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Cinq étrangers vont converger vers le « Nightmare Cinema », une salle hantée appartenant à un projectionniste énigmatique. Une fois à l'intérieur, les membres de l'auditoire assisteront à une série de projections qui leur dévoilera leurs peurs les plus profondes et leurs secrets les plus sombres au fil de cinq récits…



L'AVIS :

Nous commençons notre périple avec une jeune femme en colère laissant un message vocal à un supposé ex petit-ami. Elle s'approche d'un vieux cinéma délabré, mais quand elle lève les yeux, elle s’aperçoit que le film projeté la met en vedette. Il s’intitule « The thing in the woods » et elle prend alors place pour assister au dit métrage dans lequel on la voit courir dans une forêt afin d’échapper à un assaillant masqué, armé et malintentionné, ça fait beaucoup ! Là commence alors l’histoire se démarquant du fil directeur et mettant en images une sorte de film hommage aux slashers et autres survivals. Seront plus ou moins cités : "La cabane dans les bois", "Vendredi 13", "Evil dead" mais également (volontairement ou pas !) "La cité de la peur" avec le méchant en costume de soudeur ! Si les codes des genres précités sont respectés (dialogues creux, acteurs jouant mal et actrices hurlant toutes les deux secondes), le gore est au rendez-vous avec quelques scènes bien trash mais surtout le scénario va beaucoup plus loin que ce que l’on aurait pu imaginer car il va bien au-delà d’un simple court avec un meurtrier qui traque et désosse des adolescents. C’est donc une bonne entrée en matière que voilà avec une fin digne de ce nom, pour une fois !

Nous avons ensuite un couple qui entre au cinéma. Leur film commence et s'intitule « Mirari ». On y voit alors une femme dans une salle de bain en train de se regarder dans le miroir. Elle a une cicatrice sur la joue et semble en être gênée. Elle retourne à la table où son petit ami est au téléphone. Sachant pertinemment qu’elle est mal à l’aise à propos de son apparence, il lui indique qu'il est prêt à payer pour une chirurgie plastique si cela peut la rendre plus heureuse. Ils vont alors se rendre ensemble chez le docteur Mirari qui va la convaincre de faire beaucoup plus. Mauvaise idée…



Ce segment réalisé par Joe Dante (le papa des "Gremlins") est celui qui fait le plus penser à un épisode de "Creepshow", voire à un court de la série "Les contes de la crypte" : on y trouve une petite dose de mystère, c'est sympathique et il y a toujours, à la fin, un petit côté moralisateur. Ici, ce sera l'occasion de critiquer la société et le recours à la chirurgie esthétique de façon excessive. Rien de trop novateur à ce niveau, mais bon, l’intrigue se suit, la mise en scène est solide, les effets spéciaux très réussis et il faut noter la présence au casting de Richard Chamberlain (sûrement pas un hasard vu le nombre d’opérations qu’il a dû subir !), en chirurgien au coup de scalpel facile ! Alors certes, on était en droit d’attendre plus de mordant de la part de Dante mais bon, cela fait longtemps qu’il n’a pas sorti un très bon film, alors il ne faut pas non plus se montrer trop exigeant, d’autant que son segment est parfaitement calibré pour une anthologie horrifique !

On accompagne ensuite le père Benedict qui voit son nom et le titre « Mashit » sur l’enseigne du cinéma. Son court commence avec un garçon sur le toit de l'église de sa paroisse qui se jette dans le vide. Il semblerait qu’un démon, prénommé « Mashit », hante les murs de sa congrégation et prenne possession des esprits les plus faibles. Le prêtre arrivera-t-il alors à exorciser tous les membres possédés par l’entité démoniaque ?

On retiendra juste de ce segment de Ryuhei Kitamura ("Versus", "Midnight meat train", "No one lives", "Downrange") à l’histoire catholico-démoniaque archi classique et sans réel intérêt qu’elle fait son petit effet notamment lors de la scène de massacre à l'épée par le père Benedict tout à fait jouissive : non seulement des enfants seront découpés ou éviscérés mais en plus leurs membres voleront dans tous les sens ! Du pur délire !



La personne suivante à pénétrer dans le cinéma est Helen. Son film, « This way to egress », commence alors qu’elle se retrouve assise dans une salle d'attente avec ses deux fils. Les enfants sont excédés car ils attendent en ces lieux depuis au moins une heure. La réceptionniste ne cesse de leur dire d'être patients. Les choses commencent à devenir vraiment étranges lorsque tout devient sale et que le visage de l’hôtesse d’accueil se déforme petit à petit. Helen deviendrait-elle folle ou bien est-ce que quelque chose de singulier se passe ici ?

Ce segment entièrement tourné en noir et blanc est le plus arty de tous avec son ambiance proche de celle de "Silent Hill". Toutefois, on pourra lui reprocher d’être totalement abscons car il ne s’y passe pas énormément de trucs, en tout cas on n’y comprend pas grand-chose si bien qu’il donne l’impression que les scénaristes ne savaient pas trop quoi raconter et ont préféré tourner en rond avant de révéler quoi que ce soit de notable. Approfondir la relation avec les enfants (excellents acteurs, il faut le souligner !) aurait pu être une bonne idée au lieu de nous laisser sur notre faim avec un univers sombre certes magnifique et des créatures hyper bien faites mais sans réel enjeu scénaristique. Bref, la descente aux enfers ou aux confins de la folie est ici mal rendue malgré un visuel pourtant prometteur et confère à ce segment un goût d’inachevé !

Le dernier court s'intitule « Dead » et commence par l'entrée du jeune Riley au cinéma. Là, il trouve un piano sur la scène et commence à s’en servir. Il est ensuite amené à jouer dans un auditorium. Son père arrive un peu en retard et à la fin de la représentation, le trio monte dans le véhicule familial quand un homme apparaît à l'arrière. Ils sont tous emmenés à l'extérieur de l’automobile et, dans la bataille, le père sera abattu. Riley essayera de s'enfuir mais sera également touché. Quand il se réveille à l'hôpital, il est confus car il continue à recevoir la visite de sa mère, qui, selon lui, est toujours en vie. Plus tard, Riley se lie d'amitié avec une autre patiente, Casey, qui a le même don que lui, celui de voir les morts…

Ce segment de Mick Garris, qui est un habitué du genre (c'est tout de même le créateur des séries "Masters of Horror" et "Fear Itself" !), est malheureusement trop classique dans son déroulement et son histoire pour sortir du lot ! Et ce ne sont pas une réalisation par trop académique et quelques petits effets gore qui le sauveront. C’est trop mou ! Et malgré le bon boulot des acteurs, ce côté vieillot le dessert car l’ensemble semble dater presque autant que "Sixième sens" et "Les autres" !

Mais ce qui est le plus malheureux dans tout ça, ce sont les scènes dans le cinéma reliant toutes les histoires, réalisées elles aussi par Garris qui, mises bout à bout, forment le court « The projectionnist ». Franchement, c'est du boulot de fainéant et c’est d'une platitude monstre. Ces scénettes sont pauvres car elles n’apportent strictement rien à l’ensemble mais surtout elles mettent en exergue un Mickey Rourke défraîchi aussi mauvais que dans "Iron Man 2", c’est dire !



En résumé, on dira que cette énième anthologie d’horreur était - une fois n’est pas coutume - inégale avec pourtant du lourd à la réalisation (Joe Dante, Mick Garris ou encore Ryuhei Kitamura). Ici, malgré de bons acteurs (on notera tout de même la présence de Patrick Wilson au casting !), des effets spéciaux de très bonne facture et une réalisation à chaque fois soignée, on est un peu déçu car soit c’est prévisible, soit la fin gâche tout ou soit c’est incompréhensible ! Et on ne parle même pas du fil conducteur inutile avec Mickey Rourke cabotinant de façon ridicule ! Pourtant, l’ensemble est curieusement assez homogène et certains points sortent du lot : le scénario pas si bateau du premier segment, le déroulement du second avec un Richard Chamberlain plus qu’inquiétant, la scène délirante de massacre dans l’église du troisième, ainsi que l’univers obscur et anxiogène au possible du segment suivant. De fait, on mettra tout de même la moyenne à Nightmare Cinema car il a, au final, des qualités, même si ce ne sera pas non plus un incontournable !

LA BANDE-ANNONCE :











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