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Siobhan, une jeune étudiante en biologie marine, va passer une semaine sur un vieux chalutier pour travailler sur un sujet d’études. Après être partis en mer dans un secteur océanique pourtant interdit ce jour-là dans l’unique but de revenir avec une belle prise, voilà que le bateau est retenu par une bête sous-marine inconnue de l’équipage et de Siobhan. Et comme si cela ne suffisait pas, une mystérieuse infection se répand au sein de l’équipage, décimant les marins les uns après les autres...



L'AVIS:

Après avoir travaillé pour la télévision (où elle sera récompensée de deux Bafta Awards pour la série "Tracy beaker returns" et pour "Happy valley"), Neasa Hardiman signe avec "Sea fever" son premier long-métrage en tant que réalisatrice et scénariste.
Présenté en compétition officielle en 2020 au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, nous attendions avec impatience ce film de monstre océanique depuis l’annonce de la programmation de cette 27ème édition du festival vosgien.



Nous voilà typiquement devant un huis clos maritime en compagnie d’un monstre aquatique comme nous en avons déjà vu par le passé. Rien de bien neuf donc à ce niveau mais l’originalité ici vient en réalité de cette combinaison entre monster movie et film de contamination/infection.
En effet, dans "Sea fever" notre vilaine bête est à l’origine d’une étrange et mortelle épidémie qui va se propager très rapidement dans les bateaux ayant le malheur de s’approcher d’un peu trop près de ce monstre sous-marin (mais je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler le film de Neasa Hardiman).

Sorte d’hybride entre un gros mollusque fluorescent et une méduse, notre monstre aquatique est dévoilé très rapidement dans le film pour finalement se faire bien plus discret ensuite, ce dernier laissant la part belle à l’infection qui va se répandre à la vitesse grand V sur le navire de pêche. Pas grave dirons-nous car cette grosse méduse fluorescente n’aspire pas grand chose pour un scénario de monster movie et cela nous va parfaitement si nous basculons dans le survival maritime avec cette histoire de contamination qui promet de bien belles choses.

Car oui, nous apprenons rapidement dans le film de Neasa Hardiman que l’infection provoquerait des poussées de fièvre accompagnées de délires, laissant derrière elle des cadavres aux yeux exorbités. Cela promet en termes de tension et d’hémoglobine : un huis clos qui s’annonce comme nerveux et glauque à la fois, cette visite d’un bateau fantôme dans lequel l’équipage tout entier est retrouvé mort nous émoustillant et annonçant une deuxième partie à la tension bien palpable.



Et pourtant... Et pourtant il ne se passera malheureusement pas grand chose dans cette seconde moitié de film que l’on nous avait amenée sur un plateau d’argent. Car une fois revenus de cette petite escapade sur le vaisseau fantôme rencontré, il ne se passera plus grand chose dans le film de Neasa Hardiman.

Pire encore, les protagonistes, jusque là sympathiques et suffisamment intéressants pour que l’on ait envie d’en savoir plus (notamment ce couple qui dirige le chalutier et cette jeune étudiante qui est depuis le début en retrait en raison de sa couleur de cheveux – rousse – qui porterait malheur sur un bateau), perdent de leur intérêt et de leur crédibilité soudainement. Leurs attitudes sont en effet en décalage total avec le contexte (purée les gars, vous revenez d’un bateau sur lequel tout le monde semble avoir été tué dans d’atroces souffrances à en croire les mutilations des cadavres retrouvés et vous ne semblez pas plus secoués que cela !), chose impensable au vu de ce casting pourtant d’honnête facture que l’on nous avait présenté jusque là et qui avait su un minimum nous divertir.

Seul ce sentiment d’isolement est palpable dans notre histoire de huis clos maritime. Avec cette incapacité de sortir le bateau de cette zone dangereuse pour regagner la côte et trouver des secours (le navire est immobilisé par notre monstre aquatique), et cette sensation d’être seuls en mer (dès le début nous savons que nous avons enfreint une règle de sécurité en allant dans une zone maritime interdite donc n’espérons pas que des secours nous trouvent facilement et ne nous attendons pas à voir beaucoup de monde passer dans le coin si ce ne sont des bancs de poissons) après avoir notamment visité l’unique bateau croisé sans y avoir trouvé la moindre aide (juste des cadavres), nous sommes bel et bien seuls au Monde au milieu de l’océan, bien obligés de survivre par nos propres moyens.

Passée cette sensation d’isolement bien ressentie, "Sea fever" prêche indiscutablement dans sa seconde moitié qui peine à tenir toutes ses promesses et qui, malgré cette originalité de combiner monstre et contamination, reste finalement assez classique (pour ne pas dire lassant) dans sa narration.
Car là où nous aurions préféré un huis clos anxiogène à souhait avec des infectés qui nous pètent des durites à tout va, la cohabitation sur le bateau demeure au final très gentillette. Les scènes chocs se comptent sur les doigts d'une main (et encore je n’ai perçu que deux scènes mémorables dont la fameuse « explosion oculaire » que nous attendions au tournant, ce qui est bien trop peu pour ce genre de production) et ne parviennent pas à donner suffisamment d'énergie à cette réalisation un brin répétitive et ennuyeuse.



Je ne parlerai pas du final, décevant lui aussi, qui vient clôturer ce long-métrage sur une note bien moyenne. Une grosse déception pour ma part, le résumé du film nous ayant mis beaucoup trop d’étoiles dans les yeux pour finalement nous offrir quelque chose de trop classique, creux et peu haletant. Un huis clos maritime qui manque clairement de peps, de scènes chocs et plus généralement de tension. Dommage...








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