019. Néanmoins, ils peuvent désormais se consoler avec une nouvelle approche du personnage, nettement plus fidèle au héros du comic, avec la sortie de Hellboy version 2019, nouveau film du au talentueux Neil Marshall (Dog Soldiers, The Descent, Doomsday, Centurion, Game of Thrones entre autres). Point de troisième suite au menu donc mais un reboot, qui zappe donc totalement les deux films de Guillermo del Toro. En gros, et à titre de comparaison, ce Hellboy 2019 est à Hellboy 2004 ce que "Kong : Skull Island" est à "King Kong" : c'est une nouvelle approche, une nouvelle vision du personnage et de son univers, et il faut le prendre comme tel pour pleinement l'apprécier. Notons que Mike Mignola a fait partie de l'aventure de ce nouveau film et qu'il semble plus que satisfait de la direction qu'ont pris réalisateur, scénariste et producteurs, même si le tournage a été un peu chaotique apparemment et les relations entre Neil Marshall et les producteurs plutôt tendues.



En tout cas, il clame dans les bonus que c'est bien son Hellboy qui est dans ce film, bien plus que dans ceux de del Toro. De quoi réjouir les fans de ce démon au grand cœur, qui, s'ils font preuve d'ouverture d'esprit et ne passent pas leur temps à comparer le travail accompli par ces deux réalisateurs si différents, ce qui est totalement inutile et non productif, prendront bien du plaisir à savourer ce Hellboy 2019, film injustement boudé par le public mais qui trouve des défenseurs, que ce soit dans la presse spécialisée ou parmi les cinéphiles de tout bord. Alors oui, on oublie la jolie romance entre Hellboy et Liz Sherman, on oublie la superbe créature aquatique Abe Sapiens, on oublie Ron Perlman, on oublie tout et on se laisse porter par le tout aussi charismatique David Harbour (le shérif Jim Hopper dans Stranger Things), qui réussit l'exploit, inconcevable au départ, d'incarner un Hellboy réaliste et qui tient parfaitement la route ! Incroyable mais c'est comme ça ! L'acteur fait le job et remplit sa mission haut la main. Le maquillage du démon rouge aux yeux jaunes lui va à merveille et dès sa première apparition, on a déjà oublié Ron Perlman ! Dingue ! Après une séquence introductive en noir et blanc, dont seule la couleur rouge sera permise (une séquence que l'on peut voir en couleur dans les bonus), le film nous prend par la main et nous embarque dans une ambiance totalement en adéquation avec le style comic, avec une histoire qui part souvent en roue libre, nous déplace d'un endroit à un autre comme de multiples vignettes, mais qui parvient, au final, à retomber sur ses pattes.

Hellboy se montre toujours doté d'un humour bon enfant, se la joue toujours adolescent rebelle ronchonneur, et affronte toujours des monstres divers et variés. Ces derniers sont assez nombreux ici et on a droit à un trio de géants, à un monstre à la tête de sanglier (Gruagach), à Baba Yaga (superbe), à un vampire ailé et j'en passe. Le budget du film ayant été nettement revu à la baisse par rapport aux films de del Toro, on note parfois des CGI un peu faibles (le jaguar) se mêlant à d'autres qui sont, quant à eux, sublimes. A ce titre, toute la séquence plongeant Hellboy dans l'univers de Baba Yaga est juste magnifique et nous fait penser à... del Toro et son fabuleux Labyrinthe de Pan. Il en est de même avec la vision d'un Hellboy devenu un véritable démon des Enfers, aux cornes extravagantes, portant une épée enflammée et chevauchant un dragon ailé pour mieux détruire l'humanité. Des images d'une réelle fulgurance visuelle, associées à un rythme énergique et même à quelques raffinement bien gores, le sang n'étant pas absent de cette nouvelle mouture, bien au contraire !



Corps déchiquetés, décapitation, viscères et éclaboussures sanglantes seront de la partie et participeront pleinement à l'aspect festif du film. Bien sûr, si le film s'avère franchement fun, il n'en oublie pas pour autant d'explorer la psychologie de ses personnages principaux et notamment de son héros aux cornes poncées. Car Hellboy est constamment tiraillé entre sa personnalité humaine et sa personnalité démoniaque, proclamant même à un moment du film qu'il y a sûrement d'autre alternative que la destruction systématique des monstres débarquant sur Terre et que ce serait bien aussi que ces derniers aient un lieu pour y vivre en toute quiétude. C'est d'ailleurs un peu le but de la grande méchante du film, à savoir la terrible Reine Rouge, jouée par Milla Jovovich. Son désir de vengeance est associé à son désir de voir les créatures infernales vivre librement sans avoir à se cacher sous terre. Et pour cela, il lui faut l'aide d'Hellboy. Alors oui, les ronchons vous diront que le développement des personnages n'est pas aussi abouti que dans les films précédents, ce n'est pas faux, mais pas de quoi crier au scandale non plus.



Point intéressant, cette version 2019 va nous dévoiler les origines lointaines du personnage et nous en apprendre plus sur lui. On aura droit à sa naissance, avec une séquence encore plus respectueuse de la bande-dessinée que dans le film de 2004 et aussi à la révélation de certains mystères l'entourant. La jeune Sasha Lane, qui joue la médium Alice, est prometteuse et si suite il y a, on espère que son personnage sera plus approfondie, tout comme celui du soldat Ben Daimio (Daniel Dae Kim). Les nombreuses petites scènes cachées dans le générique de fin nous laissent espérer d'une séquelle et un personnage fort apprécié du public devrait d'ailleurs y faire son apparition (ou sa réapparition). Spectacle généreux et divertissant, Hellboy 2019 n'est en rien le film infâme décrit avec beaucoup de mauvaise foi par les admirateurs de del Toro. C'est juste un autre versant du personnage et de son univers que nous présente Neil Marshall. A vous d'y adhérer ou pas. Pour ma part, j'ai plutôt apprécié ce coté BD horrifico-fantastique qui sied pleinement aux aventures du plus célèbre démon cornu !

Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO

LE BR :
Image superbe et d'une belle précision, avec des pistes audio VF et VOSTF en DTS 7.1
Niveau bonus, on a droit à un making of de 70 minutes qui laisse la parole aux producteurs, acteurs et artisans des effets-spéciaux. Des scènes coupées et un module sur la prévisualisation sont également au programme.